J'ai un peu de retard dans la narration de mes virées, mais je vais tout de même vous relater mon dernier week-end dans les Vosges.
Serge m'avait appelé il y a environ deux mois pour m'annoncer le déroulement de deux superbes manifestations se déroulant dans les Vosges au cours des week-ends précédent et suivant le 14 juillet, à savoir une course de côte de motos anciennes puis une manche européennes de montée impossible (Hill-Climbing). Nous y étions allés l'année dernière et il me proposait de rééditer ces sorties. Je n'avais pas pu lui donner de réponse car j'attendais des confirmations professionnelles pour fin juin. Au dernier moment, je peux accéder à son offre et le rejoins sous les feux brulants de l'été.
Départ le jeudi de Bort les Orgues dans une fraicheur agréable et même trop accentuée. Sur les hauteurs qui me permettent de contourner le nord de la chaîne des Puys, j'hésite presque à m'arrêter pour enfiler une polaire ! Néanmoins, le spectacle des montagnes embrumées se découpant en ombres chinoises sous la lumière encore timide du matin me réchauffe suffisamment. La température devient idéale dans la plaine de l'Allier et j'enroule gentiment jusqu'à la N70, bien pratique pour cette transversale mais que j'exècre. Cette route est terne, oblige souvent à rester de longs moments coincés dans des files de camions,et s'avère dangereuse par des dépassements très aléatoires d'usagers trop optimistes ! D'ailleurs, à l'approche de Montceau-les-Mines une déviation est en place pour cause . . . d'accident mortel. Ceci m'offre la possibilité de découvrir une portion du canal du Centre que je ne connaissais pas et qui semble magnifique. Malheureusement, englué dans le trafic intense et non adapté à cette petite route sinueuse à souhait, je profite guère du paysage et encore moins des enchaînements de virages. La chaleur s'accentue régulièrement et favorise certainement les raisins des innombrables vignes accrochés aux coteaux de Bourgogne. De bon augure pour tous ces vins dont les noms prestigieux défilent sous mes yeux !
Au nord de Dijon, les souvenirs affluent. Je traverse la région qui accueillait mes vacances enfantines chez mes Grands-Parents. J'y ai écumé toutes les routes en vélo et même, parfois, avec le vieux cyclomoteur subrepticement emprunté au Grand-Père ! ! ! Peu avant Langres, je m'arrête pour me sustenter. Comme une des dernières fois que j'allais à Metz (cf. http://div19.over-blog.com/article-ma-trahison-42758619.html ), je tombe sur un patron motard propriétaire de Gold-wing. Accueil sympathique, boutades standards, bonne humeur et excellent repas. Une adresse à conserver :
Motel Saint Michel - RN 74 – 52190 PRAUTHOY – 03.25.88.22.61
La conjugaison d'une température qui continue à monter, de la fatigue et de la digestion me pousse à rejoindre l'autoroute après Langres. La chaleur est devenue étouffante et j'ouvre les poignets de ma veste pour créer un effet climatisation du meilleur effet. J'arrive à Metz 2 heures plus tard, ravi de pouvoir me désaltérer pleinement avec l'ami Serge.
Samedi, nous partons vers les Vosges vers 8 heures afin de profiter de la très relative fraicheur matinale et éviter les risques de bouchons engendrés par les flux migratoires de l'été. Voies rapides (terme consacré mais de moins en moins juste vu les limitations ! ! !) jusqu'à Saint Dié puis l'ascension vers le col de la Schlucht par la D23H puis la D417.
Dans la descente vers Munster, nous butons sur une moto noire, pilote en selle, arrêtée en sortie de virage à droite, mais qui semble redémarrer avec hésitation à notre approche. Nous nous décalons sur notre gauche, mais légèrement puisque nous entrons dans une courbe à gauche sans visibilité. Heureusement que nous flânions gentiment car nous sommes surpris par une voiture arrêtée en warning le long du mur de droite et de nombreuses personnes déambulant sur la route. En fait, ce véhicule protège une Ducati rouge mal en point et négligemment appuyée au muret de protection de la forte déclivité, et les piétons sont pour la plupart des motards. Nous évitons ces obstacles au pas tout en vérifiant qu'il n'y a pas de blessés à secourir. En sortie de courbe, un couple de motard régule la circulation (toujours pas de visibilité à gauche) et en sortie de virage une moto est arrêtée, feux de détresse allumés, bien visible des véhicules montants.
Vu le monde déjà sur place, nous ne nous sommes pas arrêtés, mais avons tout de même signalé le manque de protection en amont, pourtant le plus important dans ce cas. En effet, voitures, motos et vélos peuvent arriver plus vite en descente et avoir plus de difficultés à stopper rapidement, tout en maitrisant des trajectoires correctes. Je profite de cet exemple pour exposer un précepte inculqué dans mes jeunes années à la Protection Civile, sur la procédure en cas d'accident :
le PAS – Protéger, Alerter, Secourir
Protéger – Eviter le sur-accident par une signalisation efficace en fonction du contexte et au moins à 150 mètres de chaque côtés (ici, au minimum à l'entrée de la courbe précédente) ;
Alerter – Les secours (ou les faire prévenir) en indiquant le lieu le plus exactement possible, la nature de l'accident, le nombre de blessés et le niveau de gravité ;
Secourir – en fonction de ses connaissances et capacités.
Bien que l'aval de cet accident soit bien sécurisé, nous continuons notre descente en prévenant les autres usagers par des appels de phares.
L'arrivée sur Munster est étouffante et nous nous empressons de remonter vers le Gaschney. A prés de 1000 mètres d'altitude, cette station de sports d'hiver nous offre suffisamment d'air pour rendre la chaleur plus supportable. Dans le paddock, nous retrouvons exactement notre place de l'année dernière et pouvons nous installer, déguster une bière bien fraîche et pique niquer à l'abri de l'ardeur du soleil. Nous déambulons ensuite dans le parc pour retrouver de nombreux compétiteurs rencontrés en 2009, et entre autre le side-cariste Ardéchois (cf. http://div19.over-blog.com/article-33900209.html ).
Mécanique dans le Paddock, ici sur une Condor, moto que je ne connaissais pas !
Les premiers essais de ce double championnat (Championnat de France et Championnat de Suisse de motos anciennes) débutent et nous nous postons sur l'aire de départ des convois, ce qui nous permet d'admirer toutes les machines en lice.
Le rituel de cette procédure est le suivant :
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Pendant que les machines de la session se regroupent sur le parking du sommet du circuit, la route est fermée et la voiture du directeur de course remonte le circuit pour vérifier tous les aspects de sécurité (état de la piste, présence des commissaires, absence d'"intrus", . . .) ;
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Arrivé au sommet, il libère la meute qui descend prendre position sur l'aire de départ. Il ferme la marche de ce convoi pour vérifier qu'aucun concurrent ne reste arrêté en route. Le commissaire du sommet interdit tout autre départ (concurrent en retard ou touristes – la station accueille de nombreux randonneurs) ;
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Au pied du circuit, le directeur de course permet les départs. Les motos se présentent une à une sur la ligne où un commissaire les attend avec un sabot de retenue (le pilote peut ainsi se polariser sur la gestion gaz/embrayage sans s'occuper de retenir sa machine). Le feux tricolore de la cellule de départ libère le pilote qui se lance dans la course au chrono. Les temps sont gérés automatiquement par le système de la FFM, une cellule au départ, une cellule à l'arrivée et un transpondeur sur chaque machine ;
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Après le dernier départ, le directeur de course remonte pour vérifier qu'aucun compétiteur n'est resté sur le circuit, puis la route est réouverte pour la montée puis pour la descente avant la prochaine session.
Notez la prise sur l'orifice de remplissage du réservoir, ainsi que ce que cache le carénage . . .
Cette R1 est entrainée par un moteur électrique ! ! !
Bruit (ou quasi absence de bruit) saisissant pendant les démonstration.
Si les premiers arrivés sur l'aire de départ se disputent les places à l'ombre, les suivants souffrent sous leurs cuirs et invectivent, gentiment, les retardataires qui augmentent le temps d'attente. Nous profitons de ces phases pour saluer des personnes rencontrées l'année dernière ou découvrir de nouveaux participants. Bien sûr, nous chahutons aussi pas mal. Ainsi, à force de voir s'égosiller le commissaire dans sa radio (Lapin pour Jean-marc, Lapin pour Jean-marc) et de voir le dit Jean-Marc (Schikel – Président du Nouveau Moto Club de Munster) se débattre pour favoriser la circulation et ne pas entendre ces appels, je joue à l'estafette et blague avec les deux protagonistes.
Une Triumph pour la livrée, mais munie d'un turbo diésel.
Impressionnant, mais ça ne me tente pas du tout pour l'instant.
En début de soirée,après une insignifiante averse de quelques minute, nous rejoignons le chapiteau pour déguster une tarte flambée et voir se mettre en place le groupe de rock devant animer la suite des festivités. Ces joyeux drilles se présentant sous le nom de YATO, se révèlent excellents et nous offre un très large de spectre de musiques magistralement interprétées. L'excellente ambiance de cette longue soirée n'est sûrement pas étrangère aux prestations endiablées de ces musiciens qui semblent prendre autant de plaisir que les innombrables danseurs.
Les orages environnants n'entament pas ce climat de détente, au contraire. Les vents générés par les phénomènes climatologiques rafraichissent l'atmosphère avec bonheur. Visuellement, les montagnes se découpant devant le feu continue des arcs électriques offrent un paysage grandiose et fantasmagorique. Avec Serge, nous allons nous coucher vers 1 heure du matin, alors que YATO est encore en verve et que la piste de danse et le bar sont toujours bien fournis.
Le dimanche matin, nous profitons des croissants tout chaud proposés par l'organisation. Ensuite nous faisons notre dernier tour de paddock avant de plier nos affaires et descendre à un point intermédiaire de ce circuit de 2700 mètres. C'est l'occasion de voir les différentes session d'essais chronos et des premières courses sous des angles différents, et en particulier en épingle ou en courbe rapide. Nous en profitons pour faire connaissance avec un couple (le père et la fille) venu avec un side récemment acquis en Bretagne. Séquence nostalgie d'autant plus garantie que Serge est en verve pour nous raconter certains passages épiques de ses jeunes années de motard. Nous découvrons aussi des visions différentes de la compétition au sens large dans nos discussions avec un commissaire de piste. Pendant que Serge se fait un petit roupillon, nous échangeons longuement avec ce commissaire pendant les pauses et ses informations issues de son expérience sur tout types de circuits et types de manifestations sont une nouvelle source de réflexion.
Kurt et Suzanne Schüttel à l'assaut du Gaschney sur un Colonia-Yamaha de 1968.
Nous profitons de la pause de midi pour redescendre encore afin de nous poster au niveau de la ligne de départ. En attendant la reprise, nous "siestons", à l'ombre des conifères. Bientôt, les commissaires reprennent leurs postes et le premier groupe rejoint la zone des départ. Nous retrouvons des têtes connues de l'année dernière et nous associons au speaker pour souhaiter un bon anniversaire au Dédé local. Celui-ci est bien du même acabit que nos Dédés Ardéchois ou Bretons rencontrés à plusieurs reprises dans ces lignes. Passionnés et pas tristes !
Nous profitons pleinement des différentes sessions, tout en participant aux joyeux délires qui émaillent cet après midi, avec une petite équipe qui assume avec sérieux ses missions mais qui sait aussi profiter avec bonne humeur des moments qui passent.
Nous retournons en fin de journée vers Metz et ses 38°, fatigués mais satisfait de cet excellent week-end.
Merci à vous tous, promoteurs et acteurs de cette manifestation :
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Les bénévoles du NMC Munster qui œuvrent sans discontinuer et dans la bonne humeur, ainsi que son Président Jean Marc, présent sur tous les fronts (y compris sur la piste . . . de danse . . .) ;
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Les commissaires des différents MC, sans lesquels ces manifestations n'auraient pas lieu, et dont certains sont "réquisitionnés" le matin même (pour une certaine vision de ces femmes et hommes, lire aussi http://div19.over-blog.com/article-30770050.html );
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Les musiciens du groupe YATO pour leur punch, leur endurance et leur éclectisme, artisans d'une bien sympathique soirée ;
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Tous les compétiteurs dont le niveau de passion continue de m'impressionner.
Et, j'espère, à l'année prochaine pour la 21ème
PS
les nombreuses photos de l'année dernière sont toujours disponibles dans les TROIS albums suivants :
Dans le Paddock http://div19.over-blog.com/album-1422894.html
En piste http://div19.over-blog.com/album-1678178.html
Sur la ligne de départ http://div19.over-blog.com/album-1422864.html











