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17 juin 2026 3 17 /06 /juin /2026 10:16

 

Dernière nouvelle, le film va faire sa première apparition à la télévision tel que l'annonce le magazine "Télé 2 semaines" :

"Elle entend pas la moto" – La saga continue !

Avec ce superbe avis dont je partage presque complètement le propos (en effet, quelques vues familiales viennent effectivement émailler le puissant narratif bâti au cours de 25 années par Dominique Fischbach) :

"Elle entend pas la moto" – La saga continue !

 

De plus, le film est disponible en DVD sur le site du producteur Epicentre, bien sûr :

https://www.epicentrefilms.com/boutique/elle-entend-pas-la-moto/

Mais aussi auprès de toutes les grandes enseignes (Cultura, Leclerc, Amazon, FNAC, etc…)

 

Enfin, au cours de mes pérégrinations de nombreuses projections privées alimentent des débats constructifs autour des multiples sujets abordés dans ce film… et de mon propre vécu avec "mes petits sourds", Manon et Maxime.

La première fut lors d'une cousinade mémorable dans le Morvan (une centaine de personnes). L'auditoire familial s'est regroupé autour de cette histoire et l'émotion était particulièrement palpable :

"Elle entend pas la moto" – La saga continue !
"Elle entend pas la moto" – La saga continue !

 

Après cette "première", le DVD ne quitte pas mon top-case et navigue dans l'hexagone comme actuellement à Pau chez mon ami Pierre qui a eu l'occasion de connaître Maxime, notamment sur le circuit Carole en région parisienne. De plus, ceci s'adresse à ses jeunes en famille d'accueil…

Formateur et base de débats captivants!

 

En vous souhaitant une belle découverte (ou redécouverte) de ce film qui offre de puissantes pistes de réflexion sur bien des sujets,

Je vous souhaite un bel été à tous, et particulièrement à ceux qui partent en vacances !

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 14:16

 

Manon n'était pas présente car elle intervenait le lendemain à Mons, en Belgique, le pays qui a su l'accueillir pour ses études de kinésithérapie… ce qui n'est malheureusement pas le cas en France puisque l'accès sur concours ferme systématiquement la porte à ce type d'handicapé (comment une sourde peut arriver dans un peloton de tête vu ses difficultés décuplées ?) !

Néanmoins, elle avait publié une bien sympathique vidéo pour vous inviter et à découvrir sur Facebook :

https://www.facebook.com/reel/908005648638543

 

 

 

Le cinéma le 7ème Art brille dans la nuit et accueille les spectateurs avec cette splendide affiche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La salle se remplit doucement et la projection du film débute devant une bonne quarantaine de participants à cette soirée.

 

A l'issue du film, Vincent, l'exploitant de la salle, remercie le public et lance le débat. Mais l'émotion est palpable, notamment chez les personnes ayant côtoyé Maxime. Le silence s'établit pendant quelques dizaines de secondes…

Enfin, le docteur Taudin exprime son souvenir de ses échanges avec notre grand Max (ils se sont mutuellement rendu service il y a une dizaine d'années), propos corroboré par mes ex-collègues des Restos du Cœur puisque Maxime m'accompagnait parfois et ne rechignait pas à participer.

Ainsi, le débat est lancé, des questions fusent et je peux apporter moult réponses et précisions émaillées des anecdotes de nos multiples expériences… et âneries bien sûr !

Outre ce vécu avec mes "deux petits sourds", je peux aussi fournir des explications à un questionnement récurrent relatif à la constitution de ce film retraçant 25 années de vie, en réel, sans acteurs. Cette œuvre est en fait le fabuleux travail de la réalisatrice, Dominique Fiscbach.

Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !

 

A partir de 3 premiers court-métrages réalisés pour "l'œil et la main" (France 5), des films familiaux (plus de 80 heures à numériser et à décortiquer) et des prises de vues en Août 2024 en Haute Savoie elle concocte ce merveilleux kaléidoscope qui voyage dans le temps, informe, interroge, favorise la compréhension, ouvre le regard vers l'autre.

 

Le débat s'avère fantastique, d'autant qu'il est multidirectionnel. Par exemple, une personne évoque son vécu avec sa petite fille malentendante (pas sourde mais appareillée) ou le médecin apporte des précisions anatomiques que j'aurais bien été en peine de fournir…

 

En définitive tout le monde s'accorde sur l'évolution de la vision de chacun sur la surdité bien sûr, mais aussi quant au handicap en général et aux facteurs d'inclusion.

 

D'ailleurs, les conversations se poursuivent sur le perron du cinéma et j'ai le plaisir de valider l'intérêt que cette projection a provoqué, particulièrement chez les plus jeunes.

 

Il me reste à remercier tous les acteurs de cette éblouissante soirée :

  • Vincent, aux commandes de ce cinéma, empreint de gentillesse et qui m'annonce que ce fut la meilleure fréquentation de ce début d'année. D'ailleurs, vu le résultat, il envisage d'autres actions ! A refaire ? ;
  • L'ensemble des spectateurs pour une participation active dans cette atmosphère de partage et d'émotion, dans un échange serein et, j'espère, productif pour tous ;
  • Enfin, Jean-François, correspondant local de presse,

    qui a parfaitement transmis l'information 
    via La Montagne, La Vie Corrézienne et Le Réveil Cantalien, alors que je revoyais ce film en région parisienne (entre autres) avec mes petits fils !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
Un superbe Ciné-Débat à Bort les Orgues !
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3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 09:47
Ciné-Débat Bort les Orgues ce 7 mars à 20h30 !

 

Vous vous interrogez quant au film "ELLE ENTEND PAS LA MOTO" ?

Vous recherchez une raison qui vous pousse à participer à ce Ciné-Débat ?

 

Alors faites confiance à la presse, toutes tendances confondues, qui multiplie les éloges :

 

« Un beau film, très rare, admirablement filmé » Libération

« Une histoire sensible. » - Le Monde

« Une bouleversante réflexion sur la famille » le Figaro

« Poignant » Le Parisien

« Une magnifique pudeur » le Canard Enchainé

« Appelle au dialogue entre sourds et entendants » - La Tribune dimanche 4 ÉTOILES

« Une bouleversante ode à la vie » La Croix (2 *)

« Sensible et émouvant » Télérama

« Le portrait d'une femme rayonnante » - Le Pèlerin

« Courez voir ce film bouleversant » Témoignage chrétien

« Un portrait solaire autant qu'un film-mémoire » l’Obs

« Un témoignage bouleversant. » - Le Point

« Puissant et universel. » - Ouest France

« Une chronique remarquable, inspirante, unique » Le Républicain Lorrain

« Bouleversant » - Les Cahiers du Cinéma

« Un tour de force » - Première ★★★★☆

« Des sommets de délicatesse » - Trois Couleurs

« Un premier film maîtrisé » Positif

« Touche au cœur les spectateurs » Psychologies

« Parmi les plus beaux documentaires de cette année » Le bleu du miroir

« Une merveille à voir absolument » mafamillezen.com

 

Et si vous désirez aller plus loin, sur mon blog, de multiples articles, des revues de presse, des photos, des retours d'expérience, en cliquant sur ce lien :

LIEN CATEGORIE "ELLE ENTEND PAS LA MOTO"

De plus, si vous en avez le temps, un article particulier relatant la genèse motocycliste de mes "jeunes sourds", avec de multiples liens sur les articles d'origines, des photos et des vidéos :

LIEN La genèse moto de mes "petits sourds" !

Enfin, la bande annonce du film :

Ciné-Débat Bort les Orgues ce 7 mars à 20h30 !
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16 février 2026 1 16 /02 /février /2026 12:49

 

Le 15 novembre, Jean-Marie écrivait ceci à ses followers :

Afin de vous permettre de nous suivre dans les meilleures conditions et vous offrir les meilleures informations, images et vidéos durant l'épreuve une réunion de communication est prévue avant notre départ avec l'équipage et le chargé de com Patrice Altazin ainsi que la presse locale pour mettre en place "une stratégie de communication la plus immersive possible "

 

Voilà, le décor était planté, l'objectif fixé !

 

En fait, je n'ai pas pu me rendre à cette réunion du fait des conditions météo, neige et verglas. En effet, je ne me déplace qu'en moto (l'origine de ces décennies d'amitié avec Jean-Marie, dit Blanco dans notre microcosme, lorsqu'il animait, entre autres, son propre team Kawasaki).

 

Mais j'ai rejoint Jean-Marie les jours précédant le départ afin de peaufiner la stratégie et, plus qu'accessoirement, faire connaissance avec le co-pilote navigateur Etienne.

 

En ce début février donc, en particulier lors du pot de départ chez le partenaire Alex controleautomoto, , et le lendemain lors du départ, la symbiose est déjà forte au sein de ce trio qui va s'avérer diabolique:

  • Jean-Marie :
    Team Manager, mais aussi à l'aise dans la mécanique (avec l'assistance sans failles de plusieurs acteurs dont un certain Marc) que derrière son volant ;
  • Etienne :
    Le nouveau venu dans l'équipe ayant la lourde charge d'assumer la navigation. S'il excelle dans la gestion des différents outils d'orientation, il va aussi s'avérer très précieux dans les prises de vues et les transmissions d'informations.
  • Moi-même, Patrice :
    Bien au chaud et au calme (relatif) en Corrèze. Planqué derrière mon écran, scotché au clavier et à la souris et absorbé par les échos d'un public particulièrement réactif.

     

Je pense, et surtout j'espère, que nous avons rempli le contrat initial, que les internautes ont pu suivre cet Iron Panda Race dans des conditions suffisamment immersives.

Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !

 

Il est vrai que nous pouvons chaleureusement remercier Etienne. Sans son engagement total, je n'aurais pas bénéficié de tous ces éléments que je n'avais plus qu'à mettre en musique (et en mots) afin d'offrir aux internautes une vision la plus concrète possible.

 

Bon, je l'ai aussi traité de sadique devant les masses de certains envois à traiter… Toutefois, pour la première fois, nous avons bénéficié de beaucoup de matière, et surtout cohérente et suivie.

Mais ce n'était qu'une boutade et tout au long de cette quinzaine, nous opérions, tous les trois, dans une chaude ambiance solidaire émaillée de taquineries amicales !

 

Pour un coup d'essai, cela se révèle un coup de maître, à la navigation comme aux prises de vues !

 

 

Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !

 

Si je ne vais pas à nouveau remercier Jean-Marie de m'avoir associé à cette fabuleuse aventure et ce depuis le début, avec Amandine, il est bon de remercier aussi l'ensemble des internautes.

 

Leur engouement, leurs réactions, toujours positives même face aux aléas, sans omettre quelques galéjades ou espiègleries, autant d'éléments qui nous motivaient à abreuver le fil d'information de tous les évènements, des meilleurs aux plus déroutants.

 

En définitive, une magnifique quinzaine d'un agréable et profitable partage, y compris avec l'ensemble des partenaires, véritable et solide socle de cette remarquable aventure.

Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !
Iron Panda Race, bilan personnel !

 

Cette notion de partage, de solidarité, a toujours été l'essence de ma relation avec Jean-Marie. Elle est toujours là, favorablement étendue à Etienne et à notre public.

 

Pour conclure et plagier un de mes pilotes des 24h00 du Mans (moto bien sûr) :

"Que du bonheur !"

 

PS – tout le déroulé de cette épopée marocaine (textes, photos, vidéos et commentaires) reste disponible sur la page Facebook de "Escal'Panda Aventure & Partage / IRON PANDA 2026".

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 07:47

 

Actuellement, "ELLE ENTEND PAS LA MOTO" est en voyage… en raid plutôt, au Maroc !

Enfin, ce n'est que l'image du film qui orne la Panda #47 qui participe à l'Iron Panda Race.

Cette voiture, c'est celle de mon ami Jean-Marie (Blanco, bien connu dans ces pages). D'ailleurs, vous pouvez suivre ses aventures (relatées en grande partie par mes soins) sur la page Facebook :

https://www.facebook.com/escalpanda

"Elle entend pas la moto" - Ciné-Débat à Bort les Orgues !
"Elle entend pas la moto" - Ciné-Débat à Bort les Orgues !
"Elle entend pas la moto" - Ciné-Débat à Bort les Orgues !

Néanmoins, j'ai le plaisir de vous annoncer que ce film sera diffusé à Bort les Orgues début mars et un Ciné-Débat le 7 mars à 20h30 au cinéma "Le 7ème Art", place Marmontel !

 

A cette occasion, en tant que Bortois, mais aussi oncle de Manon et très proche de la famille, j'aurai l'honneur et le plaisir de répondre à vos questions, vous fournir des explications complémentaires, vous faire part de beaucoup d'aventures vécues avec mes "deux petits sourds" !

 

 

Dans l'attente de ce grand moment de partage en faveur du handicap
et d'une inclusion positive, merci de porter ce message autour de vous.

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24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 05:10

 

Une alchimie hors du commun s'est développée à l'occasion de la projection du film "ELLE ENTEND PAS LA MOTO" ce 18 décembre 2025 à Montpellier…

 

Tout d'abord entre l'initiateur du projet "Les produits du Larzac" et le cinéma UTOPIA. Les deux parties étaient en parfaite osmose pour une projection suivie d'un débat ayant pour thème l'inclusion en entreprise des personnes différentes .

Une troisième entité est partie prenante dans cette action en la personne de la principale protagoniste du film, Manon Altazin et de ses parents.

Une personnalité engagée qui annonce un débat endiablé…

 

A 19h30 ce 18 décembre, la foule est déjà dense et nous avons aussi enregistré une centaine de réservations. Il est vite évident que nous ne pourrons pas accueillir tout le monde !

Après un rapide conciliabule, Nadège, la responsable du cinéma Utopia décide de déprogrammer un autre film afin de réaliser une projection simultanée dans les deux salles.

Bien sûr cela entraine des explications aux publics de chaque film et une forte proportion de sourds compose les volontaires pour "ELLE ENTEND PAS LA MOTO". Heureusement, Iris et Julie, les traductrices LSF (Langue des Signes Française) participent activement aux échanges et favorisent grandement la mise en place de la solution.

Ainsi, après un peu de retard, tous les présents sont reçus dans les meilleures conditions possibles.

Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !

 

A la fin de la projection, l'ensemble du public désirant participer au débat est regroupé dans la plus grande salle. En fonction de l'affluence, beaucoup restent debout… ou assis par terre.

Mais en aucun cas cette contrainte n'est devenue gênante.

L'alchimie prend toute sa puissance avec le public, très majoritairement sourd/malentendants, et le débat devient un terreau d'échange, de partage, de courtoisie, voire même de complicité entre les deux populations, sourde et entendante, largement servi par la réactivité et l'extrême justesse de traduction de Julie et Iris de l'association DES'L. Manon recevra même un cadeau, réalisation maison, qui devrait trôner en belle place sur le sapin de ses enfants !

Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !

D'ailleurs, cette vidéo qui retrace un moment du débat en est un exemple. Manon demande à Laurent son Papa de répondre à une question d'un sourd puis complète les propos.

Paroles sans fard, sans vaines justifications, simplement :

 

Mais l'heure tourne, le dernier tramway n'est plus très loin et il faut clore ce débat endiablé qui aurait pu être agrémenté de témoignages d'actions en entreprises tel qu'initialement prévu. Au regard de l'engouement du public, seule une rapide intervention de la Directrice des Relations Humaines de La Mutuelle des Motards est possible.

Heureusement, la dégustation des fromages du Larzac offerte par la boutique "Les Produits du Larzac" procure un nouvel univers d'échanges, agrémenté, par exemple, de quelques taquineries de sourds goguenards apostrophant le Papa de Manon pour savoir quand il allait se mettre à l'apprentissage de la LSF...

Un bel exemple de la chaleur de ces moments !

Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !

 

C'est aussi l'occasion pour Ptitluc, célèbre scénariste et dessinateur de remettre à Manon un dessin malicieux où ses fameux petits rats singent le trop parlant et la trop gesticulante.

Sublime !

Une fabuleuse soirée à Montpellier !
Une fabuleuse soirée à Montpellier !

 

Bien après minuit, il restait encore quelques inconditionnels à débattre devant le cinéma !

 

Pour conclure, un immense merci à tous pour cette soirée forte en émotions, chargée de partage, de bienveillance et de découvertes.

 

Une situation qui concrétise parfaitement une des phrases fétiches de Manon :

 

"Tout seul on va plus vite,

Mais ensemble on va plus loin !"

 

N. B. : Du 24 au 30 décembre, la programmation continue au cinéma Nestor Burma !

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16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 16:41

 

Les dernière parutions médias pouvaient faire penser au bouquet final de ce feu d'artifice, mais il n'en est rien, l'activité ne faiblit pas.

 

Premier exemple, la parution de Midi Libre de ce mardi16 décembre annonçant  la diffusion-débat de jeudi prochain :

 

 

Mais aussi ce déluge (le mot n'est pas usurpé, ici comme en terme météorologique !) :

 

- Interview de Dominique sur Premiere.fr par Thierry Cheze : 

https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Dominique-Fischbach--Je-voulais-comprendre-precisement-comment-le-handicap-impacte-toute-une-famille-

 

- Interview de Dominique & de Manon sur Télérama.fr par Cécile Marchand-Menard - lecture abonnés payante - Transcription dans pdf ci-joint : 

https://www.telerama.fr/cinema/je-voulais-aborder-le-handicap-a-travers-une-fratrie-la-genese-du-film-elle-entend-pas-la-moto-par-sa-realisatrice-7028790.php 

 

- Interview de Dominique dans La Quotidienne sur Sqool TV par Emmanuel Davidenkoff : 

https://www.youtube.com/watch?v=RvajAWcbVBk

https://www.sqooltv.com/videos/la-quotidienne-12-12-2025-documentaire-elle-entend-pas-la-moto/ 

 

- Podcast de l'excellente chronique de Garance Hayat diffusée ce dimanche dans sa chronique cinéma 7 Films au programme sur Radio Fréquence Protestante - Démarre à 1mn40secondes : 

https://frequenceprotestante.com/events/7-films-au-programme/

 

- Podcast interview de Dominique dans l'émission de France Culture "Plan Large" de samedi à 13h30 - invitée aux côtés de Yolande Zauberman : 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/plan-large/des-paroles-et-des-gestes-avec-dominique-fischbach-et-yolande-zauberman-6718852

 

- Podcast émission de France Inter "On aura tout vu" avec très bonne chronique à 40mn12secondes de Laurent Delmas diffusée samedi matin : 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-du-samedi-13-decembre-2025-2701170

 

- Replay à 19mn46secondes avec la rubrique "Le petit beau geste" avec interview de Manon par Alexandra Boquet sur les séances SME et l'accessibilité au cinéma : 

https://www.france.tv/france-2/beau-geste/7875348-emission-du-dimanche-14-decembre-2025.html

 

- Son de l'interview de Dominique & de Manon par Patrick Van Langhenhoven mise en ligne sur le site Ciné Région - rubrique vidéo : 

http://cine-region.fr/actualites/elle-entend-pas-la-moto

 

- Critique notée 4**** sur Ouest-France.fr par Thierry Cheze : 

https://www.ouest-france.fr/cinema/elle-entend-pas-la-moto-cf1d0634-d5ac-11f0-b394-5c54c9d4355d

 

78 Actu - Par Fabien Dezé

https://actu.fr/ile-de-france/bazemont_78049/une-habitante-de-bazemont-au-coeur-dun-emouvant-film-documentaire-diffuse-dans-75-salles-en-france_63570304.html

 

- Très bonne critique par Mary Noelle Dana sur le site spécialisé cinéma Bande-à-part : 

https://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-elle-entend-pas-la-moto/

 

- Très bonne critique par Patrick Van Langhenhoven sur le site de Ciné Région :

http://www.cine-region.fr/actualites/elle-entend-pas-la-moto

 

- Les Films à aller voir au cinéma cette semaine sur le site de l'hebdomadaire Le Nouvel Obs : https://www.nouvelobs.com/cinema/20251209.OBS110513/elle-entend-pas-la-moto-le-portrait-tendre-d-une-femme-sourde-a-la-resilience-admirable.html

 

- Très bonne critique par Mary Noelle Dana sur le site spécialisé cinéma Bande-à-part :

https://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-elle-entend-pas-la-moto/

 

Et aussi :

 

 

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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 11:28

SOMMAIRE

 

Web :

  • LDH
  • Radio France
  • Le bleu du miroir
  • Culture-evasions.fr
  • La 7ème bobine
  • Actu.fr
  • Culturellement vôtre
  • Info du jour
  • Handicap.fr
  • Gazette des cinéphiles
  • Frenchtouch2.fr
  • Dame Skarlette
  • Travellingue
  • Culture-tops.fr
  • Mafamillezen.com
  • Abusdecine.com
  • Relikto.com
  • Bobines et Papyrus
  • Baz’art
  • Citazine
  • Cotecinema.fr

 

Liens TV/radio/podcast

 

Phrases presse

 

La LDH soutient

«
Elle entend pas la moto »,

un film de
Dominique Fischbach

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire? À la veille d'une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l'histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis vingt-cinq ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d'épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné. Ce film se présente comme un film de famille avec ses moments d'une parfaite banalité comme au début du film cette jeune femme, Manon, qui rejoint dans la voiture conduite par son mari, ses parents en montagne ; l'accueil de ceux-ci ravis de revoir leur petit-fils, un très jeune enfant auquel ils font découvrir le bac à sable qu'ils lui ont préparé sur la terrasse de la maison. On se demande en quoi la vie de cette famille nous concerne. Et puis tout s'éclaire lorsqu'on comprend peu à peu que cette jeune femme, souriante et lumineuse, est une personne sourde de naissance, pratiquant la langue orale (on la dit oraliste) ; le film nous emmène alors dans un voyage où l'on remonte dans le passé de Manon et où on fait la découverte de ce que c'est qu'être sourd dans notre société…

En alternant images actuelles et archives familiales tournées depuis 25 ans, la réalisatrice nous fait partager des moments d'intimité.

Où l'on voit que si des progrès ont été faits, le chemin est encore long jusqu'à l'inclusion dans une société toujours aveugle et sourde aux différences et profondément validiste.

Ce film doit être vu car il soulève des questions importantes liées à la surdité et à l'inclusion, il est très riche d'informations sur les insuffisances de l'action publique en matière de prise en charge de la surdité et sur les limites de l'oralisme. Il permet de faire le point sur le non respect des droits des personnes sourdes.

Elle entend pas la moto a remporté il y a quelques semaines le Prix du Public, section documentaires, au Festival 2 Cinéma de Valenciennes et a reçu récemment le soutien Afcae 15-25 ans pour sa sortie au cinéma.

 

 

France Culture partenaire
du film
"
Elle entend pas la moto"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisé par Dominique Fischbach, "Elle entend pas la moto" retrace vingt-cinq ans d'une histoire familiale marquée par la force lumineuse de Manon, jeune femme sourde.

Un film France Culture, en salles le 10 décembre.

À la veille d'une grande célébration familiale, Manon revient en Haute-Savoie rejoindre ses parents. Dans l'écrin des montagnes, la réalisatrice Dominique Fischbach remonte le fil de vingt-cinq années passées aux côtés de cette famille hors norme. Le récit se tisse entre images d'archives, captations du quotidien et moments suspendus où l'histoire intime affleure.

Au centre, Manon : jeune femme sourde, déterminée, d'une intensité rare. À travers elle, le film révèle les silences, les tensions, les combats, mais aussi l'amour et la ténacité qui ont façonné ce clan. Elle entend pas la moto interroge la parentalité, la fratrie, l'inclusion, le rôle de l'école, le deuil, et la surdité - ce handicap invisible dont on parle trop peu.

Soutenu notamment par Julie Gayet, marraine de la Fondation pour l'Audition, qui salue « un film fort et universel », le documentaire devient un geste profondément humain : celui de donner à voir, et à entendre autrement, une histoire de famille qui résonne avec toutes les autres.

Un film France Culture.

 

ELLE ENTEND PAS LA MOTO

À la veille d'une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l'histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d'épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.

Critique du film

Parmi toutes les raisons d'aimer un film dont nous disposons, certaines prévalent, qu'il s'agisse d'innovation, d'engagement ou de méticulosité. Il est assez fréquent de résumer l'ambition d'une œuvre à un mot, une manière-valise d'englober tout ce qui paraît faire du film la somme d'une entreprise réussie. Dans le cas du documentaire de Dominique Fischbach, ce n'est pas tant un mot qui prime mais un concept : l'investissement. Faire du documentaire, c'est avant tout donner de son temps au réel afin de le placer au cœur d'une œuvre. Avec Elle entend pas la moto , le temps est donné aux humains, à ceux qui peinent à exister ou continuer d'exister. L'œuvre devient le ciment entre le spectateur et des individus qu'il ne connaît à priori pas, un immense travail d'empathie qui n'abandonne personne en cours de route, pas même ceux qui ne sont plus là.

Premier film de la réalisatrice à paraître au cinéma, Elle entend pas la moto est pourtant issu d'une sorte de « saga » contemporaine. Manon et sa famille sont, depuis 25 ans, au centre de plusieurs documentaires, prenant pour thème la surdité de Manon, mais également son caractère. Jamais objets d'études, les véritables personnes filmées débordent d'une humanité s'étendant au-delà du cadre documentaire. Phénomène magnifiquement retranscrit dans Elle entend pas la moto, au sein duquel la famille se retrouve pour commémorer mais aussi se livrer, pas seulement par les mots ou les signes, avant tout par les attitudes, les comportements des uns envers les autres. S'installe alors un jeu entre spectateurs et protagonistes, les premiers apprenant à connaître cette famille, ses drames, ses joies et ses combats tandis que Manon et ses parents basculent dans le temps, se remémorent les événements passés, les obstacles surmontés.

La reconstruction prend plusieurs formes au sein du long-métrage, il s'agit d'abord d'une reconstruction émotionnelle. La famille a vécu un drame, le suicide de Maxime, petit frère de Manon, atteint de la même invalidité. Est-ce un accident ? Un ras-le-bol total ? Un acte désespéré ? Malgré la gravité de la situation, le sujet est abordé frontalement devant la caméra, sans tabou. C'est avec un naturel étonnant que chacun livre ses pensées, ses difficultés à tourner la page ou à simplement

« faire avec ». Les signes et les mots se confondent, les deux ne permettant jamais de rendre justice à Maxime, personnalité solaire n'ayant visiblement eu que le soutien de sa famille au sein d'un système où la lutte était constante. L'ajout de Dominique Fischbach à ce deuil possède quelque chose de rare, le documentaire en lui-même fait revivre Maxime, pas seulement l'espace d'un instant, mais à travers le temps et les sentiments. Le fils de Manon devient ainsi l'analogue vivant de son oncle disparu, la continuité d'une existence qui n'aurait jamais dû s'arrêter.

Au fond, ce qui marque, c'est la combativité constante de chacun.e. La force de Manon se révèle dans une scène finale où la chronicité de sa surdité devient flagrante. Le mur construit par son père tout au long du documentaire a des airs de murailles protectrices à mesure que l'homme se livre sur ses fêlures. Cette sœur et cette mère, grignotées par les événements ne lâchent quant à elles jamais leur capacité à protéger les leurs, la famille incarne alors une robustesse à toute épreuve.

Tout le monde s'exprime si différemment dans Elle entend pas la moto que les paroles semblent avoir été dépassées par les actes. Ce ne sont plus les phrases qu'on échange qui transcrivent les émotions mais les moments durant lesquels elles sortent, le rapport physique que chacun entretient à l'autre dans ce paysage montagnard idyllique. Une larme, un rire, un signe de tête devant une vidéo d'enfance ou au détour d'une activité quotidienne en disent parfois plus que toutes les mots prononcés.

L'œuvre de Dominique Fischbach montre des humains sous toutes leurs coutures, elle se refuse au style didactique tout en réussissant à sensibiliser aux causes évoquées. Tour de force véritablement compréhensif, Elle entend pas la moto compte parmi les plus beaux documentaires de cette année 2025, une course à la vie sur les sentiers sinueux de l'existence. Si on ne choisit pas sa famille, c'est peut-être parfois pour le pire, mais nul doute qu'ici, ce fut pour le meilleur.

 

 

Elle entend pas la moto

 

 

 

 

Film documentaire de Dominique Fischbach
Avec « Elle n'entend pas la moto », Dominique Fischbach a réalisé un documentaire profondément humain, d'une grande sensibilité.

Elle a partagé pendant vingt-cinq ans le quotidien d'une famille dont deux de leurs enfants sont nés malentendants.

De cette longue proximité est né un film rare, d' une sincérité bouleversante, qui nous plonge au cœur du vécu de Manon et de son fils Mathéo et de ses parents, Laurent et Sylvie .

Ce documentaire raconte leur adaptation face au handicap, leurs efforts constants pour communiquer au mieux avec leur fille et pour lui offrir les meilleures conditions d'épanouissement.

À travers leur histoire de nombreuses thématiques se dessinent : La parentalité, la fratrie, l'inclusion, la place de l'éducation nationale, mais aussi le deuil et la façon dont la surdité transforme toute une dynamique familiale.

L'un des enfants du couple, aujourd'hui décédé, continue d'occuper une place centrale.

Huit ans après la tragédie, Laurent et Sylvie ravivent régulièrement sa présence en visionnant les vidéos où il s'exprimait, un geste à la fois tendre et bouleversant.

Cette œuvre a été récompensée par le prix du public au Festival du cinéma de Valenciennes, ainsi que de nombreux autres prix.

À la fois instructif et chargé d'émotion, ce documentaire offre un regard juste et précieux sur la surdité et sur la résilience d'une famille unie face aux épreuves.

À découvrir absolument en salle à partir du 10 Décembre 2025.

Article rédigé par Christian Dumoulin

 

Elle entend pas la moto,
de 
Dominique Fischbach

 

 

Dans Elle entend pas la moto , Dominique Fischbach s'intéresse à la surdité à travers le portrait de Manon Altazin, jeune kinésithérapeute dont le parcours incarne autant les avancées que les obstacles liés au handicap auditif. Le film se déroule dans un chalet familial où Manon retrouve ses parents, offrant à la réalisatrice un cadre intime pour évoquer une vie marquée par les difficultés mais aussi par une impressionnante capacité de résilience.

 

Les échanges entre Manon et ses parents révèlent un cocon familial éprouvé par la surdité — touchant également son frère Maxime, décédé — et par les multiples combats pour accéder aux soins, au soutien scolaire et à une intégration sociale trop souvent entravée par des institutions défaillantes. À travers images d'archives et témoignages, Fischbach met en lumière une jeune femme qui, dès l'enfance, a su dépasser les obstacles pour construire une vie autonome et épanouie.

Le film souligne autant les manquements de l'Éducation nationale et des politiques publiques que la force intérieure de Manon, véritable modèle d'adaptation et d'empathie. Sensible et humain, Elle entend pas la moto devient ainsi un puissant plaidoyer pour une société plus inclusive et une meilleure reconnaissance des réalités du handicap auditif.

 

Elle entend pas la moto, de Dominique Fishbach ✮✮✮

 

 

Ce documentaire lumineux, tendre et grave, suit Manon, une jeune femme sourde et épatante. Dans

la splendeur de lété et des paysages alpestres de Haute-Savoie, Manon et sa famille se

rassemblent autour d'un drame intime et d'un chemin de résilience.

Nathalie Zimra

 

[Critique] Elle entend pas la moto :
apprendre à entendre l'autre

 

 

Dans ce film documentaire, la réalisatrice, Dominique Fishbach , nous raconte l'histoire de Manon, jeune femme malentendante. Lorsque celle-ci rend visite à ses parents avec son fils Mathéo, ceux-ci lui montrent des vidéos prises lorsque elle était enfant. Ces vidéos donnent lieu à des échanges et des discussions sur le passé de la famille alors qu'ils se réunissent pour rendre hommage au frère de Manon, Maxime, décédé quelques années auparavant.

La place du souvenir et la mise en abyme

Ce qui frappe dans la mise en scène du film, c'est l'utilisation du procédé de la mise en abyme. Nous regardons les extraits vidéo de la famille et nous les voyons réagir et donner leur avis et leur ressenti sur les images. L'ampleur des défis auxquels ils durent faire face crée chez nous, en réaction, un attachement immédiat à cette famille. L'enchaînement des scènes entre passé et présent permet de décrire l'évolution de chacun des membres : comment leurs vues sur la question de l'éducation des malentendants ont évolué, quelles sont les améliorations de la société depuis, quelles ont été les difficultés rencontrées par Manon et son frère ?

La mise en abyme, comme les images de l'époque et leur comparaison, renforcent le propos de la réalisatrice. C'est d'ailleurs elle qui les avait tournées quand Manon était petite. C'est un film extrêmement fort sur une famille qui a dû faire face à la surdité de deux de ses membres : Manon et Maxime. Cette première partie est vraiment le cœur du film, qui permet au spectateur d'avoir l'impression de connaître cette famille depuis toujours, ce qui renforce l'attachement. La seconde partie aborde la question du deuil de Maxime et son impact sur la famille.

Le deuil et la question de l'accueil des personnes malentendantes

Bien que Maxime, le frère de Manon, soit décédé et alors que nous ne le voyons jamais à l'écran, il est constamment là, dans les dialogues, entre les personnages comme dans quelques extraits du passé familial. La question centrale est alors : pourquoi Maxime est-il mort, quelles sont les raisons de sa mort ? Bien que nous n'ayons jamais la réponse directe, nous pouvons déduire des images et du discours des personnages une extrême souffrance chez le jeune garçon. Par exemple : lors d'une scène de dialogue entre Manon et son père sur la question de la différence de tempérament entre eux. Précédemment, nous avions vu la jeune Manon tenir à l'époque un discours très dur à son frère sur la nécessité d'être fort comme elle.

Aujourd'hui, avec le recul, elle conteste ce genre de phrase quand elle l'entend de la bouche de son père. Ici, on nous montre bien que l'utilisation d'extraits du passé prend tout son sens et permet de développer un discours social sur la nécessité d'avoir un accompagnement vraiment adapté et de ne pas rejeter toujours la faute sur son frère. Le père est également l'un des personnages qui va le mieux représenter le deuil impossible. Tout au long du film, il reste très en retrait et se confie peu.

C'est lors d'un long plan fixe qu'il se confie enfin sur sa dépression après la mort de son fils, nous touchant par sa sincérité. Un moment dans lequel on peut tous et toutes se reconnaître.

Le témoignage des concernés, une ouverture sur le regard de l'autre

Au détour d'une séquence, nous assistons à un échange entre Manon et une autre personne malentendante. Nous sommes comme voyeurs d'une conversation entre deux amis qui se parlent en signant. Des sous-titres accompagnent cette discussion. Durant leur conversation, les deux femmes témoignent des difficultés qu'elles ont rencontrées dans leur vie, par exemple le fait d'être discriminées au collège à cause de leur condition, ou encore leur réaction lors de l'arrivée des premiers films sous-titrés. Ces conversations nous font prendre conscience de l'évolution des accommodements rendus possible au fil du temps pour les personnes dans leurs cas.

C'est très fort et permet au spectateur de se sentir pleinement en empathie avec ces deux personnes et de comprendre ce qu'elles ont en tête. Nous sommes ainsi sensibilisés à des parcours de vie différents du nôtre, tout en étant captivé par la discussion et par les émotions sincères que dégagent ces deux personnes. On aurait pu croire que le film allait nous tirer une larme, mais il est tout en retenue et nous laisse pleinement apprécier, avec un minimum d'artifices, la discussion, dont l'émotion émerge naturellement.

Elle entend pas la moto est donc un film fort sur le deuil d'une famille qu'on va suivre sur plusieurs années. Le film aborde plusieurs problématiques importantes sur le thème de la surdité. Jamais tire- larmes mais toujours émouvant, ce documentaire parlera à tout le monde par sa sincérité. Le sujet est traité avec beaucoup de justesse grâce à un dispositif permettant une immersion totale aux côtés de Manon et sa famille.

 

Un vrai dialogue de sourds

 

 

Dominique Fischbach a filmé « 25 ans dans une famille hors du commun », résumés dans un touchant documentaire, « Elle entend pas la moto ».

 

Sourire de ce film, Manon avec son jeune fils Mathéo, en vacances à la montagne.

 

Depuis la terrasse d’un chalet à la montagne, on entend au loin le vrombissement d’un deux-roues.

« Elle entend pas la moto », dit un gamin à sa grand-mère. « Elle », c’est Manon, sa maman, sourde de naissance. Et personnage principal d’un documentaire de Dominique Fischbach, justement titré

« Elle entend pas la moto » (sortie le 10 décembre). En fait, c’est toute la famille de Manon que la documentariste a filmée pendant 25 ans, « une famille hors du commun » : sur trois enfants, deux sont sourds.

 

Il y a deux décennies, donc, Dominique Fischbach partait à la recherche « d’histoires vraies » pour le magazine « Strip Tease » (France 3). De sa rencontre avec Manon, âgée alors de onze ans, est tiré un premier reportage, « Petite sœur », refusé par l’émission mais finalement diffusé sur France 5. Comme le seront par la suite « Grande sœur » et « Manon maman », tournés au fil des années, et complétés par ce film de cinéma, disponible en version sous-titrée et en audio description.

 

A la musique enjouée du générique succède un silence, et tout le documentaire est ainsi une alternance de sons, de paroles, et de silences. Le temps d’un été, la toujours souriante Manon arrive avec son fils Mathéo et son mari, pour un séjour chez ses parents, en Haute-Savoie. Profiter des paysages de la montagne, de son calme, de la nature, ces près où les vaches ont des cloches, et des retrouvailles familiales.

De la place à la parole

 

Ainsi, on se replonge dans les archives, ces photos et vidéos de la famille, où l’on revoit Maxime, le petit frère de Manon (auquel ressemble tant Mathéo), disparu depuis des années, suicidé aux médocs dans sa jeunesse. Des images qui font pleurer Manon et les autres, elle qui se revoit avec son frère, lors de leurs opérations sensées améliorer leur audition, l’apprentissage de la parole, la langue des signes, lire sur les lèvres, ou encore ces engueulades d’ado avec Barbara la sœur aînée, entendante.
 

Cette grande sœur, qui a décidé de devenir orthophoniste, présente par les images du passé mais qui a choisi d’être absente au présent dans ce film où sont évoquées toutes les difficultés de la surdité. Et notamment à l’école, à l’université, l’adolescence, le rapport avec les autres, la difficulté de communiquer, la colère, la fatigue, l’isolement, la solitude… Qu’une simple séquence illustre : lors d’une fête au chalet, il y a du monde, du bruit, Manon n’en perçoit qu’un brouhaha, s’éloigne, et ôte l’appareil fixé derrière son oreille, retrouvant le silence.
 

Gymnaste lorsqu’elle était jeune, toujours sportive, Manon est devenue kiné et son handicap ne l’empêche pas de piloter un avion dans la montagne. Elle est le sourire de ce documentaire sensible, touchant, dans lequel Dominique Fischbach montre toute la force d’une famille, sans cacher les fragilités des uns et des autres. Surtout, elle donne de la place à la parole, à ce qui se dit ou pas, s’entend ou pas, lors de ce vrai dialogue entre sourds et entendants.

 

Patrick TARDIT

« Elle entend pas la moto », un documentaire de Dominique Fisbach (sortie le 10 décembre).

Les salles de cinéma qui sortiront le film à partir du 10 décembre le sortiront toutes en français sous- titré en français et certaines pourront proposer aussi – à la demande – la version sous-titrée SME ou bien la version en audio-description.

Les trois enfants de la famille, Manon, Barbara, et Maxime, pratiquent ensemble la langue des signes.

 

Documentaire : 25 ans dans la vie d'une jeune femme sourde

 

Dans "Elle entend pas la moto", la documentariste Dominique Fischbach retrace 25 ans de la vie d'une jeune fille sourde, au sein d'une famille marquée par le handicap, les choix éducatifs et le deuil. Un témoignage rare, en salle le 10 décembre 2025.

La documentariste Dominique Fischbach a suivi pendant près de 25 ans le parcours d'une fillette sourde rencontrée à l'âge de 11 ans, un travail au long cours qui aboutit au documentaire Elle entend pas la moto, en salles le 10 décembre 2025.

Le suicide du frère en toile de fond

Ce film offre une incursion intimiste au sein d'une famille française des années 2000, où deux des trois enfants sont sourds. L'histoire s'ouvre huit ans après le suicide de Maxime, le plus jeune fils de la famille, porteur de surdité et âgé alors d'une vingtaine d'années. Manon, la protagoniste, également sourde, retrouve ses parents dans leur chalet de Haute-Savoie, où ils visionnent un mélange d'images tournées au fil des années par la documentariste, ainsi que des archives personnelles de la famille.

L'impact du handicap sur la famille

« Ce qui m'intéressait, c'était de voir les liens intrafamiliaux, de voir comment le handicap avait impacté ces liens » , résume la réalisatrice dans un entretien à l' AFP. Au fil du documentaire, des amis se joignent à eux pour une célébration de la vie de Maxime, ponctuée d'archives et de discussions sur les manières d'élever des enfants sourds. Le film revient sur la pose d'implants auditifs pour les deux enfants et le refus du père d'apprendre la langue des signes. « Les parents ont fait ce qu'ils ont pu avec leurs connaissances et aussi la période à laquelle ça s'est passé », raconte la documentariste, en soulignant qu' « à l'époque, on leur avait dit surtout qu'il ne fallait pas qu'ils signent pour qu'ils puissent oraliser les enfants »

Dans la peau de Manon, sourde
 

Par moments, le film adopte le point de vue auditif de Manon et le son s'estompe complètement. « C'est pour que le public, le spectateur entendant, se rende compte de ce que c'est qu'être sourd. Plus on se rend compte du point de vue de l'autre et plus on le comprend », dit-elle. Si son documentaire « rappelle l'importance de ne pas juger les autres », la réalisatrice estime en revanche qu' « on peut juger notre société »

Un engagement collectif pour une société inclusive

« C'est pas normal que l'Éducation nationale ne se préoccupe pas correctement de toute la problématique de l'inclusion », ajoute Dominique Fischbach, évoquant notamment ce passage du film où Manon raconte que son frère a été laissé à lui-même dans une classe d'élèves entendants. « Nous, citoyens, il faut qu'on continue à alerter là-dessus pour que ça change », termine-t-elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinéma "Elle entend pas la moto". Documentaire de Dominique Fischbach. 25 ans dans une famille hors du commun

Le film est en français sous-titrée en français. Certaines salles pourront proposer, à la demande, la version sous-titrée SME pour les personnes sourdes et malentendantes ou bien la version en audiodescription.

Synopsis

À la veille d'une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l'histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d'épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.

Note 4/5 . Cela pourrait être un documentaire sur une famille qui se réunit l'été dans son chalet de montagne. Il fait beau, la montagne est belle. Ce qui attire tout de suite notre attention, c'est Manon, jeune femme qui dialogue avec son petit garçon de 2 ans. Il sait qu'elle est sourde ; « Elle entend pas la moto ».

Ces retrouvailles sont l'occasion d'évoquer le passé, illustré par des images filmées par la réalisatrice Dominique Fischbach depuis 25 ans. Manon évoque les difficultés qu'elle a rencontrées au collège (responsabilité de l'éducation nationale), son renoncement à la gymnastique, son traumatisme d'avoir été chassée à 12 ans (c'est son mot) de chez les parents d'une amie, sa peur de ne pas entendre une alarme d'incendie. Elle évoque aussi ses joies comme celle d'avoir découvert le sous-titrage des films ;

Les 101 dalmatiens ont alors pris une autre dimension !

Il y a aussi un drame familial lié à la surdité, que la famille affronte encore.

Avec sensibilité, en projetant de nombreuses images d'archives qui révèlent ce drame en même temps qu'il révèle des ressemblances physiques troublantes, Dominique Fischbach nous fait plonger dans l'intimité d'une famille dont la force vient d'une jeune femme lumineuse, Manon.

 

Entretien avec la réalisatrice Dominique Fischbach

Comment avez-vous fait la connaissance de Manon et sa famille, les protagonistes de Elle entend pas la moto

C'était il y a presque 25 ans. Je travaillais alors pour la collection documentaire culte Strip-tease et, dans ce cadre, j'étais à la recherche d'histoires vraies. J'avais envie de parler du handicap mais en l'abordant du point de vue de la fratrie. Parce que pour parler de l'humanité,

Un jour, on me parle des parents de Manon, qui ont trois enfants dont deux sourds. J'arrive chez eux en région parisienne et, tout de suite, je reçois de leur part un accueil très chaleureux. Et puis cette petite Manon me tape dans l'œil. Elle a onze ans à l'époque et un humour incroyable.

C'est extrêmement précieux. Car je sais d'expérience que le jour où il y aura des choses plus difficiles à filmer, il y aura moyen d'en rire. D'ailleurs, très vite, elle se moque de moi lorsque je ne l'écoute pas et me traite de sourde. Je reviens avec ma caméra, je commence à tester et je vois rapidement que j'ai à faire à une « graine d'actrice ».

Le jeu entre les images d'hier et d'aujourd'hui participe aussi à un trouble chez le spectateur. Les époques semblent se mélanger. Parfois, on ne sait pas si, sur une archive on voit Manon ou sa mère. On est aussi perturbé par la ressemblance entre Mathéo et son oncle Maxime...

Je me souviens d'une exposition que j'avais vue à La Villette sur les photos de famille. Elle m'avait à la fois passionnée et rendue nostalgique. Car elle permettait de réaliser combien nous sommes entraînés dans une suite perpétuelle. Les enfants deviennent des parents, puis des grands- parents… Ce sentiment de répétition est finalement assez vertigineux. Il y a nous, mais aussi un avant et un après. Dans le film, j'ai bien sûr joué de ces ressemblances, mais sans appuyer. Parce que personne ne remplace personne. Et évidemment que Mathéo ne remplace pas Maxime. Mais cela m'intéressait de le raconter. De dire qu'il n'est pas évident d'arrêter les répétitions. Que des ruptures sont nécessaires pour avancer. En fait, plein de questions affleurent parce que cette thématique de la famille est universelle. Après tout, c'est la première micro-société dans laquelle on évolue. Je voulais évoquer ce rapport au temps, la question de l'enfance, de la famille et de la famille choisie – qui est une proposition intéressante – en alternant profondeur et légèreté.

Sortie le 10 décembre

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis

À la veille d'une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses  parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l'histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d'épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.

 

Ma critique

Avant de commencer à noter que ce film sera disponible en version sous-titrée français, en SME et en audiodescription pour celles et ceux qui le désirent.

Les documentaires sont légion, que ce soit au cinéma ou à la télévision. On ne sait jamais à quoi s'attendre. Il y a de bons sujets qui vont donner de mauvais films et vice-versa. Ici nous pouvons visionner une histoire hors norme.

De plus, le plus surprenant c'est de s'apercevoir que ce documentaire a été filmé sur plusieurs années, 25 très exactement ce qui est rare.

On voit une voiture avec à son bord le mari, une jeune femme Manon qui parle à son très jeune fils, on voit qu'elle n'articule pas comme vous et moi et l'on comprend rapidement qu'elle a un problème d'élocution surtout qu'elle fait également le langage des signes. Pendant le documentaire lorsqu'elle s'exprime, la réalisatrice a fait le choix de ne pas sous-titrer ce qu'elle dit et il est vrai qu'après un petit temps d'adaptation on la comprend parfaitement.

Ils se rendent chez ses parents qui ont un chalet à la montagne et chez qui ils vont passer leurs vacances mais pas que. Ils vont rendre hommage à Maxime le frère de Manon décédé depuis 8 ans.

On apprend dès le début que Manon et son frère ont le même handicap. A l'aide d'images tournées il y plusieurs années, on suit le quotidien des parents avec leurs trois enfants dont 2 qui sont sourds et muets.

Avec l'aide de la médecine ils vont être opérés, avoir des implants, porter des appareils et en se rendant chez l'orthophoniste, apprendre à s'exprimer.

Leur vie n'est pas simple entre les allers-retours, l'intégration dans des écoles normales, le regard des autres, des sports qu'ils ne peuvent pas pratiquer à cause de leur handicap ou du fait de porter des appareils....

La surdité est un réel problème au quotidien mais lorsque l'on voit et que l'on entend Manon on se rend compte qu'elle a dû se battre, mais tenace, elle a escaladé des montagnes pour en arriver là ou elle est et grâce à une volonté sans nom elle a su s'intégrer et se faire une place dans la société.

Avec des images d'archives, des flashbacks on reconstitue aisément le parcours de cette famille, du moins on essaie.

On notera la ressemblance frappante du jeune Mathéo avec son oncle Maxime dont il est beaucoup question dans ce film. Sans oublier la grande sœur Barbara, qui même si elle n'apparaît pas lorsque Manon vient passer ses vacances chez ses parents, fait partie intégrante de cette famille et a œuvré beaucoup pour que son frère et sa sœur soient heureux et qui a dû souffrir beaucoup de cette situation.

On apprécie l'histoire bien entendu, ces gens, mais aussi cette lumière proposée avec les décors de montagne. Quant au son, il est impressionnant surtout lorsque la réalisatrice coupe le son pour nous montrer ce que cela fait d'être sourd, ou une autre fois lorsque Manon se retrouve entourée de nombreuses personnes et qu'à ses oreilles ce n'est plus qu'un brouhaha.

Entretien avec la réalisatrice Dominique Fischbach, outre le thème de la surdité, nous prouve que la communication est essentielle.

Grâce à ce témoignage précieux de la part de Manon, mais aussi de toute sa famille, de ses amis, qui se livrent corps et âme on s'aperçoit des difficultés qu'ils ont surmonté, et ce que la surdité peut imposer comme combat.

Elle entend pas la moto est terriblement authentique et émouvant, tout en restant positif et même joyeux.

 

Pour en savoir plus

JULIE GAYET MARRAINE DE LA FONDATION POUR L'AUDITION ET MARRAINE DU FILM

 

J'ai adoré ce film fort et universel, c'est du cinéma. L'histoire intime de toutes les familles. Par son travail sensible, Dominique Fischbach nous fait plonger au cœur de l'intimité de cette famille où nous découvrons la ténacité de leur fille Manon qui affronte le monde.

C'est bouleversant. Elle interroge la façon dont chaque enfant doit trouver sa place et permet d'aborder de nombreuses thématiques : la parentalité, la fratrie, l'inclusion, le rôle de l'Éducation Nationale, le deuil... et bien sûr la surdité !

En tant que marraine de la Fondation pour l'Audition, je me sens très concernée par toutes ces problématiques, le choix de l'oralisme ou de langue des signes, de la violence sourde pour ce handicap invisible dont on parle peu. Et surtout je suis très fière de soutenir un film réalisé par une femme inspirée qui raconte une femme inspirante

 

A propos de la réalisatrice

Dominique Fischbach est auteure et réalisatrice. Elle grandit au Maroc puis s'installe dans la région de Nice.

Son premier documentaire Les voisins (2000), produit par le Forum des Images, reçoit un excellent accueil. Ce film lui vaut d'être remarquée par la mythique émission Strip-tease diffusée sur France 3. Elle tournera pour cette collection une quinzaine de films, courts, moyens et longs. Certains ont été édités en DVD.

Elle signe des documentaires de création et un court-métrage de fiction pour France TV, Canal +, ARTE et la RTBF.

Avec un regard sensible et généreux, elle explore de grands thèmes de société tels que la multiculturalité, l'émancipation des femmes ou l'engagement. Parmi ses films les plus remarqués, Babel sur Scène, qui révèle des adolescents, joyeux et fiers, questionnant la migration et l'intégration, Liberté Lili, qui raconte le combat acharné d'une femme antillaise pour valoriser son territoire, Marie-Galante et Martinique Bikini qui s'attache à la condition de femmes martiniquaises.

En 2025, elle réalise, en cinéma direct, son premier long métrage pour le cinéma ELLE ENTEND PAS LA MOTO retrouvant à cette occasion Manon Altazin qu'elle filme dans son histoire familiale depuis 25 ans.

Crédit Yves Osmu

 

A propos des protagonistes

Âgée de 35 ans, Manon Altazin est la cadette d'une fratrie unie, composée de Barbara, sa sœur aînée, et de Maxime, le benjamin, sourd de naissance, disparu brutalement en 2016. Elle a toujours avancé avec détermination, portée par une force intérieure forgée au fil des épreuves.

Sourde profonde de naissance, elle a dû sans cesse affronter les limites imposées par le regard des autres pour réaliser ses rêves. Sportive accomplie, elle a pratiqué la gymnastique à haut niveau pendant 14 ans, alors même que peu de formateurs osaient s'engager à ses côtés. Elle a couru un marathon, gravi le Mont-Blanc, parcouru 1 060 kilomètres à vélo en dix jours en 2018, découvert la voltige aérienne et, plus récemment, s'est lancée dans le canitrail.

Son credo : « Impossible n'est pas sourd ! ».

À 15 ans, un baptême de l'air lui donne le goût de l'aviation. Il lui faudra quatorze années d'efforts pour obtenir son brevet de pilote et devenir la première femme sourde pilote d'avion en France—un titre qu'elle est encore, à ce jour, la seule à détenir. Avec plus de 200 heures de vol à son actif, Manon aime transmettre son expérience. Elle intervient régulièrement en entreprise, notamment chez Airbus à Toulouse, pour sensibiliser au handicap. Elle est aussi vice-présidente de l'Aéro-club des sourds de France et pilote bénévole pour l'opération « Rêves de Gosse ». En 2021, elle enrichit encore son parcours en obtenant son brevet de pilote ULM, ainsi que plusieurs permis : moto, bateau fluvial et côtier, et celui d'accompagnatrice handiski Gotoski.

Grâce à de longues années d'orthophonie, Manon s'exprime avec tant de clarté qu'il arrive souvent que les entendants oublient d'articuler face à elle. Pourtant, sa langue maternelle, son ancrage, demeure la LSF — la langue des signes française. C'est elle qui s'adapte en permanence, dans une société où les institutions sont encore trop souvent incapables de le faire.

Depuis dix ans, Manon exerce comme kinésithérapeute en libéral, spécialisée dans le sport. En 2022, elle devient mère de Mathéo, bientôt rejoint, en 2025, par une petite soeur, Alya.

Depuis 25 ans, la réalisatrice Dominique Fischbach suit et raconte le parcours hors normes de cette femme résolument inspirante.

 

 

Une vie à l’écoute

 

À la veille d'une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l'histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d'épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné. Mon avis – Documentariste reconnue – elle a notamment travaillé pour le célèbre magazine de la RTBF, Strip-Tease, Dominique Fischbach a eu de la chance de tomber sur ce clan singulier pour un premier film. Elle a découvert l'adolescente et sa famille pour un numéro de cette émission en 2000 et qu'elle avait consacré au handicap vu du point de vue de la fratrie. Manon avait alors 11 ans. Et ensuite, Dominique Fischbach lui consacrée plusieurs films.

Cette fois, c'est la jeune mère, et de nouveau enceinte qu'elle suit dans le chalet familial qui sert à ses parents à réunir proches et amis et qui leur permet aussi de faire le deuil du frère de Manon, Maxime, lui-aussi sourd, et qui a tragiquement mis fin à ses jours.

 

 

 

A voir au cinéma cette semaine

 

 

 

 

Cinéma Notre recommandation Infos & réservation Le 10 décembre 2025 Inscrivez vous à la newsletter Tous les 15 jours, Culture-Tops vous propose une sélection de chroniques et les dernières actualités. Ajouter un commentaire Dominique Poncet

 

Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach - documentaire

A la veille d'une célébration familiale, Manon, 35 ans, mère solaire d'un tendre et malicieux petit garçon, rejoint sa famille en Haute Savoie. Manon n'est pas une jeune femme tout à fait comme les autres. Sourde de naissance, mais douée d'un courage et d'une énergie extraordinaires, elle a réussi à surmonter son handicap et à devenir kinésithérapeute, coureuse de fond et aussi, la première femme sourde en France à obtenir son brevet de pilote. Il y a vingt-cinq ans qu'elle et sa famille sont filmées par la réalisatrice Dominique Fischbach. Dans cette famille, il y avait deux sœurs Barbara, entendante, et Manon, et aussi un petit frère, Maxime, sourd de naissance lui aussi, mais « parti » à 22 ans faute d'avoir trouvé, comme sa sœur, la force de se battre….

C'est un documentaire d'une délicatesse extraordinaire, à la fois drôle et émouvant que propose Dominique Fischbach. Mêlé d'archives familiales et d'images d'aujourd'hui, il dresse à travers le portrait d'une jeune femme lumineuse et combattive, celui d'une famille unie, aimante, endeuillée et résiliente. Le tout dans les paysages sublimes de la Haute-Savoie. Le plus beau documentaire de l'année.

Recommandation : 4 cœurs
Dominique Poncet

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle entend pas la moto, une vie à plein volume

Elle entend pas la moto, un magnifique documentaire, la cinéaste Dominique Fischbach suit sur plusieurs décennies Manon Altazin, une jeune femme sourde profonde, qui a déplacé des montagnes pour se frayer un chemin dans le monde des entendants, et a eu la douleur de perdre son frère, que son handicap a marginalisé. Au cinéma le 10 décembre

Elle entend pas la moto : le synopsis

Manon Altazin, kinésithérapeute et jeune maman d'un petit garçon de deux ans, est sourde de naissance. Avec Anthony, son mari, et Mathéo, son fils, tous deux entendants, elle rejoint ses parents qui ont acheté et rénové un chalet en montagne. Les cinq se réunissent pour rendre hommage à Maxime, le frère de Manon, décédé il y a huit ans, qui était porteur du même handicap qu'elle. Par pudeur ou parce que la souffrance est encore trop vive, l'ainée de Manon et Maxime, Barbara, a choisi de ne pas être présente à leurs côtés et face à la caméra.

Au fil des moments passés ensemble, des conversations qui se tissent et des images d'archives qu'ils visionnent, certaines confidences et réflexions émergent. Comme si l'on remontait le temps, on comprend la complexité de l'itinéraire qu'ont eu à parcourir Manon et Maxime depuis leur enfance, pour supporter les innombrables rendez-vous médicaux, les interventions chirurgicales et les séances d'orthophonie. Ou pour suivre une scolarité classique, puis faire des études dans un système éducatif au sein duquel rien n'est prévu pour les aider

Deux routes qui ne ressemblent pas puisque Manon, aidée par sa force de caractère et un environnement peut-être plus favorable que celui auquel a été confronté Maxime, est parvenue à s'adapter; voire à se sur-adapter à la vie en société, tandis que son frère s'est retrouvé de plus en plus exclu et a été avalé par la dépression…

A partir de quel âge ?

9 ans , sachant que la thématique au centre de Elle entend pas la moto est celle du deuil, autant que celle du handicap.

L'avis de MAFAMILLEZEN

Il y a tant de belles choses à dire sur Elle entend pas la moto qu'on ne sait presque pas par quoi commencer. Car ce film est d'abord sublimé par la personnalité de Manon Altazin, jeune femme qui conjugue un appétit de vie et de dépassement à une incroyable sensibilité et compréhension des choses. Sportive acharnée, Manon, qui pratique la voltige aérienne, le marathon, la randonnée, le vélo et le canitrail, sait conquérir des Everest, mais elle montre aussi à l'écran sa vulnérabilité, ses doutes et son chagrin , notamment celui de n'avoir pas su percevoir combien Maxime se sentait isolé et à quel point les efforts que l'on exigeait de lui pour s'intégrer lui coûtaient. La réalisatrice n'a pas cédé à la tentation d'héroïser Manon et c'est un parti-pris de subtilité que l'on apprécie.

Dans ce film traversé par la perte et l'absence, Manon sait paradoxalement aussi nous faire rire. Notamment lorsqu'elle raconte que dans son métier de kiné, elle n'entend pas certains patients lorsqu'elle ne peut pas lire sur leurs lèvres, et qu'elle est plutôt heureuse de ne pas subir leurs monologues !

Ce qui est très intéressant aussi dans Elle entend pas la moto, c'est ce qu'il exprime à propos des équilibres et déséquilibres familiaux . On voit par exemple que la seule entendante de la fratrie, Barbara, grande sœur aimante qui a toujours veillé à entourer ses cadets, a pâti de devoir constamment faire passer leurs besoins avant les siens et ne jamais être au centre de l'attention.

A travers les échanges qu'ont le père et la mère de Manon, on devine aussi des questionnements douloureux sur ce qu'ils auraient pu faire autrement : si Sylvie et Laurent ont exigé de Manon et Maxime, dans le but de favoriser leur intégration, qu'ils oralisent au maximum plutôt que généraliser entre eux l'usage de la langue des signes , ils réalisent que cette solution était bonne pour leur fille, mais a contribué à enfermer encore davantage leur fils. Tous les enfants ont des besoins spécifiques et c'est également ce que traduit ce long-métrage. La faiblesse de l'accompagnement proposé par l'Etat aux parents pour faire face au handicap y transparait constamment : faute d'être épaulés,

Laurent et Sylvie ont trouvé eux-mêmes leurs propres solutions, quitte à ce que certaines options choisies ne soient donc parfois pas les meilleures.

Ce qui est très joli enfin, c'est le message de réparation par l'amour que véhicule ce film. Assommés par la mort de leur benjamin, Sylvie et Laurent ont longtemps chancelé. Puis ils se sont reconstruits pierre par pierre en allant bâtir leur maison à la montagne, grâce à leur cercle amical et aussi et surtout grâce à l'arrivée de Mathéo, leur petit-fils, le fils de Manon et de d'Anthony, qui cultive d'ailleurs une ressemblance troublante avec son oncle disparu ( il croit même se reconnaitre sur ses photos !).

Empreint d'autant de peine que de joie, Elle entend pas la moto est une merveille à voir absolument.

Elle entend pas la moto Réalisé par : Dominique Fischbach

Genre : documentaire Durée : 1h34

Sortie au cinéma : le 10 décembre 2025

 

 

 

 

 

 

 

ELLE ENTEND PAS LA MOTO

 

Pendant 25 ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a filmé par intermittence la famille de Manon, née sourde de parents entendants, comme son frère Maxime. La famille se retrouve dans le chalet fraîchement acquis par les parents de Manon en Haute Savoie, l'occasion pour chacun de revenir sur les années passées, difficiles comme plus joyeuses, à grands renforts d'archives familiales, mais aussi sur les parcours respectifs de Manon et Maxime, sourds dans un monde entendant, entre oralisme, langue des signes, difficultés de communication et résilience…

Critique du film ELLE ENTEND PAS LA MOTO

« Elle entend pas la moto », dit le petit Mathéo à propos de sa maman, Manon ; et en effet, Manon, 35 ans, n'entend pas les motos, ni bien des choses puisqu'elle est née sourde comme son frère, Maxime. Trois enfants, dont deux sourds dans une famille entendante. Sacrée affaire, surtout à une époque où la langue des signes française n'était même pas encore reconnue comme langue à part entière (elle ne l'est que depuis 2005). Petit à petit, on replace les pièces du puzzle de l'histoire de cette petite famille qui passe présentement quelques jours de vacances au beau milieu de la Haute Savoie. Le paysage à couper le souffle encadre le chalet nouvellement acquis par les parents de Manon, et les voilà qui tous ensemble, dans ce nouvel espace idyllique, se remémorent des temps passés, difficiles comme plus joyeux.

Un lourd nuage gris pointe parfois son nez lorsqu'on évoque le petit frère, Maxime, qui ressemble si fortement au petit Mathéo, mais le voilà qui disparaît quand arrivent les archives familiales qui montrent de manière détaillée les enfants qui grandissent avec la surdité et les parents qui s'adaptent. Dominique Fischbach, la réalisatrice, était là elle aussi avec sa caméra il y a 25 ans.

Ancienne documentariste pour l'émission Strip-tease, elle a rencontré la petite famille pour un épisode et a finalement décidé de les suivre d'année en année. Nous voilà alors les témoins privilégiés de dialogues pépites entre sœurs, de ceux dont on aimerait avoir gardé la trace nous aussi, mais également des réactions de chaque membre de la famille face à la surdité. La colère, la fatigue, l'irritation de Manon et Maxime font face à la patience, la maladresse et l'amour de leurs parents et de leur sœur entendante, Barbara.

Le film se déploie ainsi entre passé et présent, questionnant les décisions prises alors, mais aussi la place des sourds dans la société d'aujourd'hui. La lumineuse Manon se tient au centre du film et, grâce à un gros travail sur le son, on parvient en sa compagnie à expérimenter un tout petit peu ce qu'être sourd peut vouloir dire : toute la concentration nécessaire à la lecture labiale, l'isolement en société quand tout le monde parle en même temps ou quand les gens détournent la tête, la gène procurée par l'appareillage…

Ce beau film d'été, lumineux comme Manon, est à voir pour qui se questionne sur les problématiques que rencontre la communauté sourde au quotidien, mais aussi pour qui souhaite voir une histoire de famille poignante, qui a eu la chance d'être filmée avec une grande délicatesse sur 25 années. À noter que les salles qui sortiront le film le 10 décembre, le sortiront toutes en français sous-titré en français, et que certaines pourront proposer aussi - à la demande - la version sous- titrée SME ou bien la version en audio-description.

Amande Dionne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre épreuves et résilience

Manon, maman sourde, en pleine conversation avec son fils entendant / photo: Yves Osmu

Dans Elle entend pas la moto, un film dans les salles de cinéma mercredi 10 décembre, la réalisatrice Dominique Fischbach s'intéresse au handicap dans le cadre d'une fratrie et nous raconte le parcours de Manon, jeune maman sourde depuis son enfance à aujourd'hui.

Les documentaristes ont de la mémoire. Souvenez-vous Gilles Perret filmant l'évolution de La Ferme des Bertrand sur une cinquantaine d'années. Dominique Fischbach, elle, a choisi de nous dévoiler le parcours d'une jeune femme sourde qu'elle filme depuis ses 11 ans. Sur différents écrans, elle aura été Petite sœur, Grande sœur, Manon, Maman et aujourd'hui, elle est l'héroïne de Elle entend pas la moto.

Pour ce premier long-métrage pour le cinéma, la réalisatrice la retrouve au moment où elle part rejoindre ses parents dans un chalet en Haute-Savoie avec son mari et son petit garçon Mathéo. Tout fait penser à des vacances sereines en famille mais le spectateur découvrira en son temps que ce rendez-vous particulier tient plutôt de la célébration.

Après avoir découvert une mère comme tant d'autres avec son fils de 2 ans, le spectateur va à la rencontre de cette jeune femme sourde, très expressive, échangeant naturellement avec son enfant autant par la parole que par les signes. Puis Dominique Fischbach va plus loin en remontant le temps grâce à ses propres rushes mais aussi des vidéos familiales. On apprend alors que Manon est sourde profonde depuis la naissance, qu'elle est la cadette d'une fratrie de trois enfants, composée de Barbara, l'aînée, et de Maxime, le benjamin, sourd de naissance, et décédé brutalement en 2016.

Une intimité On passe de grands moments en compagnie de cette famille dynamique : des moments joyeux autour du petit Mathéo qui ravit parents et grand-parents, des moments émouvants lors des soirées de visionnage, des moments douloureux aussi lorsque le souvenir de Maxime fait mal. Une famille exemplaire : à commencer par Manon qui, à force de persévérance, est parvenue à devenir kinésithérapeute malgré des cours à la fac sans traducteur — l'occasion d'évoquer les manquements de l'Etat en matière de handicap.

On admire son courage, sa force intérieure et sa détermination comme on admire ses parents, Sylvie et Laurent. Le père, qui sort d'une lourde dépression, et la mère toujours en action, prennent le temps de se poser pour se parler, s'écouter, se réconforter. Et quand on a deux enfants sourds, que l'une a trouvé sa voie alors que l'autre a échoué à se faire un chemin dans la vie, on se pose forcément une multitude de questions échappant difficilement à un profond sentiment de culpabilité.

Sans voyeurisme, le spectateur partage l'intimité de cette famille généreuse, entre épreuves douloureuses et résilience sereine. C'est fort et émouvant.

 

 

 

 

Elle entend pas la moto

Synopsis

À la veille d’une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l’histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d’épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.

 

Mon Commentaire

Prix du Public festival de Valenciennes

 

Plus qu’un simple documentaire, « Elle entend pas la moto » pourrait presque être un film de fiction relatant l’histoire de Manon, une jeune fille, devenue une femme pas tout à fait comme les autres …Si Dominique Fischbach nous plonge dans ce monde peu connu des malentendants, c’est qu’elle connait très bien Manon. Elles se sont rencontrées il y a 25 ans, et l’idée de la réalisatrice a été de nous raconter comment, année après année Manon s’est battue pour parvenir à vaincre son handicap et à vivre la vie d’une femme quasi-normale …

C’est à l’occasion d’un été qu’elle passe avec son mari et son tout petit garçon Matteo chez ses parents en Savoie que Manon et sa famille réouvrent en quelques sortes les portes du souvenir : les albums photos, les petits films tournés jadis – qui ont donné déjà lieu pour Dominique Fischbach à des téléfilms successifs – sont autant d’occasions pour Manon de retours dans le passé, aux côtés de Barbara sa sœur aînée, née non handicapée et de son petit frère, Maxime, lui aussi durement touché par la surdité…

La réalisatrice nous fait partager tous ces moments d’intimité, d’amour, d’inquiétude parentale mais aussi de partage de soutiens fraternels, tout en prenant soin de respecter les silences et questionnements des uns et des autres, sans jamais le moindre voyeurisme, d’autant qu’on apprend que Maxime n’est plus là…Et en intégrant l’intimité de cette famille qui semblait avoir tout pour être pleinement heureuse, on se prend à vouloir comprendre pourquoi…

C’est sans aucun doute la force de caractère de Manon qui convainc et séduit, puisque de son côté elle est devenue une kinésithérapeute, pratique le sport et pilote même de petits avions ! Au point de se poser la question de l’irréversibilité sur le handicap de naissance que constitue cette surdité …

Un joli film très touchant mais qui force à demeurer positif face à l’adversité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FESTIVAL DU FILM DE ROYAN- HORS COMPÉTITION :
ELLE ENTEND PAS LA MOTO DE DOMINIQUE FISCHBACH

 25 ANS DANS UNE FAMILLE HORS DU COMMUN 

 

Accompagnée de son mari Anthony et de son fils Mathéo, deux ans, Manon, jeune femme sourde, enceinte de son deuxième enfant, rejoint ses parents en Haute-Savoie pour les vacances d’été. La famille profite de ces retrouvailles – bricoler, jouer, discuter – mais se rassemble aussi pour commémorer Maxime, le frère disparu huit ans plus tôt.

Les paysages alpins, immuables, se font l’écrin des souvenirs. Les archives et les images tournées par la réalisatrice depuis vingt-cinq ans ravivent les absents – Barbara, la sœur aînée, et Maxime, le benjamin – et redéployent l’histoire familiale. Liens, drames, choix de vie : tout resurgit, et la parole, longtemps étou9ée, se libère enfin. Porté par l’énergie lumineuse de Manon, ce documentaire explore les blessures intimes et les forces secrètes d’un clan, livrant en creux une bouleversante leçon de résilience.

Comme pour un long métrage de fiction, Elle entend pas la moto est le fruit de plusieurs années de rêve, de réflexion et de travail. Sa réalisatrice, qui a fait ses armes dans la mythique émission Strip Tease de France 3, a rencontré Ma- non, le personnage central du film, il y a presque 25 ans.

Elle connait les protagonistes de ce film depuis si longtemps, et cette complicité de ressent tout au long de son film, tant on est immergé dans cette famille.

Un univers familial forcément peu banal où la langue française est constamment mélangée à la langue des signes que parle Manon, une langue qui aura notamment permis à Manon et à sa famille de faire front face à l'exclusion sociale dont ils semblent être victimes.

En multipliant les allers-retours entre passé et présent, la réalisatrice dévoile le parcours de Manon dans le monde de la surdité, notamment sur le plan médical.

En suivant Manon pas à pas , Elle entend pas la moto dessine non seulement le visage d’une jeune femme exceptionnelle, mais aussi celui d’une famille, avec son histoire et ses résonances.

Une manière directe et frontale de s'immiscer dans la vie de cette famille: sans commentaires, ni interviews, le spectateur partage simplement le quotidien des protagonistes et vit l’histoire à leurs côtés.

En suivant Manon pas à pas, Elle entend pas la moto dessine non seulement le visage d’une jeune femme exceptionnelle, mais aussi celui d’une famille, avec son histoire et ses résonances.

Une manière directe et frontale de s'immiscer dans la vie de cette famille : sans commentaires, ni interviews, le spectateur partage simplement le quotidien des protagonistes et vit l’histoire à leurs côtés.

Elle entend pas la moto offre un regard rare et profondément émouvant sur la surdité, l'inclusion et les combats qu'impliquent ces réalités au quotidien. Le film a obtenu dernièrement le Prix du Public, section films documentaires, lors du Festival 2 Ciné- ma de Valenciennes et tout récemment le label Coup de Cœur Afcae 15-25 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Elle entend pas la moto », absence assourdissante

Jeune femme sourde et combative, Manon rejoint ses parents en Haute-Savoie pour une réunion familiale. L'occasion d'explorer le passé, entre épreuves et résilience, et de libérer une parole salvatrice sur le handicap. Nourri d'archives familiales et d'images filmées par Dominique Fischbach pendant 25 ans, Elle entend pas la moto évoque avec pudeur un deuil déchirant qui interroge la prise en charge du handicap dans le cocon familial et, de façon plus universelle, l'inclusion de chacun dans la société.

Jeune femme sourde de 35 ans, Manon Altazin est une sportive aguerrie qui n’a jamais laissé son handicap la freiner. À la veille d’une célébration familiale, Manon rejoint ses parents dans les montagnes de Haute-Savoie avec son compagnon Anthony et son fils Mathéo. Des retrouvailles captées par la réalisatrice Dominique Fischbach qui viennent compléter les images du clan qu’elle a suivi pendant toute une génération.

Au fil du documentaire, la parole se libère sur la prise en compte de la surdité au sein du cocon familial, entre choix parentaux et pression sociétale. Elle entend pas la moto est une réflexion touchante sur l’inclusion de chacun sur lequel plane la douloureuse absence de Maxime, le petit frère de Manon disparu brutalement en 2016.

Du petit au grand écran

Tout débute il y a 25 ans. Dominique Fischbach travaille alors pour l’émission documentaire culte Strip-tease (1985-2012). Alors qu’elle cherche à illustrer le thème du handicap à travers la fratrie, la réalisatrice est mise en contact avec Sylvie et Laurent qui ont trois enfants : Barbara, l’aînée, Manon et Maxime qui sont tous les deux sourds. Dominique Fischbach a un coup foudre instantané pour l’énergie et l’humour de Manon, jeune fille lumineuse de 11 ans à l’époque. Petite Sœur, le film qui résulte de cette première rencontre, est refusé par l’émission Strip-tease mais est finalement diffusé en 2003 dans l’émission L’Œil et la Main sur France 5.

En 2010, Dominique Fischbach retrouve la famille et réalise Grande Sœur pour la même émission toujours dans le même format brut, sans interview ni commentaire. Cette fois-ci, Manon est la grande sœur du titre. Elle tente d’accompagner son frère Maxime qui connaît des difficultés pour s’adapter au monde des entendants. En 2022, Manon Maman vient clore ce cycle de documentaires pour la télévision. Ce dernier film aborde l’arrivée de la maternité dans la vie de Manon avec la naissance de son fils Mathéo.

Melting-pot générationnel

Pour le passage sur le grand écran, Elle entend pas la moto se nourrit des trois films précédents en piochant dans les images tournées pendant plus de deux décennies. Les extraits des trois films côtoient les images de cette nouvelle réunion familiale en Haute-Savoie et des moments de vie captés par les parents, Laurent et Sylvie. Une manne de 80 heures d’images dans l’intimité du clan mise à disposition de la cinéaste.

Ces sources se mélangent et se répondent en écho tout au long du film. Au point où il faut parfois un temps de réflexion pour savoir si l’archive montre Manon ou sa mère. Ce brassage des époques est d’autant plus troublant lorsque le jeune Maxime est présent à l’image. Impossible de ne pas être perturbé par la ressemblance entre Mathéo et son oncle Maxime au même âge. Un ressenti renforcé par le partage d’activités similaires : ainsi le Mathéo prend le relais de son oncle pour aider Laurent à construire un mur.

Ce kaléidoscope temporel fait ressortir l’idée que tout change mais au final l’histoire familiale se répète. Par son montage, Elle entend pas la moto évoque en creux l’héritage et cet aspect intemporel de la famille. L’avant et l’après se reflètent comme dans un miroir. Le temps et les générations passent mais la cellule familiale reste au cœur de ces mutations comme le socle commun qui protège – ou non – du reste de la société. Pour Dominique Fischbach, la famille est une micro-société qui prépare à l’émancipation. Le documentaire évoque, entre gravité et légèreté, ces questions universelles sur la place de chacun dans une fratrie avec des enjeux complexifiés par la présence du handicap.

Se faire entendre

Avec une fratrie de trois enfants, une entendante et deux sourds, la famille Altazin a dû s’adapter à cette situation et prendre des décisions pour que chacun tente de trouver sa place, dans le cocon familial et au- delà. Elle entend pas la moto laisse entrevoir les difficultés rencontrées par les enfants sourds et leurs proches. Un sujet d’ampleur car 500 000 personnes souffrent de surdité profonde ou sévère en France selon des chiffres datant de fin 2024.

Alors que 10% de la population française a une perte auditive, la prise en compte de ce handicap semble encore compliquée comme le symbolise les parcours opposés de Manon et Maxime. La question de l’oralisme est ici au cœur d’une réflexion sur la prise en compte des besoins de la personne souffrant de ce handicap.

Ainsi la LSF, Langue des Signes Française, n’a été reconnue comme langue officielle qu’en 2005. Elle était jusque-là au mieux ignorée et au pire interdite au profit de l’oralisation qui désigne le fait pour une personne sourde de s’exprimer oralement.

Exercice complexe pour une personne sourde, Manon a fini par maîtriser tellement bien l’oralisme que même ses proches oublient parfois qu’elle a besoin de lire sur les lèvres pour donner sens aux sons qu’elle perçoit grâce à son appareil. L’oralisme imposé pendant des années pour mieux intégrer les sourds au monde des entendants, la personne handicapée faisant tous les efforts, est ici questionné. Ainsi le choix d’une solution adaptée aux fragilités de chacun et l’accompagnement défaillant des institutions est évoqué en creux par l’absence pesante de Maxime.

Écouter l’absence

Car Elle entend pas la moto est également une réflexion tendre et universelle sur le deuil et la gestion du manque. Si Mathéo renvoie aux souvenirs de son oncle Maxime, il ne le remplace évidemment pas. La présence joyeuse du petit garçon ne fait que mettre en lumière l’absence de celui n’a pas survécu à l’existence. Barbara, la sœur aînée de Manon, est l’autre absence remarquée dans le film. Présente dans les images d’archives, le doute plane sur son ralliement à cette réunion familiale mémorielle.

Le documentaire joue sur le suspense d’une arrivée éventuelle de Barbara. La raison de son absence reste floue mais renvoie à la perte de ce frère, trop douloureuse à commémorer. Liées entre elles, les deux absences renvoient à la difficulté d’évoquer ceux qui ne sont plus là et à mettre des mots sur la raison de ce vide. Autant de mots manquants pour faire un deuil nécessaire. Le documentaire touche particulièrement pour sa capacité à donner corps à cette absence.

À travers les doutes et les regrets sur la prise en charge du handicap, Elle entend pas la moto est un magnifique exercice de contemplation d’un vide signifiant malgré tout, empli d’amour et d’espoir. Un plaidoyer vibrant pour la prise en compte, dans l’intimité familiale comme dans la société, des besoins et des fêlures de chacun. À bon entendeur, le salut.

 

 

 

 

 

 

 

Épicentre prêt à faire
vibrer les salles

Le 10 décembre, la sortie du documentaire de Dominique Fischbach, Elle entend pas la moto, se présente comme un défi de taille pour son distributeur qui veut en faire un film pour tous les publics – petits et grands, entendants et malentendants. Rencontre avec Daniel Chabannes et Corentin Sénéchal, respectivement fondateur et directeur de la structure trentenaire. Lors de la journée des éditeurs du Congrès FNCF, la boucle du line-up d'Épicentre Films – membre de la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF) – a été accompagnée d'une présentation de Elle entend pas la moto, en présence de sa réalisatrice Dominique Fischbach et de sa protagoniste Manon Altazin, sourde de naissance. Un moment décisif pour le distributeur qui dévoilait aux exploitants un projet accompagné dès la production par Corentin Sénéchal et Daniel Chabannes, et dont l'origine remonte à… 25 ans.

En effet, pour ce documentaire, la cinéaste – issue de l'école Strip-tease – a conjugué ses prises de vue avec des archives issues de courts et moyens métrages qu'elle a tournés sur la famille Altazin depuis 2003 : Petite Sœur, Grande Sœur et Manon maman. Germe alors l'idée de réaliser un long métrage pour le cinéma, et la cinéaste contacte Daniel Chabannes et Corentin Sénéchal, ce dernier ayant déjà produit un de ses courts métrages. « Le projet s'inscrivait très bien dans notre ligne éditoriale, qui s'attache à défendre la diversité, qu'elle concerne les questions LGBT, les handicaps… », commentent les dirigeants d'Épicentre.

En profiter tant que le moteur est chaud Dès la pré-production, une dynamique se lance pour que le tournage se fasse au plus vite. « Avec la thématique du film, nous avons pu être inventifs dans la recherche de financements, et sommes donc allés vers le mécénat », explique Corentin Sénéchal. Grâce à la notoriété de Manon Altazin – notamment devenue la première pilote d'avion sourde – au sein de la communauté malentendante, et à l'investissement de Julie Gayet en tant que marraine, 200 000 € sont récoltés auprès de mécènes privés comme publics – à l'instar de l'Association nationale de l'audition et la Fondation pour l'audition. « J'avais une idée précise de comment produire ce film, et finalement tout est allé très vite : un an s'est écoulé entre le moment où nous nous sommes emparés du projet et la fin de tournage. » À cela se sont ajoutées, après réalisation, l'avance sur recettes du CNC, puis, en distribution, le soutien de La Banque Postale en tant que Sofica.

 

Dans le prolongement de la production très rapide, les producteurs/distributeurs entament une tournée des festivals. « Nous avons souhaité montrer le film dans le plus d'endroits possible, dont Valenciennes – d'où il est reparti avec le prix du public –, Auch, Paris Ciné contre les discri'… Il y a eu à chaque fois des retours très positifs. » Pour accompagner ce rayonnement progressif, Épicentre décide de présenter le film lors de la journée des éditeurs du Congrès de la FNCF. Manon Altazin se porte volontaire pour intervenir sur scène aux côtés de Dominique Fischbach et Corentin Sénéchal, pour parler et “signer”; un moment remarqué par les exploitants, comme l'ont constaté le fondateur et le directeur de la structure suite aux nombreux messages qu'ils ont reçus. Le Congrès nous a grandement facilité la tâche pour organiser des avant-premières: on n'a aucun refus!

 

 

 

 

 

Liens TV/radio/podcast :

 

 

  • ARTE - Emission Le 28' présentée par Elisabeth Quin - Replay du mardi 9 décembre avec dans les 15 premières minutes de l'émission, le plateau avec Dominique et Manon en invités culture du jour :

https://www.youtube.com/watch?v=AE0KStRe_xk&list=PL3t1ytKnk4hWXk0PPzJACeZWxsyiaF2I7&in dex=2
 

https://www.arte.tv/fr/videos/125544-077-A/28-minutes/

 

 

  • RTL - Podcast de la chronique "Le Visage du Jour" par Agnès Bonfillon où l'histoire de Manon est mise à l'honneur à l'occasion de la sortie du film diffusée ce matin dans La Matinale :

https://www.rtl.fr/programmes/le-visage-du-jour/7900576013

 

 

  • Replay à 10mn08secondes - Sujet sur 20Minutes.fr par l'Agence Ciné TV & radios avec extraits de la bande-annonce et des interviews de Dominique et de Manon :

https://www.20minutes.fr/tv/ci-ne-ma/4190726-20251210-ci-semaine-sorties-10-decembre-2025

 

 

  • Radio Libertaire - Podcast émission Chroniques Rebelles - Interview de Dominique par Christiane Passevant diffusée samedi 6 décembre - démarrage à 32mn :

https://radio-libertaire.org/podcast/z_commun/emission_aff.php?id_e=62&id_c=49&bout=alpha

 

 

  • Interview filmée de Dominique sur Le Dernier Mot de Trop :
    https://youtu.be/eid2IciyJBw?si=opFUhs3uA_WugKt1

 

 

 

 

PHRASES PRESSES SORTIE SALLES

ELLE ENTEND PAS LA MOTO

 

« Un beau film, très rare, admirablement filmé » Libération

« Une histoire sensible. » - Le Monde

« Une bouleversante réflexion sur la famille » le Figaro

« Poignant » Le Parisien

« Une magnifique pudeur » le Canard Enchainé

« Appelle au dialogue entre sourds et entendants » - La Tribune dimanche 4 ÉTOILES

« Une bouleversante ode à la vie » La Croix (2 *)

« Sensible et émouvant » Télérama

« Le portrait d'une femme rayonnante » - Le Pèlerin

« Courez voir ce film bouleversant » Témoignage chrétien

« Un portrait solaire autant qu'un film-mémoire » l’Obs

« Un témoignage bouleversant. » - Le Point

« Puissant et universel. » - Ouest France

« Une chronique remarquable, inspirante, unique » Le Républicain Lorrain

« Bouleversant » - Les Cahiers du Cinéma

« Un tour de force » - Première ★★★★☆

« Des sommets de délicatesse » - Trois Couleurs

« Un premier film maîtrisé » Positif

« Touche au cœur les spectateurs » Psychologies

« Parmi les plus beaux documentaires de cette année » Le bleu du miroir

« Une merveille à voir absolument » mafamillezen.com

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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 05:13

SOMMAIRE

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10 December 2025 - N°13809 

 

 

 

 

 

10 December 2025 - N°25176

 

 

 

 

Elle entend pas la moto - À voir

Documentaire de Dominique Fischbach - 1 h 34

 

Pilier de l’émission « Strip-Tease », cette documentariste a suivi trois décennies durant Manon et sa famille. Manon est née sourde, comme son petit frère Maxime. 2003, 2010, 2022… Les années passent, Manon grandit. Se découvre des passions (la gymnastique), poursuit les traitements (orthophonie, pose d’implant). La caméra de Dominique Fischbach enregistre la voix de Manon qui s’affirme, qu’elle laisse se déployer sans sous-titres. Sa caméra capte la facétie, la résilience de la jeune fille, ses moments de fatigue et d’agacement aussi. Handicap, inclusion, sacrifice… Le soutien de ses parents et de sa grande sœur entendante Barbara est de tous les plans. Mais ce documentaire est bien plus que ça. Il chronique la transmission, les absents, ceux qui sont partis trop vite. Dominique Fischbach instaure un dialogue entre le présent et le passé. Les images se font écho de manière troublante. Le fils de Manon ressemble énormément à son oncle disparu. Voilà une bouleversante réflexion contemplative sur la famille, ses non-dits, les souvenirs et les traumas qui unissent un clan. C. J.

 

 

 

 

 

Renaud Baronian ON AIME AUSSI

« Elle entend pas la moto » : 25 ans de la vie d'une femme sourde

Manon,

jeune femme sourde, a grandi entourée d'un petit frère atteint lui aussi de surdité et d'une sœur entendante. Pour l'été, elle rejoint ses parents dans leur chalet de Haute-Savoie. À l'occasion de ces retrouvailles, la trentenaire, qui peut entendre un peu grâce à un implant, évoque avec ses proches les obstacles que son handicap l'a obligée à affronter dans sa vie…

Lorsque la réalisatrice Dominique Fischbach a commencé à filmer Manon, celle-ci avait 11 ans. La confrontation de ces images et d'autres archives familiales avec les images « actuelles » apporte beaucoup de profondeur à ce récit. La force solaire de Manon et de ses parents bouleverse, notamment à travers des échanges poignants entre père et fille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinéma: "Elle entend pas la moto", un quart de siècle dans la vie d'une femme sourde

La documentariste Dominique Fischbach a suivi pendant près de 25 ans le parcours d'une fillette sourde rencontrée à l'âge de 11 ans, un travail au long cours qui aboutit au documentaire "Elle entend pas la moto", en salles mercredi.

Ce film offre une incursion intimiste au sein d'une famille française des années 2000, où deux des trois enfants sont sourds.

L'histoire s'ouvre huit ans après le suicide de Maxime, le plus jeune fils de la famille, atteint de surdité et âgé alors d'une vingtaine d'années.

Manon, la protagoniste, également sourde, retrouve ses parents dans leur chalet de Haute-Savoie où ils visionnent un mélange d'images tournées au fil des années par la documentariste, ainsi que des archives personnelles de la famille.

"Ce qui m'intéressait, c'était de voir les liens intrafamiliaux, de voir comment le handicap avait impacté ces liens", résume la réalisatrice dans un entretien à l'AFP.

Au fil du documentaire, des amis se joignent à eux pour une célébration de la vie de Maxime, ponctuée d'archives et de discussions sur les manières d'élever des enfants sourds.

Le film revient sur la pose d'implants auditifs pour les deux enfants et le refus du père d'apprendre la langue des signes.

"Les parents ont fait ce qu'ils ont pu avec leurs connaissances et aussi la période à laquelle ça s'est passé", raconte la documentariste, en soulignant qu'"à l'époque, on leur avait dit surtout qu'il ne fallait pas qu'ils signent pour qu'ils puissent oraliser les enfants".

Par moments, le film adopte le point de vue auditif de Manon et le son s'estompe complètement. "C'est pour que le public, le spectateur entendant, se rende compte de ce que c'est qu'être sourd. Plus on se rend compte du point de vue de l'autre et plus on le comprend", dit-elle.

Si son documentaire "rappelle l'importance de ne pas juger les autres", la réalisatrice estime en revanche qu'"on peut juger notre société".

"C'est pas normal que l'Éducation nationale ne se préoccupe pas correctement de toute la problématique de l'inclusion", ajoute Dominique Fischbach, évoquant notamment ce passage du film où Manon raconte que son frère a été laissé à lui-même dans une classe d'élèves entendants.

"Nous, citoyens, il faut qu'on continue à alerter là-dessus pour que ça change", termine-t-elle.

Afp le 05 déc. 25 à 05 04.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte 11 - REVUE DE PRESSE - 1/2

 

Sorties ciné. Elle entend pas la moto : une chronique de la vie d’une jeune femme sourde de naissance

 

Sur le temps long d'un quart de siècle, la chronique patiente de la vie d'une jeune femme sourde de naissance, à la fois lumineuse et emprunte de gravité introspective.

Elle marche, elle court, elle vole. Manon Altazin, ancienne gymnaste, pratique la course à pied, a gravi le mont Blanc, pilote des avions. Manon, sourde de naissance, est une guerrière. Depuis l'enfance, elle se bat. Contre son handicap, la surdité. Contre la société, trop souvent inadaptée, indifférente, brutale. Contre le chagrin de la disparition prématurée de son frère, sourd comme elle.

Dominique Fischbach la filme depuis 25 ans. Une chronique patiente comme un récit d'apprentissage : on voit Manon petite, déjà têtue, déjà lumineuse ; Manon ado, rageuse et gracieuse ; Manon mère, ventre rond du deuxième enfant. Une trajectoire intime, familiale : l'enfance cabossée, les choix déchirants entre oralisme et signes – implants obligés, parole imposée aux enfants arrachés à leur silence. Ce film-là gronde d'une colère légitime, nous forçant à interroger nos préjugés : et si la surdité n'était pas un handicap, mais une langue refusée ?

25 ans de résilience On se souvient de

Le Pays des sourds (1992), de Nicolas Philibert, qui embrassait une communauté entière avec la tendresse d'un ethnologue bienveillant, et posait les bases d'une fierté sourde face à un monde entendant.

Elle entend pas la moto , de Dominique Fischbach, n'est pas le premier documentaire à plonger dans le silence des sourds, mais il se distingue par son temps long,

Le cinéma sur le temps long a pour lui une singularité. Côté fiction, on songe à Boyhood (2014) de Richard Linklater. Côté documentaire, à :

La Ferme des Bertrand (2024) de Gilles Perret.

Elle entend pas la moto trouve dans sa temporalité étirée la même portée narrative, ou comment saisir la réalité précise d'une vie. Une chronique remarquable, inspirante, unique. Manon, vive, résistante, est admirable. Il y a dans son sourire permanent le signe des victoires arrachées. On la regarde et l'on mesure, presque physiquement, la vaillance de sa résilience.

Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach, en salles dès ce mercredi 10 décembre. Durée : 1 h 34.

 

 


 

 

 

Vingt-cinq ans dans la famille d'une jeune fille sourde :
« Ils ont refusé de rester enfermés dans un monde à part »

 

Pendant vingt-cinq ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a filmé Manon, jeune femme sourde, et sa famille. Résultat ? « Elle entend pas la moto », un documentaire tendre et bouleversant, en salle mercredi.

Des archives familiales, des images du présent, un travail subtil sur le son. Dans le documentaire touchant, « Elle entend pas la moto » en salle mercredi 10 décembre, la réalisatrice Dominique Fischbach révèle au moins autant la résilience d'une combattante que la violence d'une société peu inclusive.

Vous avez rencontré Manon et sa famille, il y a vingt-cinq ans. Qu'est-ce qui vous a immédiatement séduite chez cette fillette de 11 ans ?

Dominique Fischbach

A l'époque, je travaillais pour [une série documentaire belge, NDLR] , j'étais toujours en quête d'histoires. Les familles en regorgent, mais c'est difficile à filmer : tout se passe dans le non-dit. Or, en cinéma direct, il faut que les choses se voient et s'entendent. J'avais l'intuition que le handicap exacerbe les relations. On m'a parlé de ces parents, Laurent et Sylvie, qui avaient deux enfants sourds - Manon et Maxime - sur une fratrie de trois.

Je les ai rencontrés et j'ai immédiatement eu un coup de cœur pour Manon. Elle venait d'apprendre qu'elle devait arrêter sa passion, la gymnastique, alors qu'elle faisait des championnats de haut niveau, en raison de son implant auditif. Elle était à la fois désespérée et très combative. Nous avons très vite développé une complicité : elle se moquait de moi quand je ne répondais pas à ses questions en me traitant de sourde. Je me suis dit : elle a une sacrée personnalité, une belle répartie, et un joli sens de l'humour !

Vous avez réalisé trois films de télévision sur cette famille : « Petite Sœur » (2003), « Grande sœur » (2010) et « Manon Maman » (2022). Quand s'est imposé le long-métrage de cinéma « Elle entend pas la moto » ?

Je l'ai, en quelque sorte, tourné sur vingt-cinq ans sans l'avoir anticipé. L'idée est, elle, apparue lors du troisième film, « Manon maman ». Je me suis dit que j'avais non seulement accumulé une précieuse matière au fil des années, mais aussi que c'était le bon moment pour revenir sur toute leur histoire. Huit ans s'étaient écoulés depuis la disparition de Maxime, le petit frère, sourd lui aussi. Les parents, Laurent et Sylvie, avaient avancé sur le chemin du deuil. Ils venaient d'acheter un chalet à la montagne. Cela sonnait comme un nouveau départ et offrait un décor de choix pour filmer.

 

« Elle entend pas la moto » : le portrait tendre d'une femme sourde à la résilience admirable Vous avez eu accès à quatre-vingts heures de vidéos familiales. Ont-elles été déterminantes dans votre décision ?

Je ne savais pas que ces archives existaient. C'est Sylvie qui m'a révélé un jour :

« Tu sais, on a beaucoup filmé. » J'avais déjà décidé de réaliser ce long métrage, mais cette découverte a transformé le projet en nécessité. Je m'attendais à des

rushes un peu basiques de réunions de famille. Mais pas du tout ! Ils captaient tous les moments importants - les opérations des deux enfants, les séances d'orthophonie, l'annonce à Manon qu'elle devait arrêter la gymnastique -, et d'autres scènes du quotidien, à la maison, dans la voiture. A ma grande surprise, les images étaient particulièrement bien cadrées et posées !

Comment avez-vous tissé ensemble ces trois strates temporelles : les archives familiales, vos films précédents et les images du présent ?

Le documentaire s'est écrit trois fois : avant, pendant le tournage, et surtout au montage. Cela a demandé douze semaines de travail avec une cheffe monteuse et un assistant monteur. C'était un vrai puzzle. J'ai suivi une trame chronologique en commençant par la toute petite enfance, mais je me suis aussi laissée aller à des associations plus libres, moins linéaires, parfois poétiques, entre passé et présent. Le montage révèle ainsi des parallèles troublants : Manon petite fille et Manon adulte devant le miroir, Mathéo et Maxime enfant sur les archives familiales. Lorsque Manon souffre de la cacophonie lors d'une réunion familiale, j'enchaîne sur les images d'elle pilotant son avion - c'est là où elle se réfugie mentalement. Je voulais créer une tension permanente, que le spectateur soit toujours en attente.

Vous avez choisi le cinéma direct : pas de commentaire, pas d'interview, une immersion totale. Comment dirigez-vous pendant le tournage pour laisser la vie se dérouler tout en gardant une écriture cinématographique ?

Il s'agit d'abord d'une histoire de rencontres. Il faut qu'un désir réponde à un autre désir. Ensuite, il faut choisir le bon moment pour tourner. Quand les parents évoquent la mort de leur fils Maxime, je dois sentir qu'ils sont prêts à en parler face à la caméra. Je peux éventuellement leur suggérer. Il peut m'arriver également de reconstituer certaines scènes : par exemple, pour montrer la solitude de Manon dans une réunion bruyante, où elle n'entend plus rien. Je lui explique alors pourquoi j'ai besoin de « jouer » ces images : je veux que le spectateur s'identifie à elle, ressente ce qu'elle vit.

Mais ce que j'aime avant tout, c'est être surprise. Si je suis trop dans la maîtrise, le réel ne surgit plus. Or, c'est pour cela que je fais des documentaires : pour capter des moments imprévisibles.

Comment avez-vous travaillé le son ?

Je voulais impérativement qu'on saisisse le « point de vue sonore » de Manon. Dans les moments cruciaux, je l'ai distendu pour qu'on comprenne ce qu'elle entend réellement avec un implant. Avec le monteur et le mixeur, nous avons également essayé, dans certaines scènes, de le tordre, le rendre métallique, voire inaudible, car c'est parfois ce qui se produit quand on est appareillé. J'ai aussi joué sur les bruits de la nature environnante pour que les spectateurs prennent conscience de toutes les ambiances qu'ils ne remarquent pas d'habitude. J'ai voulu les faire briller pour qu'ils apprécient ce monde sonore qui nourrit leur perception, et saisissent, par contraste, ce à quoi les sourds n'ont pas accès. Appareils auditifs : mes nouvelles « oreilles » ont bouleversé ma vie Vous dites qu'il faut « se situer à la marge pour parler de l'humanité ». Avant d'être un film sur la surdité, n'est-ce pas avant tout un film sur la famille ?

Absolument. La surdité sert de cadre, rendant les relations entre frères, soeurs, parents et enfants plus saillantes. Mais le coeur du film est cette famille extraordinaire. Il y a quelque chose d'assez paradoxal : elle est touchée par un handicap de communication, et pourtant elle communique de façon exceptionnelle. Laurent et Sylvie ont d'ailleurs fait le choix de l'oralité plutôt que de la langue des signes pour leurs enfants. Ils ont refusé qu'ils restent enfermés dans un monde à part. Ils voulaient pouvoir échanger avec eux de la même manière qu'avec Barbara, leur fille aînée qui, elle, n'est pas sourde. J'ai réalisé un film qui est peut-être bien plus sur la parole que sur le handicap.

S'il a une dimension universelle, le film révèle aussi des obstacles très concrets : Manon a dû partir en Belgique pour étudier, Maxime a été abandonné par le système scolaire. Cette dimension politique était-elle importante pour vous ?

Je n'ai pas fait un documentaire militant, mais à travers ces deux destins, j'espère induire une prise de conscience. Nous vivons dans une société peu inclusive. Aujourd'hui encore, de nombreux enfants en situation de handicap n'ont pas de place à l'école. Le parcours remarquable de Manon révèle une détermination incroyable. Quand elle a voulu suivre des études de kiné, en France, on lui a refusé l'inscription en disant :

« Vous n'y arriverez pas. » Elle répondait :

« Laissez-moi essayer. » En vain. Finalement, elle a dû partir en Belgique et se débrouiller seule pour suivre les cours. Elle a fini par devenir kiné comme elle le souhaitait. Maxime, lui, a souffert de ce manque d'inclusion dès le plus jeune âge. A l'école primaire, il s'est retrouvé, seul sourd, dans une classe d'entendants. Beaucoup d'enfants en situation de différence sont abandonnés par les institutions. Laurent et Sylvie sont des parents admirables qui se battent, mais imaginez ceux qui évoluent dans des foyers avec moins d'aide.

« Ma fille veut juste être comme les autres » : avant la rentrée, des milliers d'enfants handicapés sans scolarisation adaptée Ce film dresse le portrait d'une famille marquée par le handicap et le deuil, et pourtant il respire une forme de joie. Comment avez-vous trouvé cet équilibre ?

C'est un film sur la pulsion de vie. Malgré les drames, elle persiste toujours. On la voit chez Mathéo, l'enfant de Manon, qui apporte un nouveau souffle. On la voit chez Manon elle-même, chez ses parents : ils continuent, ils avancent. Je ne voulais surtout pas faire un film misérabiliste sur la surdité. Je voulais au contraire donner de l'espoir, même avec une histoire difficile. Aujourd'hui, des spectateurs me disent qu'il leur a donné envie de se battre pour réaliser ce qu'ils veulent vraiment. C'est formidable !

Sortie le 10 décembre en français sous-titré en français. Certaines salles proposeront aussi - à la demande - la version sous-titrée SME ou en audiodescription.

 

 

 « Elle entend pas la moto » ★★★

 

 

Mélodie en sous-sol

À la veille d'une fête familiale, Manon, jeune femme sourde, rejoint les siens en Haute-Savoie. Dans la splendeur des Alpes, le passé ressurgit : les images d'aujourd'hui se mêlent à d'anciennes archives familiales, redessinant le destin d'un clan confronté à la surdité. Le film raconte d'abord un monde du silence, avec ses malentendus, ses quiproquos, sa poésie aussi, comme lorsque la petite Manon réinventait seule l'histoire des 101 Dalmatiens faute de sous-titres, et n'a compris qu'une décennie plus tard la véritable intrigue.

Mais la réalisatrice Dominique Fischbach ne réduit jamais Manon à son handicap : elle filme sa force, son humour, sa façon de répondre à une sœur qui la juge trop dure, « tu veux ma place ? ». On découvre aussi ce que la surdité prive, comme la gymnastique qu'elle aurait pu pratiquer à haut niveau, et ce qu'elle transmet : son inquiétude de mère, craignant moins pour elle lors d'un incendie que pour son fils qu'elle ne pourrait pas prévenir.

La force du film, ce sont les archives, photos et vidéos, égrainées sur près de vingt-cinq ans, racontant cette vie familiale confrontée à ses moments de doute, à ses erreurs aussi, comme ce père qui refusait la langue des signes avant de s'y résoudre. Et l'inégalité face au handicap, symbolisée par le destin tragique du frère de Manon, qui n'a pas bénéficié du même soutien scolaire qu'elle. Un témoignage bouleversant sans jamais être larmoyant.

David Doucet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Elle entend pas la moto » : quatre ans de tournage pour un documentaire émouvant sur la surdité

Marraine de la Fondation pour l'audition, l'actrice Julie Gayet accompagne la sortie du film « Elle entend pas la moto ». Un documentaire de Dominique Fischbach consacré à un handicap invisible, la surdité profonde.

Par Françoise Ricard 

Quatre ans de travail, de repérages, de recherche de financement et voilà qu' Elle entend pas la moto arrive dans les salles ! C'est en 2001 que la réalisatrice Dominique Fischbach croise la route de Manon Altazin, alors âgée de 11 ans, à l'occasion d'un sujet pour l'Œil et la Main sur France 5, la seule émission télévisée en langue des signes française (LSF).

« J'ai flashé sur cette petite fille rebelle et volontaire, qui voulait croquer la vie malgré sa surdité. On sait bien que les handicapés sont victimes de violences physiques, psychiques, de rejet. Et malgré son jeune âge et ses propres difficultés, elle se montrait aussi très attentionnée envers son petit frère, Maxime, lui aussi atteint de surdité profonde. » Un lien fort se crée alors avec la famille Altazin, dans laquelle seule Barbara, l'aînée, a échappé à la mutation génétique (défaut de la protéine connexine 26) dont Laurent et Sylvie, les parents, sont porteurs.

La méthode du cinéma direct

Lors de ce premier tournage, la réalisatrice suit sa méthode de travail habituelle, le cinéma direct.

« C'est une autre manière de faire du cinéma, et je la revendique. J'utilise les mêmes outils que la fiction (la scène d'exposition, le rebondissement, la dramaturgie) pour que le spectateur puisse s'identifier. Au montage, les scènes sont restituées sans commentaires ni voix off. » À l'époque, Manon porte un implant cochléaire depuis trois ans. Une chirurgie lourde et complexe dans les années 1990, alors qu'elle se pratique aujourd'hui dès l'âge de 1 an et en ambulatoire. C'est un choix difficile pour ses parents, divisés entre le fait de laisser leur fille adopter la culture sourde, donc la LSF ou de l'orienter vers l'oralisme et l'orthophonie.

Dominique Fischbach a notamment écrit et réalisé une trentaine de films pour France Télévisions, Canal+, Arte et la RTBF

« Manon n'avait jamais entendu de sons, confie Sylvie, sa mère.

Son identité, c'était sa surdité ! Opter pour l'oralisme, c'était la confronter à la démutisation, l'obliger à produire des émissions vocales. C'est extrêmement lourd. » Tout cela devant la caméra de Dominique Fischbach qui, passionnée par les sujets de société, notamment le handicap, a écrit et réalisé une trentaine de films pour France Télévisions, Canal+, Arte et la RTBF dans la célèbre collection Strip-Tease Un film de cinéma et pas un reportage télé En 2009, la réalisatrice retrouve Manon pour Grande sœur, où on voit l'adolescente aux côtés de Maxime, puis en 2022 pour Manon maman. « Je fais des films avec des gens, pas sur les gens, explique Dominique Fischbach.

Avec une équipe réduite à un cameraman, un ingénieur du son et une interprète en LSF, il s'agit de trouver le bon moment pour tourner, sans imposer un rythme aux protagonistes. Je les implique dans la fabrication et cela crée un climat de confiance. Il arrive même qu'ils me donnent l'idée d'une séquence. »

Un cinéma immersif « et thérapeutique » toujours à l'œuvre dans Elle entend pas la moto, qui plonge le spectateur au cœur d'une réunion de famille à l'été 2024. Riche du matériau engrangé et des films amateurs de Laurent et Sylvie (80 h d'archives !), Dominique Fischbach se sent prête à franchir le cap de la sortie en salles.

« Cela reste une étape compliquée. Or le public des avant-premières est unanime, c'est un film de cinéma, pas un reportage télé !, se réjouit-elle, car c'est exactement à cet endroit-là que je me situe, en utilisant les outils de la fiction mais en travaillant sur des histoires vraies incarnées par des vraies gens. » Sélectionné dans plusieurs festivals,

Elle entend pas la moto a décroché le Prix « Les uns et les autres » décerné par le Centre national du cinéma (CNC) et l'Agefiph (association d'aide à l'emploi pour les personnes en situation de handicap), ainsi que le prix du public au Festival 2 Cinéma de Valenciennes. Il sera à l'affiche le 10 décembre 2025, dans une version sous-titrée en français, sous-titrée pour les sourds et les malentendants et en audiodescription.

« Je suis une passeuse, je vais dans des mondes différents et je livre ce que j'ai découvert de manière cinématographique », conclut Dominique Fischbach. Le résultat est saisissant et… éloquent.

À voir

Elle entend pas la moto, documentaire de Dominique Fischbach, en salles le 10 décembre 2025.

La Vie aime beaucoup.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« Elle entend pas la moto », le film qui va vous faire changer de regard sur la surdité

Dans ce documentaire lumineux, on suit Manon, jeune femme sourde, kiné et mère de famille, filmée depuis vingt-cinq ans par la réalisatrice Dominique Fischbach. Entre confidences intimes, souvenirs d'enfance parfois douloureux et paysages de montagne à couper le souffle, le film rend sensible - et concret - ce que signifie être sourde dans un monde d'entendants.

« Elle entend pas la moto »… Une phrase jetée comme une évidence d'enfant, qui dit déjà tout du décalage entre Manon, l'héroïne de ce documentaire et le vacarme du monde. On découvre une femme hors du commun ainsi qu'une histoire d'amitié qui dure entre elle et la réalisatrice, Dominique Fischbach. Touchant au cœur les spectateurs,

le film a été couronné de plusieurs prix avant même sa sortie : le Prix du Public, section films documentaires, lors du Festival 2 Cinéma de Valenciennes, du label Coup de Cœur Afcae 15-25 ans et de la Mention Spéciale du Jury aux Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais.

Une rencontre qui devient un film

La genèse du film tient d'abord à cette amitié. Manon a 11 ans quand Dominique Fischbach, la réalisatrice débarque pour la première fois chez ses parents, caméra à la main afin de tourner un court-métrage destiné à la série documentaire Strip-Tease. « La rencontre s'est faite à la maison, avec mes parents et leurs trois enfants, dont deux sourds, raconte Manon. Le tournage s'est très bien passé. Dominique était - et elle l'est toujours - très dynamique, vivante et expressive. Mes parents ont vu ça, et on a gardé le contact au fil des années. » Et puis, un jour, l'idée d'un long- métrage s'impose. « Notre famille est tellement riche, tellement inspirante, sourit Manon, qu'on s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire avec ces images. ». Et la force du film naît de cette confiance accumulée. On sent immédiatement que la caméra n'est pas une intrusion mais une présence familière. Plus qu'« un sujet sur la surdité », Dominique Fischbach fait le portrait d'une femme qu'elle a vu grandir et se rebeller avant de s'épanouir.

Un film qui rend concrète la surdité

L'autre force majeure du film est d'incarner physiquement ce que veut dire être sourde dans un monde d'entendants. Dominique filme Manon quand elle enlève son appareil : le son se coupe, le spectateur bascule littéralement dans le monde du silence. Appareillée, Manon lit sur les lèvres, signe, mais oralise aussi. « Je peux capter des sons, mais les distinguer et les comprendre est un travail permanent car les appareils amplifient tout et ne font pas le tri entre les sons… Il faut que la personne s'exprime clairement, qu'elle ne tourne pas la tête, qu'elle ne parle pas en marchant. J'ai besoin de la lecture labiale tout le temps. Parfois, dans une pièce, je n'entends rien… sauf le tic-tac de l'horloge. » Ce décalage devient particulièrement concret dans les scènes de groupe. Au chalet, entourée d'amis mais perdue dans un brouillard sonore lié aux éclats de voix, Manon semble peu à peu se retirer, lâcher prise et renoncer à participer aux conversations. « C'est fatigant de faire autant d'efforts pour suivre, confie-t-elle. Aujourd'hui, j'accepte parfois de m'isoler plutôt que de m'épuiser pour des conversations qui, au fond, ne valent pas cette fatigue. »

Le film nous permet d'éprouver cette fatigue cognitive qu'on ne voit jamais dans les discours abstraits sur le handicap. Ici, elle se lit sur un visage, un regard qui décroche, un corps qui se lève et se plante devant la montagne.

Une société insuffisamment inclusive

Manon est kinésithérapeute et dans le film, elle évoque son parcours semé d'embûches. On comprend la fierté du chemin parcouru, mais aussi le prix payé. « En école de kiné, je passais la journée à lire sur les lèvres sans pouvoir prendre de notes. Le soir, je récupérais les photocopies des camarades volontaires et je rattrapais tout mon retard. J'ai failli tout arrêter. » En cause, les réactions des autres : la jalousie devant les aménagements, les sous-entendus sur le fait qu'elle « est aidée », les remarques maladroites. Manon en parle sans rancœur, mais sans édulcorer. Si elle a réussi, c'est grâce à son acharnement, au soutien de ses parents, d'une direction d'école qui a joué le jeu… et à une capacité peu commune à se relever. A la question « est-ce que ça a changé ? », la réponse est nuancée. « Depuis que le film existe, je reçois beaucoup de messages de parents qui me laissent penser que ça n'a pas tant changé que ça. Comme cette maman d'une fille sourde à Toulouse, complètement perdue parce que sa fille qui veut faire des études de droit n'est plus du tout accompagnée… » Le documentaire devient ainsi plus qu'un portrait : un miroir tendu à toutes ces familles qui se débattent, souvent seules, avec des décisions éducatives lourdes. Sur la question de l'oralisation et de la langue des signes, le film montre aussi comment les deux ont pu être opposées.

« C'est un vaste sujet, tempère Manon qui a appris avec bonheur à signer à son fils entendant dès le

berceau… Les parents devraient être informés de toutes les possibilités, et choisir avec l'enfant en fonction de ses besoins et de ses envies. Aujourd'hui, ce sont souvent eux qui doivent tout aller chercher, au prix d'une énergie folle. Les familles aussi ont besoin d'être soutenues. »

Mais aussi un grand film de montagne… et d'intimité

« Elle entend pas la moto » est un film sur la façon dont on se construit quand on ne rentre pas dans les cases prévus par une société encore très normative. Manon ne se résume pas à sa surdité : elle court, pédale, pilote un avion (elle a été la première femme sourde à obtenir son brevet de pilote), élève ses enfants. Les images de montagne - le chalet de ses parents, la neige, l'aérodrome - ne sont pas un simple décor : elles accompagnent son travail intérieur, comme un espace où elle peut choisir son propre rythme, son propre silence. La beauté des paysages alpins contraste avec le brouhaha social qu'elle ne peut - ou ne veut pas toujours - suivre, et rend palpable ce besoin de retrait assumé. Inclusif jusqu'au bout, le film existe aussi en version audiodécrite pour les personnes aveugles ou malvoyantes : une manière très concrète de rappeler que ces vies, ces voix et ces paysages doivent être accessibles à tous, y compris à celles et ceux qu'on oublie trop souvent des récits collectifs.

« Elle entend pas la moto », un documentaire de Dominique Fischbach, en salles le 10 décembre. Merci à Marina Urbain, interprète en LSF

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Un documentaire à voir en salle : le parcours de Manon, née sourde, crève l'écran

« Elle entend pas la moto », en salles dès le 10 décembre, retrace le parcours de Manon, jeune femme implantée et de sa famille. Un documentaire à la fois riche et profondément émouvant pour les audioprothésistes, dont vous pouvez visionner la bande-annonce ci-dessous.

Dominique Fischbach connaît Manon depuis ses 10 ans, période charnière où elle a dû renoncer à la gymnastique, sa passion. Touchée par sa vitalité et son humour, la réalisatrice l'a filmée à plusieurs reprises, tissant aussi des liens avec ses parents, qui ont deux enfants nés sourds, Manon et son petit-frère Maxime, et une fille aînée entendante, Barbara. De cette relation sont nés trois courts-métrages et le documentaire actuel. Par flash-back, il explore les dilemmes liés à la surdité profonde : oralisme ou LSF, choix de scolarité, équilibre entre exigence et protection… Sans commentaire ni interview, il traite ces sujets avec finesse et respect, tout en révélant un parcours hors norme. Kinésithérapeute, Manon est aussi une sportive accomplie : marathonienne, alpiniste, cycliste et pilote d'avion pratiquant la voltige. Elle est la première et seule femme sourde dans ce cas en France.

Des soutiens engagés dans le secteur de l'audition

Le film, où vous reconnaîtrez le Dr Nathalie Loundon, a reçu le soutien de la Fondation pour l'audition, qui souligne son rôle pour « sensibiliser largement le public, favoriser des échanges et renforcer la compréhension collective des enjeux d'inclusion et d'accompagnement des familles concernées par les surdités » . Julie Gayet, marraine de la fondation, a tenu à accompagner le film :

« Par son travail sensible, Dominique Fischbach nous fait plonger au cœur de l'intimité de cette famille où nous découvrons la ténacité de leur fille Manon qui affronte le monde. C'est bouleversant». Et l'Association nationale de l'audition s'est également engagée, saluant « l'importance de la confiance en l'individu au-delà de son apparence, de sa différence, des marqueurs de son handicap ». Acceo et Tadeo, spécialistes de la transcription et de l'interprétation LSF, soutiennent aussi le projet.

Le film sort en salles le 10 décembre, dans 2 semaines, en version sous-titrée à destination des personnes sourdes et malentendantes (SME) et en audiodescription. Les documentaires restent rarement longtemps à l'affiche … Ne loupez pas le coche !

 

  • Audio Infos

 

 

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11 décembre 2025 4 11 /12 /décembre /2025 17:26

 

Aujourd'hui, pas d'article à rallonge, juste un lien de l'interview sur France Info :

https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/documentaires/elle-entend-pas-la-moto-un-documentaire-emouvant-qui-suit-l-histoire-familiale-d-une-femme-atteinte-de-surdite_7672618.html

A la fin de la transcription écrite, vous avez accès à l'audio…

Pour la première fois, Manon se lâche, des trémolos dans la voix…

Eh oui, elle ne l'oublie pas son petit frère, comme nous tous d'ailleurs…

Quel gâchis ! Les institutions sont-elles conscientes des conséquences de leur incurie ?

 

Et je peux vous assurer que l'émotion était
particulièrement forte dans le studio !

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