Mercredi 8, 8h30, il faut prendre une décision. Les orages devaient arriver dans la matinée, mais ça tonne depuis 6h30 et il pleut à seaux …
Bon, équipement pluie et c'est parti, sous des trombes d'eau. L'avantage, c'est que la lumière rasante du matin est absente !
Heureusement, la pluie se calme après Rennes et la chaussée sèche à partir de Cholet, mais il ne faut pas mollir car les annonces météo sont inquiétantes pour l'après-midi.
Limoges, dernière pause, rapide, car le ciel à l'ouest est noir, ce qui est confirmé par les panneaux à messages variables qui annoncent une alerte orange. Une sérieuse motivation pour abattre la dernière centaine de kilomètres à allure soutenue … d'autant que c'est une suite ininterrompue de virolos.
En fait, j'arrive à Bort sec et sans soucis.
Jeudi et vendredi sont réservés essentiellement aux activités des Restos du Cœur.
Samedi matin, départ dans la brume, légère, mais maintenant des températures relativement basses (jusqu'à 10° dans l'ascension du col d'Entremont).
Succession de souvenirs sur cette route renommée la R.A.B (Route à Bonheur) par Dédé. Ensuite, c'est la vallée de l'Alagnon, souvent déroulée avec Dédé et Alfred … ou avec une meute de ZX12R.
Un pause photo à Loudes pour une photo devant un Fouga Magister, l'avion de la Patrouille de France de mes jeunes années, mais aussi un triste souvenir d'un lâcher de parachutistes, une des voiles ne s'ouvrant pas …
Pour le final, une séquence nostalgie par les gorges de l'Ardèche, avant de faire la seconde pause chez Annie et Dédé, à Saint Martin d'Ardèche.
Dimanche de repos, avec les visites d'amis de longues dates, Victor puis Patricia, sources de biens des souvenirs mais aussi de bonnes rigolades.
Lundi matin, départ avec un sérieux road-book préparé par Dédé, après un réveil face au village d'Aiguèze (30) sous les feux du soleil levant. Il y a pire comme vision !
Virages à outrance pour 6 heures de selle … soit plus du double d'une route plus directe. Mais quel plaisir, comme ces vues moins conventionnelles du Mont Ventoux et de son environnement !
Après 1355 km, arrivée sur le Circuit du Castellet. La moto est stationnée en bonne compagnie et nous pouvons commencer à installer les matériels informatiques et vidéo avec l'ami Nono.
En effet, nous allons assurer les directs de 3 box, et les équipes des motos 24, 33 et 121 sont déjà bien installées :
La première nuit débute, mais l'activité est toujours intense.
La semaine folle du Bol d'Or est donc lancée.
Dans les heures et jours à venir, nous vous communiquerons les liens
vous permettant de suivre l'activité de ces trois teams.
Sympas les copains, ils viennent jusqu'ici pour me roder à mes prochains périples …
En fait, 5 couples passent leurs vacances en Bretagne et résident à une vingtaine de kilomètres de ma résidence … locale. Et comme j'ai une journée disponible avant de partir vers le sud pour le Bol d'Or, je leur propose une petite virée découverte.
Lors du café offert à mon arrivée sur leur lieu de vacances, Marie commence par m'énerver par ce propos "que des lignes droites ici, heureusement qu'il y a des ronds-points !" …
Il va donc falloir remédier sérieusement à cette vue particulièrement restrictive …
Les filles (Brigitte et Marie) préfèrent laisser leurs montures au repos et profiter de l'environnement … en étant au plus proche de leurs maris (pour mieux les surveiller ? ? ?).
Le tour de chauffe nous amène à la pause-café sur le port de Paimpol ;
Puis un arrêt-rapide dans le village de Kermouster ;
Suivi d'un point de vue sur le Sillon de Talberg ;
Plus longue pause pour le repas à Tréguier ;
Une trêve au-dessus de Perros-Guirec pour attendre nos deux retardataires longuement coincés derrière un camping-car … qui se gare juste devant eux. Mais aussi admirer les eaux claires et une ile au décor parfois neigeux, au gré des vols de multitudes d'oiseaux ;
Avant de profiter d'une balade au cœur du granit rose ;
Sur le chemin du retour, une pause-éclair à Pleumeur-Bodou ;
Je laisse alors le choix d'un retour rapide par de la 4 voies ou plus bucolique par des petites routes. Cette dernière option est retenue à l'unanimité, malgré la fatigue largement exprimée de certains.
Et là, je rigole secrètement sous mon casque à la perspective des virages à venir, dont le final par ce que j'ai renommé la "Breizh TT" où le rythme est relativement soutenu en fonction du contexte (d'ailleurs, nous y avons croisé quelques tracteurs agricoles fort larges sur ces routes étroites).
A l'arrivée ma question fuse : "Alors Marie, elles sont toutes droites les routes en Bretagne ?"
Eclat de rire général et la réponse : " ah non, on se croirait même en Corrèze parfois !".
Mais il est temps de passer aux choses sérieuses. Lolo nous à préparé de quoi nous ressourcer :
Jus de pommes (du jardin), vins de merisier et de noix (maison) accompagnés de tomates cocktail (du jardin), de raïta (concombres du jardin râpé avec yaourt à la grecque, cumin et ail) et caviar d'aubergines (toujours du jardin).
Nous pouvons ensuite passer à table pour déguster le couscous préparé la veille … et toujours avec les légumes du jardin, repas conclu avec les glaces maison !
Ma fine équipe repart et moi, je termine mon paquetage. En effet, je repars demain matin pour ma première étape en direction du Bol d'Or, avec un premier arrêt à la maison, à Bort les Orgues.
Mais je voudrais terminer par une mention spéciale envers Patrick.
Il nous a prouvé une abnégation sans failles : il a testé, quasiment à chaque arrêt, les possibilités de sieste !
Et à ce rythme, la preuve est faite, il sera en grande forme pour les Millevaches !
Merci à vous pour ces excellents moments,
profitez bien de vos vacances et à très vite.
Enfin les perspectives s'éclaircissent et mon ami Nono me confirme que nous serons ensemble sur le circuit Paul Ricard (Castellet) pour le Bol d'Or !
Mais nous n'y serons pas que pour rigoler.
En effet nous allons assurer les "lives" du plusieurs teams dont certains concourent pour le titre …
Ça promet une semaine bien occupée pour l'équipe Nonocam !
Mais en attendant, il me faut préparer ma grande diagonale de plus de 1200 km pour rejoindre le circuit et à mon grand âge, ce sera avec probablement 3 étapes.
Aussi l'occasion de débuter mon tour de France des potes ?
Vendredi matin, nouvelle équipée bretonne, en réel duo cette fois-ci. En effet, Lolo a fait une chute la veille et la conduite de sa moto risque d'être difficile. La voici donc aujourd'hui en passagère !
Destination Perros-Guirec afin d'assister à une démonstration de la Patrouille Acrobatique de France (PAF). Il s'agit là d'une autre de mes passions. Dès mes jeunes années, nos parents nous emmenaient voir ce spectacle lors de la fête aérienne du Bourget et les Fouga-Magister de l'époque venaient chaque année parader sous les fenêtres de l'école primaire pour leurs entrainements… ce qui ne favorisait vraiment pas mon attention aux études !
Après avoir sillonné bien des petites routes fort agréables (dont celle que j'ai renommée le Breizh TT), nous faisons une pause à l'aéroport de Lannion pour y prendre quelques photos des Alphajets fièrement alignés.
Alors que j'allais repartir, une Harley Davidson se "pose" juste devant l'entrée. Salut réciproque et une boutade sur la nature du parking. L'explication arrive sans ambages : "Je suis le directeur des vols".
S'ensuit une rapide conversation, bien intéressante, au cours de laquelle je tente d'obtenir un passe-droit pour accéder au tarmac …
Un sourire en réponse … Mais ça ne coutait rien d'essayer !
Nous arrivons enfin au cœur de l'évènement. Un énorme avantage de la moto qui trouve encore à se garer. Certes, sur un large trottoir, mais avec l'assentiment des gendarmes.
Immédiatement, je me propulse devant cette maison pour en prendre une photo avec une pensée familiale émue :
C'est là que résidait un oncle, et là que fut notre ultime rencontre. C'est aussi de cet endroit que j'admire la PAF la dernière fois, il y a une quinzaine d'années.
Déambulant le long de la plage de Trestraou, nous assistons aux préparatifs de démonstrations de sauvetages avec hélicoptère et SNSM (Service National de Sauvetage en Mer). La Gendarmerie est vraiment omniprésente partout, même sur l'eau :
Devant déjeuner, nous n'assistons pas à ce spectacle. Néanmoins nous bénéficions d'un autre : la capacité d'une restauratrice à gérer les grincheux et autres "pressés" pourtant retraités et en vacances …
Excellent accueil et bonne table pour "La Goélette" que nous recommandons avec plaisir.
A la sortie de ce restaurant, nous sommes accueillis par les gracieux vols de plusieurs parachutistes qui viennent se poser avec précision sur la plage :
Arrivent enfin les huit Alphajets en formation :
Un spectacle grandiose offert par des As qui nous gratifient figures époustouflantes.
En voici quelques vues, mais j'ai vite laissé l'appareil photo pour profiter pleinement du spectacle :
Pour le retour, la moto est encore plus appréciée pour sa capacité à se faufiler. Dès les premiers mètres le magma automobile est intense et nous nous retrouvons bloqués aux côtés d'un véhicule de gendarmerie. Rapide échange et petite rigolade avec l'officier qui, aimablement, explique à son chauffeur comment nous permettre de passer.
Merci bien mon commandant !
C'est ensuite des kilomètres de gymkhana pour remonter les files à l'arrêt … et les réflexions réitérées de Lolo : "heureusement que je n'ai pas pris ma moto".
En effet, elle est moins habituée que moi à ce type d'exercice … et peut-être moins téméraire aussi ?
C'est enfin le retour au calme, non sans une pensée aux copains du Moto-Club qui vont bientôt débarquer dans la région. D'ailleurs, j'en porte les couleurs et arbore les emblèmes de notre manifestation hivernale "Les Millevaches".
13 mois déjà que ces deux machines n'ont pas roulé de concert …
La dernière fois, c'était en juillet 2020 pour accompagner un "petit jeune" prenant livraison de sa nouvelle moto en Anjou. Vu la couleur de cette bécane, cela donnait une vision assez patriotique …
Depuis, ces deux machines roulent alternativement, au gré de mon humeur … et des possibilités offertes par différentes contraintes, dont celles liées au Covid.
Mais ce 15 août, Lolo, la pilote de cette brave Honda, décide de reprendre le guidon pour une petite virée pleine de promesses.
Nous voilà donc partis pour une quarantaine de bornes de petites routes se terminant par de belles séries de virolos qui nous mènent jusqu'à la sympathique petite cité de caractère de Pontrieux aux charmes certains :
Il est temps de se restaurer et nous profitons avec délectation de la crêperie des lavoirs.
L'accueil est à la hauteur des pantagruéliques et délicieuses moules frites (à la Bretonne et au bleu).
Une table recommandée après ce test concluant.
Repus, nous partons balader le long du Trieux sur lequel déambulent des petites barques à propulsion électrique. Cette vision nous engage à profiter de la promenade aquatique destinée à découvrir les innombrables lavoirs qui s'échelonnent sur les berges. Au plaisir des yeux s'ajoutent celui de la découverte grâce à un marinier local qui nous abreuve de l'histoire de la région émaillée de nombreuses anecdotes.
Puis nous enfourchons à nouveau nos destriers pour rejoindre l'objectif initial de la balade : le château de la Roche-Jagu, lieu d'un concert en fin d'après-midi.
Nous déambulons dans les jardins qui surplombent le Trieux dont les eaux calmes sont à peine troublées par les arabesques d'un skieur.
Enfin, nous rejoignons le théâtre de verdure qui accueille le trompettiste virtuose suisse Erik Truffaz et ses acolytes de son quartet.
Trois gouttes de pluie marquent la fin du concert, suffisamment fugace pour ne pas marquer le sol et donc ne pas nous importuner.
Pour le retour, ma suiveuse prend son temps, moins alerte qu'à l'aller mais nous arrivons largement avant la tombée de la nuit.
Belle journée, excellent préambule à de nouvelles tribulations de la Tracer qui devrait prochainement prendre le départ d'un tour de France des copains …
C'est d'ailleurs déjà annoncé à certains qui m'attendent de pied ferme …
Ils sont nombreux mes plus anciens amis, comme les fidèles lecteurs de ce blog à me demander des nouvelles du Sieur Blanco.
Et l'actualité me donne la possibilité de répondre à tous en fournissant d'excellentes nouvelles.
"Blanco", c'est le pseudo d'un Jean-Marie qui était omniprésent dans le monde moto et compagnon de nombreuses aventures qui débutent bien avant la naissance de ce blog …
Une fabuleuse et tonitruante histoire qui voit son prélude sur le net il y a deux décennies par l'entremise du forum du Repaire des Motards.
Au sein de ce site, il participe aux essais de bécanes puis organise avec brio la concentration annuelle "La Tortue". Et c'est à cette occasion que notre connivence virtuelle prend une forme plus concrète, que notre complicité s'élabore dans le monde réel.
Je pourrais probablement écrire un bouquin de toutes les péripéties vécues en commun, dont nous retrouvons certaines dans ce blog :
Tous les circuits où il se présente avec son team … Kawasaki évidemment ! Cela nous a d'ailleurs valu un furieux fou rire général (parmi tant d'autres !) lorsqu'un matin je lui demande s'il a mangé des épinards la veille.
Devant son étonnement, j'explique qu'ainsi, même le fond de son slip serait vert …
Mais il y a eu aussi un passage, fugace mais poignant, sur BMW. Cf. : "En route pour Nogaro"
Les fantastiques moments avec "Fast Sebil", le très regretté Bertrand Sebileau :
Ce week-end à Nogaro, qui marque son retour après son terrible accident le lendemain d'une victoire aux 24 heures du Mans. Instants magiques avec un homme humble, passionné et pas avare de ses conseils pour les jeunes pilotes ; Cf. : "Objectif Nogaro"
Ce passage épique sur le salon Moto Légende où nous le récupérons avec sa Ford KA … resiglée avec maestria KAWA, bien sûr ;
Notre dernière entrevue sur le circuit Bugatti … Ce virtuose du guidon arpente à pied son circuit fétiche avec un jeune pilote se préparant pour les 24 heures du Mans. Il nous explique qu'il a acquis tant d'automatismes ici qu'il pourrait probablement dérouler le tracé les yeux fermé, au rythme de la musique, SA musique, des accélérations, changements de vitesse et freinages !
Ses participations aux premières éditions du renouveau des Millevaches.
Avec la bande de copains dont l'inénarrable Dédé (DD07) qui, entre autres, se trouve affublé d'une bouteille d'eau de vie de poire … asséchée la veille par cet étonnant Olibrius de Blanco …
Des grandes bouffes, de furieux délires, des instants angoissants, mais surtout, un intense partage. cf. : "Millevaches, 40 ans après …"
Mais aussi tous les moments plus privés, de farniente au bord de l'océan, de somptueux barbecue aux délices du sud-ouest, des multiples galettes (j'étais arrivé avec 5 kg de feuilletage dans la sacoche réservoir afin que madame fête dignement l'épiphanie sur son lieu de travail – galettes pommes caramélisées, poire/chocolat et frangipane !), de travaux divers, d'aventures familiales …
Bref, nous n'avons jamais perdu le contact même après son abandon du monde moto et bien des vicissitudes !
Il suffit de lire cet article de la Dépêche (LIEN) pour découvrir le renouveau de Jean-Marie, toujours passionné, toujours motorisé (mais à 4 roues !), et surtout, toujours solidaire et profondément humain …
C'est donc avec un immense plaisir que je peux l'accompagner dans ses nouvelles aventures et me faire le héraut de ce projet (le héros, sur ce coup au moins, c'est lui).
La triste nouvelle m'est communiquée par son frère Laurent, motard lui aussi et adepte des Millevaches … Donc l'occasion de se croiser au moins une fois par an sur le plateau du même nom (je n'ai pas beaucoup de temps disponible dans ces moments-là).
Malgré des prévisions météo peu engageantes, je tiens à être présent en ces moments de douleur, marquer mon amitié avec cette famille …
Jacky Godefroy est parti à 49ans, laissant une Florence éplorée avec leurs deux jeunes enfants.
De quoi décupler la tristesse et la rage.
Comme je dois être un peu maso, je décide de faire rouler la bécane de Laurence, la "petite" 500 Honda. 1500 bornes en quelques jours vont lui faire du bien.
Et cela devrait rajeunir son pilote qui se retrouve sans les acquis modernes, et en premier lieu les poignées chauffantes … Une forme de retour aux sources.
Après quelques dizaines de kilomètres sous la flotte, les averses s'espacent mais le froid s'intensifie d'autant plus qu'il n'est pas possible de se réchauffer dans un lieu douillet fournissant un bon café fumant.
Il faut donc rouler … ou s'arrêter dans des lieux froids et humides pour satisfaire ses besoins naturels, engloutir un sandwich, ingurgiter une rasade de café stocké dans un thermos ou fumer une cigarette (pas tout en même temps bien sûr !).
La 2X2 voies à la chaussée séchante, au moins par endroits, libère suffisamment mon esprit pour revivre tous ces bons moments avec Jacky …
Cette première rencontre il y a une vingtaine d'années sur le camping du houx lors des 24 heures du Mans. Jacky est là avec son frère Laurent et une jeune et joyeuse bande de Solognots. Avec ma fille Céline et l'ami Serge, nous nous installons à proximité et l'alchimie prend immédiatement.
Un week-end mémorable dont le paroxysme est probablement le moment où Laurent tente de nous réveiller à coup de rupteurs …
Peine perdue. Avec Serge, nous avions ingurgité de quoi dormir correctement avant la longue route du retour vers Montélimar.
La médication chimique était efficace !
Au cours des années suivantes, nous nous rencontrons d'autant plus régulièrement que nous venons souvent, avec Serge, retrouver notre ami Louis résidant dans le même secteur.
C'est l'occasion de nombreux et savoureux repas concoctés par Florence ou de "grandes bouffes" (et de sérieux délires) avec toute la bande se retrouvant chez Louis.
Les vies de chacun évoluent mais ces rencontres perdurent.
Nous voyons arriver le premier bébé, Clément suivi plus tard d'un petit Louis.
Nous découvrons leurs évolutions par épisodes, au cours de pique-niques, de balades, d'apprentissage du vélo, de rencontres familiales, voire de matchs de foot, d'abord du Papa, puis des enfants qui n'arrêtent pas de grandir.
A titre personnel, outre la moto bien sûr, je partage un autre centre d'intérêt avec Jacky.
Il est Pompier volontaire alors que j'ai longtemps œuvré en tant que bénévole secouriste à la Protection Civile puis agi lors des créations des SAMU de Versailles et d'Annecy.
Souvent nos discussions portent sur les opérations de secours et nous partageons nos expériences.
A l'approche de Blois, mon esprit cesse ses divagations mélancoliques. La pluie refait son apparition et je commence à être sérieusement frigorifié. Heureusement, 80 kilomètres plus loin j'arrive à mon hôtel à Vierzon… avec quelques dizaines de minutes d'avance sur le couvre-feu.
Le lundi 8 février au matin, je rejoins Salbris, point de rendez-vous fixé par Michel Desbois, président du MC RazorBikes Salbrisiens. L'occasion de retrouver un des membres de la bande originelle du Mans, mais aussi des participants de l'hivernale Les Millevaches !
A 11h30, le groupe d'une vingtaine de motos prend la direction de Lamotte-Beuvron afin de rejoindre la chambre funéraire puis assurer l'escorte d'hommage du dernier voyage de Jacky.
Le convoi prend alors la route vers le crématorium de Theillais, la moitié des motos ouvrant la route et l'autre moitié suivant le corbillard.
L'émotion est encore contenue par les contraintes de la route et de cette évolution en convoi ordonné …
Vidéo du passage dans sa commune, Nouan le Fuzelier, visible sur Facebook
La haie de motos se forme derrière celle constituée par la trentaine de sapeurs, sous-officiers et officiers entourant le drapeau. La gorge se serre lors du passage du cercueil suivi d'une famille dévastée dont je connais bien des membres. Dur dur !
La cérémonie est émouvante, l'importante foule présente donne la dimension de l'engagement de Jacky et de cette famille dans la vie locale, la majorité restant à l'extérieur, faute de place dans la salle.
Puis vient le moment du dernier adieu et je craque.
Un salut à l'ami Jacky, un coup d'œil compatissant vers Florence et ses enfants, un fugace geste de réconfort vers Laurent et je me dirige vers le registre que j'ai bien du mal à voir à travers les yeux embués.
Les quelques mots apposés, bien dérisoires, doivent être tremblotants, voire illisibles …
Ensuite, il est temps de repartir. Environ 3 heures de route et la contrainte du couvre-feu.
Je remercie encore Michel de son accueil et de son implication, salue rapidement les motards présents et m'engage dans la suite de ce périple, la rage au ventre.
La rage de se sentir si impuissant devant de tels malheurs, la rage de ne pas pouvoir soulager un tant soit peu le fardeau qui accable des êtres appréciés, la rage de se trouver désemparé devant des situations m'apparaissant si injustes et pourtant naturelles et inéluctables …
Cette rage m'aide à combattre le froid intensifié par la vitesse sur l'autoroute, vecteur routier rendu impératif pour respecter les contraintes horaires et rejoindre les portes du Vexin.
Aux alentours de Rambouillet, quelques flocons volètent et par moment, les bas-côtés blanchissent légèrement.
Mais me voici arrivé chez mon frère, un "détour" programmé qui offre bien des avantages :
Se retrouver après une année émaillée de confinements ;
Respecter confortablement le couvre-feu ;
Livrer quelques douceurs dont mes dernières élucubrations sucrées (confitures, pâtes de fruits et nougat).
Dès mon arrivée, mon frère Laurent semble taquin et m'apostrophe :
- Tu comptes vraiment repartir mercredi ?
Et je rétorque :
- Oui, cela semble être la meilleure fenêtre météo !
Mais c'était mon analyse de dimanche avant de partir et je constate le lendemain matin que les prévisions ont effectivement bien évolué …
La moto restera donc sagement 48 heures de plus sur place, sous la neige et sur la glace !
Le vendredi, j'évalue un départ possible, mais il faut que j'attende le milieu de matinée pour limiter les risques des axes secondaires encore encombrés de bien des zones glissantes. Et il ne faudra pas trainer pour arriver suffisamment tôt dans les Côtes d'Armor … en alerte orange neige et verglas, quitte à se trouver un hôtel en route si les conditions s'avèrent trop précaires.
A partir d'Avranches, la neige est omniprésente mais la chaussée bien que de plus en plus mouillée est bien dégagée. La fin du parcours sur la RN 12 devient inquiétante. Les saleuses sont en action et les arbres sont superbes … enserrés dans des gangues de glace. Un camion en situation délicate (à contresens, remorque posée sur un champ et cabine plongeant dans un fossé) est en cours de dégagement. Autant de signes qui m'inquiètent pour les derniers kilomètres.
Néanmoins, calmement et les deux bottes au sol, j'arrive sans encombre, d'autant que Laurence avait complétement dégagé la route devant le portail, ainsi que l'allée.
Elle devait craindre pour sa moto (mode boutade bien sûr) !
Douillettement posé au chaud, je revis tous ces moments en les évoquant avec Laurence, la voix parfois chevrotante …
Je souhaite vraiment que tu sois parti en paix Jacky, tu le mérites grandement …
Quant à ta compagne, tes enfants, ton frère (Laurent, celui que je connais), tes parents,
j'espère qu'ils sauront qu'en cas de besoin, nous serons toujours là …
Et merci à Laurent pour la communication de ces photos !
En décembre 2016, j'avais le plaisir de convier, au cours du week-end des Millevaches, quelques artistes, écrivain, reporter ou cinéastes et néanmoins amis.
Ils débarquaient pour s'encanailler lors de notre fameuse hivernale motocycliste, voire même la découvrir pour certains, mais aussi venir à la rencontre de leur public, présenter leurs œuvres et les dédicacer.
Ils s'agissaient de Michel Turco (malheureusement forfait au dernier moment), Pierre Vinour, Jean-Paul Dautricourt et Bernard Fau.
Ces artistes et leurs ouvrages sont évoqués dans cet article de l'époque :
"Dis Bernard, tu nous en prépare d'autres des comme celui-là ?"
En fait, je savais qu'un nouveau projet était en cours dont le sujet est de grande actualité à ce moment là puisque l'acteur principal n'est autre que Johann Zarco qui vient d'accrocher son second titre de champion du monde en Moto2 (600cc).
Et après quelques vicissitudes, l'aboutissement est là sous la forme de ce DVD :
" Johann Zarco, l'audace d'un champion "
Certes, Bernard nous conte l'évolution du pilote, une forme d'aboutissement avec ce double titre de Champion du monde ou la précarité dans l'univers MotoGP, mais nous n'avons pas affaire à un documentaire lambda, loin de là !
Nous y découvrons un homme, tout simplement, mais un homme complexe aux multiples facettes, bref un homme attachant.
Incontestablement un pilote déterminé, ambitieux et fougueux, mais aussi un musicien, un frère, un fils, un compagnon, un athlète parfois facétieux, voire même un philosophe aux réflexions profondes.
Et un liant de toutes ces facettes qui réside dans sa passion de la moto, dans cet esprit de partage et de solidarité qui anime bon nombre d'entre nous, dans ses engagements.
Alors Bernard, un immense merci d'avoir accéder à mon désir de 2016 et surtout de m'offrir cette vision particulièrement humaine d'un homme que nous voyions jusqu'ici surtout comme un pilote nous faisant vibrer, de joie comme de détresse, au gré des courses.
Vous pouvez commander ce DVD sur le site de Strada Productions par celien.
Et à l'approche des fêtes de fin d'année qui s'annoncent particulières,
n'est-ce pas une idée de cadeau original ?
A offrir aux motards, bien sûr, mais aussi aux humanistes …
Dimanche matin, le temps est maussade mais les prévisions sont encourageantes …
Alors nous décidons de partir balader.
Des petites routes sinueuses à souhait sautent de monts en vallons, serpentent sous les frondaisons ou au milieu des champs et nous amènent devant le château de la Roche Jagu.
La demeure est magnifique, imposante, surplombant un coude du Trieux :
Mais le but réside dans les superbes et édifiants jardins qui sont l'écrin de cette bâtisse.
Des heures de balades et de découvertes. Mais plutôt qu'un long discours, quelques vues :
La reprise est forte : 1500 bornes dans la semaine, une bonne remise en jambe !
Ce matin, départ de Bort aux aurores vers les terres celtiques et les prévisions météo ne sont pas très engageantes :
Rares averses à partir de Poitiers puis orages dès le début de l'après-midi sur la Bretagne.
Pour les averses, les prévisions étaient justes … mais pour le "rare", c'était moins évident …
Elles se succèdent, faibles et rapides jusqu’à Cholet où l'horizon est gris foncé, strié de trombes d'eau. Il est temps de penser à "bâcher" pour la suite.
Les dernières centaines de mètres avant de s'abriter sont réalisées sous un déluge dantesque et la fastidieuse séquence de l'enfilage de la tenue de pluie peut débuter.
Enfin prêt à repartir, la pluie a cessé, mais je ne regrette pas longtemps de m'être équipé. Les alternances d'ondée s'accroissent, parfois fort virulentes, mais je profite des 10 derniers kilomètres sur route sèche.
En légende, au choix,
la Tacer'Adventure pour singer l'ami Nono et sa Ninj'Adventure, Ou "Les déménageurs bretons" vu la destination !
Une heure plus tard, les roulements du tonnerre s'amplifient, les cataractes d'eau déferlent et j'apprécie d'avoir gardé un train soutenu toute la matinée et d'être maintenant au sec, rassasié et la moto déchargée sans avoir à subir ces orages annoncés !