A titre personnel, 2019 se révèle la naissance d'une nouvelle ère …
Bien que présent depuis les prémices en 2008, et pour chaque édition, j'accrois encore mon activité pour ces superbes rencontres en profitant de ma première année de retraité.
Les Millevaches occupent donc encore plus mon temps tout au long de l'année, d'autant que nous préparons le double anniversaire de la manifestation, les 50 ans de la première et les 10 ans du renouveau.
Si le premier semestre est émaillé de quelques réunions, échanges téléphoniques et épistolaires, je dois tout de même veiller, presque journellement, aux échanges sur le net puisque j'assume la plus grande part de la communication.
Mais à partir de l'ouverture des inscriptions en juillet, la tornade des activités s'emballe et prend même un virage étonnant le 20 de ce mois.
En effet, ce soir-là nous sommes un petit groupe à Millevaches pour un concert des Singlar Blou, un groupe Corrézien qui s'auto-proclame le N°1 du rock agricole et qui partage avec le Moto-Club Meymacois une déjà longue histoire d'entraide …
Tout un programme !
Et au cours de la soirée, une idée folle germe et se développe :
- Et si les Singlar venaient faire une aubade apéritive lors des Millevaches …
- Et si c'était une surprise pour Bill, pour ces anniversaires …
- Et si, et si, les questions se posent, les scénarii s'élaborent, "y a pu qu'à" !
Mais ce projet sera abandonné à l'automne devant une divergence de vue.
Nous ne voulons pas de concert, dans le sens où c'est inadapté à l'esprit des Millevaches dont le but premier réside dans les rencontres et le partage alors que les musiciens doutent devant le déplacement pour une simple et rapide sérénade …
Mais vu les conditions météo assénées ce jour-là, le résultat aurait été identique !
A partir de septembre nous rentrons dans le vif du sujet, évaluer et passer les commandes, gérer les aspects réglementaires et administratifs, élaborer les animations, jauger les contraintes et estimer les réponses, préparer les plannings, communiquer, répondre aux multiples questions et messages, etc …
Mais ce n'est pas coercitif pour moi, bien au contraire et pour deux raisons majeures :
- D'abord j'agis pour une passion, celle de la moto.
Pas l'objet en tant que tel, mais l'état d'esprit d'entraide et de partage que j'y retrouve bien souvent, les innombrables aventures humaines que j'y vis, les personnalités que j'espère découvrir encore.
- Ensuite, je réalise tout cela avec une équipe fantastique.
Pas toujours facile de trouver les points d'accord entre ces personnages si différents, mais quelle richesse, quelle confiance partagée, chacun prenant en charge son domaine, assuré d'être soutenu et accompagné par les collègues en charge des activités connexes.
Et quelle satisfaction devant les résultats obtenus, tous ensemble.
L'échéance approche, les coupes de bois, les retrouvailles avec la majeure partie des bénévoles pour peaufiner le planning, préparer les packs d'accueil des participants, mais aussi passer de bons moment autour d'un verre et/ou d'une collation.
Et cette hivernale des Millevaches, elle est évoquée partout, sur les circuits bien sûr, mais aussi au hasard des routes comme ici, lors d'un retour de Paris, une rapide discussion avec un certain Léon de Vichy qui porte fièrement nos couleurs :
Enfin, j'orchestre la séquence des "J-xx". Chaque dizaine puis chaque jour la dernière semaine, des informations particulières, des articles de fond, l'annonce de nouveautés qui souvent génère bien de l'activité en amont telle que la réalisation des road-books mis à disposition de la communauté.
Le début de la fameuse semaine est partagé entre mes activités Millevaches, dont deux escapades sur le plateau, un peu de rangement dans la maison et la confection d'une méga potée. Pour cette semaine, je déclare forfait au Restos du Cœur!
Le jeudi en fin de journée arrivent successivement mon ami Breton Dédé puis la bande des Picards à Nono …
Une sacrée soirée en perspective avec d'autres passionnés qui jalonnent aussi ma vie, en particulier sur les circuits !
Vendredi, mise en place du petit-déjeuner, veille sur le net et les premiers arrivent rapidement, à mon grand étonnement. Il est vrai que contrairement à l'année dernière, la veillée s'est bien écourtée.
Je finis de charger la bécane, commence à enfiler mon équipement lorsque le téléphone m'interrompt, c'est Bill :
"Div, tu es où ?"
Mon étonnement est grand car je suis en avance, mais la suite claque :
"Rapplique vite, toute l'installation sur le plateau est détruite par le vent"
Pendant que j'enfile mes bottes, échange rapide avec Nono. La petite bande se prépare au plus vite et nous rejoint pour prêter main forte.
Une demi-heure de route à combattre les assauts du vent, surveiller l'état de la chaussée détrempée et abondamment garnie de feuilles et bouts de branches, la tête en ébullition, évaluant les possibilités de réaction en fonction de ce que je vais trouver …
Dès l'arrivée, conciliabule avec Bill et nous prenons immédiatement deux décisions :
- Contrairement à ce qui peut être suggéré ici ou là, il n'est pas question d'annuler, de laisser en rade tous ceux qui nous font confiance et qui se font une joie de se retrouver ici ;
- Communication immédiate de la situation par le biais des pages Facebook, afin qu'un maximum de personnes soient informées de la situation et puisse prendre ses propres décisions de venir ou d'annuler.
Pendant que Bill organise les équipes, je prends le clavier et envoie le premier message d'une longue série, alors que les bénévoles présents à Meymac commencent à installer la salle, préparer les boissons chaudes, déballer les éléments de la boutique.
Sur le plateau, Jean-No et Ricou ont pris les choses en main avec les équipiers disponibles. Après avoir constaté l'impossibilité de récupérer quoi que ce soit, ils évacuent les résidus et mettent en œuvre la sécurisation du site.
Et au cours de cette matinée, la cohésion de l'équipe, la confiance réciproque, la volonté commune deviennent des atouts puissants pour une résolution efficace des multiples contraintes qui apparaissent. Chacun dans son domaine prend sa part et les solutions fleurissent, naturellement.
La puissance de réaction d'une troupe soudée !
Tout va si bien dans ces actions de rétablissement de la situation, que nous pouvons ouvrir la salle de Meymac avec une heure d'avance sur le planning après avoir rapidement englouti quelques parts de pizza.
Mes amis Amiénois, Marlène et Éric, vont pouvoir œuvrer dans leur nouvelles fonctions, vivre à nouveau ces Millevaches, mais pour la première fois de l'intérieur.
Je ne les verrai pas beaucoup au cours de ce week-end, mais merci encore à eux !
Débute alors le ballet des pointages et inscriptions de dernière minute.
Peu de temps disponible pour saluer quelques potes, rapidement.
Quelques pauses clope, séances photos avec les anciens, fidèles ou jeunes et la poursuite de l'information par l'entremise du net.
Arrive le soir et une nouvelle galère.
Blouson, tenue de pluie, gants et casque ont disparu.
Moment de doute.
En fait, je finis par reconstituer tout mon équipement disséminé aux 4 coins de la salle.
A mon arrivée le matin, j'étais tendu sur la situation et j'ai déposé mes affaires où je me trouvais à l'instant, sans en garder le souvenir.
D'ailleurs, Roland a exprimé ensuite :
"Je n'ai jamais vu Div comme ça. Il est entré dans la salle le visage fermé, me saluant rapidement et fonçant vers Bill. Pas un mot de trop, pas une ânerie."
Eh oui Roland, vieux réflexe acquis avec le temps, à la Protection Civile d'abord, puis au cours de ma vie professionnelle.
Devant une situation de risque ou de crise, je me polarise sur le sujet, j'évalue les actions à mener et j'essaye d'anticiper les suites …
Plus rien d'autre n'existe autour dans ces instants !
Lorsque j'arrive sur le plateau, la nuit est déjà bien avancée. Un tour rapide dans le bivouac pour tenter de retrouver quelques potes, mais c'est peine perdue. Plus de point de rencontre avec la destruction de l'abreuvoir et comme j'ai oublié ma frontale la tâche est rendue encore plus ardue …
Il est donc temps de partir dormir, se ressourcer pour la suite.
Samedi matin à 5h30, j'arrive sur le bivouac pour démarrer le petit déjeuner.
Edis nous rejoint rapidement avec les croissants et nous pouvons réconforter et réchauffer les nouveaux naufragés de cette nuit. Si le vent a légèrement baissé d'intensité, quelques tentes n'ont pas résisté et leurs occupants, comme leurs équipements, sont trempés.
Néanmoins, la bonne humeur est présente et quelques éclats de rires égayent chaleureusement cette fin de nuit compliquée !
Toute la journée du samedi, nous sommes à nouveau cantonnés à Meymac pour poursuivre les pointages, mais aussi recevoir les plus transis qui peuvent se reposer sur les lits de camp installés par nos amis de la Protection Civile afin qu'ils puissent repartir dans de meilleures conditions.
L'occasion aussi de saluer une dernière fois nos amis Tourangeaux arrivés jeudi pour nous aider et dont nous avons particulièrement apprécié le geste dans ces conditions imposées et difficiles.
Le samedi soir, je ne peux pas me rendre au bivouac …
Une forme d'intronisation se déroule à la salle des fêtes de Millevaches et je me dois d'y être … au moins pour faire des photos.
Nos amis Espagnols, emmenés par Pedro, sont venus pour la seconde fois et désirent réaliser un jumelage de nos manifestations.
En effet, ils étaient apparus l'année dernière pour "jauger" les Millevaches et ce concept est devenu leur modèle dans la création de leur toute nouvelle hivernale, La Ardilla vuelve, qui voit le jour les 26 et 27 janvier 2019.
Une soirée animée par des échanges de présents, une grande humanité, des rires à satiété et la perspective de nouvelles et belles rencontres en 2020.
Dimanche matin, me voici de nouveau en place pour les petits déjeuners avec l'ami Jean, mais la galère continue. Pas de clés pour accéder au fourgon contenant les réserves et éclairage en berne …
Mais peu importe, nous pouvons commencer à servir le café et quelques soupes dans une ambiance débridée et rapidement Ricou arrive à la rescousse, détecte la panne et rétablit la lumière en isolant le faisceau défectueux, et ouvre le fourgon, sachant où sont les clés !
Puis, comme la veille, les croissants arrivent pour le plaisir et le réconfort de ces matinaux.
Pour cette matinée, nous avons décidé d'ouvrir à nouveau la salle des fêtes de Meymac afin d'offrir un espace chauffé aux braves désireux de prendre un peu de repos avant la route parfois longue, mais avec une météo en nette amélioration.
C'est aussi pour eux l'occasion d'un petit déjeuner réconfortant, et un dernier accès à une boutique qui a fait défaut sur le bivouac.
A midi, faute d'abri, le casse-croute des bénévoles se déroule chez Nanou et c'est la première fois du week-end que nous pouvons nous retrouver tous ensemble, dans une ambiance qui commence tout juste à se détendre.
L'après-midi, les plus vaillants, les plus motivés aussi probablement, continuent les activités de rangement et de nettoyage.
Si la majorité des participants a été respectueuse, il existe encore quelques récalcitrants qui doivent penser que pour 10 € ou 12 €, ces bénévoles sont suffisamment bien payés pour éliminer leurs restes et détritus (y compris des tentes en parfait état)…
De quoi douter et même enrager !
A la nuit tombante, Ricou part chercher Jean-Yves à l'hôpital d'Ussel où il a fait un séjour suite à un malaise au petit matin. Pendant ce temps, Yan et Edis sortent sa moto du pré.
Il peut ainsi la recharger plus facilement avant de me suivre pour une pause réparatrice à Bort.
Après une bonne nuit, départ matinal.
Le bar "Chez Arlette" étant encore fermé, Jean-Yves poursuit sa route vers Saint Nazaire et je retrouve Jean-No pour finaliser nos actions à Meymac puis remonter vers le plateau retrouver Zébulon et Daniel et continuer à déblayer le bivouac en compagnie des loueurs venus récupérer leurs matériels (groupes électrogène, Algeco, Cabines toilettes, etc …).
Mais cette nouvelle semaine s'annonce chargée.
Les déclarations d'assurance à rédiger, les découvertes de nouveaux soucis engendrés par cette difficile situation dont un est particulièrement inquiétant :
Nous allons probablement "bénéficier" d'une majoration importante
du coût de traitement des déchets … du fait de la quasi absence de tri …
Ce n'est pas faute d'avoir lourdement insisté au préalable sur le tri sélectif … qui nous paraissait pourtant être entré dans les mœurs de tous, tous les jours …
- Pas assez ? ? ?
- Inaudible ? ? ?
- Incompréhensible ? ? ?
Nous n'avions vraiment pas besoin de cela cette année …
En définitive, cette édition s'avère tout de même exceptionnelle ... au moins à titre personnel.
- Un regain de solidarité unanimement constaté …
- Une aventure humaine fantastique …
- Un énorme plaisir personnel d'agir au sein de cette fabuleuse équipe du Moto-Club Meymacois qui a su serrer les coudes et démontrer la puissance de l'entraide.
Alors,
Que vivent encore longtemps les Millevaches.
Enfin, c'est mon souhait.
Mais c'est l'affaire de tous …
Et chacun portera une part de responsabilité dans sa poursuite, sa mutation ou son arrêt …
Crédit photos : Roland et Div.