Samedi 18 mai, il me faut partir, sous la pluie et avec la perspective de rouler une bonne partie de la journée dans l'humidité mais le moral est au beau fixe.
En effet, je pars rejoindre mes amis Muriel et Pierre qui viennent de déménager de l'Isère vers les Landes et j'étais déçu de ne pas être présent lors de ce transfert.
Alors j'ai proposé au "Coach" (le surnom de Pierre, issu de la compétition moto !) de venir passer quelques jours pour apporter ma contribution à cette installation.
Mais, outre la météo, cette expédition commence bizarrement. A moins de dix kilomètres, je tombe sur une file de voitures arrêtées entre deux courbes. Un embouteillage ici, c'est étrange, mais arrivent dans le sens contraire plusieurs véhicules de pompiers et de gendarmerie.
Il doit y avoir un sacré carton …
La colonne de véhicules redémarre et je découvre qu'en fait c'est la toute nouvelle pizzéria installée ici qui est partie en fumée (nous recevrons d'ailleurs cette famille qui n'a subi que des désagréments matériels, le vendredi suivant aux Restos du Cœur, émue de l'élan de générosité et de la solidarité !).
Une pause rapide à Gimel (19) pour échanger avec l'ami Zébulon et déguster son café, puis ça repart, toujours sous la pluie.
J'opte pour une route encore jamais empruntée dans sa totalité et malgré la chaussée détrempée, c'est un régal autant pour les yeux que pour l'agrément offert par ces répétitions de courbes incessantes. La traversée du Lot débute. Souillac, Gourdon, la pluie cesse, mais le ciel reste peu engageant.
A Cazals, le soleil tente de rapides percées dans les sombres volutes et à la sortie du village je découvre une large aire de stationnement bordant un étang. La lumière est superbe, le décor enchanteur, l'endroit idéal pour mon pique-nique et quelques photos !
La halte est néanmoins rapide, écourtée par la pluie qui revient à grands pas et c'est donc la reprise vers Villeneuve sur Lot qui m'accueille sous le violent déluge d'un orage monumental mais heureusement assez fugace.
Lors de mon passage au large d'Agen et Nérac, j'ai de fortes pensées pour les locaux que sont Bill (le Président du Moto-Club Meymacois) et Blanco (Jean-Marie) avec lesquels j'ai tant de souvenirs … mais je suis trempé et je commence à avoir hâte d'arriver et je ne fais pas de crochets, d'autant que nous devons nous voir prochainement.
Je dois tout de même avoir une bonne étoile avec moi car, comme pour ma dernière arrivée sur Metz, la pluie cesse au niveau de Mont de Marsan, les routes sont séchantes et j'arrive à Souprosse complètement sec !
L'environnement est superbe. Je crois que j'ai trouvé un nouveau havre de paix et de quiétude … si les nouveaux propriétaires m'acceptent à nouveau !
Les différentes espèces végétales se chamaillent le vaste espace dans un déchaînement de formes et de teintes magnifique.
Quant à la maison, il faut un certain temps pour la visiter …
Et le soir, au moment de se coucher, il me faut demander ma route. J'aurais dû prendre une boussole !
Trois jours passent, de rangements, d'aménagements, dans une ambiance débridée. Tellement effrénée d'ailleurs que Muriel devait probablement avoir hâte de me voir partir …
Pas toujours facile de supporter deux olibrius qui osent (presque) tout !
Un rapide passage à la frontière espagnole, mais je dois abandonner mes hôtes pour remonter vers Bort afin d'assurer la distribution des Restos du Cœur.
Mais avant cela, j'ai une autre visite à faire, une promesse que je peux enfin tenir, aller voir Denise et Fabrice qui sont venus dans les Landes il y a une dizaine d'années …
Du temps où nous habitions Montélimar, nous avons accumulé bien des virées avec l'ami Fabrice, abattu tant de kilomètres de concert que notre complicité nous permettait de rouler avec un ensemble parfait.
Et nous avons aussi vécu des moments forts lors de la résolution de quelques soucis personnels, avec des résultats aussi probants qu'étonnants !
L'environnement que je découvre à Morcenx est diamétralement opposé que celui que je quitte, mais seulement en termes de volumes, car ici aussi je retrouve la quiétude du lieu, particulièrement dans un jardin plus modeste en dimensions (tout est relatif, et mon référentiel récent est démesuré) mais magnifiquement élaboré.
Denise nous a préparé un dîner délicieux : des endives au jambon de pays nappées d'une onctueuse sauce au foie gras. Comme dit une copine, une tuerie.
Outre la qualité, la quantité est bien présente, et pour plagier un copain, il ne va pas falloir dormir sur le ventre, ça va faire bascule.
Le soir, Denise est partie travailler et nous devisons gaillardement avec Fabrice dans la douceur de son jardin lorsque je reçois un texto d'un autre Fabrice (Synok, ça ne s'invente pas), un copain du Pas de Calais, habitué des Millevaches :
" On se retrouve demain chez Arlette (le siège du Moto-Club Meymacois à Meymac) et on file à Millevaches ? ".
Dommage, ça ne va pas le faire …
Je lui téléphone et lui explique que je ne suis pas en Corrèze, mais dans les Landes et sa réponse claque :
"Tu es où, moi je suis à Aire sur l'Adour"
Discussion rapide et élaboration d'un point de rendez-vous pour le lendemain :
10 heures à Captieux, le bar le plus proche de l'église et nous remontrons ensemble !
Après quelques photos de nuit sous différents modes afin que Fabrice puisse en profiter (cela n'a pas de rendu avec son appareil), nous finissons par aller nous coucher.
Jeudi matin, quelques cafés engloutis, dont le dernier avec Denise qui rentre du boulot, je me propulse vers Captieux et je constate que les sifflets ultra-sons installés la semaine dernière semblent efficaces, un chevreuil puis un faisan détalent à mon approche.
Par contre cela n'a aucune incidence sur une sangle qui bat à l'arrière d'un camion de bois croisé dans une courbe. Un freinage douteux dans le virage me permet d'éviter de peu le coup de fouet …
Enfin, les deux Tracer peuvent faire connaissance dans un air encore frais, mais sous un franc soleil :
Fabrice prend la direction des opérations et son GPS nous guide sur de superbes petites routes jusqu'à Bergerac.
De là, je passe en tête pour bientôt stopper devant un restaurant routier. Nous n'avons pas tout mangé car nous n'avions pas le temps de faire la sieste, mais rapport qualité/prix étonnant !
La température est franchement montée et les 30° sont lourds dans la traversée de Brive où le trafic est loin d'être fluide. Dès que les files sont à l'arrêt, je les remonte pour limiter les instants statiques et nous arrivons vite devant chez Zébulon pour nous rafraichir le gosier.
Une pause rapide chez Arlette puis c'est l'ascension du Plateau de Millevaches dans une ambiance heureusement rafraichie (22°) et d'autant plus agréable que le vent du roulage accentue la sensation.
Fabrice filme et nous propose ce petit montage, avec un commentaire sibyllin dont je ne perçois pas vraiment l'origine : " Il envoie du gaz l'ancien, parfois j'ai du mal à suivre ".
C'est tout simplement que je connais mieux la route …
Arrêt à Millevaches, entre le Mont Beyssou (point haut de la Corrèze) et le Mont Audouze (lieu du pointage mythique de la première hivernale motocycliste des Millevaches en 1969), puis il est temps de se séparer.
Fabrice oblique vers le Pas de Calais avec une étape à Aubusson et je rentre chez moi où le devoir m'appelle.
Merci à vous tous pour ces excellents moments, mais aussi à cette Yamaha Tracer GT qui me procure bien du plaisir et qui vient de passer ses 6000 premiers kilomètres.
Un premier bilan rapide.
Les premiers inconvénients détectés au début sont évincés :
- Pour bien prendre la béquille latérale, il suffit de redresser le repose-pied ;
- En ce qui concerne l'accès au contact, soit on positionne la clé avant de mettre ses gants, soit on tourne le guidon à gauche pour élargir l'approche.
Consommation moyenne depuis sa prise ne charge : 4,7 l. / 100 km.
Si je n'ai pas encore tous les automatismes pour utiliser les multiples commandes, je trouve que l'accès aux fonctions d'appels de phare et de warning ne sont pas assez naturelles ;
Sinon, c'est vraiment un régal en termes de confort, d'éclairage pour les étapes nocturnes, de sécurité, tant au niveau du freinage que dans son aptitude à se placer en courbe et à absorber les ondulations du revêtement.
Mais il est vrai qu'avec mon référentiel de mes quatre Diversion, le pas franchi est important …
Itinéraire schématique de ce circuit.