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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 09:51

Ce double week-end à rallonge de début mai s'annonce chargé.

 

Je dois me rendre à Paris pour une douloureuse affaire familiale. Vendredi sera une journée difficile. Les résultats des auditions policières prévues ce jour là peuvent déboucher sur un cataclysme.

 

La première étape est très humide. Les averses se succèdent, plus ou moins violentes et la tenue pluie est de rigueur. Pour optimiser la sécurité, j'opte pour l'autoroute A20 à partir de Limoges. Dans les longues courbes qui suivent, nous sommes assaillis par un orage brutal. Une voiture dont j'amorce le dépassement pénètre sur une surface fortement recouverte d'eau. D'importantes gerbes jaillissent sous les roues et les feux stops s'allument instantanément. Le résultat est immédiat, le véhicule en aquaplaning se met en crabe.

 

Malgré l'état de la chaussée, j'accélère pour ne pas rester proche de ce véhicule en perdition. En fait, je verrai dans mes rétroviseurs la voiture reprendre un axe cohérent. Un avertissement sans conséquences fâcheuses ! ! !

 

Je m'arrête chez un de mes frères dans la région de Poitiers pour repartir le vendredi de bonne heure. Le temps m'est compté, mais je décide de rejoindre Blois par les petites routes et profiter du renouveau printanier aux petites heures du jour.

 

Bien que frais, le temps est magnifique. Les départementales qui me mènent de Dangé à Blois sont agréables. La route serpente dans les successions de forêts et de zones cultivées où trois teintes dominantes se partagent l'espace. Les différentes palettes de bruns des terres fraîchement retournées, les verts tendres des blés d'hiver, les verts argentés et chatoyants des orges qui ondulent dans la brise et le jaune du colza en fleur, éclatant sous le soleil.

 

Ces dernières cultures procurent aussi d'agréables sensations olfactives. La contrepartie de ces plaisirs réside dans les nuées d'insectes en tournées d'inspection de ces champs de fleurs. Immanquablement, la visière est vite largement garnie de ces gloutons gavés de sucs ! Heureusement, dans la fraîcheur du matin, ce phénomène n'est pas encore gênant car cette population n'est pas encore active.

 

Quelques portions plus sinueuses m'aident à parfaire le rodage du pneu avant tout neuf. Un de ces enchaînements est particulier. A la sortie d'un bois, la route plonge doucement vers une vallée. Au détour d'une courbe enserrant un champ de colza, des toitures rondes et pointues apparaissent, surplombant le jaune éblouissant du champ en fleur. Se dévoilent ensuite les tours qui supportent ces toits puis le château tout entier. Un panneau m'instruit. Il s'agit du château de Montpoupon. Le spectacle est grandiose, l'environnement magnifique. Néanmoins, je ne prends pas le temps de m'arrêter pour immortaliser l'instant. A refaire !

 

Le reste du trajet s'effectue par l'autoroute et j'arrive en début d'après midi à destination.

 

Tout ce long week-end est consacré à ma famille. L'ambiance est lourde et pesante. Les informations émanant des services de police sont en même temps trop vagues, mais aussi très cruelles. Nous allons probablement rester dans l'expectative pendant quelques temps, et nous nous préparons à une nouvelle période d'attente sur cette enquête. Pour certains, dont moi, il devient difficile de rester calme et serein, et de ne pas chercher à rendre une forme de justice plus rapide.

 

Lorsque l'on repense à une certaine enquête sur un vol de scooter,
on reste interrogatif sur le sens du mot EGALITE inscrit au fronton de la République.


Le 2 roues du fils d'un ministre a sûrement plus de valeur que la vie d'une adolescente ! ! !

 

 

J'ai profité de mon passage à Paris pour confirmer un rendez-vous professionnel en Bretagne afin de m'éviter de nombreux kilomètres supplémentaires. Comme je dois y être le vendredi, je conviens de me rendre le mercredi soir chez Pascal qui m'accueille et ainsi profiter du jeudi férié.

 



Vues de la route de crête, les boucles de la Seine.

Le grondement sourd d'un pousseur rompt le calme charmeur de l'endroit.

Dans un quart d'heure, je traverserai la Seine à Bonnières, au fin fond de cette photo.





Je pars le mercredi matin avec pour objectif de musarder et me détendre. La traversée du Vexin vers La Roche Guyon est un retour aux sources. Il y à 35 ans, presque jour pour jour, ma première virée en moto parcourait ces contrées pour un pique nique à Château Gaillard. J'étais le seul en moto, accompagné par une nuée de 50 cc plus ou moins trafiqués.

 






Le château de la Roche Guyon a-t-il pris un coup de jeunesse depuis mon dernier passage ?



Ou alors, c'est moi qui a pris un coup de vieillesse et mes souvenirs sont défaillants ! ! !







Si l'environnement est agréable, la route est pesante. Il doit y avoir un élevage de ralentisseurs dans le secteur. Chaque village en est pourvu et je ferai à peine 50 km la première heure.

 

La sortie de Bonnières en direction d'Evreux est un régal. La sortie de la vallée de la Seine s'effectue par une succession de grandes courbes où je peux me défouler. Heureusement car la suite est tristement rectiligne et mon esprit divague sur cette route tant de fois empruntée dans la voiture paternelle.

 

La base aérienne est toujours là, mais les MP’s de l'armée américaine ne font plus la circulation. Enfant, j'étais impressionné par ces militaires martiaux réglant avec autorité les flux de véhicules. C'est ici aussi que j'avais pu voir une patrouille acrobatique en pleine action (de la Navy, je crois). C'est maintenant une base du transport aérien de l'armée française.

 

A la sortie d'Evreux je décide d'abandonner cette route ennuyeuse et m'engage vers Conches par la vallée de l'Iton, puis Bernay avant de retrouver la nationale.

 

Au premier café, je décide de faire ma première pause alors que je suis englué dans une longue file de véhicules que je remonte pas à pas lorsque les automobilistes me favorisent le passage. 2 voitures devant, un break semble avoir la même idée que moi et se gare sur le large trottoir. En descendant de la moto, je vois 2 hommes tout de bleu vêtus sortir du break et prendre des mesures du positionnement de leur véhicule. Le radar mobile est paré ! ! ! Une rapide discussion technique s'engage avec ces deux militaires fort sympathiques qui se mettent ensuite ardemment au boulot (confortablement assis devant leur écran ! ! !).

 

Je compte me diriger vers les plages du débarquement. L'entrée de Lisieux est chargée. Je décide donc de contourner la ville par le nord, mais je n'ai qu'une carte de France. Je navigue donc au jugé, prenant des repères sur le soleil et les grands axes traversés.

 

Excellente idée. Si les petites routes ne favorisent pas la vitesse, elles offrent un spectacle plaisant. Les paysages du bocage normand prennent toute leur dimension avec ces parcelles de terres bordées de haies, parsemées de pommiers en fleurs qui proposent une agréable harmonie de couleurs et de senteurs. Les typiques bâtisses à colombages ponctuent cet environnement bucolique.

 





Je rejoins le bord de mer à Dives.


Cela ne s'invente pas avec ma Div. !

 

 

 






 

Traversée de l'Orne puis reprise de la route côtière pour remonter toutes ces plages tristement célèbres. Les arrêts sont fréquents mais rapides. La moto est chargée et je ne veux pas la laisser hors de vue. Un casse croûte à Juno Beach puis reprise de cette sorte de pèlerinage jusqu'à la Pointe du Hoc.

 



Là, elle fait moins la fière la Div.


Le char Churchill monte une garde éternelle sur le front de mer plus calme qu'à son arrivée.






    - Par quelles affres ont du passer tous ces hommes pour prendre pied sur ces plages ?

    - Pourquoi la folie de certains aboutit à de tels massacres ? 


Mon séant commence à me rappeler à l'ordre. Sur les 8 dernières heures, plus de 7 sont passées en selle !

 

Je décrète donc une poursuite plus rapide de ce périple et rejoins Saint Lô puis Avranches et la voie rapide jusqu'à Jugon les Lacs. Enfin, une quarantaine de kilomètres de jolies départementales me guident gentiment jusque chez Pascal.

 

Jeudi, un peu de tourisme associé à la formation de William, le fils aîné de Pascal. Jeune permis A1, il profite de l'encadrement des 2 vieux (peut-être le subit-il ?). Son NSR est encadré par le ZX12R paternel et la Diversion.

 

Devant l'Abbaye de Bons Repos,

nos montures attendent sagement avant de retourner vers le lac de Guerlédan et les retrouvailles avec le NSR du jeune William.





La maturité de ce jeune routard m'époustoufle. Si la fougue de la jeunesse est bien présente, la faculté d'anticipation est déjà bien forgée. Les bonnes habitudes de l'auto-école (clignotants, vérifications, priorités, …) sont bien présentes, mais elles sont exacerbées par l'expérience des kilomètres en passager et les récits des anciens dont nous lui rabattons les oreilles depuis plusieurs années. Au moins avec lui, comme avec certains autres (n'est-ce pas Ulrich ?), nous avons la satisfaction d'être utile aux plus jeunes par ces compléments de formation.

 

Le week-end est essentiellement consacré au moto-club de Bréhan qui participe à l'organisation du 28ème Tour de Bretagne des véhicules anciens. Magnifique manifestation qui regroupe plus de 700 véhicules anciens, motos, voitures ou utilitaires.

Plus de 150 photos sont à votre disposition dans l'album proposé ci-dessus. 




Le jeune William semble se reposer du rythme que nous lui avons imposé !


Le grand William (tout est relatif !) et Pascal officient à la circulation.





André, le président du MC nous a demandé de venir épauler ses troupes pour canaliser toutes ces merveilles. Nous nous retrouvons le soir chez lui où il nous présente son musée personnel. Le rez de chaussée est impressionnant, mais l’énorme quantité de machines et de pièces en réserve au premier étage est encore plus faramineuse.
 

















Le passionné André nous présente ses trésors, ici au 1er niveau. Quelques photos ne rendront jamais la richesse de l'endroit, et encore moins la simplicité de l'accueil. Merci pour ces bons moments !

L'heure du retour sonne le lundi. Pascal et l'autre William (le copain) m'accompagnent. La Diversion est toute fière d'être encadrée par deux avions de chasse. La Bimota devant et le ZX12R derrière, elle doit bien se tenir. Nous rejoignons Blain par de bien sympathiques petites routes et y prenons un dernier café.

 



La frèle Bimota à moteur Suzuki 

et la puissante Kawasaki

escortent la vieille Yamaha.

Petite pause à La Gacilly, pas pour les produits de beauté, mais pour le café !




Un dernier arrêt à Nantes pour saluer des amis, un plein vers Poitiers et direction Limoges avec quelques gouttes de pluie et un puissant orage à l'approche de la capitale Limousine. Ma station service habituelle est inopérante pour l'essence. Tant pis, j'en prendrai plus loin. Eymoutiers, pompes automatique en panne et petite station fermée.

 

Quelques kilomètres plus loin, nouvel arrêt pour enfiler la tenue de pluie. La barrière nuageuse sur les hauteurs ne laisse aucune perspective de finir de sécher de la dernière précipitation.

 

Bugeat station service fermée. Le rythme enroulé devient particulièrement cool. Normalement, je devrais avoir assez d'essence, mais dans l'après midi l'allure était soutenue, particulièrement en suivant une BMW bien pressée. De toute façon, la route est détrempée et la vision est réduite.

 

A l'approche de Meymac la pluie cesse. Un chevreuil en profite pour raviver mon attention en traversant quelques mètres devant la moto. L'instant à beau être fugace, il déclenche tout de même une forte décharge d'adrénaline.

 

A une dizaine de kilomètres de Bort, mon séchage est annihilé. Un violent orage m'accompagne jusqu'au bout, mais j'arrive tout de même sans encombre et avec encore 3 litres d'essence.

 

S' il n'était pas si tard, je serais allé jouer au Loto. J'ai cumulé les coups de chances ce soir ! ! !

 

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 16:54

Dimanche 27 avril

 

Le temps est magnifique et Laurence voudrait en profiter pour aller à une brocante à Meymac (19). Pour moi c'est parfait puisqu'elle accepte de prendre la moto !

 

Ce vide grenier organisé par le lycée forestier est sympathique mais nous en faisons vite le tour. Nous décidons donc d'aller balader vers le plateau de Millevaches, haut lieu moto dans les années 70 pour sa célèbre concentration hivernale, mais aussi région magnifique où pâturages et forêts se partagent l'espace.

 

De Meymac, nous empruntons la D36 jusqu'au village de Millevaches. Nous prenons à gauche la
D 164 vers Saint Merd les Oussines que nous traversons. Environ 5 km plus loin nous obliquons sur la gauche pour rejoindre les ruines Gallo-Romaines des Cars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nous sommes pourtant loin de tout, mais deux magnifiques Lotus nous accueillent. Quelle surprise !

 










Le cylindre sur la gauche des ruines est une cuve monolithe taillée dans un seul bloc de granit, de 1,75 m.de profondeur.
Cette citerne alimentait une piscine et un jet d'eau (au IIème siècle ! ! !).

 

 

 

Nous profitons du sous bois et du chant des oiseaux pour nous restaurer rapidement. Ensuite, nous revenons sur nos pas pour tourner à droite à l'entrée de Saint Merd, en direction de Meymac par la D 109. Après 5 ou 6 km, nous stoppons pour admirer la tourbière de Longéroux. Lors de la floraison des bruyères, ce site doit être somptueux.

 

  



Un parfait exemple des différences de paysages en Corrèze.

Forêts et pâturages alternent leurs teintes derrière la Tourbière de Longéroux où la Vézère prend sa source.





Nous reprenons notre route et traversons la D 979 pour s'engager sur la D 979E dite "Route des Hêtres". Il s'agit de l'ancienne route qui reliait Meymac à Limoges, mais qui contourne le mont Bessou par le sud.

 

L'état de la chaussée n'engage pas aux pointes de vitesse et c'est parfait pour profiter des paysages. Au détour d'un virage, une large vallée nous offre une perspective époustouflante. Les verts tendres des prés rehaussent les verts profonds des bois de conifères. Ce patchwork s'étire au gré du relief, entrecoupé d'exploitations forestières, de rares habitations, de cours d'eau et ponctué au loin, par les Monts du Cantal (plus de 70 km à vol d'oiseau).
Ces derniers érigent fièrement leurs sommets encore enneigés, nimbés dans un léger voile de brume.
SOMPTUEUX.

 

La vieille ville de Meymac mérite largement une incursion pédestre dans ses rues et ruelles ou l'on peut admirer l'abbaye et de magnifiques demeures. Je veux m'arrêter prendre le café "chez Arlette" QG du MC Meymacois, mais c'est fermé. Dommage, ce matin je lui ai adressé un petit salut en passant devant, juste pendant la pause cigarette !

 

En arrivant sur Bort, nous décidons de passer le barrage pour nous propulser jusqu'au château de Val à Lanobre (15). La hauteur du lac est telle que nous pouvons faire une photo peu courante.

 





Des bateaux devant le château de Val, une vue peu courante, surtout l'été.

 


De nombreuses motos étaient de sortie !






Pour finir la journée, nous faisons une rapide incursion dans le Puy de Dôme pour aller cueillir quelques jonquilles. Vu les quantités, le bouquet est vite fait.

 
 

 
Une fleur parmi tant d'autres !

Non, pas taper Lolo . . .

Des jonquilles à perte de vue . . .

Dans le fond, le Massif du Sancy domine l'environnement.

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 15:07

Cela fait deux ans que je participe à cette concentration organisée pour l'ascension par le MCP Les Cromagnons de la Bachellerie (24).

 

Sébastien dit "néné" est un des anciens de cette rencontre et nous y traîne chaque année. A chaque fois il regrette de ne pas avoir de coupe malgré son assiduité. Cette année je lui propose de rafler un maximum de prix et il est enthousiaste à cette idée.

 

Dès janvier j'évalue les possibilités de rallier le plus de monde possible pour organiser ce week-end mémorable. Le projet s'établit sur le plan suivant :


  • Le jeudi, à partir de la vallée du Rhône, nous rallions le gîte de Champ sur Tarentaine dans le Cantal. Ceux qui viendraient d'autres régions nous y rejoindraient ;
  • Le vendredi, l'ensemble du groupe comprenant, en plus de nous, les participants éventuels d'autres régions et les adhérents du MC de Champs partiraient pour la Dordogne pour installer le campement ;
  • Samedi, prévoir balades et repas du midi, le soir étant réservé à la concentration ;
  • Dimanche, organiser les retours et l'éventuelle logistique qui va bien.

 

Sur cette base, je commence à sonder tous les partants et les perspectives deviennent vite affolantes. Plus de 20 personnes sont intéressées en vallée du Rhône, Serge de Metz, Pascal et William de Bretagne, Fred et Marvine de La Rochelle et une dizaine de Champ (15) sont sur les rangs.

 

Il ne s'agit donc plus d'une sortie entre copains et il faut s'organiser sérieusement. Gérer les réservations des repas et couchages, les inscriptions à la concentration, les engagements financiers, les parcours, tous ces éléments dont dépendront une réussite ou un fiasco.

 

Je réalise des documents d'inscription. Ils intègrent l'ensemble des options et les financements de chacun. Denis de Champ sur Tarentaine, qui cumule les charges de président du MC local et de propriétaire du gîte, se charge de centraliser les inscriptions Cantalou pendant que j'enregistre toutes les autres. Je sous-traite l'organisation des parcours à André (futur DD07), notre maître ès Road Book.

 

Le jour J, le cœur du groupe se compose de  Néné et Stéphanie, René, André, Carlo, Alfred (notre papy de 73 ans avec sa magnifique R90S), Patricia, Patrick et Chantal, Fabien et sa copine, Jean-luc, moi et ma fille Céline. Il est sérieusement étoffé par 2 Jean-pierre, Ludo, Nicolas, Pascal, et quelques autres.

 

Nous partons de Saint Martin d'Ardèche à plus de 25 bécanes. Chacun est muni d'un RB et d'une liste téléphonique. Néné, sur une Harley dont seul le moteur peut porter le nom, est euphorique. Le temps est magnifique et l'humeur générale particulièrement joyeuse.

 

A une trentaine de kilomètres Néné provoque le premier arrêt. Son paquetage a tendance à ne pas vouloir le suivre ! Nous prenons un café à Villefort (48) et décidons de casser ce groupe trop difficile à gérer, surtout sur ces routes Cévenoles où les différences de niveau et de machines deviennent critiques. Les "furieux" emmenés par Carlo, Ludo et André (encore en NX à l'époque ! ! !) partent devant. Je me retrouve au milieu, troisième d'un groupe de 5 bécanes emmenées par Néné et son "rats". Un troisième groupe de très sages nous suit à quelques minutes. Nous convenons de nous retrouver à Mende pour le déjeuner.

Les courbes s'enchaînent tranquillement. La Harley surbaissée ne peut pas prendre beaucoup d'angle et je suis très lourdement chargé. Nous en profitons pour bénéficier de cette magnifique région baignée d'un soleil généreux.

 

L'entrée du village de Sainte Hélène (D 901, à une bonne dizaine de kilomètres de Mende) s'effectue par une grande courbe à droite. Nous l'abordons à la vitesse prescrite. Néanmoins, la Harley accroche le sol et, déséquilibrée, bascule.

 

La machine et son pilote, chacun de son côté, entament leur glisse vers l'extérieur du virage. Je réveille ma fille en gueulant sous mon casque "Merde, merde, merde".

 

Dans le même temps, le second du groupe, Jean-Luc sur son GSX 1400, regard rivé sur ce spectacle dévie de sa trajectoire. Un 4X4 arrive en face et lorsqu'il s'en aperçoit il saute sur les freins. Resté sur ma parabole, je le double par la droite, entend le choc, et discerne une botte me doubler dans les airs.

 

La faible vitesse initiale encore réduite par ces événements, me permet de m'arrêter presque instantanément sur un petit parking qui se trouve là.

 

Les secondes qui arrivent sont longues.

 

Mes réflexes acquis à la Protection Civile et aux SAMU sont immédiatement présents.


J'envoie ma fille à l'entrée du virage avec un double objectif. L'éloigner d'un spectacle dont elle peut se passer (elle à 16 ans) et éviter le sur-accident, particulièrement avec les motos qui nous suivent.


Jean-Luc n'est pas dans mon champ de vision. Je ne vois que le 4X4 et la moto encastrée dedans. Plus loin sur la gauche, Néné qui se relève.


Ma tension est  extrême. Que vais-je trouver ?


Je contourne le véhicule tout en hurlant des ordres à mes acolytes (téléphoner aux pompiers, baliser en amont et en aval, suffisamment loin pour éviter une catastrophe).
 

Je découvre Jean-Luc allongé dans une sorte de fossé pierreux. Il est conscient. La tension baisse d'un cran.


En me penchant sur lui, je sais déjà qu'il y a un problème au niveau de la tête du fémur. Le positionnement de la jambe et du pied est symptomatique.


Je lui parle. Bien qu'en état de choc il est très cohérent et étonnement calme.


Le premier bilan me rassure. Evidemment il y a beaucoup de casse, au moins un bras et une jambe, mais rien ne semble vital en dehors des risques internes, particulièrement au niveau viscéral.


Ayant vérifié qu'aucun souci n'affecte Néné dont seul le cuir est râpé, j'effectue un contre appel aux pompiers. Je leur communique ma première analyse et demande une ambulance et un médecin.

 

Les secouristes et les gendarmes effectuent leurs missions respectives. J'en profite pour louer encore ces hommes qui allient si parfaitement professionnalisme et humanité.

 

André, joint par téléphone attend le reste du groupe à Mende. Je lui demande de poursuivre le programme prévu par la vallée du Lot afin d'atténuer le contrecoup, pendant que je m'occuperai de Jean-Luc.

Denis est prévenu de notre retard. Il est catastrophé. Jean-Luc est un de ces copains de très longue date. Sur place la tension redescend. Stéphanie et Céline évacuent en pleurant.


Je m'occupe des derniers détails sur place. Faire le point avec les gendarmes, rassurer l'automobiliste qui était catastrophé bien qu'aucunement responsable, remiser l'épave de la moto chez les voisins qui ont été charmants. Quelques semaines plus tard, nous passerons leur donner des nougats pour les remercier.

 

Je rejoins l'hôpital de Mende où m'attend ma Céline. Elle était tellement choquée que les gendarmes ont accepté de l'emmener dans leur voiture. Merci encore à eux.

 

Au bout d'environ deux heures les médecins finissent de me rassurer. En plus de ce que j'avais détecté, ils m'annoncent que la fracture du bras est complexe, le bassin est brisé à 4 endroits, mais aucun pronostic vital n'est engagé. Je prends congé de notre blessé qui garde un moral impressionnant et reprends une route directe par Saint Chély d'Apcher, Saint Flour, Murat et Riom ès Montagne. L'allure est très calme est Céline se détend tout doucement.

 

J'arrive le premier à Champ où Serge de Metz est arrivé le matin. Le groupe de la vallée du Rhône arrive plus tard, suivi du Breton Pascal et des Charentais Fred et Marvine. Nous sommes une petite quarantaine au repas du soir avec les locaux.

 

Le vendredi plus de 35 bécanes au départ (de mémoire 37 je crois). Nous changeons l'itinéraire prévu pour privilégier les grands axes. Les bagages de Néné ont de nouveau tendance à prendre la poudre d'escampette, provoquant quelques arrêts pour repositionner le paquetage.

 

Un pique nique sous un soleil de plomb proche des cascades de Gimel, l'installation des tentes, l'inscription du groupe sous le vocable "les indépendants réunis", puis un super confit chez Marie Pierre avec tous les autres habitués. Encore une très chaude soirée !

 

Le lendemain, balade locale très calme. Patricia et David en profitent pour échanger leurs 600 CBR et Falco.Ils prennent le large en direction du château de Hautefort où nous les retrouvons.

 





Le magnifique château de Hautefort (24)

Fier et majestueux !






Le repas du midi dans une guinguette au bord de l'eau se poursuit par des siestes et des baignades plus ou moins volontaires.

 

Samedi soir, le concert et les habituels délires de tous ordres qui régissant toute bonne concentration. Gilles, motociste à Lanobre (15) nous a rejoint après la fermeture de son garage.

 

Une petite partie du groupe le dimanche midi.
Au premier plan, les organisateurs, Marie-Pierre et Patou qui surveille son pastis ! ! !


Le dimanche matin les plus lointains repartent et nous participons à la balade organisée par les Cromagnons. Au retour, le dernier repas pris en commun est ponctué par la remise des prix. Néné est aux anges avec sa coupe du "groupe le plus important". Mon objectif est rempli et je suis particulièrement heureux de constater son plaisir.

 

 

















Heureux le Néné, cela fait plaisir à vivre, à voir et à revoir.

Quand à Alfred, il cumule les titres des anciens pour le pilote et la moto ! ! !

La majorité du groupe de la vallée du Rhône repart vers le sud-est, mais une partie d'entre nous retourne à Champ pour y passer la nuit.

 

Lundi matin je démarre de bonne heure dans la brume matinale, avec Patricia que je guide jusqu'à Murat où nous prenons un café avant de nous séparer. Je poursuis ma route pour raccompagner Céline à Montpellier où elle poursuit ses études.

 

Je repars immédiatement vers le nord. J'ai rendez-vous à l'hôpital de Mende avec Gilles. Nous discutons avec  Jean-Luc qui vient d'être opéré puis retournons vers Sainte Hélène prendre en charge sa moto. Une fois celle-ci chargée dans le fourgon de Gilles, nous nous séparons.

 

J'arrive en fin d'après midi chez André à Saint Martin d'Ardche. Annie, son épouse, nous a préparé un agréable dîner autour duquel une bonne partie du groupe se retrouve.

 

Malheureusement j'en profiterai peu. Légèrement épuisé, je m'allonge dans l'herbe pour m'endormir instantanément et me réveiller aux premiers départs.

 

Je rallie Montélimar pour continuer ma nuit et finir d'évacuer tension et fatigue.

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 20:10

La première journée qui s’annonce correcte après des jours et des jours de pluie. Laurence est encore en vacances et elle semble prête à reprendre sa rééducation motocycliste. Ca tombe bien j’ai le pneu avant à finir !

 

Nous préparons un pique nique, un thermos de café et, vers 11H00, la température dépassant très légèrement les 10°, nous partons de Bort.

 

Pour démarrer, la D 979 avec ses enchaînements de courbes rapides en direction de Saint Angel puis la N 89 jusqu’à Egletons où nous empruntons la D 16 vers Treignac. Le dernier affichage de température nous annonçait 11° et de nombreux nuages sont encore présents.

 





La Tempétueuse Corrèze
sort de son lit et
envahit les alentours.





Première pause bucolique après St Yriex le Déjalat le long de la Corrèze déchaînée, gonflée par toutes les pluies de ces derniers temps. Un café dans cette nature en plein éveil est bienvenu. Les bourgeons foisonnent et quelques feuilles commencent à poindre.

 

Nouvel arrêt une quinzaine de kilomètres plus loin pour admirer la cité médiévale de Treignac et son clocher tors bien particulier.

 






Le clocher tors de Treignac.


Cette structure donne une drôle d'impression !

Une des nombreuses attractions médiévales
de ce superbe village.







Nous continuons ensuite la D 16 jusqu'à Chamberet. Les paysages alternent en permanence. Des prés ou des cultures, des forets de conifères ou de feuillus, des vallées ou des cols, attirant le regard de toutes parts.

 

 

La route est correcte, mais reste une route de campagne avec ses innombrables surprises. L’exploitation forestière qui macule la chaussée de terre devenue boue avec l’humidité, le tracteur agricole au détour d’un virage, les changements constant d’adhérence en fonction de l’orientation au vent et au soleil, les animaux domestiques ou sauvages qui traversent en dehors des passages protégés d’ailleurs inexistants. Le rythme est donc calme et attentif.

 

A Chamberet, nous empruntons la D 3 vers Uzerche. Encore une route que Michelin a bordé de vert ! Un régal visuel et olfactif (pas trop d’élevage par là !).

 




Un rocher inséré dans un méandre de la Vézère est le support de cette
magnifique ville médiévale,

Uzerche.





Uzerche, pause pique nique au pied de la vieille ville, le long de la Vézère. Un petit coup de fil à DD07. Il y a un an et demi, nous rodions par ici sa Kawette.

Nous approchons maintenant des 20°, et nous constatons la différence dans l'avance de la végétation. Ici, la verdure efface plus vite les traces de l'hiver.

 

Nous repartons sous un magnifique soleil par la D 920 puis la D 3 vers Vigeois. Ensuite, c’est la D 7 surnommée la route de la Pomme du Limousin. Et pour cause, elle est continuellement bordée par les pommiers actuellement en fleur. Magnifique.

 

Le spectacle continue arrivé à Arnac Pompadour. Le splendide château est le siège des Haras Nationaux et l'hippodrome parfaitement entretenu se déroule à ses pieds. Une grande activité règne. Le week-end prochain ont lieu des championnats de France hippiques.

 





Le château de Pompadour.

Dans notre dos s'étire l'immense hippodrome.






Nous repartons par la D 901 jusqu’à Juillac ou nous obliquons sur la D 86 puis la D 9E2 par Vignols, Orgnac, la Vézère et Estivaux. Nous recroisons un couple en TRX et Hornet déjà vu à Pompadour. Nous devons avoir les mêmes attirances pour les routes vertes du Bibendum ! ! !

 

Il est à noter que cette portion est à emprunter avec précaution. Les routes sont très étroites, viroleuses jusqu’aux épingles vicieuses, parsemées d’embûches tel que branches ou gravillons. Cela permet de profiter pleinement des paysages somptueux. Nous en profitons d’ailleurs pour aller voir les fleurs de pommiers de plus près.

 

















Vergers, avec des fleurs pareilles, elles ne peuvent qu'être belles et bonnes ces pommes.
 

Ensuite, nous rejoignons Sadroc par la D 9 puis Saint Germain les Vergnes par les D 70 et 170.

 

A ce stade, Laurence commence à ressentir la fatigue et nous décidons de rentrer au plus rapide. Direction Tulle par la D 9 puis la N 89 jusqu'à Saint Angel ou nous reprenons la D 979 pour Bort les Orgues.

 

300 Km tout de même. Ca revient bien pour la Lolo, et elle a bien dormi ! ! !

 

Si nous n’avions pas été tenus par cette fatigue, le circuit se serait poursuivi, à partir de  Saint Germain les Vergnes, comme suit :

 

  • D 44 vers Seilhac ;
  • D 23E vers Vimbelle ;
  • D 23 vers Corrèze (magnifique village médiéval) ;
  • D 143 vers Egletons ;
  • D 991 vers Neuvic (encore une route verte avec le château de Ventadour) ;
  • D 20 jusqu’à la D 979 et Bort.

 

En souhaitant que vous prendrez le même plaisir que nous dans ces magnifiques paysages, traversés par des routes bien viroleuses.

Avez-vous noté que le mot Corrèze est rencontré sous trois formes, le département, la rivière, la commune ! 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 11:15

Je dois passer par Paris la semaine précédent les 24 heures du Mans pour des raisons professionnelles et familiales. J’en profite donc pour aller dire un petit bonjour à quelques amis et connaissances.


Je pars le dimanche 13 au petit matin sous une légère bruine. Les prévisions météo sont relativement correctes et je m’abstiens donc d’enfiler la tenue de pluie. Mauvais choix. Je m’arrête après 20 kilomètres pour m’équiper sous un déluge qui me poursuit pendant deux heures.


Je commence à trouver des routes séchantes à l’approche du Morvan, mais pas suffisamment pour commencer à roder les flancs de mon pneu tout neuf.


Je fais un petit détour par Gien sur Cure pour saluer Karole et Olivier au Relais des Voyageurs. Malgré leurs occupations, ils attendent un groupe de motards pour le repas, ils prennent le temps d’un café tout en veillant au bon déroulement des préparatifs. En toile de fond olfactive règne les appétissantes effluves du cassoulet concocté par Karole.

 




LE RELAIS MOTARD 58

Un très bon plan comme camp de base pour écumer la magnifique région du Morvan.

www.relaismotard58.com




Olivier en profite pour me faire découvrir ses récentes installations. Les dortoirs sont clairs et agréables, et les nouvelles douches particulièrement accueillantes. Le sens pratique de ces motards avertis se retrouve dans un détail d’importance. Des racks de casiers ventilés sont prêts à recevoir nos casques ! ! !

 

Je continue ma route après l’intervention d’un automobiliste sympa. Dans une courbe maculée de boue, j’accompagne la glisse de la Diversion pour m’embourber dans le bas côté. Une corde pour sortir l’équipage en situation fâcheusement instable, puis un passage éclair à la ferme pour un coup de jet salvateur aux jantes et bas de cadre de la moto, et aux bottes du pilote ! ! !

 

L’Auxois me permet de commencer à lécher les inscriptions des bords du pneu sur des routes sèches et je poursuis ma route jusqu’à Metz en évitant toutes les averses qui se déchaînent, tantôt loin devant, tantôt sur les côtés. Une demi heure après mon arrivée chez Serge et Brigitte, la pluie s’installe pour de nombreuses heures.

 

Le lendemain, visite à Pierre, à la frontière Luxembourgeoise. Il a racheté à Serge, la semaine dernière, sa Japauto et sa Kawa Z650 pour améliorer sa collection. Nous pouvons admirer, entre autre, deux magnifiques « quatre pattes » Honda, 350 et 750, un 1300 Godier-Genoud, et le 1000 Japauto qu’il vient de sortir pour le Bol d’Or Classic.

 

Départ pour la région parisienne de bonne heure le mardi. J’ai rendez vous en fin de matinée avec Jacques et Martine, retrouvés par téléphone interposé il y a quelques semaines après plus de 20 ans de silence.(cf. "Mon premier pote motard, Jacques ! " ).

 

L’émotion est grande de part et d’autre pour ces retrouvailles.

 

Tant de souvenirs remontent :

 

  •  L’école hôtelière et les premières âneries en moto dans les années 72-74.
  • Leur rencontre chez moi, à Annecy alors que j’hébergeais provisoirement Martine. Elle était présente aux prémices de ma vie de Papa Poule, et son analyse de cette période particulièrement difficile me réconforte.
  • Les extras que venait faire Jacques les week-ends dans le restaurant que j’avais créé dans le Val d’Oise au début des années 80. Les centaines de kilos de tarte Tatin ou de ris de veau qui ont participés à notre renommée . . .

 

Il me présente sa monture, un VN 800, remisé depuis son accident piéton et sa jambe cassée il y a 4 mois.

 

Après un déjeuner pantagruélique dont seules les entrées et le dessert seront servis, il me faut partir pour assurer le premier de mes rendez-vous en région parisienne.

 

Pendant les deux jours suivants en région parisienne mon planning est très serré.  Je n’aurais pas le temps de voir aucun de mes copains de la région avant mon départ pour Le Mans.

 




Ma dernière vision du Garage Vert nouvelle version,
avant de repartir du Mans.




Le retour des 24 heures se fait en deux temps. Un arrêt chez un ami, Louis, en Sologne où m’attend Serge depuis la veille. J’arrive sous la pluie qui ne s’arrête pas pendant des heures, à tel point que l’étang monte presque à vue d’œil.

 


Serge devant le ponton chez Louis.

La veille au soir il était encore accessible.

Maintenant les canards jouent à Jésus.

En déambulant sur la jetée recouverte, ils paraîssent marcher sur l'eau ! ! !



La dernière étape vers la Corrèze débute avec des alternances de soleil, mais je dois ré-enfiler la tenue de pluie dés Châteauroux où commencent quelques ondées. A partir de Limoges, les averses deviennent plus violentes, mais j’arrive à garder un rythme soutenu. Néanmoins, l’image du travers de la « 11 » est présente en permanence dans mon esprit et je suis très attentif à la moindre amorce de glisse.


PS pour les abonnés à la Newsletter :

Désolé pour les redites, mais vous trouverez tout de même quelques compléments aux messages rapidement envoyés  au cours de ce périple.
Merci de votre fidélité et à trés bientôt.

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 08:04
Il n’est pas question pour moi de relater la course. D’autres le font bien mieux, que ce soit les journalistes, ou les Arsouilles 69 (lien ci-contre pour leur blog).

Je pars du Val d’Oise pour Le Mans le vendredi matin sous un petit crachin, mais le temps s'améliore suffisamment pour retirer la tenue pluie vers Chartres. Nous avons rendez-vous vers 11H00 avec la majeure de l'équipe. Pascal arrive de Bretagne 10 minutes après moi avec son fils Matthieu. Fred et son équipe de La Rochelle, joints par téléphone, devraient être là d’ici une heure. Nous déterminons un emplacement au camping du Houx, installons notre campement et préparons de quoi déjeuner pour tout le monde.

Sylvie et Alain nous rejoignent peu après et le montage de leur tente toute neuve déchaîne des éclats de rires.
Le contemplatif, c’est le surnom que Serge avait donné à Alain l’année dernière.

En effet, il part du principe qu’il ne sait pas dresser une tente. Il s’installe donc confortablement pour regarder sa femme faire, quitte à lui donner des conseils ou lui demander de se dépêcher avant la pluie ! ! !
Gentlemen, nous sommes donc de corvée auprès de Sylvie. Il faut tout de même préciser que cette attitude est un jeu pour Alain et que cela ne traduit pas un esprit en réalité beaucoup plus serviable.



LE CONTEMPLATIF !


J'adhére totalement à ce qualificatif
trouvé par Serge.

Quelle crise de rigolade à répétition.





A l’issue de cet épisode, nous apprenons que l’équipe de La Rochelle s’est arrêtée manger en route. Nous nous restaurons, puis je pars avec Sylvie, Alain et Matthieu pour la visite des stands pendant que Pascal attend le reste de la troupe. Au milieu de la foule je retrouve Jules, un de nos voisins à l’île de Man l’année dernière. Il m’explique où il est installé et nous essaierons de nous voir.

A notre retour, tout le monde vient d’arriver, y compris William qui arrive de Bretagne avec le second side FJ-Comanche. Des 6 de l’île de Man, nous sommes 4 présents.

Les quolibets fusent en direction de Fred et Jo chacun en ZX12R, la compagne de Jo, Sarah sur la Fazer, Pascal 2 et sa compagne Raymonde en Ducati. 8 heures pour rallier Le Mans c’est un record. A peu près le temps qu’il me fallait lorsque je venais de Montélimar ! ! !

L’apéro s’éternise et Fred éreinté par une semaine harassante s’endort sur son tabouret. Il devient la cible de bien des railleries, mais elles ne le réveilleront pas plus que les hurlements des moteurs massacrés aux rupteurs ! ! !


Une réflexion fuse :

" Tiens, Fred dort, il doit être 10H30 ! "

" Non, à peine 10H00 "

" Il est vraiment fatigué dans ce cas "

Ta réputation est bien ancrée Fred ! ! !



Séance grillade orchestrée par Pascal, et tout le monde peut s’installer sous la grande tente amenée par Alain. Fred, presque au milieu fait office de « sauvage central ».

Samedi matin, sitôt le petit déjeuner avalé, nous partons à 5 suivre les courses et garder des places dans les tribunes. Nous suivrons la Honda Cup, le warm-up et les ICGP sans la présence de nos acolytes, aussi rapides que la veille ! ! !

Après les animations, les derniers préparatifs vont bon train dans les stands. Nous sommes juste en face de la 11 et je surveille particulièrement l’attitude de Christian Bourgeois. A mes débuts dans la moto il faisait partie de nos références nationales. Comme hier lors de la visite des stands, sa tension est visible.



Cette attitude symptomatique de celui qui restera "Boubou" dans mes pensées
paraîtra prémonitoire dans
quelques dizaines de minutes.


Désolé pour vous les verts !





Le départ est donné et nous suivons l’évolution sur l’écran géant. Au premier passage, mes voisins exultent, 2 kawas en tête. Il faut dire que Pascal, Fred et Jo rivalisent dans le vert de leurs tenues vestimentaires. Je les chahute en leur rappelant une précédente course et prédis une seule kawa en tête au second tour et plus de kawa en tête au troisième tour. Malheureusement, je ne me suis trompé que de quelques centaines de mètres. La 11, un instant dépassée par la Suzuki a repris l’avantage et boucle le troisième tour devant, sous un début de pluie. Dans la Dunlop, c’est le crash fatal.

Nous attendrons la fin de l’averse pour faire un premier tour de circuit. Cela nous permet d’assister au ballet des machines qui rentrent au stand pour changer de roues. Nous assisterons aussi au déplacement de « Boubou » vers la direction de course puis à son retour dans le stand où le geste de ses deux bras ne laisse aucune équivoque sur l’abandon de la 11. Je suis désolé pour eux et range mes railleries des minutes précédentes.

Dans notre périple pédestre, nous découvrons un Bugatti est en pleine mutation. Le village semble à peu près terminé, le garage vert est transfiguré, les accès sont transformés et le tramway arrive aux portes du circuit. Nous profitons de notre retour vers le camp pour passer voir Jules qui est aussi accompagné d’un autre Fred, lui aussi au TT 2007. L’apéro qui s’ensuit est d’autant plus mémorable que Jules fête son anniversaire.
 

Le DD Breton dans ses oeuvres apéritives.

Face à lui un de ses fils ;

De dos, nos deux side caristes fous,
William et Pascal.

A droite, le troisième possesseur de Comanche, Fred, le verre à la main,
quand il ne dort pas ! ! !


L’apéritif durant vraiment longtemps, entre autre avec un DD Breton et sa clique de jeunes bien sympas. Je me fais rapidement un sandwich et repars vers le circuit avec Matthieu. Nous en refaisons un tour complet et rentrons aux tentes après minuit. Le petit Matthieu est crevé et m’annonce qu’il ne faut pas le réveiller le lendemain matin.

En effet, j’aime vivre le lever du jour au milieu de la course, et nombreux sont ceux qui m’accompagnent dans ce rite immuable commencé il y a 35 ans ! ! ! En fait, je me suis bien réveillé dans la nuit mais il pleuvait et j’ai eu la flemme de me lever. Nous ne sommes partis que vers 7 heures suivre la course.

En fin de matinée, les derniers présents, Pascal, William et moi, sommes rentré plier le matériel et manger un morceau avant de repartir faire un dernier tour vers le garage vert. Les deux sides et la Diversion ont quitté de concert le circuit.

Au cours de ces 24 heures, nous avons encore vécu de fantastiques moments d’amitié et de partage, et ce malgré nos divergences de tous ordres.

Nous avons fait de nouvelles connaissances, retrouvé d’anciennes et loupé des rendez-vous programmés.

De vilaines pensées m’ont assaillies par deux fois au sujet des médias :

Pourquoi ne pas montrer l’animosité gentille et taquine entre les fans de marques, en oppositions aux agressions brutales et malsaines entre supporters de football, plutôt que les beuveries et leurs excès ?

Pourquoi ne pas montrer la foule debout chantant la Marseillaise (et pourtant je ne suis pas un hyper nationaliste) au moment de la présentation du drapeau Français, plutôt que de dégoiser lorsque des sifflets interrompent l’hymne national ?

Cela changerait des sempiternelles chasses aux délinquants motocyclistes et offrirait une image plus juste et plus positive de notre microcosme !

 


Il faut oser !

Un clin d'oeil à nos jeunes voisins pour cette animation.

En fait, ce n'est pas un vrai, mais la réalisation est tellement parfaite que nous nous faisons tous prendre ! ! !
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 19:07

Notre première rencontre est épique. Il fait parti du MC Les Alérions venu passer un week-end de Pâques dans mon gîte.


Pour le premier soir qui est le vendredi saint, j’ai pris le soin de préparer du poisson mais sans arêtes, accompagné d’un délicieux beurre blanc. Sur la vingtaine de motards présent, un, chevelu, assis en bout de table, dédaigne le mets pourtant préparé avec tant de soin.


C’est Serge.


Le lendemain matin, juché sur son 750 GSXR, il invective les retardataires. Une fois que tout le monde est prêt à partir, il béquille sa moto pour aller vérifier que les portes des gîtes sont bien fermées.

Je le chahute au grand plaisir de ses collègues qui entament un concert de protestations.

S'il y en avait un dont je devais me souvenir, c’était bien lui !

 






En Sologne,
devant l'étang de Louis gelè.


Bien pensif, le Serge.






Quelques semaines plus tard, sur la route de ses vacances, il fera une pause au gîte et nous faisons la connaissance de sa compagne Brigitte. Nous les retrouverons pour une journée au bord de mer et ils s’arrêtent de nouveau au retour.


Avec Serge  nous découvrons que nous sommes de la même année et que nous avons été dans les derniers à passer notre permis à 16 ans.


A partir de là, notre relation prend de l’ampleur. A Metz, Montélimar, en Auvergne, Vendée, Sologne, sur les circuits, nous nous retrouvons régulièrement.

 

 





Lors du TT 2007.

Comme d'habitude, nous oeuvrons
de concert à la logistique.

Ce jour là nous avons réalisé
3 menus différents ! ! !

Y en a pas des pète-coui**** ?





C’est un homme au moins aussi entier que moi, ce qui engendre des débats homériques, voir houleux. Mais c’est un mec droit, souvent trop gentil, sur qui on peut toujours compter.

Sous des formes souvent différentes, nous partageons les mêmes valeurs quant à la vie et l'amitié.



PS pour les abonnés à la newsletter.
Je compléterais cette trop brève présentation du personnage, mais je voulais, avant de partir, vous brosser un portrait rapide de ce fidèle compagnon de tant d'aventures.


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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 19:03

Ma première rencontre avec André est relatée dans l'article "La Diversion Bleue". Ce "papy" (il a près de 20 ans de plus que moi) avec sa trapanelle (250 NX) cachait bien son jeu.

Il m'a d'ailleurs longtemps rétorqué que ce terme de "Papy" me qualifiait plus que lui. En effet j'étais Grand-Père et pas lui ! ! !

Enfin, depuis quelques mois voilà une objection qui n'a plus cours avec l'arrivée d'un petit Nathan.

 





Andre, ou DD07.

Ici à Alès lors du dernier
Dark Dog Moto Tour 






Après cette première sortie avec le MC "les Bélugues" de Bollène, nous avons vite sympathisé. Il faut dire que dès le départ nous découvrons un fait étonnant. Nous avons été presque voisins pendant 5 ans sans jamais nous rencontrer, et ce contact se réalise maintenant que j'habite à Montélimar.

 

André est toujours de bonne humeur, toujours prêt à de nombreuses facéties. Il est certain qu'avec mon côté taquin, notre relation ne pouvait pas être commune. Soit nous étions concurrents, soit nous étions complices. Et c'est la complicité qui a tout de suite pris le dessus pour devenir de plus en plus profonde avec le temps.

 

Il est vrai que le fourbe utilise toutes les ficelles pour se rendre rapidement indispensable :

 

Ø      En bon retraité ne sachant pas quoi faire de son temps, il nous concocte des road-book aux petits oignons. Il a tellement l'envie de bien faire qu'il nous reconstruit même des itinéraires en s'appuyant sur les cartes d'état major. A de nombreuses reprises, certains motards s'étonnaient de ne pas trouver les routes empruntées sur leurs cartes pourtant détaillées. Et pour cause ! ! !

Ø      Il utilise abusivement les compétences culinaires de Annie, son épouse, pour nous appâter avec de délicieux cakes dégustés au cours de pique-nique ou de sympathiques repas (ah, la tapenade de Annie !).

 

Le seul point sur lequel nous nous frictionnons (gentiment) de temps en temps réside dans la rapidité de réaction. J'ai tendance à essayer d'être toujours prêt et, à contrario, André aime prendre son temps. En homme d'expérience, il a vite trouvé la parade. Lorsqu'il sent que je risque de commencer  à m'agacer, il me sort son joker sémantique : "Tu sais, l'important c'est d'arriver au 31 décembre, et nous y arriverons ensemble ! ".

 





André, a dominante jaune.

Devant le magnifique château de Val,
sur le lac de Bort (19)





Nous le retrouverons dans de prochains articles, puisqu'il est une composante majeure de nombreuses aventures, et en particulier :

 

  • 3 vieux pour 3 jours à Nice et en Italie ;
    Une virée sur les traces du Monte-Carlo où j'étais le plus jeune des trois.
  • 10 jours en Corse ;
    Un fabuleux voyage pour découvrir l'île de beauté où André a travaillé 7 ans. C'est d'ailleurs au cours de ce voyage que, la seule fois,  je le verrai perdre son flegme suite à une blague douteuse.
  • Une virée entre Jura et Vosges où nous retrouverons Serge de Metz.
  • La concentration de la Bachellerie en 2004 pour laquelle il a réalisé les road-books et qui fut redoutable pour deux raisons majeures, le nombre de participants et l'accident de Jean-Luc.
  • Les rencontres "La Tortue" du Repaire de Motards de 2006 et 2007 qui resteront dans les mémoires. La première pour l'accident de Laurence et la seconde pour deux journées fabuleuses à réduire les "bandes de peur" de certains petits jeunes.
  • Ses week-end en Auvergne avec Carlo et Martine ou avec Patricia.
  • Le rôdage de la Versys où nous sommes obligés de nous restreindre si nous ne voulons pas amener la machine à plus de 2000 kilomètres 5 jours après sa prise en charge.

 

 

L'histoire avec André, devenu depuis DD07 sur les forums, n'est pas terminée et je souhaite qu'elle dure encore très longtemps.

 

En attendant, vous allez le voir apparaître fréquemment à travers ces lignes dans les mois à venir.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 18:29

La première fois que nous nous voyons, c'est totalement par hasard. J'attends des potes à mon QG, la brasserie "Les Négociants" à Montélimar, pour une sortie. Un motard esseulé est au bar et il est possible qu'il ait été convié à notre balade par un autre. Je l'aborde donc pour savoir si c'est le cas, mais sa réponse est négative.

 

Néanmoins, je lui expose notre projet de monter au lac d'Issarlès par la vallée de l'Eyrieux (07) et il adhère à l'idée. Comme nous avons prévu un pique-nique, il s'empresse d'aller faire deux courses le temps que les autre arrivent.

 

A son retour, sur son TDM, les 17 autres motos sont là. Nous finissons le café et partons sous un soleil radieux. André et sa vaillante NX prend la tête des opérations et, fidèle à mes habitudes pour les groupes importants, j'assure les changements de direction. Heureusement car en arrivant à Rochemaure une scission importante s'est créée et le second peloton peut ainsi reprendre contact avec la tête. Fabrice s'est arrêté au rond point avec moi et il acquiert une nouvelle expérience qu'il utilisera fréquemment par la suite lorsque je serai le meneur d'autres sorties.

 

Dans les longues courbes qui nous mènent à Privas, André s'encanaille. A la vue d'un autre troupeau de motos, il bascule son interrupteur sur "ON" et enfume tout le monde, suivi par la majorité de notre troupe. D'ailleurs, la semaine suivante Pierre Tissot m'explique qu'il s'est fait doubler par une bande de furieux. Je lui explique que je le sais puisqu'il nous bouchonnait en ayant pris l'aspiration des premiers, et que nous n'étions pas furieux puisque nous avions mis devant le plus âgé avec la plus petite moto ! ! ! Il ne connaissait Le ANDRE !

 

Cette première sortie avec Fabrice marque le début d'une longue et mouvementée période d'amitié. Nous sommes tous les deux célibataires et profitons donc de nos temps libres pour écumer toutes les routes de la région. Encore jeune permis, il prend rapidement de l'assurance et une expérience salutaire.

Quelques temps auparavant, il avait vécu une sortie de route en roulant dans un groupe qui ne tenait peut-être pas assez compte du manque d'expérience et de maîtrise. Fabrice passera rapidement au 1000 Fazer.

 

Nous arriverons à un tel niveau de complicité sur la route que nous pourrons rouler des dizaines de kilomètres en gardant un espace quasi constant entre les motos. Nous pourrions fixer une corde entre les deux machines sans qu'elle ne rompe ou ne traîne par terre, quelle que soit la vitesse ou la nature de la route.

 

Quelques fait marquants ou épiques durant ces années :

 

Un soir d'été nous prenons le café chez une amie, Patricia à Bourg Saint Andéol, après une délicieuse pizza chez Christophe à Saint Martin d'Ardèche. Le troisième larron, un jeune en 600 GSXR nous abandonne sèchement le café à peine servi. Nous finissons nos tasses et prenons rapidement congé. J'ai hâte d'expliquer ma façon de penser à ce petit malappris qui semble manquer de la plus élémentaire politesse (Ah, ces vieux avec leurs principes !).

 

Nous repartons comme des balles vers Montélimar. Heureusement, les radars ne foisonnaient pas à cette époque. A la sortie de Chateauneuf, nous apercevons au loin un feu rouge. A-t-il eu un problème pour être seulement là ?

Dès la sortie de ville, d'un  accord tacite, nous essorons les poignées. Mon compteur approche de son maxi et nous fondons littéralement sur le traînard. Arrivés à sa hauteur, nous constatons que ce n'est qu'une 125 esseulée. Nous comprenons mieux pourquoi nous l'avons rattrapée si vite. Nous repartons de plus belle et rigolons secrètement en pensant aux réactions de ce pauvre motard. Il n'a pas dû comprendre ce qu'il lui arrivait.

A Montélimar, la Suzuki n'est pas dans mon garage (je lui laissais libre accès pour remiser sa moto afin qu'elle ne couche pas dehors).  Une légère inquiétude commence à poindre. Nous allons voir aux Négociants. Il n'est pas là et personne ne l'a vu. Nous vérifions dans les quelques bars encore ouverts, mais ne trouvons aucune trace. Franchement préoccupés nous retournons chez moi, il n'est toujours pas là et son téléphone est toujours en messagerie. Particulièrement perplexes, nous décidons de retourner aux Négociants  et d'y attendre une demi heure avant de refaire la route, bien que nous n'ayons rien vu de particulier à notre passage. Il arrive quelques minutes plus tard et nous explique qu'ils s'est trompé de route et s'est perdu dans les garrigues qui surplombent les gorges de l'Ardèche.

Nous évacuons notre tension très sournoisement par ce style de propos :

 

La 600 GSXR, la seule moto qui, pour faire 25 kilomètres, part avec 10 minutes d'avance pour arriver 20 minutes plus tard ! ! !

 

 

Un samedi de novembre, nous sommes allés au salon de la moto de Valence, le temps est frais mais magnifique. En fin d'après midi, revenu à Montélimar, j'annonce à Fabrice que nous avons deux jours devant nous (le 11 novembre étant le lundi) et que j'espère bien profiter de ce beau temps. Il est d'accord mais n'a pas d'idée particulière. Je lui propose d'aller rendre visite à une auberge de jeunesse à Nice. Sa copine n'est pas trop enthousiaste mais accepte si nous ne partons pas trop tôt le lendemain matin.

 

Le pied du Ventoux, le Lubéron, les gorges du Verdon, Draguignan, Grasse et nous arrivons à Nice des paysages grandioses plein la tête, un Fabrice fatigué et une passagère éreintée. La soirée sur les bords de la Méditerranée ne s'éternise pas au profit d'un sommeil réparateur.

 

Le lendemain, c'est le retour par Grasse, Castellane, Digne, Sisteron où nous commençons à trouver des zones humides mais évitons les orages. A la sortie de Serres, nous montons à l'aveugle. Le soleil déjà bas se reflète sur la chaussée détrempée. Je sens la fatigue de Fabrice à un rythme plus calme et légèrement décousu. En avançant vers Nyons je surveille de sombres nuages qui déboulent du Vercors pour venir nous couper la route. J'accélère autant que possible pour tenter de gagner cette course contre le monstrueux orage qui se profile, mais Fabrice a de plus en plus de mal à suivre. En définitive, nous n'aurons que quelques embruns et nous laissons derrière nous le déchaînement des cieux.

 

A Nyons, il fait nuit et nous nous arrêtons pour nous reposer quelques minutes. La passagère de Fabrice en profite pour enfiler une combine pluie qui lui servira de coupe vent et annihiler son refroidissement. La pluie se déclenchera moins d'une heure après notre retour à Montélimar.

 

En famille en Vendée. Fabrice est à droite avec son fils Camille devant lui.
 
  

C'est aussi avec Fabrice que je prendrai l'habitude, et le plaisir, d'aider les plus jeunes à monter en gamme. Comme il a gardé des liens privilégiés avec son moniteur, nous assistons fréquemment aux nouvelles arrivées dans notre monde.

Dans ce contexte, nous organiserons de nombreuses balades avec ces néos-motards, dans l'objectif de favoriser leur adaptation à un maximum de cas de figure concrets.


A titre personnel, ce exercice est doublement valorisant :

Ø      Il m'oblige à me remettre en cause, à analyser nombres de réactions ou attitudes devenues intuitives, afin de transmettre une part de cette expérience.

Ø      Il concrétise la notion de partage et d'échange qui régit en partie ma vie.

 

Avec Fabrice, nous avons vécu l'Auvergne, la Vendée, 2 Bol d'or et d'innombrables balades locales (au sens large puisque cela inclut les Alpes, le Vercors, les Cévennes et la Méditerranée).

 

Il a dû  abandonner la moto il y a quelques années pour des raisons familiales, mais pense bientôt retrouver cette passion, ce que j'espère vivement.

 

Le problème, c'est qu'il va falloir tout lui réapprendre ! ! !

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 22:48

Un matin, j'arrive chez Tissot motos (Yamaha Montélimar), probablement pour changer un pneu. Pierre Tissot m'accueille assez agressivement, ce qui n'est pas dans ses habitudes :

 

-         Que sont ces âneries que tu racontes sur notre compte ?

 

Il est vrai que je blague souvent de tout ou de rien, mais j'essaye que ça ne porte pas à conséquence. Néanmoins, là je suis peut-être allé  trop loin. Devant mon étonnement, Pierre précise sa pensée :

 

-         Il y a un gars qui vient de ta part pour que j'équipe sa moto du même système de passage automatique des vitesse que j'aurais monté sur la tienne !

 

Je suis de plus en plus perplexe. Le seul système additionnel que j'ai fait monter c'est une prise allume-cigare, et je ne comprends même pas ce qu'il dit. Je lui rétorque donc :

 

-         Es-tu sûr que ce gars venait de ma part, tu sais aussi bien que moi que je n'ai pas de tel dispositif sur ma machine.

 

-         Un type qui roule beaucoup en Diversion rouge, qui en avait une bleue avant, il n'y en a qu'un et c'est toi. C'est un gars qui roule en TDM et avec lequel tu fais quelques sorties.

 

-         Effectivement, je roule quelquefois avec Pascal en TDM, mais je ne le vois pas du tout te raconter un truc comme ça !

 

Mais en même temps que je prononce ces paroles, un doute insidieux s'immisce dans mes pensées. Il s'est effectivement passé quelque chose, il y a deux ou trois mois, qui aurait pu provoquer ce tohu-bohu. Intérieurement, je rassemble mes souvenirs, reconstruis l'histoire et éclate de rire. Oui, c'est bien moi qui ai provoqué cette situation, mais vraiment involontairement. Je raconte donc l'histoire à Pierre et Jacques Tissot et à Bruno, le mécano :

 

Nous faisions une petite balade tranquille avec les Bélugues de Bollène. Un grand peloton qui s'étirait sur de petite routes, un temps magnifique, une humeur joyeuse. Lors d'un arrêt, nous discutons par petits groupes, et Pascal évoque un problème d'embrayage. Je lui fais part de mon étonnement, car ma machine a nettement plus de bornes mais n'a aucun souci. Par contre, il est vrai que je ne me sers pas souvent de l'embrayage et que cela est peut-être l'explication.

 

Pascal, qui me connaît bien pour souvent partir sur des délires, rigole et me demande de ne pas le prendre pour un abruti.

 

Le voyant dans cet état, mon esprit un tantinet taquin s'échauffe et je pars dans de grandes explications. J'ai un système, directement importé de la compétition, qui me permet de passer les vitesses sans embrayage. Là, il s'insurge et m'agresse littéralement :

 

-         Vas-y, continue à me prendre pour un con !

-         Mais non, pas du tout. D'ailleurs, je comprends ta réaction. Je vais donc te prouver que, pour une fois, je ne raconte pas d'âneries. Tu rouleras à côté de moi, je retirerai ma main gauche du guidon et je passerai mes vitesses.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Une fois le groupe sur son allure de croisière, Pascal se porte à ma hauteur et je commence mon récital. Main gauche sur le casque, je monte les vitesses, les descends, les remonte. Malgré l'intégral, je perçois l'étonnement de Pascal, il est éberlué.

 

A l'arrêt suivant, il est comme un fou et me demande des explications. Je poursuis mon délire avec des signes de connivences avec les autres dont André et Fabrice. Lorsque le pied approche du sélecteur, il ébranle le dispositif et je n'ai plus qu'a sélectionner la vitesse.

 

Il veut savoir s'il peut avoir la même chose sur le TDM. Et je continue de plus belle. Je sais que Tissot a eu du mal a adapter ça sur la Diversion et je ne pense pas qu'il recommencera l'opération.

 

Nous finirons la journée en rigolant sous cape. Et je pense que nous aurions été encore plus réjouis si nous avions connu la suite, à savoir, venir faire la demande chez Tissot.

 

 

L'énoncé de cette histoire provoque un éclat de rire général dans l'atelier.

 

Cet éclat de rire se renouvellera à chaque évocation de cet épisode, y compris avec Pascal. Très grand seigneur, il reconnaît s'être fait posséder, et pourtant, précise-t-il, avec toi on devrait toujours se méfier.

 

Sur ce coup là, le double effet d'un célèbre bonbon est largement dépassé !

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