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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 16:25

Ce dimanche après midi est pluvieux, je suis seul à la maison car Laurence est partie en formation à Paris et je surfe sur le net.

 

Mon esprit divague, je repense à mes tout débuts et particulièrement à mon premier pote motard perdu de vue depuis une vingtaine d'années.

 

Notre rencontre remonte à 1972. Deux minots qui démarrent leurs études hôtelière à Paris et partagent déjà une même passion de la moto. Lui a plus de chance, il  déambule déjà sur son Malagutti et je bave d'envie devant. Il faut dire que personne ne fait de moto dans mon entourage et que mes parents voient d'un mauvais œil mon attirance vers ce monde de "blousons noirs" (l'image de l'époque n'est pas aussi sereine que maintenant !).

 

Et pourtant, quelle était ma joie lorsque les motards qui roulaient derrière la voiture paternelle répondaient à mes saluts enthousiastes.

 

Néanmoins, dès les premiers jours de 73 je peux m'inscrire au permis. Mon père a craqué devant mon attitude de plus en plus agressive (Ah, ces ados !). En avril, un mercredi matin à 11h00, j'obtiens le sésame qui n'est qu'une très simple formalité et j'ai juste le temps de passer à la Poste vider mon livret. A 14h00 je suis dans le magasin ou j'ai repéré un 350 Honda . . . que je ne peux pas acheter. Je suis mineur et mes parents doivent signer. Après discussions téléphoniques entre le vendeur et le paternel, je fonce faire signer le document pour, enfin, repartir sur MA moto.

 

A partir de ce jour plus de train ou de métro. Une centaine de bornes par jour pour aller à l'école la semaine et au boulot le week-end. Il faut bien donner à boire à mon fidèle destrier, tout en finançant mes études

 

Pendant ce temps, Jacques a passé sa licence (le A1 de l'époque) et a troqué sa Malagutti pour une 125 Honda monocylindre. Nous n'étions que 4 à rouler en moto à l'école. Un autre avait une 250 Honda et le quatrième que nous fréquentions peu un 450 Honda.

 

Nous écumions les rues parisiennes et rigolions d'essuyer les voitures en les rasant. Complètement inconscients des risques générés,  nous multiplions les âneries, comme la remonté calme d'une rue le long d'un trottoir pour tenter de "caresser" une croupe appétissante. Les comptages des points étaient parfois sujets à controverses ! ! !

 

Le pire est d'ailleurs survenu après une telle opération, non prévue. Mon passager, dénommé Michel, décide de répéter l'opération. Le problème est double, je ne suis pas au courant et nous roulons trop vite pour ça. Résultat, une jeune femme au sol (sans trop de bobo), et un équipage en perdition après ce choc déstabilisateur.

 

Pour nous venger de ce coup tordu, nous prenons le pari de le larguer en route. L'occasion se présente Bd St Michel, en plein encombrement. Je recule gentiment et Michel, après s'être positionné sur le Bottelin Dumoulin, est obligé de largement écarter les genoux. Ces derniers arrivant à bonne hauteur de 2 voitures, je pars en wheeling et dépose, brutalement, mon passager au milieu du boulevard. Nous le retrouverons le lendemain à l'école, pas très heureux. Il passera lui aussi à la 125 peu de temps après.

Bien rigolo à l'époque.

Aujourd'hui j'en suis moins fier.

 

Au mois de juin la chaleur est étouffante. J'arrive tous les jours avec l'équipement complet, intégral, blouson, bottes, et tous les jours Jacques se fout de moi. "Ca va, tu ne sues pas trop, tu siffles quand tu es cuit, etc …). Il habite dans Paris et vient en bol et chemisette. Pour moi, outre les invectives paternelles relatives à la sécurité (merci encore à lui, même si à l'époque j'étais plutôt retors), je passe aussi du temps à la Protection Civile en secours routier. Je suis donc déjà bien vacciné par les conséquences d'un accident.

 

A la rentrée de septembre je le vois apparaître dans un superbe blouson brun et blanc (les couleurs sont peu communes à l'époque) et avec des gants à manchettes. Je lui exprime un étonnement railleur. En fait, au début de l'été il a chuté sur des gravillons et ses vacances se sont transformées en supplice journalier.

 

A la fin de l'école, nos routes se séparent pour se retrouver 5 ans après à Annecy. Il vient m'y voir en vacances et repart avec une amie qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants.

 

Deux ans après nous nous voyons tous les week-end. Il vient faire des extras dans le restaurant que je viens de créer dans le Val d'Oise.

 

Ensuite, vie trépidante oblige, nous nous perdons de vue et cela fait un vingtaine d'années.

 

Aujourd'hui donc, un dimanche pluvieux et nostalgique me pousse vers les pages blanches. Je tape son nom et le dernier département connu.

 

UNE réponse apparaît, avec le même prénom, dans la même commune.

 

Je décroche le téléphone, attends quelques sonneries et tombe sur lui.

 

Pendant un long moment nous brossons rapidement nos parcours. Il est maintenant Grand-père et a repris la moto.

 

Il semble aussi content que moi de ces retrouvailles et nous convenons de nous revoir prochainement.

 

ELLE EST PAS BELLE LA VIE ?

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commentaires

J
souvenirs de jeunesse...........et c'est génial de retrouver ds pôtes en plus
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P
Le plus inquiétant, c'est le nombre de souvenirs. Il semblerait que la jeunesse s'éloigne tout doucement . . .
L
1972 ! ce n'est pas d'hier tout ça !<br /> <br /> C'est cool !<br /> <br /> ;o)
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P
Déjà des représailles ?Je rentre juste du blog des Arsouilles ou je démontre au monde ébahi leur niveau de compromission avec leurs soi-disant ennemis, et voici la contre attaque ! ! !Mais comme pour ce premier sujet, les Arsouilles ne brillent pas par leur courage, tout en insinuations timides ces agressions ! ! !"C'est pas d'hier". Mais, allez y, osez me traiter de VIEUX ! ! !  Et vous n'aurez pas tord !
A
Super chouette la vie !<br /> :D<br /> <br /> Faut en profiter tant qu'on l'a :D
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P
Ca, c'est un de mes crédo ! Profitez de l'instant présent ! ! !
B
j'ai eu un malaguti , mais j'ai préféré mon itom. Tiens regarde !!<br /> http://freeriders.over-blog.net/article-10043500.html<br /> <br /> @ + Pat
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P
Salut Pat,Je suis allé voir et t'ai laissé un commentaire TRES nostalgique (Jarno Saarinen entre autre).
J
Magnifique histoire !<br /> Rien n'est plus beau qu'une amitié durable, quand on sait l'entretenir...
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P
ou la renouer dans ce cas là. Mais c'est vrai, c'est fantastique.

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