Mon premier Bol depuis six ans démarre relativement tôt puisque je quitte Bort mercredi en direction … des Yvelines. J'ai
promis à mon neveu Maxime qu'il viendrait avec moi, en fonction de ses progrès, et ses parents donnent leur aval en regard des efforts qu'il réalise.
Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà Max et mes proches l'ont aussi pratiqué, mais je vais vous en reparler un
petit peu.
Il est sourd de naissance, comme sa sœur Manon. Il approche de ses 16 ans et il cumule les rebellions de l'adolescence et du
refus du handicap. Ce contexte difficile a aussi été amplifié, sinon généré, par l'attitude de nos fonctions d'état qui, à l'encontre des discours et des textes législatifs, l'ont
systématiquement évincé du système, et en premier lieu, l'Education dite Nationale.
Juste un léger aperçu pour expliquer cette assertion. Un professeur spécialisé (qui a donc choisi cette voie et qui a été
formé pour) est responsable des apprentissages de TROIS à CINQ enfants sourds. L'un d'eux est turbulent, Maxime, et il est donc systématiquement évincé, envoyé en permanence ou à l'infirmerie à
la place des cours, et dévalorisé vis à vis de son environnement et de lui même. Ce type de situation, engendrée par les structures et/ou les personnes, dure pendant des années et abouti à de
longues hospitalisations qui finissent de marginaliser un enfant. Si je devais continuer à écrire sur ce sujet, je crois que le titre que je choisirais serait : " Comment fabriquer des
délinquants et des asociaux" ! ! !
Heureusement, Max a un environnement, à commencer par ses parents, qui ne baisse pas les bras et tente, envers et contre
tout, de faire grandir ce jeune dans les meilleures conditions possibles. J'apporte ma modeste pierre à cet édifice en pratiquant la moto avec ces adolescents. Un univers non conformiste (surtout
à leurs yeux), une certaine forme de solidarité, voire de fraternité, les sensations du deux roues, le -relatif- "décalage" du "Tonton Barjot", sont autant d'éléments qui leurs donnent des
bouffées d'oxygène et qui leurs offrent d'autres possibilités de positionnements et de perspectives.
Cette idée m'était venu lorsque Manon était aussi dans une période très difficile, face à sa surdité, mais aussi en butte à
la bêtise et à la bestialité des hommes … Tout son entourage tentait, avec difficulté, de lui redonner le goût à la vie et j'ai donc proposé de l'emmener avec moi dans mes virées moto. Après de
dures réticences parfaitement normales face à la dangerosité de cette pratique, Manon est devenue la mascotte d'un groupe de joyeux lurons où elle était acceptée, mais sans aucune pitié. Elle
avait des droits, mais aussi des devoirs et devait se plier aux règles de vie de la communauté. Nos séances de rigolades et de délires devraient être remboursées par la Sécurité Sociale tant les
résultats furent probants ! ! !
Lorsque je propose la même chose pour Maxime dans une situation très critique, l'accueil favorable est immédiat. La première
fois qu'il vient aux 24 heures du Mans, c'est en voiture car j'estime qu'il n'a pas la maturité nécessaire pour se tenir longtemps sur une moto. Si nous faisons quelques promenades sur deux
roues, je refuse encore de l'emmener pour de longs parcours. Il peut néanmoins découvrir notre univers de la course moto tout en vivant à notre rythme déluré, bon enfant, mais aussi avec ses
contraintes, entre autre de la vie à plusieurs où chacun doit prendre sa part.
En 2009, il vient passer une dizaine de jours de vacances avec moi et obtiens mon aval à son statut de jeune motard au cours
de périples de plus en plus longs (cf. Tribulations d'un jeune motard ). L'année dernière
ce sont ses premières 24 Heures du Mans en moto (cf 24H00 du Mans 2010 ), et cette année son premier
Bol d'Or bien mérité face à la somme d'efforts qu'il produit et aux résultats qui commencent à émerger concrètement.
Donc, ce mercredi matin, j'attends que le soleil soit suffisamment haut pour partir. J'abandonne mes doublures thermiques et
change de pantalon pour un mi-saison. Lorsque je fini de charger la bécane sous le soleil, j'ai déjà trop chaud et précipite mon départ. Dès les premiers kilomètres, mon ardeur, comme celle du
soleil, est vite rafraichit, car l'air est encore vif. J'hésite à retourner changer de tenue mais, toujours positif, je pense que cela va rapidement évoluer.
Malgré le froid qui picote rapidement, surtout au niveau des cuisses, la moto virevolte avec brio dans une nature en pleine
exubérance où l'immense gamme des verts est illuminée de soleil et rehaussée de multiple fleurs. Un arrêt café chez Arlette à Meymac avant d'attaquer la partie probablement la plus froide au pied
du plateau de Millevaches. Les basses températures n'entament pas mon entrain et, lors du premier plein, je constate que mes pneus d'hiver se sont transformés en pneus d'été. Les bonshommes
Michelin et les flèches du bord ont tendance à s'effacer ! ! !
Plus au nord, dans les grandes plaines, le mercure n'est pas remonté beaucoup et je suis dubitatif quand au départ de
vendredi au petit matin. L'équipement ne sera pas adapté. Le seul avantage que je trouve à cette situation, c'est au milieu des champs de colza en pleine floraison. En effet, après la première
annonce, visuelle, de ces zones dont le jaune est particulièrement lumineux, l'olfactif et l'ouïe prennent le relais. Simultanément, un lourd parfum entêtant est accompagné du martèlement des
insectes qui s'écrasent sur le casque. Avec ce froid et ce vent, ce dernier paramètre est faible et ma visière n'en est que légèrement mouchetée.
(Au fait, savez vous quelle est la dernière chose qui passe par le tête d'un insecte qui s'écrase sur mon casque ?
Réponse à la fin de cet article ...)
A l'arrivée Max veut tout de suite essayer son complément équipement que sont les bottes et le pantalon de cuir. Son
excitation est déjà grande et il me soudoie pour que j'aille le chercher à son école à Saint Cloud le lendemain. Partir en moto, ce qui divise par trois son temps de transport, et en plus devant
ses copains, quel plaisir.
Bien excité à se préparer, à la sortie de l'école.
Je passe aussi un peu de temps avec Manon qui me soumet ses CV, lettres de motivations ou textes de son prochain site
internet. Là, je prends un nouveau grade, celui de "Tonton casseur". Il est vrai que je n'utilise pas la langue de bois et que, sans circonvolutions, nous limitons les difficultés de
communication ! ! !
Vendredi matin, je met un jogging sous mon pantalon et enfile la veste de pluie comme coupe vent. Maxime complète son
équipement par une combinaison de pluie, et nous partons à 7H30, le mercure légèrement au dessus de zéro mais avec un enthousiasme redoutable. Première pause essence à Rambouillet. Le froid
s'infiltre mais reste supportable et Max en profite pour détendre jambes et fessiers. Nous avons le temps, le rendez-vous à Bourges est fixé vers 11H30 et j'ai prévu de pouvoir nous arrêter
plusieurs fois, tant pour gérer la fatigue que pour combattre le froid. Pour raccourcir le temps de trajet, j'opte pour l'autoroute et nous refaisons une pause café-chocolat vers Orléans puis
petit déjeuner vers Vierzon. La Div ne doit pas comprendre. Elle a juste le temps de chauffer qu'elle s'arrête déjà !
Un panneau qui se passe de tout
commentaires ! ! !
Nous arrivons les premiers au relais motard de la FFMC 18 où je retrouve avec plaisir cette sympathique équipe dans une
ambiance chaleureuse de chahut et de rire. Je propose mon aide en attendant mes acolytes. Nous participons à décharger les boissons puis attaquons l'épluchage et le tranchage des oignons. Max
prend part au mouvement à son initiative. Lorsque Fred-17 nous rejoint il a adopté le chien de Joël mais, bientôt, je ne le vois plus. Je le retrouve dans le coin cuisine où il aide à la
préparation des plateaux. Du pur Max au grand cœur souvent prêt à rendre service, même si il n'utilise pas toujours les meilleures manières ! ! !
Nos compères de la vallée du Rhône arrivent sur leurs avions de chasse (Honda CBR, Kawa ZX7R et Ducati Senna). Nous
connaissons déjà Fred-26 présent, entre autre, aux dernières Millevaches avec son frère Éric des Landes (cf Millevaches 2010 ). Il nous désigne Lionel et Wilfrid ses deux collègues. J'ai croisé ce dernier très
rapidement à Alès lors du premier Scorpion Master, et nous sommes très vite en phase sur les boutades et taquineries. Les bretons, Pascal et William arrivent enfin avec les deux FJ 1200 attelés
sous nos quolibets face à leur retard. Nous pouvons passer à table avant de repartir faire les pleins des machines et des sides puisque nous en profitons pour faire les courses pour le
week-end.
Maxime complètement intégré
à l'équipe de la FFMC-18

Les 3 pilotes du sud-est arrivent sur leurs avions de chasse ! !
!
L'installation du campement est tellement épique que nous en loupons l'horaire de la visite des stands. Lorsque je m'en
aperçois, je suis désabusé pour Maxime, mais sa joie de vivre et son plaisir tellement palpable dans cet environnement tempèrent mes pensée négatives. Il accroit rapidement sa fatigue a essayer
de suivre nos discussions et surtout nos âneries et part se coucher vers 10H00, vaincu par les péripéties de la journée. Je le rejoins vers 2H00 après un épisode de tension qui aurait pu se
terminer en rixe. Bons samaritains, nous acceptons de raccompagner un gars bien éméché à l'autre bout du circuit. Sur place, son frère et certains de ses collègues prennent à partie Pascal qui
n'apprécie pas vraiment ce type de remerciements. Un peu de diplomatie et deux cafés résolvent tout de même cette situation scabreuse.
.
La fine équipe en plein effort.
L'apèro ne fait que commencer ..
Au petit matin, vers 5H30, je flemmarde dans le sac de couchage, redoutant d'affronter le froid ressenti sous le duvet. Entre
deux somnolences, je détaille la toile qui semble présenter une multitude de micros-trous mis en évidence par l'éclairage extérieur. À 6H00, je fini par me lever et découvre que cette vision est
en fait provoquée par les cristaux de glace qui blanchissent tentes et motos. Le froid n'était pas qu'une impression.
Le givre recouvre encore les
machines
sous le soleil levant.
Après le petit déjeuner, nous partons voir les premières courses puis déambulons dans le village. Sur le stand HMS, je tente
de voir Jean-Yves de Metz, mais il vient de s'absenter. Nous pouvons néanmoins discuter, surtout Maxime d'ailleurs, avec un des participants qui pratique la LSF (Langue des Signes Française). Une nouvelle révélation pour lui dans cet univers peuplé de handicapés qui se battent pour
assouvir leurs passions et où je l'ai volontairement jeté. Un bon sujet de réflexion pour lui j'espère sur le thème " Affronter pour dépasser les difficultés". Ensuite, une visite éclair au
Paddock avant de retourner au campement pour manger.
Il est alors temps de rejoindre la piste pour assister au départ de ces 24H00 et à une première chute pendant le tour de
chauffe au grand émoi de mon jeune spectateur. Ses perceptions sont biens différentes des nôtres et je le sens vibrer à l'unissons du vrombissement qui monte en puissance à l'approche de la meute
déchainée et autant anxieux qu'admiratif à la vue de ces équilibristes au freinage en paquet sur Adélaïde et aux reprises vigoureuses soulevant les roue avant. Il ne sait plus ou porter son
regard, veux tout voir, comprendre, enregistrer. Les sliders au sol, les flammes sortant des pots d'échappement, les dépassements calculés au millimètre, les fugaces corrections de trajectoires
pour éviter de toucher, les basculements virils lors des changements d'angle, tout ces petits détails qui nous sont bien connus, je dois réapprendre à les revoir pour lui en expliquer les raisons
ou significations. Une autre forme de partage, particulièrement enrichissante pour chacun.
Sont-y pas mignons ces trois petits couples ?
Devant, William et Lionel,
ensuite,Fred-17 et wilfrid,
derrière, Pascal et Fred-26.
Dés les premiers tours, les perspectives se concrétisent. En tête un mano à mano dantesque entre la Suzuki du SERT et la
Kawasaki #11. Les autres prétendants, la BMW, la Yamaha Autrichienne ou l'emblématique GMT 94 ne perdent pas pied et bataillent fermement dans leur sillage. Le ton est donné sous le radieux
soleil bourguignon.
Lorsque nous repartons vers le village, l'ambiance se plombe. Maxime agrippe la tasse de Pascal qui pend à son sac et fini
par la casser. Je lui demande si il se souvient des dernières recommandations de sa Maman, à savoir "tu ne touches pas aux affaires des autres, sauf si ils sont d'accord". Je suis intraitable car
c'est la troisième fois que je dois intervenir sur ce sujet, mais il tente de me donner des excuses oiseuses que je refuse, surtout par principe. Naturellement le ton monte et il s'extrait du
groupe pour aller chercher de quoi remplacer ce qu'il a cassé, alors que la règle de départ était de ne pas nous quitter. Le temps de m'apercevoir du manège et il a disparu dans la foule. Je pars
à sa recherche sans grande conviction, rencontre Jean-Yves avec qui nous discutons brièvement, inspecte les différentes allées puis revient au point de départ où je retrouve Maxime qui a eu le
très bon réflexe d'y revenir. De plus, je reçois quelques instants plus tard un texto dans lequel il m'indique où il se trouve. Bonne attitude. Comme il s'entête dans un rejet de ses "fautes" je
le bloque en lui signifiant que la règle est un retour rapide en train en cas de problème. Il me brave en me demandant de le ramener à une gare et, à son grand désarroi, j'obtempère … A ce moment
là, il doit savoir qu'il ne doit plus essayer de "jouer" et craque. Je me radouci, lui propose d'aller boire un verre au calme et de discuter. Nous acceptons nos positions réciproques et
retrouvons notre petite troupe attablée à 20 mètres de nous ! Je l'observe à la dérobée et il encore très pensif. Cela me fait mal de le voir comme ça, mais je reste persuadé que c'est un point
de passage obligé !
Une bonne partie des joyeux lurons
du TT 2007 se retrouvent autour
de Jules à la barbe reconnaissable.
Dans le village, nous tombons sur Jules, une figure de notre monde et rencontré la première fois sur l'ile de Man lors du TT
2007. L'occasion de se remémorer nombre de souvenirs et d'échanger sur nos expériences. Mais l'heure avance et je dois abandonner notre groupe pour aller compléter notre ravitaillement, au grand
plaisir de mon grand Max. Ces moments sont fastidieux pour lui car il ne peut pas suivre ce qui se passe. Même si nous lui expliquons quelques passages, il se sent obligatoirement en marge, sinon
exclu. Nous allons chercher la moto pour aller à l'autre village. Pourquoi l'AUTRE, juste pour expliquer par l'exemple les difficultés de communication. Mon petit sourd ne comprenait pas que nous
partions faire des courses au village alors que nous étions déjà au village ! ! !
Au retour, nous sommes seuls au campement et je propose à Max de manger tout de suite afin d'être libre pour toute la soirée.
Je lui expose mon projet de faire un tour du circuit afin qu'il voit les différents endroits qui conditionnent l'attitude des pilotes et la vitesse des machines. Nous commençons notre
pérégrination et, petit à petit, le jour baisse, l'ambiance évolue, les phares s'allument, le décor change. A notre arrivée devant les stands, la nuit est bien installée et la pit lane est
largement illuminée. Le ballet incessant des motos est captivant. Elles passent à pleine vitesse à nos pieds ou s'arrêtent à leurs stands pour réparer, changer les roues et les pilotes. Les
multiples questions de Max prouvent son intérêt, et nous restons un long moment à admirer ce spectacle, mais le froid nous pousse à bouger.
Le soleil se couche sur le Nivernais
et les motos tournent, imperturbables.
Je lui offre l'alternative entre le retour vers la tente ou une nouvelle incursion au paddock. Ce second choix retient sa
préférence et nous parcourons cette oasis de calme (relatif) qui s'endort tout doucement pour tomber sur le véhicule de Charles Geers, l'un des deux pilotes que nous suivons particulièrement avec
Gregory Leblanc. Comme tout est fermé, je laisse un petit mot sur le par-brise. En repartant, nous tombons sur Gégé, le père et mécano de Charles, qui revient du chronométrage. Quelques nouvelles
et nous l'accompagnons pour dire bonjour à son épouse Françoise. Celle-ci nous propose rapidement une visite dans le box de la #24. Max est aux anges, et je lui renouvelle mes recommandations de
ne toucher à rien. Les yeux sont bien ouverts pour capter les moindres détails de cette ruche qui ronronne calmement pendant que je taquine Tiphaine qui me le rend bien. Charles vient de laisser
son guidon et nous le saluons avant qu'il ne parte au massage. C'est ensuite l'incursion en Pit Lane pour assister à un ravitaillement d'une moto devant le box voisin. Un moment unique pour un
petit privilégié qui prend encore plus la mesure de sa chance lorsque je lui rappelle que c'est une course du championnat du monde et que peu de personnes bénéficie de cette faveur. Et là ses
yeux brillent de mille feux au milieu d'une figure rayonnante barrée d'un magnifique sourire. Une expression qui conforte sans ambiguïté toutes les paroles de remerciements qu'il exprime.
Les traits sont marqués par la fatigue,
mais le sourire marque bien le plaisir
d'être dans le box de 3D Endurance.
Nous retournons ensuite au campement où il se couche immédiatement et nous le suivons rapidement.
Le cérémonial du dimanche matin est toujours le même. Lever avant le soleil, recouvrir Max avec mon duvet encore chaud, café
et un tour vers la piste pour assister au spectacle du lever du jour sur la course. Avec les SMS de "Laurent les
motards", je suis tenu informé des évolutions de la tête du classement au grand dam des copains qui sont un peu envieux. J'avais pourtant déjà mis le lien ! ! ! Pascal doit repartir à 9H00
pour aller assister à une compétition de kayak dans le Cher où officient ses deux fils. Il mitraille pour assurer ses dernières photos, pendant que j'observe Charles Geers dans une forme
étonnante. Magnifique intérieur, superbe glisse à l'accélération, un bref mais précis changement de trajectoire alors qu'une autre moto s'immisce sur son intérieur, autant de figures réalisées
avec une telle maitrise qu'elles en paraissent toutes simples.
De gauche à droite, Fred-17, William, Wilfrid, Fred-26, Lionel et Pascal.
Le soleil se lève et Max dort comme un bienheureux.
Fred-17 et Pascal sont sur le point de nous quitter quand Maxime émerge enfin de son sommeil. J'ai prévu de partir au plus
tard à 13H00 afin d'éviter le rush qui suit la fin de la course et avoir le temps de s'arrêter régulièrement pour prendre soin du "petit" qui a accumulé la fatigue, mais je lui laisse le choix.
Quand il apprend que William décampe à 11H00, il propose d'en faire autant. Cela lui permet de traverser le camping sur le FJ. Depuis notre arrivée il tente tout pour monter dans un panier mais
ils sont trop chargés et il n'est pas question de le laisser aller derrière le pilote d'où il se ferait éjecter s'il ne se tenait pas fermement...
Nous saluons donc nos trois compères de la vallée du Rhône sur un dernier gag de Max. il est tout équipé et veut encore dire
au-revoir. Il s'approche pour faire des bisous à travers le casque et les trois lascars se prennent au jeu. Fred-26 insiste en réclamant la double accolade et je l'interpelle en lui disant :
"non, au moins quatre". Maxime n'est pas sûr d'avoir compris, il arrête son mouvement et m'interroge :
- Pourquoi quatre ?
- Tout simplement pour bien nettoyer ton casque ! ! !
Éclat de rire général et départ dans la bonne humeur.
A la sortie du parking, je reprend mon passager et nous partons de concert vers Bourges pour une première halte au relais
motard de la FFMC-18. Toujours la bonne ambiance, et la joie d'un Max qui se sent reconnu au milieu de toutes ces personnes inconnues il y a quelques dizaines d'heures ! ! !
Conciliabule d'une partie
de l'équipe FFMC-18 autour de Joël.
William reprend rapidement sa route vers la Bretagne et nous le suivons dés que mon jeune a terminé ses frites. Même la moto
ressent son plaisir et son bien-être. Elle tangue gentiment au rythme de ses saluts endiablés adressés aux acteurs du relais ! ! !
A partir de Montluçon, mon passager commence à se trémousser. J'envisage une pause à Gouzon, mais tout est fermé. Je continue
en espérant trouver de quoi nous désaltérer à Chenérailles et Max me signifie maintenant clairement qu'il a envie de s'arrêter. Je lui fait signe que c'est prévu, il me confirme par geste que
c'est "O.K." et se détend un peu. Faute de café ouvert, nous faisons un pause de 10 minutes sur la place. Lorsque je propose de repartir, Maxime n'est pas très enthousiaste, mais il retrouve de
l'allant quand je lui explique que nous faisons une vingtaine de kilomètres avant de nous désaltérer à Aubusson.
Nous attendons 15H00 et les résultats de l'arrivée du Bol transmis par SMS. Nous les communiquons aux boites vocales de nos
acolytes et en direct à Pascal qui est sur le bord du bassin de slalom. Ses fils œuvrent sur l'eau avec efficacité et nous avons de fortes chances de les suivre en N1 l'année prochaine.
Ensuite, c'est reparti pour la dernière étape, enfin je le souhaite. Les enfilades de grandes courbes qui nous mènent à
Felletin puis La Courtine (bien connue de nos militaires !) sont effacées avec une vigueur propre à affoler les radars, au plus grand plaisir de mon passager qui me tend son pouce pour bien
marquer comment il apprécie ces basculements continus d'un virage à l'autre. Néanmoins, après La Courtine, c'est le pilote qui défaille. Les paupières deviennent lourdes, la vitesse diminue, les
trajectoires sont moins ciselées, pour ne pas dire limite aléatoires. Il est prudent de marquer une pause sur la première aire rencontrées. Je m'allonge sur un banc et somnole quelques instant.
Mon neveu babille au milieu des trilles des oiseaux. Il apprécie l'air pur, la nature, le calme retrouvé après cette tornade de sons de mouvements, de découvertes, et il est moins motivé à
reprendre la moto. Heureusement, j'ai un joker dans ma manche.
Je montre la carte et explique qu'à Ussel il y a un McDo et que nous pourrions y manger une glace. Deux mots magiques qui
rehausse la motivation à des sommets ! ! !
Après cette longue pause goûter, la dernière portion de route est rapidement avalée et nous arrivons à Bort à 17H30. Au fur
et à mesure des appels, nous apprenons que chacun est rentré à bon port et l'avis est unanime sur les bons moments passés ensemble.
Max passe sa semaine de vacances ici et la moto va faire quelques balades locales avant de nous propulser à nouveau dans le
monde de la compétition. En effet, le week-end prochain, nous avons rendez-vous à Lédenon avec quelques pilotes, Charles et Cédric du team S-PASS, mais aussi Yan, Greg et Aurè du team MC 19 et,
bien sûr, quelques copains que Maxime va découvrir . . .
Pour moi, ce Bol se révèle très particulier.
J'ai moins suivi la course, et je n'ai pas pu voir, ou pas assez, toutes les personnes que je savais présentes. Toutes mes
excuses a eux, et en particulier à Bill, Laurent, Jean-Yves ou Christian de chez Casto.
J'ai constaté que certaines dérives existent toujours, même si l'accroissement des excès en tous genres semblent jugulés. A
ce titre, j'ai bien apprécié l'euphémisme utilisé par Françoise qui me demandait où nous couchions. Lorsque je lui dit au camping, elle précise, un peu étonnée "Ah, chez les Gaulois !" …
Je ne partage pas du tout le massacre de moteur et la destruction systématique. A ce sujet, lors d'une conversation avec des
organisateurs, nous débattons largement, et je pense important de vous livrer un chiffre (de mémoire) :
70 000 Euros.
C'est le coût de nettoyage facturé par le circuit à Larivière Organisation l'année dernière. Je devrais d'ailleurs dire le
surcoût car cela s'ajoute au coût initial et il va bientôt falloir mettre un vigile devant chaque WC ou douche, et la structure organisationnelle est lourde … et probablement fort chère ! !
!
Ne nous étonnons donc pas de l'envolée des prix des billets car, soyez en sûr, nous devons financer tout cela.
Spectacle de désolation que j'exècre
au plus haut point,
et je ne suis pas le seul, heureusement.
Pour terminer, je voudrais remercier très chaleureusement toutes les personnes qui ont favorisés, de près ou de loin
ce week-end qui apporte tant à notre grand Maxime, et en particulier :
-
Ma bande de potes qui, non seulement accepte cette contrainte, mais reste attentionnée sans tomber dans
la pitié. Grâce à vous Max comprend mieux comment il peut s'insérer dans le monde des entendants, et il découvre, petit à petit, qu'il n'est pas systématiquement exclu, mais qu'il doit, lui
aussi, faire des efforts dans ce sens.
-
Larivière Organisation en facilitant
notre accès et en donnant de l'importance à sa venue, une forme de reconnaissance dont il a un cruel besoin.
-
L'équipe de HMS (Handicap Motard Solidarité).
Votre seule présence lui a déjà permis de relativiser sa situation. Un gars que signe en plus et c'est une ouverture à laquelle il ne s'attendait pas ! Dommage que nous n'ayons pas vu
Jean-Yves ensemble. Il aurait approfondi des manières d'aborder le handicap avec sa vigueur et sa bonne humeur qui me plaisent tant ! ! !
-
La joyeuse bande de la FFMC-18. Vous avez accepté
l'aide proposée et, de ce fait, il s'est immédiatement senti intégré, sans distinction particulière. En plus, le chien de Joël à câliner, le top !
-
La famille Geers au grand complet et au team 3D Endurance. La
faveur que vous lui avez accordée avec tant de gentillesse lui prouve qu'il existe, qu'il est reconnu et qu'il a sa place parmi nous.
-
Et à toi Max, pour les efforts que tu fais, pour les leçons que tu nous donne, pour ta bouille
rayonnante et pour tous les espoirs que nous mettons en toi.
Continue, tu évolue vite et bien et tu découvre un peu plus chaque jour ce que peut être l'échange, l'amitié, l'entraide.
Donne de ta bonne humeur, de ton grand cœur, de ta vision si particulière et inconnue ou méconnue pour nous, entendants, et reçois en échange notre appui, nos expériences, le partage de tous
ces bons moments. Tu es acteur de ta vie, tu ne dois pas rester passif et attendre tout des autres. Respecte les autres et tu peux exiger le respect. Intéresse toi aux autres et ils
s'intéresseront à toi (dans la majorité des cas ! ! !).
Dans les prochains jours, j'insèrerais ici un diaporama des vues prises par Pascal sur la piste.
Elles arrivent, je les traite et elles seront à vous.
J'adresserais un message aux abonnés à la newsletter quand ce sera effectif.
Et la réponse à la question :
Savez vous quelle est la dernière chose qui passe par le tête d'un insecte qui s'écrase sur mon casque ?
Eh bien, son cul, bien sûr ! ! !
Et voilà une toute petite sélection des photos de Pascal, essentiellement au lever du jour :
Mise à jour du 27/04/2011.
Et pour Max, qui ne l'entendra pas, une version particulière de
SOUNDS OF SILENCE.