La matinée du lendemain est consacrée à la visite du château d'Azay le rideau, bâti sur une ile de
l'Indre.
Les vestiges initiaux datant du moyen age, un bâtiment médiéval et un donjon ont fini de disparaître après la
révolution.
Au travers des branchages, le monument et son image dans le miroir liquide
:
En 1510, Gilles Berthelot prend possession du château fort d'Azay et y érige une demeure de style italien de
cette fastueuse période de la renaissance. Mais, suite à des malversations, il prend la fuite et le lieu est saisi par François 1er. Le roi en fait don en 1537 à un compagnon d'armes,
Antoine Raffin. Au XVIIème siècle, les bâtiments agricoles et la basse cour sont supprimés au profit de l'allée bordée d'arbres aboutissant à la cour en demi lune et aux deux communs
symétriques.
Pendant la Révolution, Charles de Biencourt prend possession du domaine. Sous la houlette de sa famille, le
château retrouve tout son éclat. Il est particulièrement mis en valeur par la création du parc à l'anglaise. Les divers bras de l'Indre favorisent le développement de la nature qui fournit un
écrin de verdure au monument.
En 1905, l'état achète le château et y apporte en 1950 une transformation majeure. Le boulevard à canons du
XVème siècle est supprimé au profit de la rivière, assagie par des seuils en amont. Le fameux miroir est ainsi créé.
Découvrons, au travers de ces photos,
cet édifice, son environnement, ses installations,
les trésors légués par ces artisans façonnant la pierre, le bois, le fer, le verre, …
autant de magiciens dont j'admire les œuvres :
L'après midi est plutôt champêtre bien que de nouveau liée à un château, celui de Villandry. En effet,
celui-ci possède des jardins renommés et comme la météo est relativement clémente, je tiens à en profiter.
Ce monument est le dernier des "châteaux de la Loire". Il est érigé en place de la forteresse féodale du
XIIème siècle presque totalement arasée à cet effet. Jean le Breton, un ministre des finances de François 1er en est le commanditaire et il est achevé en 1536.
Les turpitudes de l'histoire s'appliquent aussi ici et le domaine passe de mains en mains, y compris dans la
famille Bonaparte après une saisie de l'empereur Napoléon 1er …
En 1906 le docteur Joachim Carvallo acquiert le bien et s'y consacre totalement à l'aide de l'héritage de son
épouse et abandonnant une prometteuse carrière scientifique. Il sauve l'édifice de sa destruction programmée, lui redonne vie en le remeublant et surtout, réalise ces fameux jardins à la
française, constitués à partir des textes du XIVème siècle.
Vue panoramique (source Wikipédia)
4 terrasses à thèmes déploient un décor hallucinant
:
Le jardin d'ornement, constitué de véritables broderies de buis,d'ifs et de topiaires
rehaussé des fleurs de saison (à cette époque, particulièrement des tulipes, pensées ou myosotis). Une des composantes de cette terrasse est nommée "jardins d'amour". La taille, au cordeau,
symbolise : l'Amour Tendre (cœurs et flammes), l'Amour Passionné (cœurs brisés) , l'Amour Volage (éventails) et
l'Amour Tragique (lames de poignards et glaives). La plupart de ces éléments sont bien reconnaissables sur les photos.
Le jardin d'eau est constitué d'un pièce d'eau en forme de miroir Louis XV, entouré de
fontaines et enchâssé entre des talus surmontés de tilleuls. Lors de mon passage, la particulière lumière précédent l'orage procurait un magnifique jeu d'ombres de ce cloître végétal sur les
talus.
Le jardin potager se situe sur la terrasse la plus basse. Les laitues, batavias, choux,
fèves sont parfaitement ordonnancés et mis en valeur par les bordures colorées des fleurs.
Enfin, en terrasse supérieure le jardin du soleil, le dernier né, créé en 2008. Trois
espaces y sont présents, la chambre des nuages aux dominantes bleues et blanches, la chambre des enfants avec des pommiers et des jeux et, la seule présente en photos, la chambre du soleil où
les teintes jaunes et orangées sont ordonnancées autour d'une fontaine étoilée.
Entre ces terrasses, nous trouvons aussi un labyrinthe de charmilles, le
jardins des simples (dénomination médiévale des cultures de plantes aromatiques et médicinales), la forêt dont les terrasses fleuries entourent
une serre et un pavillon du XVIIIème siècle (Pavillon de L'Audience).
Seul un orage de quelques minutes gêne cette visite
dont je vous propose quelques vues :
Le lendemain matin, je reprends ma route vers le Limousin. Le soleil est présent dans un ciel nuageux et il
se reflète parfois violemment sur la chaussée mouillée. A une cinquantaine de kilomètres de Châteauroux, je rattrape trop vite la monstrueuse barrière noire qui barre l'horizon. Une pause café à
Clion lui permet de reprendre un peu d'avance, mais j'enfile tout de même la tenue de pluie. Excellente idée car quelques minutes avant de prendre l'A20, les premières gouttes s'écrasent sur ma
visière. Je prends l'autoroute sous une averse maintenant nourrie, qui s'amplifie pour devenir un véritable déluge. Les conditions de roulage deviennent telles, vent, visibilité faible, nappes
d'eau de plus en plus importantes sur la chaussée, que je m'arrête à la première station.
Après une vingtaine de minutes, le fort vent d'ouest a fait son œuvre. La pluie se calme et la lumière
réapparait, d'abord timide mais s'amplifiant rapidement. Je laisse passer encore une dizaine de minutes avant de repartir, sur une chaussée mouillée, mais plus détrempée.
Aux abords de Limoges la route est sèche. Plein d'essence à Feytiat où j'hésite à retirer la tenue de pluie
pour être plus à l'aise dans les portions joueuses (sinueuses) qui m'attendent. Comme le ciel est encore menaçant et que j'oblique vers le sud-est avec le risque de rattraper le front principal,
j'opte pour la facilité et garde les vêtements imperméables. Cela s'avère judicieux … mais plus comme coupe vent pour contrer le froid piquant du plateau de Millevaches ! En fait, j'arrive sec
avec de superbes vues de ces deux jours plein la tête … avant de trier les photos !
Et encore une grande pensée pour mon fils qui m'a fait découvrir ce musicien
!
Pique nique rapide en sortant de l'abbaye de Fontevraud, sous un ciel qui se dégage tout doucement. Je décide
donc de retourner en banlieue de Tours par le chemin des écoliers. Je saute la Vienne à sa confluence avec la Loire alors qu'elle arrive de "par chez moi" (source au plateau de
Millevaches).
Les nuées noires me précèdent. Entre les routes détrempées et la volonté de ne pas gagner la course avec les
nuages, je roule tranquillement en longeant la Loire, puis l'Indre pour faire une halte au pied du château d'Ussé.
La première forteresse, en bois, est bâtie en 1004 par le redouté viking Guelduin 1er de Saumur
sur un site qui comporte des traces préhistoriques et des vestiges Gallo-Romains. Il est vrai que ce point contrôle les voies entre Tours et Chinon, qu'elles soient terrestres ou fluviales,
l'Indre et la Loire. En 1040, son fils, Guelduin II lance les premières fortifications en pierres.
Dans les années 1420, à la fin de la guerre de cent ans, le seigneur d'Ussé, Jean de Bueil, réalise la
structure qui deviendra la base du château actuel. Au XVème siècle, Jean V du Bueil, érige les prémices du château actuel qui était jusqu'alors un château fort. Un siècle plus tard, le
maréchal de Vauban apporte son expertise, entre autre par la construction italienne, les terrasses et un bastion. Une de ses filles n'est autre que la Dame d'Ussé pendant 22 ans !
A noter sur l'une des photos, les cèdres du Liban jouxtant la chapelle furent ramenées de Terre Sainte par
Chateaubriand et plantés en 1817.
Ensuite, retour sur la moto pour remonter la Loire. Il me semble avoir aperçu une embarcation typique et je
m'arrête pour vérifier. En effet, quelques gabares, ces bateaux à fond plat typiques, oscillent paresseusement au gré du léger courant et de la brise. Petite pause d'autant plus agréable que je
peux voir les nuages les plus menaçants s'éloigner vers l'est.
Encore quelques kilomètres, et je peux mieux détailler le château de Langeais, engoncé dans la ville. Il y a
trois ans, la moto encore bien chargée, j'y avais fait une brève halte en attendant Ulrich (cf. Migration vers la Bretagne).
A la fin du Xème siècle, un premier édifice est bâti par Foulques Nerra comte d'Anjou sur le
promontoire qui commande l'axe Tours-Saumur, tant terrestre que fluvial. Il n'en reste aujourd'hui que les vestiges du donjon.
Des bandes armées prennent épisodiquement possession du château pendant la guerre de cent ans. Pour limiter
les risques ainsi engendrés, Charles VII fait raser les fortifications, à l'exception du donjon.
Louis XI fait reconstruire un château entre 1465 et 1467 pour lutter contre le Duc de Bretagne, fortement
actif dans la Ligue du Bien Public ( les seigneurs opposés au roi). Mais c'est aussi ici que s'apaise ce conflit, lors du mariage entre Charles VIII et Anne de Bretagne le 6 décembre 1491.
Après le XVème siècle, le château passe de mains en mains et son entretien sera faible jusqu'à la
fin du XIXème siècle. En 1886, un banquier, Jacques Siegfried, achète le château. Pendant une vingtaine d'année, il s'attache à le restaurer et à le meubler.
Aujourd'hui, l'Institut de France est propriétaire des murs comme de la collection, après un don en
1904.
Une dizaine de vues de ces pauses :
Je termine cette journée sous quelques gouttes éparses, avec un rapide arrêt sur les calmes rivages de
l'Indre, dans une ambiance particulièrement bucolique.
Après ces excellents moments passés au Bol d'Or avec un grand Max en pleine progression, il me faut penser retourner dans mes
pénates.
Pas de missions en vue dans les prochaines semaines qui me porteraient vers d'autres destinations. De plus, il me faut aussi
rejoindre Bort pour affronter une période plus délicate à plusieurs points de vues.
Je descends vers le sud avec une grosse étape dans la région de Tours où je m'offre un week-end triplement nostalgique autour
de certains édifices du Val de Loire :
Il y a un peu plus de 40 ans, un camp en vélo m'avait permis de découvrir de nombreux châteaux entre Orléans et Tours. Je
vais pouvoir compléter cette quête. D'habitude, la moto étant toujours chargée, je me contente de brèves haltes. Là, le paquetage est à l'abri et je peux profiter plus longuement …
Pendant mon adolescence, j'ai participé à de nombreux chantiers archéologiques au sein du Club du Vieux Manoir, particulièrement à Guise, dans l'Aisne. J'y ai conforté un goût particulier pour l'histoire, les vieilles pierres, … et la vie en
communauté !
La première formation de mon fils Cyrille est la taille de pierre. Je ne peux m'empêcher de penser à lui lorsque j'admire
l'architecture et les décors obtenus avec cette matière.
Je commence ce périple par quelques heures à déambuler dans l'abbaye de Fontevraud, en limite de trois provinces de l'époque,
Anjou, Touraine et Poitou.
Fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel, l'abbaye évolue rapidement en complexe monastique à quatre pôles :
Le monastère Sainte Marie voué aux moniales ;
Le prieuré Saint Jean de l'Habit, dévolu aux frères de l'ordre qui essaime jusqu'en Angleterre et Espagne
;
Le prieuré de Sainte Marie Madeleine, havre de paix des filles repenties ,
Saint Lazare, asile des lépreux.
Robert d'Arbrisselconfie ensuite la direction de
l’Abbayeà une femme, la première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chemillé, et la vie monastique prend fin à la révolution, les lieux étant récupérés par l'état.
En 1804, un décret de Napoléon reconvertit ces locaux en prison centrale, prévue pour 1000
détenus. Les premiers prisonniers arrivent en 1814. La population pénitentiaire, pouvant atteindre 2000 personnes travaille dans de nombreux ateliers dans des conditions très rudes dans cette
centrale considérée comme la plus dure après Clairvaux (mortalité d'un prisonnier sur sept !).
La prison est fermée en 1963, mais la restauration continue et le public peut ainsi y accéder
depuis 1985.
Découvrons, au travers de photos, cette superbe abbatiale dont la clarté illumine les gisants, ces pierres
finement ciselées, le cloître, les dortoirs, les cellules, l'imposante cuisine au toit de pierre impressionnant et aux multiples foyers, les jardins, parfois sous l'averse ...
Initialement, je ne devais pas aller au Bol d'Or, malgré l'insistance presque outrancière de certains copains. N'ayant plus
de missions à assumer en Bretagne, je devais retourner directement sur Bort les Orgues régler quelques soucis …
Seulement, voilà, je suis trop influençable !
Mon neveu, Maxime est entré dans la danse. Il semble vraiment apprécier ces sorties en moto, ces exaltations entre garçons,
ces Bols d'Air qui le sortent des multiples contraintes de sa difficile vie d'adolescent sourd. Il me soudoie, utilise son père, développe ses arguments et manœuvre tant et si bien qu'il obtient
même deux invitations pour le Bol. Du grand art !
Et puis, franchement, je ne vais pas bouder ce triple plaisir d'une grande virée en moto, d'un week-end entre potes et
surtout d'un nouveau coup de pouce à ce fabuleux neveu qui se débat dans ses tourments avec une ténacité que j'admire et des résultats édifiants.
Ce jeudi 12 avril, me voici donc parti vers la région parisienne pour le récupérer. Un frais et agréable transfert printanier
au gré de quelques routes de traverses qui me permettent d'éviter les plus grosses averses et de me sustenter de fabuleuses visions de dame nature en pleine exubérance. Le soir, essai des tenues,
préparation du paquetage … et quelques difficultés pour partir se coucher.
C'est qu'il est doublement excité le bougre.
En plus de la perspective du week-end, il est actuellement en stage de cuisine dans une unité de restauration collective de
la région. Il doit assumer des travaux qu'il réalise avec brio … et sa bonne humeur charmeuse (lorsqu'il dompte sa rage latente, oh combien compréhensible bien que non acceptée ! ! !). Il réalise
ses missions avec succès démontrant ainsi ses capacités à des professionnels éberlués (quand le chef de cuisine est étonné de le voir faire la pâte à pizza, il est fier de lui indiquer qu'il
réalise aussi ses feuilletages !). De plus, étant relativement à l'aise, il émaille son travail de quelques blagues ou taquineries dont il n'est jamais avare et l'ambiance est ainsi
particulièrement porteuse.
Je pense qu'il découvre, très pratiquement,quelques théories développées au cours de nos nombreuses discussions. Il valide
qu'il a une place à prendre dans le monde des entendants, qu'il peut être accepté ET apprécié, mais que ce processus dépend aussi de son attitude.
Vendredi matin, je l'accompagne au boulot, dans un dense brouillard. Il a ainsi tout son équipement et nous partirons
directement par l'autoroute, vers 16H00, afin de ne pas arriver trop tard à Magny-Cours. En début d'après-midi un appel téléphonique. Est-il possible de récupérer Maxime plus tôt ? Mais bien sûr,
avec plaisir. Ceci nous évitera d'affronter le contournement de Paris au pire moment en terme de circulation.
De fait, A13 fluide, mais nous sommes dans le bon sens et ça commence à être très dense vers la Normandie. Un petit bout
d'A12 chargé puis l'A86. Les premiers ralentissements sérieux débutent vers Vélizy et s'intensifient après le Petit Clamart. Pour nous arranger, la pluie se met de la partie et quelques virgules
de la roue arrière démontre la nature particulièrement glissante de la chaussée (mais aussi les premiers mouvements d'impatience de mon passager). Heureusement, cet épisode humide est de courte
durée et l'A6, quasiment bloquée, est rapidement sèche. Nous remontons tranquillement les files jusqu'à la première station au niveau de Corbeil pour une première pause salutaire. En général,
Maxime a du mal à tenir en place plus de ¾ d'heure d'affilée en selle et nous avons doublé ce temps. Mais je voulais m'extraire au plus tôt de ce magma des départs hebdomadaires !
Les discussions avec les motards rencontrés nous permettent de découvrir qu'il ne fait pas bon de rouler en sportive dans la
région. En effet, un malfaisant opère en Suzuki GSXR dans le secteur depuis quelques jours et les forces de police interpellent systématiquement toutes les motos de ce type pour contrôle.
Maxime dans différentes configurations ...
Le trafic reste dense jusqu'à la bifurcation sur l'A77 où nous pouvons prendre un rythme de croisière … légal. Je me doute
que la chasse aux dangereux motards roulant trop vite doit être ouverte dans ce secteur ! ! ! De fait, régulièrement, le flot inverse scintille régulièrement d'appels de phares insistants, et
certains outils de contrôles sont tellement bien camouflés que, même prévenu, je ne les décèle pas ! Au niveau de l'aire des arbres, j'interroge Maxime pour un éventuel arrêt. Il me signifie de
continuer, ce qui m'arrange. Un arrêt c'est au minimum une demi-heure de passée. Aux deux parking suivants, Max m'interroge pour un arrêt, mais je lui explique qu'il n'y a pas de station et donc
pas de machines à café. Nous décidons donc d'aller plus loin. Et bien sûr, ces discussion ne se font que par gestes ! ! !
Au péage, moment d'angoisse. Un comité d'accueil musclé est en place. Comme deux sides ont du mal à passer entre les cônes
dont l'écartement est prévu pour des deux roues, nous avons le temps de voir opérer les hommes en uniformes qui font garer les motos, et quelques voitures, sur le parking adjacent. Allons nous
avoir droit à un bonus ?
Effectivement, nous sommes conduits dans la nasse, comme les autres. Pourtant je suis certain d'avoir contrôlé ma vitesse en
permanence. A moins que je n'ai pas vu une signalisation particulière … De plus, nous avons droit à la douane ET à la gendarmerie. Bizarre.
Bon, Max voit le bon côté de pouvoir se dégourdir les jambes, pendant que je me dirige vers une douanière en sortant mes
cigarettes. Immédiatement, elle m'enjoint (le terme se révèle particulièrement approprié) d'attendre pour allumer cette cigarette en m'expliquant qu'ils vont pratiquer à une détection
d'euphorisants interdits !
Le chien commence à déambuler entre nous et renifle hommes et matériels. Il s'attarde sur Maxime que je chahute en paraissant
offusqué qu'il possède ce genre de substance. Il ne comprend pas tout de suite et la couleur de ses joues démontre son embarras. Je lui explique que ce doit plutôt être l'odeur de ses chiens qui
a provoqué cet arrêt prolongé du quadrupède renifleur. Cette séquence offre l'avantage de détendre l'atmosphère et d'entrainer tout le monde dans le rire, y compris les fonctionnaires.
A la station suivante qui propose en outre un relais motard, dernier arrêt. Café, coca et nettoyage des visières. Un petit
chahut avec des motards de la gendarmerie qui nous annoncent des contrôles. Comme si nous nous en étions pas aperçu, j'en ai déjà décompté un minimum de 7. Si j'étais de mauvaise humeur
j'évoquerais du harcèlement ! ! !
Pour la première fois depuis bien longtemps, j'arrive le dernier au campement. Même pas besoin de monter la tente, Pascal
nous accueille dans la sienne. Royal. Nous déchargeons rapidement et partons immédiatement faire la visite de la voie des stands. Salutations de quelques pilotes, mécanos ou managers et
l'occasion pour Max de récupérer de quoi redécorer sa chambre à l'aide de posters dédicacés. A son âge, je me contentais des posters encartés dans les journaux spécialisés … et le papier peint,
comme le plafond étaient vite devenu invisibles ! ! !
La soirée se termine rapidement pour Maxime. Il décide d'aller se coucher de bonne heure afin d'être en forme tout le
week-end. D'une part il est fatigué par son voyage et sa semaine de stage qui requiert attention et tension. D'autre part, entre la nuit qui limite la lecture labiale et nos divagations encore
plus difficiles à suivre, l'intérêt est limité.
Cette positive auto-gestion est un signe fort de ses progrès !
Je réveille Max pour savoir s'il veut venir faire des courses avec moi. Je ne doute pas de sa réponse. Entre trainer au lit
et faire un tour de bécane, le choix est évident. Petit déjeuner rapide et nous voilà partis pour le super marché de Magny-Cours où nous mettons un peu d'animation, le boucher et les caissières
devenant rapidement complices, sous les rires (ou sourires dissimulés) de l'environnement. Ensuite, pause en ville pour le ravitaillement cigarettes des étourdis et nous en profitons pour nous
faire un café ou une bière en terrasse.
Maxime se la joue "intello". Il s'achète un journal et, à mon grand étonnement, se plonge dans les nouvelles. En effet, un
sourd a de grandes difficultés à acquérir et maitriser du vocabulaire (80% du notre est obtenu par l'auditif !). Il n'est donc pas enclin à la lecture, et c'est un sujet que j'évoque de plus en
plus souvent avec lui. Je suis persuadé que c'est un point de passage obligé pour l'acquisition des savoirs, une meilleure communication et donc intégration, une ouverture d'esprit plus vaste.
Mais comment se plonger dans un livre alors que l'on en comprend pas le sens ? Dilemme cruel et soluble que par une volonté de fer et un accompagnement, surtout dans les débuts.
Alors, ai-je devant moi l'expression d'une prochaine victoire en devenir ?
Je l'espère vivement car il a toutes les capacités pour réussir dans de nombreux domaines. Actuellement il ne lui manque
qu'une forte volonté, le goût de l'effort, pour affronter ce chantier titanesque. Il va falloir vaincre les écueils qui s'aplaniront avec le temps et la pratique, avec l'ingestion des mots et de
leurs signification. Nous ne lui cachons pas les difficultés et il perçoit avec une acuité accrue le manque qui le bloque fréquemment …
Retour au camp pour une "grillade partie" sous le soleil et dans la joie de ces moments si simples et pourtant forts de se
retrouver, de partager, d'échanger, de rigoler. Puis il est temps de s'approcher de la piste pour assister au départ de la course. C'est toujours un mélange d'excitation, de plaisir, mais aussi
de tension. Les risques sont grands lorsque la meute enchaine les virages, carénages contre carénages, chacun cherchant à grappiller des places pour s'assurer la meilleure position possible. A
l'autre bout du circuit, un grondement sourd s'amplifie et nous confirme les dires du speaker.
C'est parti.
Quel spectacle que ce serpent métallique et multicolore, encore ramassé, compact et doué d'une agilité extrême qui s'enroule
dans la grande courbe d'Estoril. Encore sur l'angle, les fourches délestent sous la puissance transmise à la roue arrière. Et quelle joie pour mes copains, fans de Kawasaki, lorsque la verte
confirme ses prétentions aux avant-postes de cette meute déchainée.
En pleine accélération, les machines défilent devant nous à une allure hallucinante, les vitesses étant passées à la volée …
pour, immédiatement freiner brutalement, se positionner au mieux et s'engouffrer dans la lente, difficile et sélective épingle d'Adélaïde. A la sortie, les amortisseurs s'écrasent et les roues
avant s'élèvent sous le déchainement de la puissance. Le ruban de motos commence à s'étirer et aborde une nouvelle difficulté. Le premier virage à gauche avec des pneus froids dans le pif-paf du
Nurburgring. Délicat lorsqu'il faut maintenir sa place mais aussi éviter la dérobade et la chute. Le vrombissement décroit dans le second et vicieux virage à gauche dit du 360° au léger dévers.
Nous suivons le rapide défilé qui accède au rapide droite-gauche d'Imola. Puis les motos disparaissent de notre vue dans le virage du Château d'Eau avant d'aller en découdre dans les
enchainements du Lycée, nous laissant bientôt que le son lointain mais strident des machines à l'assaut de la ligne droite des stands. Et c'est parti pour 24 heures de ce manège infernal …
Au fil des premiers tours, le serpent s'allonge et les divers prétendants, la BMW officielle, la Suzuki du SERT, les Yamaha
des teams GMT 94 et du YART, les Honda des teams TT Legends et National Motos, ou les Kawasaki du SRC et Bolliger, bataillent déjà fermement. Nous commençons notre propre tour du circuit,
pédestre celui-ci, pour admirer les divers points de vue, et notre marche nous porte vers le village. Les copains vont vers les boutiques alors que j'emmène Maxime sur le site de H.M.S. (Handicap Motard Solidarité). L'objectif est double :
Démontrer à mon neveu que les handicaps, de quelques natures qu'il soient, peuvent être combattus et gérés. Ce
"management par l'exemple" est sûrement plus efficace que le verbiage d'un vieux c** ! ! !
Retrouver quelques potes œuvrant dans ou autour de cette association particulièrement dynamique.
Ainsi Maxime peut ausculter les motos et side-cars diversement aménagés en fonction des multiples contraintes à contourner.
Nous retrouvons Jean-Yves, de Metz, qui pilote side ou solo avec un seul bras. Il explique devant un Max médusé l'équipement de sa moto. Le "gamin" semble étonné. Il le serait encore plus s'il le
voyait à l'œuvre … Quel brio dans le maniement de sa machine (où plutôt ses machines d'ailleurs) ! ! ! Il est accompagné, entre autre, par Thomas, un Belge bien sympathique croisé à maintes
reprises, et particulièrement lors de la finale du Tour de France H.M.S. dont il était l'instigateur.
Thomas, Jean-Yves et Maxime,
bien souriants malgré la vilaine teinte apportée par cette bâche ...
Ensuite, nous allons faire un tour dans le paddock où nous rencontrons quelques pilotes ou figures du monde de la
compétition. De brefs saluts ou discussions ponctuent cette visite qui ne cesse d'étonner mon grand "p'tit gars". Après une longue pause privilégiée au dessus de la pite-lane, nous reprenons
notre périple autour du circuit pour rejoindre notre point de départ, le campement. Nous grignotons légèrement pendant que les potes se laissent gentiment aller sur l'apéritif. Mais il est vite
temps d'écourter cette phase pour aller rejoindre des copains savoyards avec lesquels nous devons diner.
Et quelles agapes. Pendant que "Marmotte" se démène à faire fondre du fromage dans du vin blanc, Maxime devient le centre
d'intérêt en se muant en professeur. Il traduit pour chacun, les expressions orales en langue des signes. Cyril est particulièrement demandeur car cela peut lui être utile dans son boulot. Le duo
entre ces deux là devient épique lorsque les sujets portent sur divers noms d'oiseaux, voire d'insultes … Ce verbiage et ces simagrées sont ponctués d'immenses éclats de rires entre deux bouchées
de cette somptueuse et délicieuse fondue savoyarde (et incongrue, dans cet environnement !).
Marmotte dans ses œuvres ... culinaires et
théatrales ! ! ! Il n'en oublie pas pour autant de remuer la fondue, amusant son entourage ...
tout en le sustentant de façon aussi originale qu'agréable.
Mais notre programme est chargé, et nous devons bientôt abandonner notre joyeuse équipe. Nous sommes attendus au concert ! Ce
n'est pas que Maxime soit particulièrement friand de ce genre de manifestation essentiellement auditive, mais nous sommes gratifiés d'accès "Back-stage". C'est donc l'occasion de découvrir les
coulisses du spectacle. C'est aussi une forme de reconnaissance qui se lit parfaitement sur son visage épanoui, particulièrement lorsque nous accédons au devant de la scène par un accès
privilégié. Il passe un long moment à détailler les musiciens, admirer les jeux de lumières, et probablement à vivre les vibrations que provoquent ces notes projetées violemment par une puissante
sono.
De retour à l'arrière de la scène, nous trinquons à la santé de l'organisation, dans un environnement qui accapare de toute
part les yeux du grand Max. Des lumières, un bar impressionnant, du mouvement, de fort jolies femmes, … et soudain, la présentation d'un "p'tit jeune" (au moins pour moi) qui abasourdit le
Maxime. Tom Pagés. Il l'avait vu à Bercy et m'en avait parlé avec enthousiasme, m'expliquant comment ce fou sautait en l'air avec sa moto qu'il lâchait en vol pour faire une cabriole avant de la
reprendre en main pour l'atterrissage. Du free style de haut vol, dans tous les sens du terme. Et maintenant, le voici tout intimidé devant lui. Et il a hâte de retourner à Bercy car Tom lui
promet une nouvelle figure encore plus démentielle …
Concert des Stranglers. Ce qui intéresse surtout Maxime, ce sont les jeux de scène et de lumières. Pour ce qui est du son, il le perçoit, mais surtout en terme de rythme au travers des vibrations ...
qui ne manquent pas !
La nuit est déjà bien avancée. Il est heureux, mais fatigué de cette longue et trépidante journée. Il décide donc d'aller se
coucher, malgré l'animation omniprésente qui accapare son attention de toute part. Je retrouve la bande pour un dernier tour de circuit de nuit avant d'aller le rejoindre sous la tente.
Quelques petites heures plus tard, avant le lever du jour, nous repartons vers le circuit, laissant dormir Max. La journée va
encore être longue et il a grand besoin de se ressourcer. Au retour, il me faut réveiller Maxime pour le petit déjeuner. Il est vrai que le bruit ambiant ne le dérange pas vraiment. Il n'y a pas
que des inconvénients à être sourd, même si les avantages sont bien minces !
Après le rangement du paquetage, nous repartons voir les motos tourner inlassablement, et aucun des leaders ne s'est
suffisamment détaché pour jouer une course d'attente. Le rythme est toujours endiablé.
Nous repartons quelques heures avant la fin de la course. Certains ont plus de sept heures de route et Max doit reprendre son
stage demain et il va lui falloir récupérer suffisamment. De plus, nous évitons ainsi les encombrements les plus difficiles. Je ne veux pas repartir par l'autoroute. Cela m'évitera de contourner
Paris et son cortège de bouchons des retours dominicaux tout en donnant plus d'agrément à la route sans risquer de se faire prendre dans une nasse policière qui a de fortes chances d'être
présente au péage. Nous faisons donc la route ensemble, avec Pascal et William jusqu'à Bourges. Une halte amicale au relais Calmos organisé par la FFMC18, où nous déjeunons entre boutades et
éclats de rires.
Les deux side-car Bretons prennent ensuite l'autoroute alors que nous remontons tranquillement vers Orléans par de
sympathiques routes départementales qui nous font traverser de nombreuses forêts. Ambiance bucolique, mais attention soutenue. Entre la fatigue, le vent omniprésent et les risques de grands
animaux en divagation, il faut rester particulièrement attentif.
La traversée des grandes plaines de la Beauce est redoutable. Le vent violent est maintenant de travers et, entre mon
imposant passager, les valises, le top-case et le chargement, nous offrons une large prise à ses assauts. Il faut anticiper les croisements avec d'autres véhicules, les mouvements de terrains,
les haies ou autres obstacles. En effet, les sautes de vent ainsi engendrées nous bousculent avec virulence et nous dévient fortement des trajectoires.
Enfin, nous arrivons à bon port sans incident. Maxime est euphorique, mais la fatigue prend rapidement le dessus et le
coucher n'est pas tardif. Encore un superbe week-end qui lui permet, j'espère, de mieux lui faire découvrir ses capacités d'adaptation, les opportunités dont il peut bénéficier, sous réserve
qu'il prenne les moyens pour les obtenir …
Nous prenons connaissance des résultats. Pascal doit être content de la victoire de Kawasaki, William satisfait de voir les
pièces qu'il a usiné participer à la réussite de cette machine. Quant à moi, j'ai une pensée émue pour ce team SRC que j'observe depuis quelques saisons, particulièrement lors de ses déboires
pneumatiques en Superbike. A distance, je partage cette concrétisation pour un petit jeune que nous avons vu démarrer (Grégory Leblanc), mais aussi l'euphorie probable de tout le team, et
particulièrement Gilles Stafler ainsi récompensé, ou les sympathiques sponsors avec lesquels nous avons partagés de savoureux moments.
Et un immense merci au généreux donateur qui participe ainsi concrètement à une meilleure intégration de ce sacripant de
Maxime qui ne cesse de nous étonner, voire de nous impressionner ! ! !
Le printemps ne se contente pas d'être inscrit au calendrier, il est présent partout. La route ensoleillée qui nous guide,
Serge et moi, vers Le Mans ce vendredi 30 mars nous offre une gamme impressionnante de verts. Les jeunes pousses des champs cultivés rivalisent avec les prairies dans des teintes d'autant plus
tendres qu'elles sont encore nimbées de rosée. Les bourgeons éclatent et les frêles feuilles se déroulent lentement offrant des nuances en contrepoint du sombre des conifères.
L'arrivée au circuit est épique, mais je fini par récupérer mon Pass grâce aux actions de Joël (photographe) et Adrien
(Mototribu). Christian de Nantes nous rejoint rapidement alors que nous installons le campement. Nous poursuivons l'après midi par une visite aux copains dans le paddock et un premier tour de
circuit, à pied bien sûr. Malheureusement, Charles Geers est absent pour cette ouverture de la saison du championnat de France Superbike. Il s'est pris une superbe "boite" la semaine passée sur
le circuit de Lézennes. La moto est en mauvais état et le pilote est sujet a de nombreux vertiges. Il ne participera pas non plus au prochain Bol d'Or. Dommage.
Le sympathique team Malossi.
Le barbu rigolard , sur la gauche,
est mon ami Pierre,
rebaptisé "le grand sorcier".
Heureusement que mon fidèle Joël
a pris cette photo au virage de la Chapelle,
j'ai égaré toutes les miennes ! ! !
Christian, Serge et moi tentant de me cacher !
Bien des nouveautés apparaissent cette année. Les lignes de départ sont maintenant composées de trois motos au lieu de quatre
et la superpole est supprimée. De plus, l'environnement économique se fait sentir. Les deux marques favorites, BMW et Kawasaki alignent une seule moto au lieu de deux l'année dernière. Pour le
team SRC, seul Julien Da Costa défendra les verts en 1000 (Superbike) et Gregory Leblanc repasse en 600 (Supersport), catégorie qui a vu son sacre de champion de France en 2010. En ce qui
concerne BMW, ce sera Sébastien Gimbert.
Le samedi, les essais nous offre déjà des empoignades impressionnantes.
TROPHEE PIRELLI
Ces jeunes pilotes ouvrent la journée et la saison. Au final, les 5 premiers (5 Yamaha !) se tiennent en 657/1000 ! ! ! Une
perspective de grosse bagarre !
SUPERSPORT
Greg Leblanc assure sa pôle position, mais le combat avec Louis Bulle s'annonce déjà car seulement 62 dixièmes les séparent.
Pour les troisième et quatrième, c'est encore un couple Kawa/Yam avec respectivement Étienne Masson et Mathieu Lagrive.
SUPERBIKE
La BMW et la Kawa prennent le meilleur tour à tour, mais le mot de la fin revient à Julien Da Costa (SRC Kawasaki), suivi de
près par Sébastien Gimbert. La tête de cette grille devient un véritable salon puisque suivent une Suzuki et une Ducati, et le tout avec trois types de montes (Dunlop, Michelin et Pirelli)
125 et MOTO 3
Cette catégorie amorce sa mutation. Les 125 deux temps ont vécues. Les nouvelles machines, des 250 quatre temps apparaissent
au nombre de 8. Les deux frangins Danilo se disputent la pôle, Simon et sa KTM 125 et Jules sur sa Honda 250.
EUROPEAN BIKES
La catégorie PRO-TWIN est remplacée par celle ci qui accueille les machines Européennes de plus de 650 cc. Néanmoins les deux
premiers temps reviennent à des Ducati avec Nicolas Trolard et Stéphane Pagani à 122/1000. Le troisième, Vincent Douillet est sur BMW.
SIDE CAR
Ils concluent cette matinée sous une domination écrasante du couple Delannoy/Lavaurel (champion de France en titre).
Le box du SRC. Le calme avant la tempête ?
L'après midi se déroulent sous un soleil largement tempéré par une fraiche brise. Les qualifs continuent et précisent les
ordres de départ du lendemain :
La première ligne en trophée Pirelli est finalement composée de Bertin, Tourne et Dumont.
En Superbike, Da Costa améliore son chrono pendant que Gimbert chute et reste sur ses temps du matin. Ces deux pilotes
sont rejoint par Philippe pour la grille.
Bulle reprend la tête en Supersport, suivi de Leblanc et Maurin.
Les plus jeunes bataillent et, en final, Danilo, Petit et Anne formeront la première ligne avec une 125cc et deux Moto
3.
En European Bikes, les deux Ducati du matin de Trolard et Pagani sont rejointes par la KTM de Loeul.
L'équipage Steinhausen/Cluze bloque à 141/1000 des tenants du titre Delannoy/Lavorel. La troisième place au départ
revient à Le Bail/Chaigneau.
Et voici quelques photos de ces essais qualificatifs :
Le dimanche est le jour des courses. Le ciel est uniformément bleu et le soleil ardent. Par contre la température reste
basse, alimentée par un vent frais. D'ailleurs, je n'ai pas quitté le blouson de la journée, mais nous avons pris de belles couleurs, même bien rouges pour certains !
Le speaker nous annonce une autre nouveauté. Cet après midi, les secondes manches seront corsées car les machines tourneront
dans le sens inverse. Je reste dubitatif quand aux difficultés techniques. Mais aussi, quels repaires ont les pilotes ? A cette question posée dans un team, il m'est répondu que des essais ont
été réalisés dans ce sens. Christian doit repartir en début d'après midi et regrette de ne pouvoir assister à ce spectacle.
Je l'appellerais dans la soirée pour lui expliquer ce qu'il na pas manqué...
Nous sommes le 1er avril et nous nous sommes fait royalement piéger ! ! !
Hormis pour les 125/Moto 3 et le trophée Pirelli, ces passes d'armes se déroulent en deux manches.
Les Supersport sont les premiers à s'élancer. Gregory Leblanc arrive en tête dans la Dunlop, mais le pilote de la Dark Dog
Academy, Louis Bulle, reprend le commandement dés le deuxième tour. La kawasaki du SRC reste au contact, apparemment sans difficultés. Au 12ème tour, Gregory repasse devant et fini en
tête, âprement suivi par Bulle dont les pneus se dégradent. Ce premier podium est complété par Valentin Debise qui a profité d'une touchette entre Masson et Maurin.
L'après midi, Leblanc réédite le hole-shot, mais Bulle le passe dans le premier tour et accentue régulièrement son avance. Le
métier semble canaliser la fougue du jeune Gregory. Il joue le championnat et ne prend pas de risques inconsidérés, comme ce pouvait être le cas il y a quelques années. Derrière, la lutte pour la
troisième marche est redoutable. Sept mercenaires sont en lutte constante : Masson, Maurin, Perret, Lagrive, Camus, Guittet et Debise. Ce dernier, parti en fond de grille à produit un effort
époustouflant. A la fin du premier passage, il est huitième. En final, c'est Masson qui ravi la troisième place, et les deux hommes de tête sont à égalité parfaite (45 points) pour l'inauguration
de ce championnat.
En Superbike, le SRC est à la fête. Julien Da Costa part en tête, fait rapidement le trou et accentue son avance
régulièrement. Cette envolée solitaire est particulièrement impressionnante, et sauf incident de course, sa victoire est inéluctable. Derrière, 5 pilotes bataillent fermement : Delhalle,
Dietrich, Muscat, Marchand et Philippe, alors que Gimbert pointe seulement en neuvième position. Ce pilote BMW semble avoir terminé son rodage au cinquième passage et pointe en seconde position
en 3 tours ! ! ! La troisième marche du podium revient à Philippe, après un mano à mano musclé avec Muscat.
En seconde manche, si Gimbert démarre fort, Da Costa entre en tête dans la Dunlop. Dans le premier tour, Philippe et sa
Suzuki passent la BMW, mais Gimbert se rebiffe en reprend sa seconde place. Comme ce matin, le pilote SRC caracole en tête en gérant parfaitement son avance. La kawasaki et la BMW étant parti
devant, cinq pilotes nous offrent le spectacle de la lutte pour le podium : Delhalle, Marchand, Muscat, Philippe et Dietrich. C'est ce dernier qui prend l'avantage, pour 154/1000 sur
Delhalle.
Da Costa a fermement marqué son empreinte pour ce cru 2012 en réalisant le week-end parfait, la pôle position et les deux
plus hautes marches.
En European Bike, la toute nouvelle Ducati Panigale de Nunnari prend le meilleur départ, pourtant huitième sur la grille. Au
second tour, une violente chute neutralise la course. Le safety car réalise trois rotations avant de libérer la meute à nouveau. Trolard est en tête et Pagani abandonne sur panne au neuvième
tour. Le podium est complété par Nunarri et Loeul.
Pour le second round, Trolard fait le meilleur départ et garde la tête jusqu'à la fin. Nunarri, en deuxième position ne
parvient pas à contenir la concurrence et sa Panigale est finalement passée par Ancelin et Pagani. Ce dernier prend la seconde place, laissant la troisième à Ancelin.
L'après midi débute avec le Trophée Pirelli et son show d'umbrella girls.
Bertin confirme sa pôle en prenant le commandement. Au second tour 4 pilotes chutent et cela nécessite l'intervention du
safety car. La course étant pourtant neutralisée, un nouvel accrochage évince 4 autres pilotes ! ! !
Bertin repart en tête, mais doit s'incliner face à la pression de son co-équipier Szalaï. Le "team4you" truste ainsi les deux
premières places. Quellet fait une très légère ombre à l'hégémonie Yamaha en plaçant sa Kawasaki en troisième position.
Ensuite, les 125/Moto 3 prennent le départ, loupé pour le pôle-man Jules Danilo qui reste deuxième derrière Anne. Ces deux
Moto 3 sont poursuivies par la 125 de Petit. Au 10ème tour, Danilo chute et les places restent stables,soit : Anne, Petit et Cresson.
Les deux demie-journées sont clôturées par les side car où deux catégories évoluent, les F1, 1000cc à châssis longs et les
F2, 600cc à châssis courts.
L'équipage Steinhausen/Cluze prend immédiatement la tête. Au cinquième tour Le Bail/Chaigneau doivent abandonner et
Delannoy/Lavorel reprennent le meilleur au tour suivant. Malheureusement, le singe, Lavorel chute et Steinhausen reprend la tête devant Barbier/Debroise et Bruazzi/Rigondeau. En F2 c'est un
festival puisque l'équipage Leblond/Quintre à pris un tour aux autres concurrents. Et les dames sont doublement à l'honneur puisque LA pilote est Estelle Leblond …
En fin d'après midi, pour clôturer cette magnifique journée, le couple Steinhausen/Cluze restent solitaires en tête. Le
Bail/Chaigneau prennent rapidement la deuxième place pour ne plus la lâcher. La troisième place revient à Delannoy/Lavorel qui est encore bien marqué de sa chute du matin.
En F2, le coup du matin est réédité par l'équipage Leblon/Quintre.
Pour le tour d'honneur, Chaigneau fait le spectacle. Poirier dans le panier, applaudissant … des deux pieds.
Quel plaisir de voir Gilles Stafler et Christian Bourgeois ainsi.
Immanquablement me vient une image de la saison dernière.
Gilles abattu, accoudé à une balustrade, perdu dans de sombres pensées.
Je n'avais pas osé aller le saluer. Mais heureusement les temps changent ! ! !
Ce superbe week-end, tant pour la météo que par les perspectives de cette nouvelle saison se termine. Plus de 10 000
spectateurs étaient présents. C'est aussi un bon augure. Pour clore ce chapitre, une ode au SRC qui semble avoir enfin vaincu ses problèmes de pneus :
Les verts en vers, et que s'entrechoquent les verres !
En ce magnifique printemps, Sur le Bugatti du Mans, Le damier salue les Kawa, Sous les feux furieux du dieu Râ.
Tel ce chaud Égyptien, Le SRC va bien,
Maman Leblanc fait son affaire, De la logistique et des verres. Et les sympathiques sponsors, Se disent qu'ils n'ont pas eu tort.
La fougue de Gregory Leblanc, Assure quelques superbes temps, Et Julien Da Costa en virtuose, Mérite bien sa place vu ce qu'il ose.
Dans le parc, à l'arrivée, L'euphorie est partagée, Christian et Gilles se félicitent, Pour ces beaux résultats qu'ils méritent.
Toute l'équipe est à la fête, Des rêves de victoires en tête. Après les désagréments passés, Le temps du succès est arrivé.
Un immense bravo à vous les verts, Pour cette pugnacité et ces gros cœurs. Tous mes copains "pères verts", S'extasient de bonheur.
Une pensée émue et particulière, A WF-Concept qui fabrique, entre autre, quelques pièces mécaniques, Parées pour une protection singulière. (*)
Longue vie au SRC, Car ceci n'est pas assez. Multipliez ces résultats, Et assurez le Nirvana.
(*)La structure WF-Concept fourni diverses pièces spécifiques dont les patins et roulettes de protection
(d'où le texte).
J'ai eu un grand plaisir à œuvrer pour cette dynamique entreprise bretonne de mécanique de précision.
P. S. Un double
remerciement à Joël Delneufcourt :
Le premier pour toutes ces photos.
Il ne profite pas vraiment du spectacle, l'œil vissé au viseur !
Le second pour l'occupation qu'il me procure. Plus de 2000 vues à
traiter ! ! !
Je n'aime pas me faire surprendre sur la route et j'essaye d'avoir, le plus souvent possible, une certaine marge de manœuvre pour parer à toute éventualité. Une longue expérience de la circulation associée à un passé actif en secours routier et para-médical et quelques évènements tragiques ont sûrement grandement participé à une attitude relativement mesurée dans la circulation.
D'ailleurs, Serge, entre autre, me chahute souvent en me surnommant "Monsieur Sécurité" ! ! !
Ceci ne m'empêche pourtant pas de me faire surprendre et de m'invectiver en me disant "là, mon p'tit gars t'as fait le c**" ...
UN EXEMPLE D'EVENEMENT VECU EN DIRECT EN 2006 :
à environ 40 km/h, par beau temps. Une somme de quelques détails improbables se cumulent et c'est deux motos au tapis ; Et un blessé aux 4 membres fracturés ...
N'importe quoi peut arriver sur la route, même le plus improbable. Je pourrais citer des dizaines de cas rencontrés, et je vais essayé de vous faire partager ma dernière expérience en ce domaine.
Hier, fin de mon retour du grand ouest en étapes (c'est une autre histoire que je vous conterais prochainement). Contournement de Poitiers sur voie rapide et je respecte la limitation de vitesse. L'environnement est parfait. Ciel bleu, fraicheur modérée, trafic fluide.
Je plonge dans une cuvette avec une longue courbe à droite. J'amorce le dépassement du camion qui est devant moi lorsqu'il fait clignoter ses feux stop, sans raison apparente puisque sa vitesse n'est pas démesurée et que la route remonte tout de suite après la courbe. Annonce de radar ? ? ?
À la hauteur de sa remorque, son clignotant se met en branle. Il ne va tout de même pas déboiter et m'envoyer dans la barrière ! Mon angle de vision est complètement bouché par la remorque et la courbe. Y a-t-il un véhicule mal garé ?
Soucieux de ne pas jouer au sandwich avec le mastodonte, j'ouvre les gaz en grand pour me sortir au plus vite d'une perspective peu réjouissante. La cabine est rapidement à ma hauteur et mon angle de vue s'élargit suffisamment pour découvrir un obstacle au milieu de ma voie ...
Et quel obstacle. Une espèce de parallélépipède brun d'environ 2 mètres de long sur 1 mètre de hauteur posé légèrement en oblique sur toute la largeur de la voie. La poignée de droite est vissée à fond, et je plonge à la corde entre les chicanes mobile (le camion) et fixe (ce qui me semble être un canapé) ! ! ! Je coupe les gaz pour retrouver une allure plus conventionnelle et remercie d'une main levée le camionneur qui, en fait, à tenté de me prévenir de ce danger. Un véhicule est déjà arrêté à la première borne d'appel et je continue ma route, toujours ensoleillée …
Cet incident me fait triplement enrager :
L'insouciance, ici un mauvais chargement, est malheureusement souvent rencontrée. Cela peut engendrer des catastrophes … aux premiers détriments des autres ! ! ! ;
Un jeune permis aurait probablement empoigné le frein et avait ainsi un fort potentiel à relever la moto et partir directement dans l'obstacle ou les rails … ;
Un radar à cet endroit, et j'avais droit à un retrait de permis. Une répression aveugle, bestiale et inappropriée dans un tel contexte (au moins à mon sens). Mais je préfère tout de même une vie sans permis qu'un super carton avec un permis … probablement devenu inutile ! ! ! (une forme de philosophie qui peut endiguer une fureur moins contenue).
Anticiper l'improbable est impossible, mais restons vigilants à tous les instants.
Nouveau flash-back. Octobre 2011, la finale Promosport sur le circuit Carole en région parisienne.
Je suis arrivé deux jours plus tôt chez mon frère dans les Yvelines afin de me plonger dans les préparatifs de cet épisode
décisif de la saison. Certains pilotes jouent le classement en haut de tableau et leur avenir pour la saison prochaine. Cela donne déjà une dimension certaine à l'évènement. En ce qui me
concerne, en plus de mes activités classiques, j'ai invité Jean-Paul Dautricourt à venir assurer la promotion de son livre "Tourne la poignée, Beaulieu", en phase cruciale de fin de
souscription. D'autre part, mon grand Max doit trainer son Papa sur ce circuit afin qu'ils vivent ensemble ces moments particuliers. Enfin, j'ai proposé une méga potée pour clore ce dernier
rendez-vous d'une petite troupe aussi joyeuse qu'attentive au bon déroulement de ces courses.
Samedi matin, départ de bonne heure pour retrouver, au pied des pistes (d'aviation) de Roissy, tout mon petit monde lâchement
abandonné la veille en fin d'après midi. Le temps est maussade, les chaussées humides et le fond de l'air assez frisquet, mais j'ai la chance d'avoir passé la nuit douillettement. De plus, je
peux voyager léger puisque mon frère assure l'assistance en véhiculant les gamelles et multiples boites du repas de ce soir ! Joël, mon fidèle et valeureux photographe m'accueille avec le café.
Une fois n'est pas coutume... Sur les autres circuits, c'était plutôt mon rôle, et il le buvait même parfois avant de se lever … vu ses difficultés à s'extraire du duvet ! ! !
Un hommage particulier à ces jeunes du team MC19 qui finalisent
une première saison mouvementée.
Ballottés entre joies et désillusions, victoires et galères,
ils vont au bout de ces "Promo-Découvertes" :
Les qualifications démarrent dans cette atmosphère particulière de froid et d'humidité, sur une piste difficile. En effet,
cette bruine mêlée aux poussières et résidus de kérosène rendent le "grip" précaire. J'observe les différents pilotes que j'essaye d'accompagner depuis le début de la saison. Les premiers à
s'élancer, en promo-découverte, sont les vaillants du MC Meymacois, Auré et Greg. Inquiets pour le matériel et les coûts d'une éventuelle chute, ils ne sont pas aidés dans leur solitude. Ce
matin, personne pour les assister et les supporter (dans le sens accompagner, et non endurer car là, c'est plus éprouvant !).
Auré et Greg,
les deux vaillants et fidèles représentants
du team MC19 à l'aube de ces dernières courses de la saison.
Mathieu et son père Bernard qui semble faire la gueule, comme à son habitude ! ! ! (C'est une boutade entre nous, en fait c'est un joyeux luron qui ne dépare pas dans la
bande).
Entre deux séances, je file à l'entrée pour récupérer mon frère avec Maxime ou certains visiteurs devant récupérer leurs
sésames. Le gardien est tout aussi intransigeant que conciliant. Autant il refuse toute entrée sans billets ou pass, autant il nous fait confiance et m'évite de nombreux allers retours ou
favorise les approvisionnements du team MC 19. Un grand merci à lui pour sa rigueur non dénuée de gentillesse … et de bonne humeur.
Maxime est tout content de retrouver l'équipe de Charles, qu'il a découverte en début d'année lors du Bol d'Or. Mais je pense
qu'il est aussi fier d'amener son Papa dans un univers qu'il connait maintenant beaucoup mieux, à force de m'accompagner sur les circuits.
Pile et face, le fils Max et son père Laurent au spectacle, pas réchauffés.
La pré-grille des qualifications des 1000 est clownesque. Charles Geers (#59) se la joue "nostalgie" avec un look années
60/70. Certaines réactions nous font sourire, particulièrement lorsque nous entendons des propos inquiets quant à la possibilité de prendre le départ dans une telle tenue ! En fait, cette
désinvolture n'est qu'apparente car il joue sa place de second et les craintes sont grandes face aux réglages des amortisseurs. La procédure de départ est retardée suite à un chute qui nécessite
l'intervention d'un hélicoptère. Pas bon pour le stress des suivants ! ! !
Le jeune Charles Geers à l'ancienne ... et, à droite, Joël l'un des artisans de ce gag qui fait mine de
ne rien voir ...
Une vision dont nous nous passerions bien et
qui accroit la pression sur les pilotes.
En 600, c'est la grosse tuile pour Mathieu (#74). bien qu'arrivé tôt en pré-grille, il accède à la piste après le passage de
la voiture de sécurité. Bilan, un départ en fin de peloton alors qu'il était qualifié en 5èmeposition. Sa belle remontée ne suffira pas et il n'accédera pas à la finale, mais à la consolante.
J'en profite pour faire plus ample connaissance avec Philippe dit Fifi, un commissaire de piste déjà rapidement rencontré
auparavant. Ce week-end, il n'officie pas au bord de la piste, mais est venu pour donner un coup de main à Gégé sur la bécane de Charles. Quelques bonnes crises de rire nous démontrent que nous
sommes rapidement au diapason ! ! !
Tout l'après midi les courses se poursuivent.
Plutôt qu'un long discours, je vous propose 44 photos de ces différentes séries
:
En fin de journée, il est temps de mettre en place la logistique pour le diner. Les moyens de cuisson des trois familles de
pilotes (Charly en 125 #38 ; Mathieu en 600 #74 et Charles en 1000 #59) sont réquisitionnés pour réchauffer choux, légumes et viandes. Le barnum de Pascal , père de Charly est débarrassé pour y
installer tables et chaises. Nous invitons aussi Auré et Greg, esseulés et perdus au fond d'un parking. Après avoir suivi ces jeunes du team MC19 toute la saison, nous n'allions pas les laisser
se morfondre ainsi !
Le temps est frais et humide, mais l'apéritif aide bien à réchauffer l'atmosphère de la trentaine de personnes qui se
retrouve pour ces agapes. Je ne pensais pas que cette potée puisse être autant d'actualité avec cette météo ...
Pour terminer ce repas, Maxime nous a réservé une surprise. Il a confectionné des gâteaux qui semblent bien appréciés par la
petit troupe. J'en entends d'ailleurs parler un an plus tard ! Pour lui, la soirée s'achève là car la fatigue s'accumule d'autant plus qu'il lui est impossible de suivre nos discussions
endiablées, et il part se coucher la bouille largement fendue d'un magnifique sourire généré par les remerciements qui lui sont prodigués. Il commence à prendre la mesure du partage, de l'impact
de ses propres attitudes sur les réactions des autres ...
36 photos d'ambiance de cette soirée, dans le paddock ou en grille
:
Le lendemain matin, comme d'habitude je suis le premier levé. Heureusement Pascal me suit de près et nous prenons le café
ensemble. L'occasion de faire plus ample connaissance. Si nous nous côtoyons depuis le début de la saison, nos échanges au sein du groupe sont plus des boutades ou galéjades qu'une discussion de
fond où nous échangeons des points de vue dans divers domaines.
Et puis, tout doucement dans la fraicheur matinale, le paddock se réveille. Les dernières vérifications sur les machines, les
préparatifs des pilotes, les attentes en pré-grille, la tension en bord de piste à surveiller le bon déroulement de ces passes d'armes, la journée de courses prend son rythme.
Jean-Paul nous rejoint dans cet univers. Il découvre de nouvelles têtes, retrouve des potes et assure la promotion de son
livre à paraître dans les prochains jours. Il a même l'occasion d'en débattre rapidement avec un des héros de nos jeunes années, Christian Bourgeois (Boubou). Il est le grand manitou de la
compétition chez Kawasaki, et le commandant Beaulieu utilise une machine légèrement améliorée de ce constructeur ...
Fifi est dans une forme éblouissante. Malheureusement pour nous, il rencontre un autre déchainé, Jean-Paul, et ces deux là
mettent à rude épreuve nos abdominaux. Les délires démarrent dans le paddock et se terminent en bord de piste, sous les rires des commissaires et spectateurs. Du grand spectacle !
Fifi et Loulou, euh pardon,
Philippe et Jean-Paul en plein délire
en bord de piste.
Charles tout sourire entre ses deux égéries, Laurence et sa fille qui animent joyeusement cette dernière
grille de départ de la saison.
Le divertissement est aussi en en pré-grille lorsque Laurence (mère de Mathieu #74 et épouse de Bernard) décide de faire son
show. La voici qui se pavane au milieu des pilotes en tenue de "cop", maniant le bâton et agitant ses menottes. A se demander si des fantasmes ne surgissent pas dans certaines têtes alentour
…
37 vues des courses du dimanche :
et détails d'une chute en 125 en 14 images :
Un grand merci à Joël Delneufcourt, auteur de la majorité de
ces photos. Si j'en ai réalisé quelques unes, c'est souvent avec son
second boitier !
En fin de journée, il faut démonter, pour la dernière fois de la saison puis se dire au revoir. Mon frère et Max sont déjà
repartis en milieu d'après midi, vaincus par la fatigue et la météo exécrable. Je les rejoins en début de soirée pour une douillette nuit revigorante, avant de repartir vers la Bretagne.
Quelle belle saison nous avons vécu, même si pour Charles la fin est difficile. Une succession de moments forts, de
rencontres, de crises de rires ou de tension. Une magnifique aventure humaine faite de partage, d'entraide, de difficultés, de bonne humeur.
Jeudi 29 septembre 2011 au petit matin, Div'4 est prête à partir sous le soleil matinal de Bretagne, mais la chaleur n'est
pas encore au rendez-vous. Bon, je ne vais pas me plaindre, il ne pleut pas … (oui, je sais Pascal, en Bretagne il ne pleut que sur les c***. T'es mouillé toi ?). Par contre, je vais avoir la
lumière face à moi les premières heures. Enfin, on ne peux pas gagner partout.
La Diversion prête à quitter cet environnement bucolique
pour récupérer le grand Max et partir vers de nouvelles aventures.
Je me rends dans les Yvelines pour récupérer mon grand neveu Maxime. Il mérite des récompenses pour tous les efforts qu'il
produit mais surtout, il a besoin de se confronter au monde extérieur à son handicap, à apprendre à vivre avec les autres. L'environnement de la moto est propice à ce type de démarche, et
particulièrement avec les amis qui partagent les mêmes visions de la vie. Ils l'intègrent avec chaleur mais sans pitié !
Jeudi soir, essais des tenues, chargement de la moto et nous pouvons partir de (relativement) bonne heure ce vendredi. Nous
avons rendez-vous à Bourges pour déjeuner avec les copains, mais le Max a du mal à tenir en selle plus de ¾ d'heure sans se mettre à gigoter. Nous avons donc le temps de rouler tranquillement et
de nous arrêter régulièrement.
Pour une fois, nous ne sommes pas les premiers arrivés au relais motard de la FFMC 18. Christian, arrivant de la région
Nantaise nous a précédé et Max peut faire connaissance avec cette nouvelle recrue … pour lui. Mes lecteurs assidus ont déjà croisé,entre autre au Mans ou aux Millevaches, cet énergumène rencontré
aux "Pinguinos" (concentration hivernale espagnole).
Max le bienheureux n'arrive pas à distraire l'impassible Christian plongé dans sa lecture.
L'équipe de la FFMC 18 en pleine mise en place pour assurer un service autant efficace que
convivial.
Les trois Kawa à l'arrivée.
Pascal (ZX12R noir),
Fred (ZX7R vert) et DéDé l'Enjoué (DDE pour sa Versys orange).
Notez qu'un gendarme se cache parmi eux et que Dédé camoufle soigneusement le panneau de stationnement interdit ! ! !
Rapidement, trois autres compères nous rejoignent. Dédé et Fred en provenance de la vallée du Rhône ont retrouvé Pascal
arrivant de Bretagne au péage. Nous allons enfin pouvoir manger dans la chaleureuse ambiance du "Relais Calmos". La fine équipe animée par Joël œuvre avec brio au confort et à la détente de tous
ces motards en migration. Outre une restauration simple mais de qualité, ils assurent la menue mécanique des bêtes mais aussi des hommes avec un lieu de repos et de massages. Le tout dans les
rires, la bonne humeur et le plaisir de se retrouver. Des moments savoureux et uniques, surtout pour Max qui est reconnu, gentiment chahuté, mais aussi cajolé … Si son handicap est parfois une
barrière, ici il n'existe plus, et il est un motard, comme chacun de nous !
Au campement nous retrouvons Lionel. Cela fait quelques années que je n'ai pas revu ce compagnon de route Montilien.
L'occasion de nous souvenir de quelques épisodes épiques comme deux retours de Magny-Cours.
Le premier, avec Bruno, notre mécano Yamaha de Montélimar. Le petit jeune Lionel, accablé de fatigue nous fait un magnifique
"tout droit" avec sa R1. Ce n'est pas la moto la plus facile pour terminer, acrobatiquement mais sans chute, dans un chemin cahoteux au sol mouvant ! ! !
Le second : une envolée endiablée des sportives que je n'arrive pas à suivre, en duo avec la Diversion rouge. Et un passage
devant un groupe de gendarmes en installation à des vitesses totalement inavouables. Une frayeur rétrospective et une bonne crise de rigolade au premier arrêt café … c'est passé, c'était beau
!
De gauche à droite, Lionel, le dos de Dédé, Max confortablement posé,
e dos de Christian, Pascal et un léger profil de Fred !
Les essais et les courses s'enchainent et nous déambulons autour de la piste, dans le village et dans le campement en
fonction des animations et des envies de chacun. Max profite d'une de nos pauses pour utiliser l'appareil du "Tonton Barjot" et nous tirer quelques portraits ! Les empoignades des pilotes sont
dantesques et nous profitons du spectacle sous un soleil resplendissant.
Les deux extrèmes en ages admirent les motos dans l'épingle d'Adélaïde.
Deux couples, Pascal et Dédé d'un côté et Max et Fred de l'autre faces à l'enchainement d'Imola.
J'arrive à me faire prêter deux pass et peux ainsi emmener Max visiter le paddock. L'occasion d'enfourcher les machines qu'il
voit virevolter sur la piste, d'être impressionné par les stocks de pneus, de rencontrer quelques figures de notre monde, de récupérer photos et posters dédicacés ou d'observer l'activité en
Pit-Lane à partir du balcon, ou mieux, d'une loge où nous sommes agréablement accueillis. Autant d'occasion pour lui de vérifier que les entendants peuvent le considérer positivement dans la
mesure où il sait tenir sa place, assumer sa condition tout simplement.
La vie au campement est traditionnelle. Chahuts, rigolades, dégustations de mets, solides et liquides (avec plus ou moins de
modération suivant les personnes et les moments, car chacun repartira sobre et clair !). Max n'est pas le dernier à taquiner et il sait maintenant s'arrêter au bon moment. Quel plaisir de le voir
évoluer ainsi, prendre sa place sans empiéter outrageusement dans l'univers des ses comparses. Si chacun essaye de faire attention à sa diction, à expliquer plus longuement un fait ou une
histoire, aucun n'accepte des divergences malencontreuses. De l'attention mais pas de pitié. Et Max commence à bien intégrer ces règles tacites de notre vie en groupe où chacun doit exister sans
qu'aucun ne se sente agressé (et pourtant, vu de l'extérieur, certaines de nos invectives doivent sembler brutales).
Au dessus des stands, face à la ligne droite ou
sur l'Aprilia championne du monde de Max Biaggi,
mon Max profite ! ! !
Traditionnellement, le retour s'effectue par Bourges avec les copains de l'ouest. Dernière pause commune au relais de la FFMC
18 et chacun reprend sa route. En ce qui nous concerne, c'est l'autoroute pour rentrer au plus tôt. Il faut penser au lendemain. Max reprend l'école et je dois retourner finir mes missions
Bretonnes. Une bonne nuit d'un repos réparateur n'est pas un luxe après un week-end fantastique mais harassant.
Plus d'un an déjà que j'ai commencé ce passage. Il est temps de le finir …
Le départ du Mans lors du Promosport ( Cf. "Promosport Le Mans, c'est dément" ) ce 24 juillet 2011 est mené tambour battant, et je n'attends pas le
retour au stand du vainqueur parti au contrôle technique. En effet, il me faut être le lendemain à Metz ! Le trajet vers les Yvelines, ma halte pour la nuit, est sans soucis. Néanmoins, un petit
gag se produit sur l'autoroute. Je remonte tranquillement les véhicules les moins rapides lorsque j'arrive en vue d'un fourgon aux couleurs du "canoë-kayak de Bretagne". Je réduis ma vitesse et
tente de voir si certaines connaissances y sont présentes. C'est sûr, ils vont à Metz pour les championnats de France. Au niveau du chauffeur à la mine étonnée, je fais le pitre et reprends mon
allure en les saluant.
Fin de soirée chez mon frère où je peux suivre le grand prix des États-Unis à la télévision. Je devais être en manque de moto
! ! !
Lundi matin, quelques échanges savoureux avec ma nièce Manon et c'est repartit vers l'est, dés que le soleil est bien
installé afin de réduire les frimas matinaux. Nous avons beau être en été, mais ces derniers temps il m'arrive d'avoir plus froid que lors de mes périples hivernaux. Je ne vais tout de même pas
ressortir en juillet les doublures thermiques et autres accessoires destinés à contrer ces effets ! ! !
Une escapade rapide au Luxembourg pour quelques achats afin d'alimenter mes "touristes" en goguette, et je me dirige vers le
lieux de campement de mes jeunes Bretons, au sud de Metz. Le moteur n'est pas encore coupé qu'une nuée de kayakistes m'encercle et me salue joyeusement. Mon égo en est tout chamboulé …
Le casque n'est pas encore retiré, que Mathieu, le fils de mon pote Pascal m'interpelle :
"Eh Pat, tu n'étais pas sur l'autoroute entre Rennes et Paris hier soir ?"
"Pourquoi cette question ?" "Parce que les gars du club de Saint Brieuc nous ont raconté qu'un motard avait fait le zouave en les doublant, et Guénaël a
dit qu'il était sûr que c'était le copain de Pascal"
Gagné. Ma réputation semble bien établie …et pas seulement dans le microcosme motard.
Une petite heure passée avec ces jeunes athlètes à deviser joyeusement et échanger nos dernières histoires drôles. Les
jouvenceaux assurent sur le sujet et m'abreuvent de nouveautés parfois bien salaces. La relève est assurée ! ! ! Ensuite, retour en ville pour retrouver Brigitte et Serge et prendre mes quartiers
chez eux.
Mardi, nous attendons l'appel de Pascal. Il est parti de Bretagne hier soir et devait arriver ce matin. Nous retrouvons tout
ce petit monde en début d'après midi sur le bassin de slalom qui se trouve à 10 minutes à pied de chez Serge et admirons ces artistes de la glisse virevoltant sur l'eau et prendre la mesure du
défi à venir. Le soir, repas sympa chez Brigitte et Serge avec les Bretons.
Mathieu et William en pleine action dans ce slalom Messin,
Le lendemain, Serge et moi reprenons nos vieilles et saines habitudes d'assistance en tout genre. Pascal a eu la
malencontreuse idée de manœuvrer son camping-car juste à l'endroit ou trainait un arbre. Bilan, le coffre à pagaies et le pare-choc explosés, un bloc feu et l'échelle en vrac … et des parents
inquiets à l'aube d'un long périple dans les pays de l'est.
En patrouille (une spécialité impressionnante exigeant homogénéité et coordination des trois athlètes),
ou à l'étude sur le bord du bassin,
les deux frangins sont complices !
Une incartade sur le net nous permet de dénicher un nouveau coffre, tout proche et dans le budget annoncé. Récupération du
matériel, d'outils et de matériaux divers et nous voici à pied d'œuvre. Enfin, lorsque je dis "nous", c'est surtout Serge et Pascal pendant que je devise joyeusement avec Karine, l'épouse de
Pascal et Jean-Yves, un cadre technique (ex-champion du monde tout de même) déjà rencontré à maintes reprises. Un homme savoureux que j'admire pour son investissement envers ces jeunes et sa
passion.
Les deux potes âgés, Serge et moi, se transforment ensuite en nounous. Pour Rachel, la petite dernière de Karine et Pascal
les journées sont longues et les parents sont bien occupés à suivre les deux ainés participants à ces championnats de France de slalom N2. Pas facile à gérer tout ça. Nous prenons donc la petite
en charge et la promenons à Metz Plage (jeux divers et piscine) ainsi qu'en ville pour quelques emplettes. Cette solution semble convenir à chacun, et surtout à la "gamine" qui a déjà une
tendance taquine certaine ! Bon sang ne saurait mentir.
La coquine s'en donne à cœur joie dans cet environnement ludique.
Il est vrai que, contrairement à son environnement proche,
nous ne sommes pas des "Pères Verts".
Nous roulons en Suzuki et Yamaha ! ! !
Le dernier jour, j'assiste aux passages des deux garçons, harnaché de ma tenue de moto car je dois rejoindre rapidement
Paris. Ce n'est pas le plus confortable pour suivre les bateaux sur ce bassin enfin bien ensoleillé. Div'4 est enfourchée aussitôt après ces deux traversées et je découvre les résultats en route,
sur ma messagerie. L'ainé, William à assuré sa montée en N1 et le second, Mathieu conforte sa place en N2. Beau score les jeunes ! ! !
La fine équipe du CC Lié. Un
plaisir de les retrouver régulièrement. Le coach à l'amende, il est moins attentif pour la photo qu'au bord de l'eau ! ! !
Depuis, ces deux là n'ont pas chômés. Ils ont enchainés sur un périple des bassins de l'Europe de l'est et se sont confrontés
au gratin européen de la spécialité, accumulant expérience et progrès.
En septembre, retour aux études … et aux multiples déplacements sur les sites de kayak hexagonaux pour les entrainements et
compétitions.
Et les résultats sont édifiants. William consolide sa présence en N1 en affermissant sa position dans l'élite française où le
rejoint Mathieu à la mi 2012. Ce dernier est d'ailleurs sélectionné en équipe de France et s'envole vers les États-Unis pour les mondiaux juniors en juillet. Les efforts et l'abnégation payent un
juste retour ! Mais où s'arrêteront-ils ?
Ce n'est pas "Tintin en Amérique",
mais un petit Français, Mathieu, attentif sur l'eau de Wausau,
entre Minnéapolis et les grands lacs du nord des Etats-Unis. (Photo Jean-Yves Prigent)
Quant aux parents, ils continuent aussi leur course effrénée … aux sponsors. Outre les coûts de matériels et de déplacements,
ils doivent même participer aux frais de la migration vers le Wisconsin. La F. F. C. K. (Fédération Française de Canoë Kayak) doit être un parent pauvre du sport en France et il faut souhaiter
que la récente (mais pas nouvelle) médaille d'un Tony Estanguet favorise un tant soit peu le fabuleux vivier de jeunes que je côtoie dans ces compétitions.
Outre les perspectives de fierté nationale apportées par de futures médailles (cocorico !), ce type d'environnement est une
réponse probante au malaise grandissant des jeunes. Ils apprennent et cultivent le don de soi, le goût de l'effort, la vie communautaire. Leurs passions sont suffisamment prenantes pour juguler
les dérives engendrées par l'oisiveté ou la hantise de l'avenir ...
Merci à vous pour tous les témoignages adressés ces derniers mois. Un mail, une carte, une lettre, une visite, un coup de fil
(ou plus souvent un message avec toutes les galères de l'opérateur SFR ces trois derniers mois …). Cela m'a vraiment fait plaisir et favorisé ces moments difficiles.
Comme l'escargot, je rentre dans ma coquille lorsque les temps sont durs et que les ennuis s'empilent. C'est la raison de ma
grande absence de ces derniers mois, de ma disparition du net et, … de ma Diversion qui a pris une bonne couche de poussière ! ! !
Début Août, mon neveu Maxime est venu accompagner le tonton Barjot dans son programme de remise en forme. Les randonnées
pédestres sont nettement plus agréables et motivantes à deux ! ! ! C'est d'ailleurs une rééducation bijective puisqu'il vient aussi se confronter au vieux c** qui tente de l'aider à mieux
s'insérer dans la vie. Adolescent et sourd, c'est un amalgame lourd à gérer pour lui … et son entourage.
Pour lui procurer un de ses grands plaisirs, j'essaye de ressortir la moto. Les premiers tours de roues ne sont pas
convaincants. Je ne suis vraiment pas en confiance. Ses parents lui ont d'ailleurs bien expliqué que ce sera un séjour sans moto et il est tout de même venu. Il doit être masochiste de venir se
frotter à l'un de ses proches les plus durs. Si nous rigolons et chahutons souvent, je ne lui laisse pas passer grand chose et nous avons aussi des échanges parfois musclés. "pôv pépère" comme
dit son père lorsque je lui relate certains de ces forts moments …
Enfin, je me sens suffisamment à l'aise sur la bécane lors de son séjour pour lui proposer une petite balade en moto. Quel
plaisir de voir sa joie. Pas question de grande virée. Un petit tour de lac avec de multiples arrêts aux différents points de vue. Bonne remise en condition. Des routes étroites et viroleuses
parsemées de gravillons. Train de sénateur et reprise progressive de confiance.
Équipé de pied en cape le "gamin",
et fier de jouer les
motards. Je me voyais déjà ....
Dans la
quiétude
du site de
Port Dieu,
la Div profite
de cette sortie inespérée.
Dans ce contexte, un appel téléphonique de Pascal. Il se propose de me rendre visite. A l'annonce de la présence de Max et de
ces premiers tours de roues il me confirme qu'il vient avec le side car. En voilà une superbe surprise pour un neveu qui, sur chaque circuit, bave de monter en side et ne peux pas car ces
machines sont à chaque fois trop chargées.
Nous nous préparons à partir à sa rencontre lorsqu'il m'appelle, embêté. Il est pris dans le trafic intense de ce premier
week-end d'août et me demande un guidage de détournement. Je lui fourni une option pour rejoindre l'A20 par des routes de traverses, et une seconde option par la Creuse si l'A20 est trop chargée.
Il doit me rappeler en fonction de ses choix et nous suspendons notre départ.
Nouvel appel pour signaler que l'option Creuse est retenue et je lui annonce que nous partons à sa rencontre. Je le sens
fuyant et il me demande d'attendre. Je ne comprend pas et il m'annonce qu'une autre personne doit nous rejoindre. Comme je deviens pressant il fini par lâcher que Dédé est déjà sur Bort ! Les
cochons, ils m'ont bien piégés !
J'annonce à Max qui est de nouveau prêt à partir que nous devons attendre de nouveau. Comme je voulais lui laisser la
surprise de la venue de Pascal, il n'est au courant de rien et ne comprend vraiment pas ce qui se passe. Je laisse un message à Dédé et nous attendons. 10 minutes plus tard, Dédé appelle,
sibyllin : "Tu as cherché à me joindre ?". S'ensuit un dialogue de sourds (c'est d'actualité avec la présence de Maxime) et je lui annonce que Pascal a dû vendre la mèche et que je suis au
courant de sa présence à Bort. Perdu, me répond il, Je suis déjà à Meymac ! Et je peux lui rétorquer : Perdu aussi, il arrive par Ussel.
Nous partons le retrouver à Meymac, avant de reprendre la route à la rencontre de Pascal. La suite du séjour en quelques
images :
Retrouvailles à Meymac
"chez Arlette", siège du Moto-Club avec DDE (Autant pour la couleur de la moto que comme diminutif de DéDé
l'Enjoué)
Pause casse-croute entre Ussel et Laqueuille avec le Breton retrouvé et la dernière surprise pour Max
qui peut, enfin, se balader en side … Merci qui ?
Pause café pour faire descendre le pique nique.
Quelques gouttes d'eau et Dédé s'arrête pour améliorer sa tenue de sudiste qui risque de devenir très
froide avec l'humidité.
En fait, en changeant notre itinéraire initialement prévu, nous évitons les averses.
Devant la terrasse du Marmontel, à Bort, nous sommes prêt pour le retour à la maison !
On ne change pas
une équipe qui gagne :
Un neveu
jardinier, Un tonton en cuisine, Et voilà
le résultat ! ! !
Mais Dédé, non prévu, n'est pas à la fête. Le menu n'est pas dans ses préférés et je n'ai pas pu
anticiper son "colonel" (sorbet citron et vodka) ou son quatre quart du matin ! ! !
Avant le départ effectif, passage au supermarché pour vérifier les pression de pneus.
Et zoom sur la star, tout heureux de repartir pour un périple dans le panier du
side.Dans notre jargon,
nous appelons ce passager le singe ... Ça lui va bien à Max ! ! !
A Meymac, Max à toutes les peines du monde à s'extraire du panier.
Le mot de la fin revient à Pascal :
"Mais il est souple comme
un cul de lampe celui-là"
Le Breton continue vers l'ouest alors que nous rentrons à Bort. Après une bonne truffade, nous repartons avec Dédé jusqu'à
Murat puis le laissons continuer seul vers l'Ardèche. Voulant faire un détour par le Puy Mary, je me dirige vers le col de Serre, mais j'abandonne vite cet itinéraire devant le mur gris et les
nuées qui nous attendent.
Nous reprenons la route de l'aller, mais la plongée (c'est bientôt d'actualité) du col d'Entremont nous offre une vision
dantesque. Un mur d'eau uniforme, sans possibilité d'échappatoire. Le baptême du "petit" est royal, nous sommes complètement détrempés en quelques secondes vu la violence et la puissance du
déluge.
Au niveau conduite, c'est un drôle de gymkhana. J'ai beau être assez timide, les voitures sont quasiment à l'arrêt et je dois
en doubler une bonne trentaine avant d'arriver à Riom-ès-Montagne où le déluge commence à se calmer. Le temps de s'égoutter et nous arrivons à Bort sous les premières gouttes d'un second passage
orageux … que nous vivons à l'abri ! ! !
Merci bien à vous trois de venir me divertir. Un neveu qui me donne un peu d'occupation et deux copains un peu furieux qui
m'aide à dérouiller les bielles de la Div, le tout au milieu de grands rires, c'est le top.
Maxime part à son tour pour de nouveaux voyages en me laissant une somptueuse surprise (mais cela restera un secret ! !
!).
La moto reste au garage tout le mois d'août, mais à la fin du mois, Pascal me demande si je peux l'héberger. Il doit se
rendre en Haute Savoie pour récupérer la moto de son fils et la remonter en Bretagne. Initialement, il pensait faire ce périple en fourgon, mais devant les conditions de circulation et les
contraintes de temps, entre autres, décision est prise de partir en moto, William en passager pour l'aller ! ! !
Heureusement que ce "gamin" (je l'ai trainé sur ses premiers tours de circuit à l'age de 12 ans) a une excellente forme
physique (mes plus fidèles lecteurs le connaissent comme un kayakiste évoluant en N1) car la Kawasaki ZX12R n'est pas vraiment conçue pour un duo prolongé !
Enfin, il peut reprendre sa bécane (Kawasaki ZR7) en début d'après midi et rallier l'Auvergne entre les averses et les
bouchons. Heureusement tout ce ci se résorbe après Saint-Étienne et je les retrouve à Clermont-Ferrand un tantinet fatigués. J'ouvre la route et les premières grandes courbes sont avalées avec
entrain. Les deux Kawa filent le train de la Yam', mais rapidement le rythme s'adoucit. Les rafales d'un vent violent viennent s'ajouter à la fatigue et au manque de protection de la "petite"
kawa, et je m'adapte à ce ralentissement tout relatif.
Nous arrivons à Bort à la tombée de la nuit, bien refroidi et pouvons attaquer l'apéritif pendant que mon plat spécial
sportif réchauffe : des lasagnes au saumon. C'est aussi l'occasion de piéger Dédé au téléphone. C'est mon appareil, mais c'est William qui lui parle. Peu compréhensible au départ … Patrice ne
peut pas être en Bretagne, mais William à Bort est aussi improbable ! ! !
Finalement le plat est chaud et William sort d'une léthargie grandissante. Son entrain a attaquer les étages de poisson et
légumes accompagne parfaitement ses commentaires élogieux. Un plaisir que de le nourrir ce p'tit gars là ! Le riz au lait à peine terminé, il monte d'un étage pour aller se coucher. Son père et
moi ne tardons pas trop à le suivre car ils doivent repartir le lendemain matin afin d'être arrivés en fin d'après midi.
Il est convenu que je fasse un brin de route avec eux jusqu'au sacro-saint café de Meymac. La température est assez basse. Je
remet la doublure thermique du pantalon et propose des sous gants en soie à William. Il décline l'offre mais enfile tout de même sa tenue de pluie.
Le père et le fils,
motards au long cours ! ! !
Opération réchauffage des gants sur les cylindres. Les vieux éduquent le jeune !
Parés au départ, les deux piqués Kawa n'assument pas jusqu'au bout.
Le vert traditionnel de cette marque est bien absent.
Ils arriveront dans les temps après une pause chez un copain Nantais bien connu aussi ici, Christian.
Chapeau, ou plutôt casque bas William. Peu de motards peuvent se targuer d'un tel périple (ton père était amer de n'avoir pas
fait les quelques dizaines de kilomètres supplémentaires pour boucler les 2000 …). Bien qu'ayant déjà un peu d'expérience en 125 entre 16 et 18 ans, il faut signaler que ton permis gros cube a
tout juste deux mois !
Et encore merci à vous tous pour votre présence, physique ou à distance, à mes côtés.
Et particulièrement à ces 3 furieux que sont Dédé, Pascal et William. Vous avez bien favorisés des retrouvailles rapides avec
des sensations oubliées depuis quelques mois.