Descente du Lioran vers Aurillac. Le tunnel est fermé et tous les véhicules passent par le col. Depuis quelques virages, je suis
calmement un camion citerne.
En arrivant sur la N122, le poids lourd marque un arrêt prononcé qui m'étonne. Un regard sur la droite me fournit une
information. Une voiture en provenance d'Aurillac arrive à une vitesse démesurée compte tenu de l'environnement. Elle disparaît un instant de mon champ de vision, masquée par le camion, puis je
la revois sur la gauche toujours à la même allure.
"Ce n'est pas possible, je rêve, elle ne peut pas tourner."
A l'instant où cette pensée me traverse l'esprit, la barrière est percutée avec violence. Elle doit être montée sur caoutchouc
puisqu'elle reprend sa place avec des oscillations frénétiques. La voiture s'estompe un instant dans le nuage gris bleu des pneus martyrisés par un freinage violent et finit par s'immobiliser à
peu près en ligne …
Le chauffeur (ou plutôt le chauffard) a dû avoir un réveil brutal ! ! !
Intérieurement, je souris en pensant à sa réaction, mais à la réflexion, la rage monte.
Si, à la place de la barrière, s'était trouvé un piéton, un cycliste, un autre véhicule ou un motard, même affublé de tous les
accessoires de visibilité que nous promettent nos politiques, que se serait-il passé ?
Un carnage …
En repartant, je surveille dans mon rétro l'état de la signalisation, et cela devient encore plus édifiant : outre le puissant
feu rouge clignotant au niveau de la barrière, au moins trois signaux lumineux (limitation de vitesse clignotant, imposant panneau à message variable annonçant la fermeture...) se déploient sur
plusieurs centaines de mètres, et le soleil ne gène pas la visibilité ! ! !
Et je pense à cette lancinante réponse lue trop souvent ces dernières semaines, à la suite d'accidents dramatiques : "je suis
désolé, je n'avais pas vu le motard (ou tout autre usager d'ailleurs) ! ! ! "
Que de drames évités avec un peu plus d'attention …
Après l'épisode Vosgien, il me faut rentrer rapidement à Bort et la météo ne m'aide pas dans mes choix de jours
puisque c'est "flotte et basses températures tous les jours". Je pars donc de Metz avec la tenue pluie que je quitte à Langres … pour la remettre à Beaune jusqu'au bout ! ! ! Déluges à
répétition, vents forts et chaleur très modérée. Nous ne sommes pas loin d'un cocktail de préparation aux hivernales …
Je profite de mon court séjour en Corrèze pour accueillir Dédé-07 … en voiture. Il se rend en Bretagne avec
Annie et ils me font l'honneur d'une étape à la maison. Bien agréable ! Nous repartons ensemble le vendredi matin. Le temps est incertain, mais je positive et insère ma tenue de pluie dans les
valises. Au moment de charger, un doute, il se met à crachiner. Je reste toutefois de bonne humeur ce qui se révèle judicieux puisque nous partons sur des routes mouillées mais sans les éphémères
précipitations déjà stoppées.
Nous enroulons les trente premiers kilomètres quand une violente averse nous surprend. Le temps de me trouver un
parking et je suis détrempé. J'enfile tout de même la tenue étanche, au moins pour contrôler le froid, sous l'œil goguenard de mes suiveurs ! Au passage de Meymac, un thermomètre annonce 10° et
je commence à redouter le plateau de Millevaches. Je ne suis pas équipé pour la neige. Une cinquantaine de kilomètres tendus, frigorifié, à espérer que Eymoutiers sera bien un seuil climatique.
Espoir confirmé puisque nous arrivons à Feytiat sur route sèche et sous un soleil voilé mais vivifiant. Après le café et le plein des véhicules, nos routes se séparent et je monte vers le nord,
tenue pluie rangée. Mon équipement sèche d'autant plus rapidement que les températures remontent.
A l'approche de Châteauroux les volutes noires me poussent à un nouvel arrêt pour enfiler préventivement la
tenue de pluie, maintenant que je suis bien sec ! Je traverse quelques gentilles averses courtes et modérées et arrive sur Le Mans sans encombres. J'emprunte le circuit routier pour rejoindre
l'entrée principale et y retirer mon accréditation. Mulsanne, Arnage, des noms évocateurs et un environnement propre à me pousser à la faute ... mais une fougue domptée par la crainte d'un
contrôle de vitesse ! Perdu, le sésame est disponible à l'entrée sud !
Les essais libres de la sixième étape des coupes Promosport ont débuté dès le jeudi sur le circuit Bugatti. Ils
se sont poursuivis toute la journée sous un ciel chargé mais sans précipitations alors que le paddock se peuple des différentes catégories en lice :
1000 Promosport ;
600 Promosport ;
Promo 500 Cup ;
Protwin ;
125 Promo et Pré-GP ;
VMA (Vitesse Motos Anciennes) Classic et Post-Classic
Promo découverte (600 et 1000 réservées aux pilotes n'ayant jamais concouru).
Le samedi matin est consacré aux séries qualificatives chronométrées. Le bal est ouvert par les grondements des
Norton, Ducati ou BSA des VMA POSTCLASSIC agrémenté des hurlements des Yamaha TZ, entre autres. Cette symphonie se poursuit sur les aigus stridents et endiablés des 125 puis des vrombissements de
la 500 CUP. Viennent ensuite, chacune en double série, les 600 et 1000 Promo et les Promo-Découverte mêlant 600 et 1000 cc.
Une pensée émue vers mes rêves d'antan, même si j'espérais la trois cylindres, en 1000
!
L'après midi débute sur les qualifs Protwin avant les demi finales 1000 et 600 Promo.
La première demi-finale 1000 voit la BMW #59 de Charles Geers dominer les deux Kawasaki #15 et #20 de Nicolas
Salchaud et Florent Manniez. La seconde demi finale est 100% Kawa en tête. Clade Lucas (#67), le leader actuel, est talonné par Jérome Danton (#3) et Xavier Deletrez (#24). Les 18 premiers de
chaque série sont qualifiés pour la finale du lendemain.
Viennent ensuite les 600, sur le même format. 2 demi-finales et les 18 premiers qualifiés. Dans la première
course, Yamaha fait le podium complet avec Julien Pilot (#16) en bagarre avec Kevin Longearet (#54) à deux dixièmes de secondes et suivi à 13 secondes de Thibaut Bertin (#134). En seconde course,
la Kawasaki #53 de Erwan Quellet arrive en tête suivi de la Yamaha #11 de Hugo Clere et de la Kawa #99 de Maxime Bourdon.
La journée se termine avec les finales 1 des VMA POSTCLASSIC, Protwin et VMA CLASSIC.
Charles profite de son temps libre pour passer son poids lourd avec Div'4, !
En Protwin, les chutes successives au "Chemin aux bœufs" de Broussely, Durand et D’Ambrosio, puis, plus
lourdement de Nardizzi (Ducati 1098 S #18) alors en seconde position, concourent à la sortie du drapeau rouge. A l'arrivée des 5 tours du second départ, Pavot (KTM RC8R #144) prend le meilleur
sur Royuela (Ducati 916 SPS #81) qui arrive à passer in extrémis Pécourt (Ducati 1098 R #12) et à le contenir pour prendre une superbe seconde place.
Pour ce dernier rendez-vous avant la trêve estivale, l'ACO, en partenariat avec France Bleu Maine, offre une
soirée Rock and Roll animée par de jeunes talents locaux. Un note d'effervescence supplémentaire dans un paddock qui apprécie, mais n'a pas besoin de cela pour vivre intensément !
De la belle bagarre dans toutes les courses.
Le dimanche matin démarre par les finales 1 des Promo-Découverte A et B, des 125 et des 500 Cup. Ensuite, les
consolantes des 1000 et 600 PROMO permettent de qualifier les 8 premiers pilotes pour compléter les grilles des finales
La matinée est close sur une pointe de nostalgie avec les deux finales d'anciennes.
Jean-Paul Lecointe (Kawasaki 350 #151) devance Patrick Banfield (Kawasaki open évolution #162) et Christian Vite
(Ducati 750 #73) pour les POSTCLASSIC.
En VMA CLASSIC, Steve Perlinski creuse le trou sur sa Norton 750 (#22), suivi à 20 et 24 secondes par Christophe
Huet en Honda 500 (#100) et la Paton 650 de Kurt Weber (#8).
L'après midi s'ouvre sur la seconde finale des 125 et un trio de tête identique à celui du matin. Robin Anne
(#17) termine premier (second le matin) suivi de Hugo Casadesus (#20) (vainqueur en finale 1). Le podium est complété par Julian Loison (#67) qui garde sa position de troisième du matin.
En 125, les jeunes attaquent fort,
parfois trop fort !
En Protwin, Ludovic Loeul (KTM RC8R #100) conforte son avance au classement général en passant le premier la
ligne d'arrivée. 14 secondes derrière, Patrick Pécourt (Ducati 1098 R #20) est conforme à son positionnement au général. Enfin, la troisième marche est dévolue à Nicolas Lacroix (Aprilia RSV 1000
#24) qui réalise ainsi son premier podium.
Erwan Quellet (Kawasaki #53) fait le Holeshot et 4 pilotes de queue de peloton chutent. La course est stoppée au
second tour après un carambolage au "Chemin aux bœufs". 7 pilotes sont à terre et 2 repartent en ambulance.
Au second départ, Julien Pilot (Yamaha #16) prend la tête et renforce sa qualité de leader de la catégorie. Le
podium est déjà défini dans le premier tour. Erwan Quellet (Kawasaki #53) mène la chasse en trainant Thibaut Bertin (Yamaha # 134) dans son sillage. Ce dernier prend la seconde place pour deux
tours mais doit la re-concéder. A l'arrivée, Quellet est à 5,2 secondes de Pilot et Bertin à moins de 3 dixièmes derrière !
Mais où vont-ils donc comme ça,
ces fous furieux ?
La quarantaine de jeunes loups (par l'expérience, mais pas toujours par l'âge) de la PROMO-DECOUVERTE groupe A
bouclent les 11 tours à des rythmes très variés. Les 1000cc sont favorisées sur le rapide circuit Bugatti, mais nombre de pilotes en 600 restent dans le top 10.
Dès le départ, Fabien Assemat ( Kawasaki #64) prend la tête devant Sébastien Loyez (Yamaha #89) et Anthony
Monteil (Kawasaki # 90). Les deux premiers mènent un train d'enfer et creusent rapidement l'écart. Au cinquième tour, Monteil lâche prise au profit de Romuald Truffier (BMW #62). Le trio de tête
ne change plus. Assemat devance Loyez de 6 secondes et ce duo relègue Truffier à … 28 secondes.
Pour la seconde finale 500CUP, Frédéric Besson (Honda #51) prend la tête mais passe second au deuxième tour.
Thibaud Doutre (Honda #86) lui ravit cette place pour ne plus la lâcher. Besson se bat avec Aurèlien Chevalier (Honda #8) et ces deux compétiteurs alternent les deuxième et troisième places. Dans
le dernier tour, Besson prend le meilleur de 2 dixièmes sur Chevalier.
Dès le départ de la finale PROMO-DECOUVERTE groupe B, Guillaume Fouassier (Suzuki #98) prend la tête. Au sixième
tour il laisse passer Dorian Combes (Yamaha #76) et Jonathan Marandoni (Kawasaki #53). La Suzuki refait son retard, passe en seconde position au dixième tour pour terminer à 6 dixièmes de la
Yamaha de Combes. Quant à Morandini, il finit à près de 6 secondes du vainqueur.
Départ d'une meute. Ça se bouscule au portillon !
Cet épisode de la cité Mancelle se termine en apothéose par la finale des 1000 PROMOSPORT sous un ciel menaçant
qui laisse néanmoins les pilotes tranquilles pour leurs 15 tours de piste.
Le pole-man, Charles Geers peine à maîtriser la puissance de la BMW (#59), part en wheeling et laisse deux
concurrents le doubler. Cette bévue est vite rétablie et il fait le holeshot à la Dunlop.
Au quatrième tour, le leader de la catégorie, Claude Lucas (Kawasaki #67) passe en tête et la garde deux tours,
talonné par Geers qui reprend le commandement au septième tour pour ne plus le lâcher. Lucas finit à seulement 4 dixièmes et la troisième place du podium revient à Jérome Danton (Kawasaki #3) à
près de 9 secondes. Ces deux compères avaient vraiment fait le trou !
Je repars en fin d'après midi vers l'est, pour une étape parisienne avant de rejoindre mes
kayakistes à Metz pour les championnats de France ...
Doute et euphorie, déceptions et joies,
des sentiments contradictoires
que nous vivons au sein de deux teams.
Tout d'abord chez les novices de la PROMO-DECOUVERTE.
Le team MC19 (Moto-Club Meymacois) aligne 3 pilotes débutants. Depuis le début de la saison, ils se forgent une
expérience, souvent dans la difficulté. Pour cet épisode Sarthois, le Moto-Club loue un box et offre à ses jeunes un peu plus de confort et de support. La bonne humeur est de mise jusqu'au retour
de Aurélien Jacquemard (Kawasaki #119) moteur cassé lors des essais chronos ! ! !
Mais Aurélien aide ses deux partenaires Yannick Leygnac (Suzuki #81) et Gregory Le Corre (Kawasaki # 115) qui
ont le bonheur d'être qualifiés en finale A, bien qu'en fin de grille. Ils se font plaisir et remontent au classement pour terminer 30ème et 31ème. Ils rentrent fatigués
mais heureux, satisfaits des progrès accumulés et conscients de la marge de progression qui s'ouvre à eux.
Les Meymacois à l'oeuvre,
dans le box, en prè-grille ou sur la piste :
A l'autre bout du paddock, l'ambiance est plus feutrée dans le box BMW des motos #59 et #81 de Charles Geers et
Cédric Fiévet.
Charles est déjà aguerri. Il participe, entre autre, aux 24 heures du Mans et au Bol d'Or. Néanmoins son début
de saison est catastrophique. Les trois premières étapes cumulent les ennuis mécaniques et ne permettent pas de trouver les bonnes solutions pour optimiser la puissance sans détruire les
pneus.
A Magny-Cours, la solution concoctée avec Pierre de EMC offre la première victoire suivie d'une magnifique
seconde place à Pau.
L'homme a retrouvé confiance dans la machine, mais aussi et surtout en lui. Le doute, pernicieux, s'insérait
lentement mais sûrement.
La tension décroît légèrement après la pôle position obtenue en qualifs, mais remonte à l'approche de la finale.
Le carambolage des 600 est perçu difficilement par Charles qui redoute ce type de scénario. De plus, le ciel se couvre et l'issue météo est incertaine pour la dernière finale.
Cette accumulation se traduit lors du démarrage … sur la roue arrière.
Mais l'artiste reprend instantanément la maîtrise de la machine et de la course et gère son combat avec brio,
jusqu'à l'arrivée victorieuse et l'explosion de joie de toute l'équipe qui relâche enfin toute la pression emmagasinée.
Les artisans de la victoire méritée de Charles Geers :
Après les bons moments passés au Gaschney avec les anciennes, la semaine Messine est sans moto. Travaux et balades avec Serge
sous un temps magnifique et pas trop chaud. Mais la météo nous taquine et nous annonce une forte dégradation pour le week-end. Cela ne calme pas vraiment notre ardeur a rejoindre les Vosges pour
assister à une compétition d'un tout autre genre, mais toujours avec des deux roues motorisés.
Jean-Pierre de la FFMC 57 nous retrouvent sur place et c'est l'occasion de faire plus ample connaissance avec lui. Nous nous
sommes rapidement croisés à plusieurs reprises sur Metz et particulièrement lors de la finale du tour de France de HMS - (Handicap Motard Solidarité).
Le col de grosse Pierre (955 m.) au dessus de La Bresse (88) est encore bien calme, mais l'infrastructure des parkings est en
place. En nous enfonçant dans la végétation Vosgienne, quelques rugissements de moteurs nous parviennent. Après 5 minutes de marche, nous voici sur le site du Moutier des Fées qui accueille cette
21ème édition de la Montée impossible de La Bresse. Cette compétition doit se dérouler demain avec une soixantaine de pilotes venant des U.S.A., Suisse, Allemagne, Pays Bas, Pologne
et... de France.
Cette discipline du sport moto très spectaculaire mais finalement peu dangereuse, consiste à franchir une pente pouvant
atteindre plus de 100%. Le Hill-climbing, nom originel de la montée impossible fut créé par les américains au début du siècle dernier, et s'est expatrié en Europe dans les années 80.
Le paddock est installé à flanc de montagne, au pied de la fameuse et vertigineuse montée, encore relativement verdoyante. Les
opérations de contrôle technique se déroulent sous les sapins . Chaque équipage se présente pour les vérifications d'usage, tant pour la machine que pour les équipements du pilote.
Le haut de la piste, encore peu labouré !
Ce site est une ruche en pleine effervescence. Une armée de bénévoles, ils sont 230, s'active pour préparer la piste et ses
abords, assurer toute la logistique (électricité, sonorisation, buvettes, …) pendant que les compétiteurs s'installent et peaufinent leurs engins. Les prévisions de visibilités sont tellement
alarmantes que les organisateurs redoutent de ne pas pouvoir utiliser les mesures laser pour les distances parcourues. Ils anticipent en marquant les distances afin d'avoir éventuellement recours
aux méthodes traditionnelles !
Nous profitons d'une météo encore clémente pour déambuler dans ce décor à la "Mad Max" transposé dans l'éclatante nature
Vosgienne. En effet, toutes ces machines sont des prototypes et toutes les solutions techniques sont permises.
Dans les cadres plus ou moins standards, les motorisations sont multiples. Un ou deux moteurs, mono ou multi-cylindres parfois
agrémentés de kit Nitrous. Le must régional réside dans le 4 cylindres Suzuki GSXR tronçonné et ramené à 3 cylindres ! ! !
Les bras oscillants sont tous rallongés, avec des longueurs variables, mais aussi des largeurs très différentes en fonction des
choix de roues arrières. Celles-ci peuvent-être relativement étroites et munies d'épaisses écopes de caoutchouc ou, au contraire, très larges, lisses et bardées de boulons...
Le contrôle technique en plein air
devant une assistance studieuse.
En fin d'après midi, les deux pilotes américains, Nick et Dusty BEER, ont le privilège de tester la piste afin de régler les
matériels de prise de vue. Même pour ces stars de la spécialité, ce n'est pas évident. De la raquette de départ, la machine s'élance dans une première portion à la déclivité déjà impressionnante
pour arriver, souvent après un saut, sur une partie plate avant de reprendre la montée qui se termine par un véritable mur. Les meilleurs de ces quelques essais se terminent au ¾ de la piste par
la presque inévitable chute ! ! !
En fin de journée, nous redescendons au col pour nous restaurer et s'installer pour la nuit. Notre soirée est vivement animée
par le TT de l'ile de Man car Jean-Pierre y était cette année. Nous partageons nos expériences sur ces moments fabuleux que nous avons vécu avec Serge et une joyeuse bande en 2007.
Jean-Pierre et Serge
en mode détente totale
dans ce fabuleux décor.
La pluie arrive en fin de soirée et nous nous précipitons pour, enfin, monter nos tentes. Elle tombe toute la nuit avec de
fortes rafales de vent. L'intérieur commence à détremper au petit matin et nous pousse à un lever précoce. Pour une fois je ne reste pas longtemps seul à attendre le réveil de mes acolytes
!
Ce matin, ce déluge ne faiblit pas et la compétition démarre sous des trombes d'eau. Ici, pas de tour de chauffe et d'essais,
c'est l'attaque directe de la difficile ascension. Deux motos et trois membres de la FFMC57 se joignent à nous pour cette journée, Sabine, Thierry et Gilles.
Les Lorrains de la FFMC57 équipés pour cet épisode humide ! ! !
Le pilote se positionne au départ et se lance dès que la piste est libérée par les commissaires. Son classement dépendra de la
position de la machine. Il est donc primordial d'aller le plus haut possible et de plaquer la moto au sol quand l'arrêt ou la chute est inévitable. Mais, vu l'angle de la pente, il est fréquent
de voir redescendre de plusieurs mètres ces équipages …
Mais il faut aussi aller vite car, pour les rares qui passeront la ligne d'arrivée, le temps relevé sera déterminant pour le
classement.
Deux manches se déroulent dans la matinée, ouvertes par les féminines, parfois particulièrement jeunes et graciles. Quel
décalage avec ces montres mécaniques. La zone de départ se transforme rapidement en baignoire. Bottes et roues plongent dans un bain de boue qui est vigoureusement brassé à chaque démarrage. Les
trajectoires évoluent en fonction de l'appréciation des pilotes qui suivent les montées du bord de la piste, mais aussi par rapport à l'évolution du relief. En effet, chaque passage transforme
l'environnement. Des ornières se creusent, d'autres se comblent, les pièges se déplacent continuellement …
Mathilde REMY,
la jeunesse féminine au gros cœur !
Les bénévoles, disposés le long de la piste se protègent des projections de terres et de pierres pour ensuite se précipiter dès
la chute, relever la machine et aider le pilote à amorcer sa descente qui n'est pas beaucoup plus facile que la montée …
En début d'après midi, la pluie cesse et le soleil nous réchauffe a travers les nuages. L'environnement est féérique. La ville
apparaît, tapie dans la vallée, entourée des montagnes dégageant des fumerolles brumeuses s'échappant d'une végétation aux multiples teintes vertes. Le contraste du sombre des sapins avec le
clair des herbages est même parfois mis en valeur grâce à quelques tâches de lumière prodiguées par le soleil qui s'immisce dans les volutes célestes.
Les nuées s'éloignent, les spectateurs se dévêtissent, l'environnement s'éclaircit.
Les deux dernières manches de cette édition se déroulent donc dans de meilleures conditions, surtout pour les spectateurs, car
cela ne change pas beaucoup l'état de la piste détrempée. Néanmoins, de la terre est rapportée dans le plat intermédiaire qui s'était transformé en bourbier.
Un grand bravo au MC La Bressaude,
le moto-club organisateur de cette magnifique épreuve.
Malgré une météo particulièrement exécrable,
ils ont fourni un superbe spectacle
et toutes les personnes rencontrées ont gardé le moral,
le sourire et la bonne humeur.
Jeudi 7 juillet, il va falloir me propulser vers la Sologne pour rejoindre Serge qui m'attend. Nous devons repartir vers ses
contrées du nord-est le lendemain, mais je suis dubitatif. Tenue pluie dans les soutes ou sur le dos ?
Depuis le matin, les averses se succèdent, mais les prévisions ne sont pas catastrophiques. J'espère bien prendre la bonne
trouée… Mais en fin de matinée, je fini par me couvrir pour partir sous le crachin qui me tient compagnie, par intermittence, pendant plus de deux heures. Néanmoins, j'arrive sec et réchauffé
chez Louis où nous passons une bonne soirée entre copains à raconter des âneries et refaire le monde.
Le vendredi nous remontons sur Metz. Je poursuis Serge dans sa voiture dans la traversée de la forêt Solognote et je me sens un
peu plus en sécurité vis à vis des grands animaux qui pullulent dans ces contrées. Mais ce n'est qu'une vue de l'esprit. A la sortie des Landes il y a quelques semaines, le chevreuil s'est bien
faufilé entre les deux motos … Lorsque l'univers boisé se dégage, je remonte la voiture et fait signe à mon ouvreur que je pars devant chercher notre petit déjeuner. Arrêt croissants en ville, et
j'arrive sur les talons de Serge devant le château de Sully, dressé face la Loire. Un magnifique décor sous la lumière du petit jour pour ces agapes matinales. Dès la sortie de la ville je
remonte une file de véhicules arrêtés par des travaux et pars en éclaireur. Ensuite, je gère mon avance en fonction des feux, des dépassements et de quelques envolées dans des séries de virages
afin de m'octroyer des pauses cigarettes et ravitaillement de la machine. J'arrive avec une dizaine de minutes d'avance au lac du Der, lieu prévu pour notre arrêt casse-croute. Aux sandwichs
préparés le matin, j'ajoute les religieuses achetées à Sully et péché mignon de Serge. Cet excellent repas champêtre associé à une courte nuit et une chaleur grandissante engendre un début de
somnolence qui me pousse à m'arrêter aux environs de Toul. Un message à Serge pour qu'il ne s'inquiète pas et je le rejoint en meilleure forme à Metz.
Samedi matin, direction les Vosges après une rapide étape au Luxembourg pour des approvisionnements détaxés ! ! ! Nous sortons
de Munster (68) pour emprunter la seule route qui nous mène à la station de ski du Gaschney, et nous sommes rapidement dans l'ambiance de ces courses de côte.
Serge, le nain,
pose devant ce Gulliver
croisé au milieu
de la forêt Vosgiennes !
Panneaux annonçant la fermeture prochaine de cette voie, poste de départ où s'activent quelques bénévoles, puis les
enchainements de virages bardés des protections nécessaires pour réduire les risques des pilotes et spectateurs. Au sommet, le paddock est une ruche en pleine effervescence. Les opérations de
contrôle technique démarrées la veille se poursuivent dans la prévision des premiers essais qui vont commencer cet après midi.
Nous retrouvons avec plaisir quelques figures locales, à commencer par le président du MC de Munster, Jean-Marc Schickel, le
"grand maitre" du contrôle, "Lapin", et des participants déjà rencontrés auparavant.
Cette compétition est la quatrième épreuve des huit que compte le championnat de France de montagne de motos anciennes (FFM).
Mais c'est aussi une manche du championnat Suisse de motos anciennes (FHRM). Le plateau est donc fortement agrémenté de pilotes Suisses et Allemands d'où une communication pas toujours aisée
!
Ce championnat de France est décomposé en 5 classes :
Classe Vintage de l'origine à 1949 ;
Classe Post-Vintage, de 1950 à 1969 ;
Classe Classic, de 1970 à 1979 ;
Classe Post-Classic, de 1980 à 1984 ;
Classe side-car Classic.
3 autres catégories participent au spectacle, les "Démonstrations", "Diesel" et "motos électriques".
L'ambiance est bon enfant. Nous déambulons dans le paddock et admirons toutes ces magnifiques machines prêtes et rutilantes ou
parfois largement dévêtues pour permettre aux "sorciers de la mécanique" d'œuvrer aux derniers préparatifs. Des pôles se créent naturellement. Ici les Triumph anglaises se pressent sous un
auvent. Là, les machines à cadres Martin sont alignées devant un barnum.
En début d'après midi, les premiers essais démarrent. Le processus est immuable :
Les accès sont bloqués, en haut et en bas.
Le directeur de course remonte le tracé derrière les visiteurs qui profitent de cette ouverture temporaire. Il vérifie ainsi
le bon respect des procédures.
Les pilotes de la session en cours qui attendent en haut sont lâchés afin qu'ils aillent se positionner au pied de la côte
et le directeur de course ferme ce défilé.
A son arrivée en bas, le ballet des départs peut prendre effet. Un à un les pilotes viennent se positionner sur la ligne, la
machine retenue par un sabot.
Le feu passe au vert et il peut s'élancer pour son ascension, son suivant prenant sa place pour un départ toutes les trente
secondes.
Chaque compétiteur s'engage alors dans ses essais libres puis chronométrés. La météo, incertaine dans ses prévisions, nous
octroie ses faveurs. Tout au long de l'après midi, les quelques gouttes de pluie se glissant dans les rayons de soleil ne sont pas dérangeantes. Seule la dernière séance se déroule sous l'averse
et sur une chaussée devenue plus contraignante et hasardeuse. Certain, comme une Suzuki RG 500 en feront les frais. Si la machine rentre quelque peu abimée, mais sur ses roues, son pilote, lui
s'en tire moins bien et part en ambulance se faire réparer une clavicule et un bras. Même avec des anciennes, la chasse au chrono est belle et bien là ...
Les ondées ne rafraichissent pas l'atmosphère et l'ambiance va bon train sous les barnum et devant le bar. Chacun s'invective
sur des mélodies plus ou moins gutturales suivant les nationalités, tout à la joie de se retrouver et de partager ces moments. Les spécialités locales, et entre autres les tartes flambées et la
bières, sont servis avec régularité et participent à cette chaude ambiance.
Et pour animer tout cela, l'excellent groupe de rock YATO est à la manœuvre. Une programmation variée et jouée par des virtuoses
qui en plus semblent s'amuser tant de leur jeux de scène que par le feu qu'ils distillent dans l'assistance. Rapidement la piste s'avère trop petite et les spectateurs des premiers rangs doivent
promptement refluer lorsque les danseurs s'octroient un peu plus d'espace en repliant bancs et tables … Le meilleur signe donné à ces quatre musiciens qui enchainent avec entrain et passion
morceaux sur morceaux ! ! !
Nos quatres musiciens à l'oeuvre.
Après une courte nuit, le paddock se réveille doucement d'abord puis plus fermement avec les chants mêlés des 2 et 4 temps qui
s'ébrouent avant de repartir vers de nouvelles séances d'essais chronométrées.
L'ambiance familiale est toujours de mise et le plus bel exemple est probablement donné par cette famille originaire
d'Allemagne, les Langenberger. Le papa, Peter, pilote une Ducati M1 (#656). La maman, Sabine, et la fille de 16 ans, Nina, emmènent avec brio chacune sa Benelli (250 et 125 cc - # 603 et
605).
La matinée débute par les derniers essais chronométrés. La piste est séchante pour les premiers passages mais le soleil aidé
d'une légère brise améliore rapidement les conditions de roulage. Néanmoins les prévision météo sont alarmistes et l'organisation bouleverse son programme et avance la première manche de course à
cette fin de matinée. Excellente idée puisque les derniers passages se réalisent sous les premières gouttes …
Le déjeuner est largement arrosé par le déluge qui s'abat en même temps que le brouillard. Heureusement, cet épisode ne dure pas
et la seconde manche peut débuter vers 14H30 dans de bonnes conditions, la chaussée ayant à nouveau séchée.
Nous retournons vers Metz avec quelques averses puis sous un soleil dont l'ardeur engendre une certaine somnolence ..., et nous
allons pouvoir reprendre nos promenades pédestres dans et autour de la ville ! ! !
Encore bravo à l'équipe du NMC Munster et à tous les bénévoles qui œuvrent sans compter pour la réussite de cette magnifique
manifestation.
Merci pour tous ces moments conviviaux de partage teintés de la nostalgie de nos jeunes années (et d'avant aussi tout de même
!).
Lors de la fabuleuse victoire de Charles Geers à Magny-Cours, j'étais en ligne fréquemment avec Jean-Marie dit Blanco. Outre son
attachement à ce pilote et les résultats que je transmettais, nous préparions notre rencontre du week-end suivant pour valider un important projet en cours.
Je passe donc deux jours à Bort après mon retour de Sologne pour repartir ce jeudi 23 juin dans un matin frais au ciel chargé.
Je dois récupérer Ulrich en route pour rejoindre Agen dans la journée. Vu les prévisions météo, nous n'avons pas de point fixe convenu. Si le temps le permet, Ulrich aimerait faire quelques
virolos ensemble et nous nous retrouverons vers Mazamet, sinon il continuera l'autoroute et nous nous retrouverons entre Toulouse et Agen.
Aurillac, Maurs, la vallée de la Célé, Figeac, la moto ronronne, virevolte, se joue des traces humides, perce les bancs de brume
et évite les grains … du ciel comme ceux du sol que sont les gravillons !
Message téléphonique. Ulrich continue directement sur Toulouse. Je revois mon trajet et oblique vers Cahors. Quelques kilomètres
après la sortie de la ville, un panneau m'interpelle : "Cahors par la vallée de la Célé". Tiens, je ne connais pas, la météo se maintient à peu près même s'il ne fait pas très chaud et je suis
dans les temps. Demi tour et changement d'itinéraire particulièrement agréable. Contrairement à la D653 traditionnelle, les risques d'excès de vitesse sont réduits. La route est plus étroite et
serpente joyeusement au gré des caprices géologiques rencontrés par la rivière. Je retrouve la vallée du Lot en face de Saint Cirq-Lapopie ainsi qu'un soleil plus franc.
Saint Cirq surplombe
les majestueux lacets
du Lot.
Peu avant Cahors, un bar restaurant idéalement placé me tend les bras. Voilà qui répond à mon envie d'un bon café bien chaud.
Sur le parking, une moto et un side, mais pas de trace de motards en terrasse. Étonnant. L'explication, déjà présente sur la devanture non lue qui annonce le "Side Bike Café" apparaît dès l'entrée dans l'établissement. Photo et déco assoient l'ambiance moto et
rock. Les tous nouveaux propriétaires affichent nettement leur passion. En discutant, je propose un petit coup de main pour ce démarrage. En effet, notre objectif du week-end réside dans la
finalisation du site "Étape Motarde" en cours de gestation depuis quelques mois. Je vais proposer une insertion à mes collègues.
Un nouveau message de Ulrich propose de se retrouver directement à la sortie de l'autoroute à Agen. Changement de programme et
je pars vers l'ouest au détriment du sud, vers Tournon d'Agenais puis Agen et traverse quelques épisodes pluvieux. Pause au péage, sous le soleil, mais un message m'apprend que j'ai une petite
heure d'attente. Je file donc alléger Div'4 chez Blanco et l'engager à dépoussiérer son ZR7 Kawasaki. La R1 récupérée, nous remontons chez Jean-Marie pour attaquer nos séances de travail,
délurées mais constructives.
Le vendredi soir, nous avons bien avancé. Ulrich, notre Grand-Maître de la technique a couvert des pages de notes et semble
inquiet de la masse de travail à attaquer dès son retour, mais motivé par les plans qui se dessinent de plus en plus précisément. Si nos discussions sont parfois endiablées, nous sommes en accord
total sur la volonté de ne pas créer exclusivement un nième portail sur le net, mais un site communautaire largement ouvert sur le concret. De plus, nous tenons à ce que cette démarche
reste associative et s'appuie sur les valeurs d'entraide et de partage. Une gageure basée sur l'hypothèse que de nombreux motards nous rejoindrons pour faire vivre cette base de données ET les
actions et animations à promouvoir dans cette démarche …
Le samedi, nous joignons l'utile à l'agréable. Les trois motos s'ébrouent gentiment pour partir à l'assaut des Pyrénées. Un bien
sympathique repas nous permet de valider une nouvelle "Étape Motarde" en pays Basque, Les Fontaines
Fleuries. Une escapade en Espagne pour quelques achats détaxés et une descente cuisante dans le four des Landes pour rejoindre l'épouse de Jean-Marie, Marianne.
La Kawa en tenue camouflage dans les feuillages surveille Ulrich devant notre nouvelle
étape.
Ulrich repart le dimanche matin, appelé par ses obligations familiales de tout nouveau Papa (pour la seconde fois), pendant que
le trio restant profite du soleil brûlant et de l'eau rafraîchissante des magnifiques plages Landaises. Au couchant, les deux motos partent en chasse de la voiture de Marianne qui court devant.
Blanco ouvre la route. Il connaît l'environnement et son éclairage est bien meilleur que celui de la Div. Entre deux virages, ses appels de stop attirent mon attention sur un panneau annonçant
des gravillons et je relâche immédiatement la poignée d'accélérateur. Un trait fauve se faufile dans mon faisceau. Image tellement fugace que je n'ai pas le temps de réagir. Le chevreuil est
passé sans encombres entre les deux motos et je soupire d'aise face à cet heureux coup du sort … nous dépassons tout de même la voiture dans les tous derniers kilomètres.
Lundi, je remonte vers le Limousin, d'abord en dilettante puis plus rapidement. La chaleur devient suffocante. Un détour par les
montagnes permet de retrouver un air plus respirable et la fraîcheur de la maison est bienvenue. Il me reste une petite semaine pour préparer mon départ vers le nord-est et mon pèlerinage Vosgien
de motos anciennes et de prototypes propres à escalader les montagnes ...
Il fait encore chaud vers le Puy Mary, mais l'air est plus respirable
...
Semaine du 13 juin, voyage éclair en région parisienne. J'en profite pour m'occuper un peu de Maxime, voir rapidement mon fils,
rendre de brèves visites chez Falco et Dragon (pseudos de Pascal et Christophe) puis terminer chez mon pote Jacques dans le 77.
Vendredi matin, départ pour Magny-Cours où se déroule le 4ème round des Coupes de France PROMOSPORT. Je dois y
retrouver les 2 pilotes du team MC 19, Aurélien et Yannick ainsi que l'équipe de Charles Geers. Ces deux équipes ont soif de revanche. Lors de la dernière manche de Croix en Ternois à laquelle je
n'ai pas pu assister, les Meymacois ont eu de graves problèmes de logistique et Charles est resté scotché sur la ligne de départ dans sa position de pole-man. Puce du démarreur de la BMW
inopérante ! ! !
A la sortie de la forêt de Fontainebleau, des appels de phare m'appellent à la prudence. Un break bien camouflé nous attendait à
la sortie du bois. 45€ d'économie !
Pouilly, il est temps de faire une pause … café, pas vin blanc. Une quinzaine de motos est à l'arrêt. Que des Kawa et
essentiellement des ER6, étonnant. En saluant le petit groupe en pause pique nique, je découvre qu'ils se rendent sur mon terrain de jeux de La Bourboule pour les K-Days. Je leur donne quelques
infos sur les routes de la région, et particulièrement sur la D36 et son circuit de course de côte. Nous parlons aussi de Dédé, fan de Versys et particulièrement friand des routes de ma région.
Ensemble, nous espérons que la météo, dont les prévisions ne sont pas roses, nous laissera quelques moments de répit ! ! !
Dès mon arrivée dans l'enceinte du circuit, je rencontre Gégé, le Papa mécano de Charles Geers vite rejoint par Joël le
polyvalent (logistique, aide mécano ou photographe suivant les moments !). Nous évoquons la grosse galère de Croix en Ternois, la déception en résultant, mais aussi les meilleures perspectives
pour ce week-end. En effet, Charles maîtrise parfaitement et apprécie ce circuit, il vient d'y faire le Bol d'Or. D'autre part, les solutions techniques mises en œuvre avec Pierre de offrent des
retours particulièrement positifs sur les premiers essais. Deux grandes inconnues subsistent néanmoins. La météo et la fiabilité matérielle. Les multiples écueils à répétition rencontrés avec la
machine depuis le début de la saison engendrent à l'équipe et particulièrement à Charles et Gégé une lourde appréhension.
Pierre, le grand sorcier EMC pose fièrement entre les deux BMW.
Sitôt installé, j'abandonne les nordistes pour aller prendre des nouvelles des Corréziens du team MC19. Changement de décor. Au
fin fond du paddock les deux pilotes remplissent toutes les fonctions : chauffeur, mécano, cuisinier, administratif, logisticien … sans autre support que Marie-Line, la compagne de Yan.
Heureusement, quelques membres du Moto-Club Meymacois et de la famille doivent venir prêter main forte au cours du week-end. L'apprentissage de cette première saison de piste est particulièrement
difficile, mais fort complet !
La matinée du samedi débute sous le soleil mais dans une atmosphère fraîche et humide pour les essais qualificatifs chronométrés
des 500 CUP, 600 et 1000 entrecoupés par les séances d'anciennes, POSTCLASSIC, CLASSIC et VINTAGE. Toutes les 20 minutes, les sons changent, mais l'environnement aussi, au gré des averses.
Charles fait le 8ème temps de la série 1. En soi, cette place n'est pas glorieuse en regard des capacités et prétentions, mais l'équipe est confiante. Le pilote est serein, les
réglages se peaufinent et, surtout, les pneus ne sont plus détruits. La puissance de la machine et la science du pilotage peuvent donc maintenant être optimisées avec ces nouveaux matériels qui
semblent mieux adaptés.
En début d'après midi, les PROMO-DECOUVERTE font leur show sur une piste détrempée. De la , je surveille les deux motos jaunes
des Meymacois. La #119 d' Auré est en perdition à chaque sortie de la chicane qui commande la ligne droite des stands. L'arrière se dérobe et le jeune équilibriste use de tout son art pour rester
sur ses deux roues … Par contre, son coéquipier Yan sur la Suzuki #81 a dû avoir le temps de chausser des pneus pluie. Sa monture bouge peu et il se permet des accélérations beaucoup plus
franches. Auré arrête sa séance en cours pour éviter une chute plus que probable pendant que Yan réalise une amélioration régulière de ses temps pour finir dix places devant la #119. A l'arrivée,
j'avalise le choix d'Aurélien. Outre le fait d'éviter de prendre des risques inconsidérés pour lui et sa machine, il a pris soin de mon stress grandissant à chacun de ses passages acrobatiques.
Quant à Yannick, je le traite de fou-furieux lorsque je découvre qu'il était en pneus standards. Mais il a la banane et exprime sa joie des bons moments qu'il vient de vivre ! ! ! Pas très clair
ce gars là …, ou nous n'avons pas les mêmes appréhensions. Enfin, le moral de l'équipe est au beau fixe et les renforts attendus sont à pied d'œuvre. De plus, Auré peut me taquiner en constatant
que même pour évoluer sur le paddock, j'utilise mes clignotants. Un réflexe profondément ancré !
Ensuite, s'enchaînent les deux séries de demi finales 600 PROMO puis la finale 1 des VMA POSTCLASSIC, que je n'observe pas. En
effet, nous sommes le 18 juin et dans toute la France, les usagers de la route protestent contre la politique répressive et financière d'une soi-disant Sécurité Routière rebaptisée Sécurité
RENTIERE ! ! ! Je m'associe au mouvement, après ma lettre ouverte aux politiques, en rejoignant le
cortège de Nevers organisé à l'initiative de la FFMC. Comme dans de nombreuses villes, l'affluence marque un record, et les responsables locaux sont d'autant plus agréablement étonnés que la
météo capricieuse n'était pas un facteur de mobilisation. Je fais le tour de ville dans le cortège et valide l'étonnement des badauds, mais aussi leur enthousiasme nous poussant dans cette
démarche. Il me semble qu'un des messages de la FFMC "1 motard = 1 voix" soit peu crédible et qu'il faille le traduire par "1 motard = 1 + N voix" ! ! ! par contre, je ne participe pas au
rassemblement qui suit car je veux être de retour sur le circuit pour les deux demi finales 1000 PROMO.
Plus de 1000 motos à Nevers, selon les organisateurs qui n'en reviennent pas.
Le cortège est parti depuis une dizaine de minutes, il en arrive toujours,
et nous mettrons plus de vingt minutes à nous ébranler en queue de convoi ! ! !
Dans la première, Charles arrive 8ème mais relativement serein. Il ressent bien la machine et les conciliabules avec
Gégé et Pierre (EMC) semblent déboucher sur de nouveaux réglages. Si ce trio paraît tendu et intensément appliqué, il n'en demeure pas moins assez
paisible et confiant. Gégé se met au boulot pendant que Françoise (la Maman de Charles), Joël et moi partons faire quelques emplettes pour approvisionner le team et les Meymacois. Encore un bon
délire au supermarché local.
Lorsque nous rentrons, les courses sont terminées et je passe un moment dans le fond du paddock avec les parents de Yan, Ricou
et son épouse venus rejoindre l'équipe des jaunes. L'ambiance est bonne malgré les interrogations vis à vis du temps. Comme ils n'ont pas de roues de rechange ni de mécano, ils doivent largement
anticiper un changement de pneu, et cet exercice est assez aléatoire avec le régime d'averses à répétition que nous subissons. De retour chez les nordistes du team S-PASS Moto Racing, je dois me
fâcher avec Françoise pour prendre ma part aux préparatifs du repas. Je dois lui faire peur puisqu'elle daigne abandonner ses fonctions pour aller promener ses chiens …
La soirée est particulièrement détendue et joyeuse. Les invectives fusent d'un box à l'autre et les chahuts dégénèrent dans de
furieuses crises de rire. Une ambiance radicalement opposée à celle de la journée, plus studieuse sans pourtant être triste, loin de là.
La joyeuse équipe, voisine de box. Aussi déjantée que nous,
et engendrant des réparties désopilantes !
La mise en route du dimanche matin se vit sous les mélodies des 3 premières finales d'anciennes. Les grondements sourds et
puissants des gros mono ou bi-cylindres se démarquent des trilles vivaces et aiguës des deux temps rageurs. Une autre époque …, mais des empoignades bien présentes. C'est ensuite la consolante
600 PROMO puis la finale 1 PROMO-DECOUVERTE au cours de laquelle les pilotes aux motos jaunes font des exploits. Dès le premier tour, Auré commence sa remontée pour faire les 4 derniers passages
à la dixième place. Yannick reste à sa place les trois premiers tours puis débute une remontée efficace jusqu'à la 17ème position. Il est le dernier dans le tour des vainqueurs, les 23
pilotes suivants prenant 1 tour ! ! ! La matinée se termine par la consolante 1000 PROMO.
Dans le clan Meymacois, l'humeur est joyeuse et nous délirons gaiement avec des pilotes en pleine euphorie, très satisfait de
leurs résultats. L'entourage n'est pas en reste et participe activement à cette séance de décompression.
Après ces excellents moments, je retourne au box des BMW, dans une ambiance beaucoup plus studieuse. Gégé, inlassablement,
bichonne la #59 pendant que Pascal fait de même avec la #80. Pendant ce temps, la ronde des finales se poursuit. Les POSTCLASSIC, 500 CUP et CLASSIC.
Dans mon rôle de "Papy-G.O." avec les fils de Cédric.
Ils doivent comprendre pourquoi mes neveux m'appelle "Tonton Barjot" !
Dans le box, la pression monte doucement mais inexorablement. Les pneus sont au chaud sous leurs couvertures, les dernières
vérifications des machines se poursuivent, les pilotes s'équipent et se concentrent, les éléments de panneautage sont installés, le matériel de pré-grille est contrôlé. 15H30, les pilotes
enfourchent les machines et vont se positionner pour le prochain départ de la finale des 1000 PROMO. L'équipe suit avec les béquilles et le matériel. Dans la zone d'attente, les pneus sont remis
au chaud. Les couvertures chauffantes sont alimentées par un groupe électrogène et Charles entame un ultime conciliabule avec Pierre et Gégé. La stratégie est définitivement arrêtée et
révisée.
Par lignes, aux ordres du starter, les machines giclent dans la pite-lane et s'engouffrent sur le circuit pour le tour de
formation puis se positionne sur la ligne de départ en fonction des places acquises lors des qualifications. Nouveau départ par ligne pour le tour de chauffe. Les motos s'alignent à nouveau, les
feux passent au vert et le grondement des moteurs poussés dans leurs retranchement explose, les vibrations prennent aux tripes, la tension est au paroxysme. Charles est bien parti de sa
8ème place. Tous les regards se tournent vers la grande courbe, un gauche rapide théâtre de nombre de sorties. Le paquet passe sans encombres et le bruit sourd décroît rapidement.
Quelques très longues dizaines de secondes plus tard, il reprend de la vigueur à l'approche de la chicane d'Imola puis de la courbe à droite du château d'eau. L'accroissement de ce son est
complété par la vision fugace de ces flèches multicolores et forcenées qui plongent vers le puissant freinage du virage à droite du Lycée. Encore une chicane et c'est la folle accélération de la
ligne droite des stands. Les poumons se bloquent, les souffles sont suspendus.
2 Kawa passent en tête. La #15 de Nicolas Salchaud et la #67 de Claude Lucas, le leader de cette catégorie. Charles a repris une
place et passe devant nous en 7ème position. Il semble à l'aise et les sourires se dessinent pendant que la pression baisse d'un tout petit cran. Au second passage, il pointe
5ème et au troisième, 3ème dans la roue de Nicolas Salchaud alors que Claude Lucas s'échappe en tête. Au cinquième tour il passe la #15 et entame sa remontée sur la #67 qui
a pris le large. En deux tours, Charles refait son retard et passe son copain et néanmoins adversaire Nicolas.
Au bord de la piste, peu de paroles, mais les regards échangés en disent long. Notre pilote à l'air particulièrement à l'aise et
la moto en grande forme. L'espoir grandit, mais l'appréhension aussi. Nous ne sommes pas encore à la moitié de la course et la somme des avatars vécus sur les 3 premières manches est bien en
mémoire …
Au 9ème et dernier passage en tête, la joie explose au milieu des accolades et des soupirs de soulagement. Nous
devinons le sourire sous le casque rouge et blanc. La #15 n'a pas lâché prise et pointe à 1,63 seconde. Par contre ce duo a fait le trou. Les suivants, emmenés par la #67, sont à plus de 12
secondes ! ! !
Première victoire de Charles sur une BMW. Première victoire de BMW en PROMOSPORT, mettant un terme à l'hégémonie des Kawasaki
(les 7 suivantes sont des Kawa). Consécration de la science de Pierre et de ses solutions EMC.
Mathieu dans ses œuvres.
Un jeune nordiste en 600 avec lequel j'ai quelques discussions ...
Je ne vois pas la finale des PROCLASSIC. Accueil de Charles à l'arrivée et superbe vision de son sourire lorsqu'il quitte son
casque. Cette joie et cette satisfaction sont partagés avec les deux autres artisans majeurs de cette victoire, Gégé et Pierre. Joël nous rejoint après avoir pris des photos sur la piste,
complètement bouleversé et béat de plaisir. Avant la montée vers le podium, je lâche l'appareil photo pour féliciter notre héros. Avec son grand sourire, il me glisse : " Ça fait du bien. Je
doutais vraiment de la machine, mais je commençais à douter de moi aussi " … Sur sa plus haute marche, mais aussi, sûrement sur son petit nuage, Charles exprime sa reconnaissance à son entourage
et particulièrement à Pierre et EMC pour les solutions radicalement performantes mises en œuvre.
Pendant que la machine part vers le contrôle technique, je me précipite à nouveau vers la piste. La journée n'est pas finie et
mes deux Meymacois ont encore 11 tours à faire pour cette dernière finale des PROMO-DECOUVERTE.
Le départ est un peu moins tonitruant que ce matin (tout est relatif, car ils se jettent tout de même sans vergogne dans la
mêlée). Auré perd 6 places au 1er tour puis une au suivant, mais en reprend 3 au troisième, alors que Yan conserve sa position. Au fil des tours, ils améliorent leur forme et
confortent leur remontée inexorable. Avec Marie-Line, nous suivons ces progrès, scrutons les écrans à chaque passage et attendons avec impatience la fin de ce round. Ils profitent du dernier tour
pour un dernier dépassement chacun qui leur permet d'assurer les mêmes positions que ce matin, 10ème et 17ème. Lorsqu'ils rentrent dans la voie des stands, ils n'ont pas
besoin de s'exprimer pour partager leur joie. Les yeux pétillants laissent deviner les larges sourires sous les casques !
Je retourne vers le box pour aider Françoise et Joël à démonter, plier et ranger le box en jetant des coups d'œil sur la piste
où les VINTAGE clôturent la journée. Mais nous ne pouvons pas charger le camion tant que la moto n'est pas rentrée du contrôle. Or, cette procédure s'annonce particulièrement longue puisque les
officiants mènent leur mission jusqu'au déculassage de la machine ! ! !
Je profite de cette attente pour rejoindre les "jaunes" occupés à savourer leur finale tout en rangeant leur matériel. Quel
plaisir de partager ces moments magiques. Je reste trop longtemps avec eux et constate à mon retour au box que Cédric est déjà reparti avec sa petite famille. Dommage, je n'ai pas pu leur dire au
revoir, surtout à ses fils, mes deux petits copains, compagnons de quelques chahuts …
Mais il est temps pour moi de repartir à la tombée du jour, la BMW toujours immobilisée. Serge de Metz m'attend en Sologne avec
quelques copains et ma nouvelle monture.
Je passe dans le camp des Biquets (euh pardon, à prononcer à l'américaine, Bikers.)
Désolé Pat,
mais c'est une boutade ...
Non, ce n'est pas ma nouvelle monture, mais celle d'un pote essayée dans cette région avec, heureusement, peu de virages.
J'avais trop peur d'abîmer ces chromes rutilants avec des angles inadaptés, mais j'ai tout de même participé au rôdage ! ! !
Pour terminer en rendant un amical hommage à Joël, l'auteur de la majorité de ces photos, voici trois diaporamas thématiques
:
Les anciennes, ma passion de nostalgique.
Fermer les yeux et écouter ces grondements qui me replongent
dans mon premier Bol d'Or au Mans en 1973 …
humer l'air et capter les odeurs de ricin des deux temps, monstres de vitesse de nos jeunes années …
Des petits jeunes qui apprennent vite, qui ne renâclent jamais devant les difficultés
et qui gardent toujours leur bonne humeur.
Merci de nous faire partager votre passion, vos déboires et vos satisfactions.
Et gardons le Grand Charles pour la fin.
(toute ressemblance avec un personnage réel est tout à fait fortuite)
Du Charles dans tous ses états.
L'équilibriste sur la piste, le scaphandrier sous le déluge,
le concentré en pré grille, le dévoreur à table, … et le rayonnant à l'arrivée.
Merci aussi à toi pour ces moments magiques, même si tu joues vraiment trop avec nos nerfs.
Merci aussi à Françoise, Gégé et toute l'équipe pour la sympathie
dégageant de tous ces instants inoubliables.
Jeudi soir, Pascal me rejoint chez mon frère dans la région de Poitiers, et nous partons le lendemain matin à la rencontre de
Dédé et Ulrich qui arrivent du sud-est. Le point de rendez-vous est fixé à Aurillac pour le déjeuner.
Nous avions pris une option autoroute entre Limoges et Brive en cas de retard ou mauvais temps, mais nous sommes largement en
avance dans la capitale limousine et sous un magnifique soleil. Au cours de notre pause ravitaillement, je propose un changement de programme à Pascal. Nous repassons par Bort afin de décharger
Div'4 et nous profitons ainsi de plus de 200 kilomètres de virages à répétition. Présenté comme ça, le Breton ne peut pas refuser ! ! !
Le ZX12R s'amuse follement dans ces enfilades de grandes courbes sur une route que Pascal commence à bien connaître entre
Limoges et la maison. Après un arrêt rapide pour alléger la Diversion, nous reprenons notre progression vers Aurillac. Les gravillons rencontrés ne nous mettent pas en retard et nous arrivons les
premiers. Rapidement nos deux acolytes nous rejoignent et nous partons à la recherche d'un endroit où nous restaurer. Une sympathique terrasse nous accueille sous un soleil presque gênant, mais
qui ne calme pas notre entrain dans ces joyeuses retrouvailles. D'ailleurs Dédé a vraiment bien fait les choses pour attirer les railleries. Il rôde en effet sa nouvelle Versys, … dans une
éclatante livrée orange ! ! !
Nous profitons du repas pour établir le road-book de l'après midi puis partons à la recherche d'un point de ravitaillement pour
les bécanes. L'objectif est de rallier l'Aubrac où se retrouvent de nombreux copains pour ce long week-end. En route depuis quelques minutes, l'orage éclate et nous sommes rapidement trempés.
L'itinéraire initial étant écrasé sous de noires nuées, j'opte pour un changement de direction et pars vers le sud en direction de Montsalvy. Sage décision, puisque nous retrouvons très
rapidement des routes sèches et un soleil ardent qui finit de nous sécher.
La fine équipe sous les menaçantes volutes sombres.
La route est particulièrement agréable. De magnifiques points de vues, un revêtement de bonne qualité, des grandes courbes,
autant d'éléments qui font que la vitesse dépasse rapidement le seuil légal. Les quatre motos virevoltent, bien espacées et décalées, enroulant les enchaînements dans un accord parfait. En
arrivant dans une portion où les lignes droites se font plus longues, un coup d'œil au compteur m'interpelle et je réduis légèrement l'allure. Quelques kilomètres plus loin, j'aperçois, trop tard
bien sûr, une fourgonnette bleue et une "gendarmette" collée au viseur de ses jumelles ! Je relâche l'accélérateur avec deux appels de stop pour mes suiveurs, mais les gendarmes en faction dans
les taillis ne bougent pas. Que ces secondes sont longues. Arrivés à leur hauteur, un gendarme nous fait signe de ralentir, sans autre forme d'intervention. Je vois bien là la différence entre la
bestiale machine et l'humain avisé. L'un aurait envoyé quatre PV à 45€, et l'autre a rempli sa mission de prévention en constatant que la vitesse était loin d'être excessive dans le contexte et
nous a rappelé à l'ordre en fonction de la loi ! ! !
Ensuite, c'est vraiment les réjouissances. La fabuleuse descente vers Entraygues sur Truyère, puis la magnifique enfilade des
gorges du Lot. Malheureusement, la pluie nous reprend à Estaing où nous nous arrêtons pour enfiler les tenues adéquates. Les kilomètres suivants sont plus difficiles. Sur le mouillé, mes
angoisses remontent invariablement à chaque virage, je n'ose pas doubler et mon rythme devient plus saccadé.
A Saint Côme d'Olt, nous obliquons vers Nasbinals. La pluie a cessé, mais la route est séchante. Ces conditions sont celles que
je redoute le plus. Nous pouvons entrer dans un virage sur le sec et retrouver le mouillé en sortie. Avec mon état d'esprit actuel, j'anticipe encore plus et nous ne craignons plus vraiment les
éventuels radars.
Ensuite, nous traversons le majestueux plateau de l'Aubrac sous la grisaille et les faibles ondées pour arriver à Marvejols et
retrouver bon nombre de copains, mais aussi de nouvelles têtes. L'ambiance est joyeuse et nous pouvons profiter de la terrasse pour nous désaltérer au milieu de discussions endiablées, des
taquineries qui fusent de toutes part ou des apartés plus sérieux lorsque nous évoquons des sujets plus personnels.
Des dizaines de motos alignées, bien à l'abri dans ce vaste garage de l'hôtel.
La grande question du moment, pour nous quatre, est de savoir si nous pouvons passer la nuit ici, ou si nous devons retourner à
Bort ce soir. La route de nuit et probablement sous la pluie ne nous réjouit pas, mais tous les hôtels de Marvejols sont complets. Dans ce cas, mes acolytes vont devoir restreindre l'absorption
de boissons euphorisantes. Par bonheur, une réservation dans l'établissement accueillant notre joyeuse bande (hôtel de l'Europe) n'est pas confirmée.
La directrice, après avoir vérifié cet état de fait, nous propose cette chambre de deux et accepte avec diligence de la sur-équiper pour nous accueillir à quatre. Merci encore à elle et à toute
son équipe pour leur gentillesse et leur efficacité. Cet établissement est bien à conseiller aux motards.
L'apéritif peut démarrer sereinement, suivi d'un excellent repas et d'une soirée qui s'éternise en terrasse, dans une nuit douce
et calme, hormis nos crises de rire.
Le samedi matin, comme d'habitude, je suis le premier levé. Un petit tour en ville, dès que l'orage est terminé, pour trouver un
café ouvert. Mais il est décidément trop tôt et je dois attendre l'arrivée du personnel de l'hôtel. Je peux enfin absorber ma boisson favorite en compagnie de Loup, le grand organisateur de cette
concentration du lièvre. Tout doucement, la salle se remplit, les premiers sont déjà à préparer leurs montures quand les derniers arrivent.
Notre petit groupe de quatre salue tout ce petit monde que nous abandonnons après avoir étudié le road-book avec Dédé. Pour
éviter de reprendre les mêmes routes que la veille, nous décidons de rejoindre Saint Chély d'Apcher avant de repartir plein ouest vers le Puy Mary. Quand Ulrich est enfin prêt, la météo nous
agace et nous partons faire le plein des machines sous un crachin omniprésent. A la station, un véhicule de la D.D.E. attend derrière Dédé et sa Versys caméléon, de la même couleur que sa voiture
suiveuse. Va-t-il faire l'escorte ?
Comme le ciel semble plus clair vers le nord-ouest, je décide d'annuler nos prévisions et de repartir vers Nasbinals. Dès
l'arrivée sur le plateau la pluie à cessé mais la route reste mouillée. Ma hantise est toujours omniprésente et tend à faire monter une tension déjà présente par mon rôle d'ouvreur. Une pause
photo au cœur du plateau grandiose de l'Aubrac est rapidement écourtée par l'arrivée de volutes foncées qui foncent vers nous en arrosant largement leur passage. Seules quelques gouttes nous
atteignent et nous arrivons à reprendre de l'avance sur les nuages. Nous avons conclu que seul la teinte du ciel décidera de notre route. Dans cet esprit, à Nasbinals je prends la direction de
Chaudes Aigues où nous faisons une pause café.
Dédé et sa lumineuse Versys, perdus au milieu de l'Aubrac ! ! !
Et c'est reparti en direction de Saint Flour. Passage de la Truyère et superbe remontée vers le plateau avec une pensée émue
pour les deux concentrations de la tortue qui se sont déroulées ici. A Neuvéglise, nous obliquons vers la gauche pour emprunter la route vers Pierrefort par une voie encore inconnue mais
magnifique, qui joue avec les limites du Cantal et de l'Aveyron. Nous quittons cette D990 pour la D54 qui nous amène au village de Pailherols en pleine animation. La fête du genêt bat son plein
et nous en profitons pour nous dégourdir les jambes sous un ardent soleil. Nous admirons les vieux tracteurs agricoles exposés puis jetons notre dévolu sur les spécialités alsaciennes proposées,
à savoir des tartes flambées (flamenkuche ou flamme) arrosées d'un blanc breuvage particulièrement fruité et gouleyant. Nous terminons sur une excellente flamme pommes-cannelle avant de reprendre
notre pérégrination.
Pause agricole intemporelle.
A Vic sur Cère, pause café et détente avant de repartir vers le nord. Ces successions de routes mouillées, étroites,
gravilloneuses aux virages souvent serrés et aveugles ont mis à rude épreuve mon appréhension devenue presque maladive. Je propose même à mes trois acolytes de continuer sans moi afin qu'ils
profitent mieux de ce superbe terrain de jeu. Un petit tronçon de N122 est vite abandonné. En effet, si le tunnel est pratique, le passage par le col de Cère (1294 m.) est nettement plus agréable
et joueur. La décompression obtenue dans la vallée semble efficace et je retrouve un rythme moins heurté et surtout, beaucoup plus de plaisir. La station du Lioran est traversée au pas. Elle est
envahie par une foule dense venue participer ou assister à "l'Oxygen Challenge", un défi sportif ambitieux.
Nous retrouvons de nouveau la N122 que nous abandonnons à l'entrée de Murat pour emprunter la D3 en direction de Bort. La
fameuse RAB (Route A Bonheur) si chère à Dédé ! 20 kilomètres de paysages grandioses avant d'arriver à Riom-ès-Montagnes. Successions de vallées et plateaux, des herbages denses peuplés de
troupeaux, les sommets de la chaîne du Puy Mary encore parés de traces de neige et, serpentant dans ce fabuleux décor, notre route qui nous balance d'un virage dans l'autre.
A Riom, pause boisson pour les machines et mise à jour du planning. Jusqu'ici nous avons évité les orages, les perspectives sont
encourageantes et il est trop tôt pour rentrer directement sur Bort. Dédé propose d'aller rendre visite au circuit de course de côte du Sancy. Je suggère de rejoindre ce secteur par Condat, Besse
et la vallée de Chaudefour. Dédé apprécie largement cette route, Pascal en connaît un petite portion et Ulrich paraît alléché par nos commentaires. C'est donc reparti sur la D678. Après Condat
nous saluons un groupe de motos qui redescend et dans lequel nous reconnaissons "Machaing", un des copains du sud participant au "Lièvre" basé à Marvejols. Dans ce secteur la chaussée est plus
large, la visibilité meilleure et ma tension décroit suffisamment pour que j'enroule plus fermement les enchaînements.
A la sortie de Besse en Chandesse, un panneau nous annonce que le col de la Croix Saint Robert (1451 m.), notre objectif, est
fermé. Dommage, il va falloir passer par le col de la Croix Morand (1401 m.), magnifique aussi, mais moins joueur ! Trois options s'offrent à moi. Rebrousser chemin pour rejoindre Murol, obliquer
à droite après le rocher de l'aigle pour atteindre Chambon sur lac, ou traverser la vallée de Chaudefour avant d'emprunter la D636 pour rallier la D996. J'opte pour cette troisième possibilité.
Ainsi Pascal et Ulrich pourront découvrir la magnificence de la vallée de Chaudefour enchâssée dans le massif du Sancy dont les dernières plaques de neige d'altitude étincellent au soleil.
A la sortie de Moneaux, nous passons sous le portique alléchant nous annonçant le point de départ des courses de côte, arrivons
au carrefour de la D636 que nous devons emprunter … pour découvrir que le col est ouvert ! ! ! Et c'est parti pour un tour de manège sur ce tronçon de D36. Seulement 5 kilomètres pour atteindre
le col, mais 45 virages de toutes configurations avec un revêtement de folie. Il faut toutefois rester vigilant car les véhicules qui stationnent sur les bas-côtés entraînent parfois de longues
trainées de gravillons !
Une vue très partielle de ces nombreux virages ...
C'est ensuite la descente vers le Mont Dore, la traversée de La Bourboule pour retrouver la D922 qui nous ramène vers Bort. A
l'horizon, le ciel est particulièrement chargé et j'accélère le rythme pour tenter d'éviter une éventuelle ondée. Peine perdue. A une quinzaine de kilomètres du but, nous entrons sous un orage
monumental. Arrêt pour enfiler les tenues pluie alors que nous sommes déjà trempés, et nous repartons au ralenti, sous des trombes et sur une chaussée se muant en torrent par endroit. Nous
croisons une moto et je découvre au dernier moment qu'il s'agit de Michel sur sa BMW RS. Je pensais l'inviter pour notre repas de ce soir, mais ça ne sera pas la peine d'essayer de
l'appeler.
La pluie cesse à l'entrée de Bort et la distance restante est juste suffisante pour s'égoutter, mais pas pour sécher. Les motos
remisées au garage, nous pouvons donc étendre nos tenues.
Il est temps d'attaquer l'apéritif pendant que je valide la justesse de ma mise en place. En effet, je suis parti depuis quinze
jours et je me suis organisé pour ne pas avoir de courses à faire au cours de nos balades. Pendant que le pain cuit au four, les pommes de terre améliorées (avec quelques tranches de magret ,
entre autre) rissolent gentiment dans l'attente de recevoir la tome fraîche de Cantal. Cette truffade à ma façon semble être appréciée. Elle est suivi des fromages locaux et le tout finit de
glisser avec un Colonel (sorbet citron et vodka).
Le dimanche matin, chacun se prépare pour le retour. Le trajet des sudistes Dédé et Ulrich est établi en fonction des dernières
données météo dans le but d'éviter au maximum les zones de pluie. Quant à Pascal, l'esseulé repartant vers l'ouest, je lui fais un petit bout de route jusqu'à Bugeat. Chacun rencontre des
épisodes pluvieux au retour mais rentre à bon port sans encombres, des images plein la tête.
L'Aubrac, des plateaux herbus à perte de vue sous un ciel d'orage.
Le week-end qui suit ma chute, nous allons dans la région Nantaise avec Pascal pour retrouver des potes des Pinguinos chez
Christian. Je me fais conduire en fourgon ce qui facilite la remise en forme des chairs meurtries et me permet de profiter au mieux de ces moments magiques émaillés de souvenirs, de taquineries
et de rigolades … qui finissent par nous donner mal au ventre ! ! !
Ensuite quelques activités Bretonnes et je repars en direction de la région de Poitiers. L'allure est des plus mesurée. Chaque
changement de teinte de l'asphalte entraine immédiatement un raidissement et un ralentissement. Je n'arrive pas à regarder mes trajectoires. Invariablement mes yeux se portent sur la chaussée
devant mes roues pour vérifier le bon état du revêtement. Il en découle une allure hachée et des prises d'angle particulièrement timides. Il va surement me falloir quelques mois pour annihiler
ces réactions réflexes, comme après ma dernière très grosse frayeur dans les Alpes ( cf. 3 jours pour 4 massifs... ).
Une petite pause au Cap Fréhel, sur la côte d'émeraude qui porte bien son
nom..
Ici, vue sur la lointaine pointe d'Erquis, et de l'autre côté sur Saint
Malo.
Le dernier week-end de mai est consacré à mes neveux Charles et Victor. En l'absence de leurs parents, nous démarrons le
week-end par un excellent concert de Chucho Valdès and the Afro Cuban Messengers, à l'occasion du superbe festival Jazzellerault.
Comme ces jeunes ne connaissent pas trop mon univers moto, je leur propose de profiter du FSBK qui se déroule sur le circuit du
Vigeant, ce qu'ils acceptent avec entrain. Le samedi, en voiture car je n'ai pas de side, nous allons jusqu'à Bort afin de démonter des pièces sur Div'3, en vue de reconditionner proprement
Div'4. Le dimanche nous repartons de très bonne heure pour profiter pleinement d'une journée complète sur le circuit.
Le temps est superbe et nous nous arrêtons à l'Isle Jourdain pour faire quelques courses. Et je tombe sur Christian du team
Kawasaki SRC qui vient chercher les croissants. Bonne entrée en matière ! Dés notre arrivée, un petit tour dans le paddocks où nous saluons quelques compétiteurs à deux ou trois roues, mais aussi
certaines figures de notre environnement tel que Serge Nuques (souvenir d'une superbe glisse dans la descente du Mont Faron) ou Christophe Guyot venu sans sa guitare (la dernière fois que je l'ai
approché c'était lors d'un run musical endiablé avec les MJ boys à Vincennes !).
Charles et Victor font bien les fiers sur le side de mes potes Ardéchois ! !
!
Les jeunes sont enthousiastes de découvrir ce qui est pour eux une grande nouveauté, et leur intérêt prend encore de l'ampleur
lorsque nous nous déplaçons autour du circuit. Il est vrai que le spectacle est impressionnant alors, pour des néophytes, ce doit être dantesque …Ils découvrent aussi l'ambiance typique à notre
monde. Ainsi, nous passons quelques moment avec Jojo du forum 900 Diversion et sa petite bande. Nouveaux chahuts, nouvelles crises de rigolades et étonnement grandissant des jeunes !
Je profite de la pause de midi pour aller saluer quelques connaissances. Arnaud Sajoux est désabusé par les réactions
intempestives de sa Bimota. Il doit batailler avec sa machine et regrette amèrement de ne pas pouvoir arsouiller devant. Remy Echard est à peu près dans le même état suite à une casse moteur …
J'aperçois Gilles Staffler le manager du team Kawasaki SRC. Il semble tellement abattu que je n'ose pas aller le saluer. Il faut dire qu'il doit avoir la rage de voir ses pilotes, Julien Da Costa
et Gregory Leblanc se battre comme des beaux diables contre les BMW en début de course puis devoir rendre la main pour cause de pneus déficients … histoire à répétition depuis le début de la
saison !
Les deux jeunes pendant les procédures de départ de la coupe
Pirelli.
Les courses reprennent de plus belle l'après midi, mais mes neveux n'auront pas le courage d'aller au bout. Entre un lever aux
aurores et une chaleur écrasante, ils préfèrent légèrement écourter un week-end déjà bien chargé. Je profite du temps qui me reste ici pour faire quelques clafoutis et remonter plus proprement
Div'4 en prévision du prochain week-end.
Au mois de novembre, je vous annonçais la parution du premier polar-motard de Jean-Paul Dautricourt (cf "Idée lecture"). "Cap au Nord" nous entrainait dans le sillage des aventures d'un flic-motard peu conformiste, le
capitaine Beaulieu qui devient commandant, chevauchant sa MV ou la ZZR du service.
Ce premier opus d'une série qui s'annonce fournie et mouvementée a pris son envol calmement, entachée de la diffusion
restreinte de l'auto-édition, mais l'auteur a terminé le second volume et attaqué le troisième.
Ce deuxième volet, "Tourne la poignée Beaulieu", sera édité par "les Deux Encres" pour le 20 septembre, et à cette occasion,
une opération de souscription avec prix préférentiel et de promotion est mise en place :
Pour toute commande avant cette date,
1 livre acheté = 1 livre offert !
Voilà un bon moyen de se faire plaisir tout en affirmant notre solidarité envers Jean-Paul.
En effet, plus cette souscription sera importante, plus son esprit sera dégagé des contraintes matérielles. Ainsi, il peut se
concentrer sur l'écriture et nous préparer de nouvelles surprises.
Personnellement, j'ai hâte d'être au mois de septembre …
en attendant,
faire tourner cette information est un premier geste de partage ! ! !
Pour mes plus fidèles lecteurs, cette précédente "lettre ouverte" n'apporte pas de grandes nouveautés à mes propos
parfois acerbes.
Au cours de ces dernières années, je me suis épanché à plusieurs reprises sur les thèmes de la Sécurité routière, de
l'égalité ou de l'attitude de nos politiques (au moins mon ressenti !).
Pour mémoire, voici les liens des textes en question
:
En ce qui concerne les notions d'égalité, voir les deux articles relatifs à Fred, et surtout les commentaires,
particulièrement celui de Daniel Daigneau, père de Fred (le motard assassiné à Toulouse) et ma réponse.