En préparant l'annonce des inscriptions aux Millevaches, je découvre avec effroi que le CR de l'édition 2014 a disparu …
Mais en cherchant mieux, je le retrouve. Mais à l'état préparatoire, pas édité … des centaines de photos en attente …
J'entends d'ici quelques voix taquines évoquant les attaques sournoises d'un certain Alzheimer.
Que nenni ! Je me suis tout simplement embarqué dans une très prenante aventure dès la fin 2014 : le lancement et la montée en puissance d'un tout jeune team de compétition moto, MP Racing. Et je n'ai aucun regret en regard de cette saison tonitruante et riche d'aventures et de résultats …
Mais il n'est pas trop tard pour reprendre le cours de l'histoire, et voici donc le récit de cette dernière mouture des Millevaches !
En décembre, je vous contais les ardents préparatifs de cette édition importante de la concentration des Millevaches qui marque le 45ème anniversaire de sa création par Michel Perdrix. (cf. Mes préparatifs Millevaches – Un conte de Noël ! )
Comme évoqué dans cette parution, mon pote Eric débarque en début de semaine à la maison. C'est sa première grande sortie moto depuis son opération et il arrive fatigué, transi mais euphorique. Avec moi qui n'ai pas pu toucher à la bécane depuis près de quatre mois, ça sent la semaine des éclopés ! ! !
Objectif pour nous deux : passer du bon temps et, sinon remédier, au moins atténuer les effets de nos maux !
Et ce contrat se réalise de la plus belle des manières.
Pour son estomac malmené, nous nous préparons quelques plats. Petits par la quantité, mais parfois grandioses dans les saveurs. Chaque journée débute par un croissant maison tout chaud. Chaque diner s'entame par une soupe de légumes frais. Entre les deux, quelque pièce de bœuf sauce poivrade, lasagnes, crème aux œufs, meringues, ou autres plats, tous mitonnés à la maison …
Mais il nous reste tout de même un peu de temps à occuper. Et la météo, capricieuse et fraiche, nous offre quelques fenêtres passables pour sortir les mobylettes !
Remise en jambe timide pour moi, et un peu inquiète …
Des toutes petites flâneries autour de Bort (19), ce qui permet aussi à Eric de découvrir des sites enchanteurs, encore inconnus pour lui malgré ses nombreuses visites :
- Le superbe château de Val qui résiste à la montée des eaux et devient une presqu'ile. Et nous en profitons pour rendre une petite visite à Michel, un copain fan de BMW.
- Le site de Saint Nazaire à une dizaine de kilomètres qui nous octroit la grandiose vue sur les gorges de la haute Dordogne … et la sérénité calme du lieu, à l'opposé du port du même nom !
- Le balcon des Orgues, surplombant la ville et offrant une vue infinie sur un environnement fabuleux mais aujourd'hui relativement limitée.
Si la tête du Sancy est dans les nuages, nous apercevons tout de même le pied de ses pentes enneigées. Les plateaux de l'Artense et du Cézalier déroulent leurs vallonnements sous des averses ponctuelles. Par contre, pour terminer ce panoramique, les monts du Cantal dont le Puy Mary sont occultés par les nuages.
Je lui repasse quelques-unes de nos balades régionales en les replaçant dans ce contexte géographique. Il comprend mieux les longues heures de selle et ponctue ces explications par un laconique mais percutant : " Ah oui, tout de même !".
Nous nous enhardissons et allons ensuite un peu plus loin, comme à Salers (15). Nous jouons avec les averses, roulons sur le mouillé parfois bien boueux, mais profitons bien de tous ces moments.
Le vendredi, nous attendons deux compères bretons, Willam et Dédé. Ce dernier doit avoir une confiance limitée dans les mets Auvergnat ou Limousins et nous apporte galettes, cidre et crêpes.
Donc pas de préparatifs particuliers à prévoir, juste la logistique d'accompagnement, beurre, œufs, jambon, fromage, confitures, etc …. Il me faut toutefois anticiper le piquenique de samedi et de quoi sustenter mon petit monde le dimanche !
Pour ce repas, nous avons invité Michel (le BMiste), un habitué de ces soirées et une voisine, Chantal afin qu'elle fasse connaissance avec l'équipe avant d'affronter le plateau et sa cohorte de motards !
Inutile de vous narrer la soirée. Triste, longue et pénible, comme d'habitude ! ! !
Au milieu de la nuit, mon frère Laurent arrive avec Sylvie et leur fille, ma volontaire et fabuleuse nièce Manon. Elle vient pour travailler à son mémoire de kiné et profite de l'afflux de motards afin d'accroitre son panel de volontaires pour ses observations cliniques.
Ils sont affamés et apprécient la chair, même bretonne !
Dès le dessert avalé, au petit matin, tout le monde va se coucher. La journée prochaine s'annonce longue.
Samedi 8h00. La caravane est prête à partir après un petit déjeuner agrémenté de mes croissants tout chauds. Ils semblent appréciés. J'ouvre la route suivi du Z1000 d'Eric, de la BM de Dédé et du FJ attelé de William. Chantal a pris place dans le panier (side) pour une nouvelle expérience … au ras du sol avec ce Comanche. Derrière cette escorte hétéroclite; Laurent, Sylvie et Manon suivent en voiture.
Dès l'arrivée à la salle des fêtes de Meymac, je présente Manon et ses parents aux instances du club et la future kiné se met immédiatement au travail. Motivée la petite (elle est bien grande maintenant, mais demeurera ma petite !). Avec le reste de la troupe, nous passons aux inscriptions, buvons un café et devisons joyeusement au gré des rencontres et des retrouvailles.
Mais il faut aussi nous organiser pour la journée. Une virée au supermarché local pour acquérir de quoi manger le soir et retour à la salle pour déguster le rôti roulé aux herbes valorisé par ses trois sauces, mayonnaise, cocktail et ailloli. Du grand luxe dans cet environnement !
Ensuite, les motos et side-car montent vers le plateau pour installer le campement. Personnellement, et exceptionnellement, je ne résiderai pas sous la toile cette nuit. Je retournerai à Bort, en famille !
J'en profite pour faire un premier tour du lieu et réaliser quelques photos, mais aussi saluer tous les copains du Moto-Club Meymacois en plein boulot pour accueillir dignement tous ces motards expatriés au bout du monde. Chaude ambiance !
Dans l'après-midi, il me faut redescendre à Meymac pour retrouver Manon et, surtout, répondre à une certaine obligation. Recevoir avec Bill les derniers gagnants du concours. Depuis la veille, le Président du Moto club accueille personnellement chaque lauréat pour lui remettre la superbe BD de Sato, le second volume de la série "Steve Mc Twin" (cf. Sato aux Millevaches ! ! !).
La surprise est totale et parfaitement mise en scène. Au cours des dernières semaines, le sujet a fait l'objet de bien des supputations, mais le secret est parfaitement gardé.
A son arrivée, chaque vainqueur, lors de son inscription, se voit annoncer qu'il doit rencontrer Bill. Les impressions sont multiples, de l'honneur à l'appréhension.
Puis il reçoit son lot, avec des sentiments non dissimulés, alliant l'étonnement et le plaisir.
Je peux ainsi terminer de la plus belle manière ma mission relative à ce concours organisé avec un bonheur parfait. Un étonnant esprit de partage, tant en interne pour l'organisation que lors de l'animation du forum, autant vis-à-vis de l'ami Dom' le dessinateur qu'avec les gagnants. De grands moments !
Les inscriptions se raréfient, la nuit tombe et Manon peut commencer à relâcher la pression. Ses meringues, destinées à remercier chaque participant à son étude profitent aussi aux organisateurs présents (particulièrement à certaines gourmandes !).
Nombreux sont les motards qui lui ont consacré les quelques minutes nécessaires à ses observations. Ses parents s'occupent de l'accueil, des formulaires à compléter et elle peut ainsi se consacrer aux tests cliniques.
Encore merci à eux tous. Ils ont leur part dans sa réussite, quelques mois plus tard (cf. Enorme hommage à mes amis motards !) dans la présentation et la soutenance de son mémoire puis l'obtention de son examen !
Nous abandonnons cette salle de Meymac pour rejoindre les copains sur le plateau. Manon est particulièrement impressionnée par l'étendue du campement, par la foule présente. Visiblement, il n'y a pas que son Tonton qui soit Barjot ! ! !
Il me reste une "obligation" à assumer. Accompagner Bill et son équipe dans la réception des anciens de cette concentration. De grands moments d'émotion, de souvenirs, de nostalgie. Mais une nostalgie positive, ponctuée de rires, baignée de plaisir !
Je me consacre ensuite aux copains. D'autant que je retrouve avec joie une joyeuse bande déjà pratiquée lors des deux derniers Bol d'Or Classic : les Steph', Nono et consorts. Ils nous offrent leur feu et nous partageons ces moments … mais aussi nourriture et boissons, notamment l'élixir de Dédé !
Ce coquin de Breton a ramené un liquide ambré dans une bouteille de Jack Daniel's. Mais c'est du jus de pommes fermenté, une eau-de-vie locale de contrebande, chargée à souhait en degrés alcooliques …
Et le cousin d'un de mes potes (pas de nom, pas plus de précisions sur cette "affaire" !), déjà bien parti, se prend d'une amitié particulière pour cette bouteille :
- "T'en veux du whisky ?"
- "Mais ce n'est pas du whisky, c'est de la gnole, tu devrais te calmer !"
- "Regarde, c'est du whisky, et du bon. D'accord, il a un petit gout de pomme, mais c'est du whisky …" (avec la voix pâteuse et la diction hésitante !).
La nuit fut plus courte pour lui … et le réveil chaotique ! ! !
Mais dans le matin froid, il me faut rentrer, ouvrir la route à Manon qui a pris le volant … avec beaucoup de précautions ! Résultat, le retour est d'autant plus long que je tombe de fatigue.
Après quelques heures de sommeil et un bon petit déjeuner Éric nous rejoint. Quelques chahuts avec Manon qui teste la tenue du Landais et nous dégustons tous ensemble le chou farci. Les Bretons sont repartis directement du plateau. Manon et ses parents font rapidement de même, sans omettre de prendre une bonne part de chou à remettre à mon neveu Maxime. Il est au boulot à Orléans et ils vont y faire une rapide halte.
Nous nous retrouvons bien seuls avec Éric. Alors nous reprenons les bécanes et partons en montagne pour trouver, enfin, la neige …
Fraiche mais chouette balade !
Éric finit par rentrer dans les Landes me laissant avec les souvenirs d'une encore superbe hivernale dont le fil rouge est la solidarité …
- Solidarité avec les anciens des Millevaches, accueillis avec honneurs, bienveillance et respect ;
- Solidarité avec le handicap par le truchement de l'aide à Manon et à l'antenne du Téléthon ;
- Solidarité avec les artisans locaux, particulièrement pour la bière "La 1000" , ou le producteur du documentaire "Les 1000 Vacches" ;
- Solidarité avec le dessinateur Sato en lui prouvant notre attachement dans ses épreuves ;
- Solidarité avec le reste du monde et les générations futures avec l'accroissement de la démarche écologique ;
- Solidarité entre nous tous, baignés dans la chaleur confraternelle de ce lieu …
Encore quelques vues, celles des infatigables, pendant et après la manifestation.
Pour l'avant, vous aviez déjà une petite idée (cf. Millevaches, J-19 !), y compris pour cette année (cf. l'article de la semaine dernière).
Et il ne nous reste plus que 6 semaines avant de vivre la prochaine …
youpi ! ! !
PS :
Bien occupé, je n'ai pas pu faire énormément de photos …
- Un grand merci à William qui m'a donné accès aux siennes ;
- Mais aussi un immense merci à Roland, le Papy-Rassis (euh, pardon, l'infatigable Paparazzi du Moto-Club Meymacois) qui passe beaucoup de temps à immortaliser ces moments afin de pouvoir revivre et partager ces tranches de vie … ou réveiller des mémoires défaillantes …