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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 16:59

 

Ce jeudi 5 décembre je rentre de la région parisienne à bride abattue. Pas question de flâner en route, d'emprunter des chemins de traverse, c'est la pénible mais rapide autoroute vers Limoges. D'abord, la température n'incite pas à la balade, mais surtout, les copains arrivent demain pour la fameuse concentration des Millevaches.

 

Dès le matin, mes prévisions sont plombées. Je dois régler quelques soucis de téléphone avant de partir. En effet, lors d'un changement de forfait, mon fournisseur a décidé que c'était une résiliation (tout en prélevant les fonds !). Cela fait donc 24H00 que je suis injoignable. Pratique dans l'univers du salon ! ! ! Heureusement, je suis tombé sur des personnes qui écoutent et en deux heures nous sortons d'une situation kafkaïenne …

 

Ensuite, il me faut refaire tout mon chargement. Les flyers GECO sont trop lourds pour les valises et je dois permuter les charges avec la sacoche de réservoir pour un équilibre moins précaire. Je pars tout de même en fin de matinée et je ne peux pas rattraper le temps perdu. La fatigue associée à la lancinante voie rapide m'oblige à m'arrêter deux fois pour me gorger de café. Les signaux d'alerte sont clairs : les bandes blanches se mélangent, se croisent et entament un ballet des plus désordonné … Café, marche, et ça repart pour une bonne heure.

 

Un arrêt à Meymac pour déposer mon chargement de papier et me réchauffer un peu après la traversée du plateau. La nuit tombe et tous les bénévoles qui s'activent à la préparation de la concentration vont bientôt redescendre. Je décide de les attendre, mais change vite d'avis. Deux jeunes femmes évoquent les conditions de circulation entre Meymac et Bort. Des plaques de verglas et deux voitures dans le décor ! Il est grand temps de se presser … doucement ! Je verrai les Meymacois samedi.

 

Pour cette fin de parcours, le temps normal est doublé, comme la tension d'ailleurs. En plus de surveiller l'état de la chaussée et l'environnement, il ne faut pas que le regard quitte le rétroviseur. En effet, quelques abrutis (et le mot est encore faible) se positionnent parfois à un ou deux mètres de la moto. Dans ces conditions, en cas de chute, il est évident que le motard risque fort de servir de ralentisseur ! ! !

L'un d'eux insiste tellement, malgré mon clignotant à droite et mes signes désespérés pour qu'il double, que je finis par m'arrêter. Ce jeune (un A est apposé derrière) veut probablement me prouver sa maîtrise et passe dans une montée en régime rageuse. Dans la petite chicane qui suit, ses phares balayent rapidement les deux côtés de la route. Heureusement pour lui, la plaque de verglas est limitée et il profite de toute la largeur de la voie, sans véhicules dans le sens inverse, pour rétablir sa figure acrobatique … et c'est lui maintenant qui bouchonne !

 

Le lendemain, les copains arrivent.

Tout d'abord les Bretons Pascal et Dédé. Ce dernier a troqué sa bécane pour une place dans le panier du Comanche. Ils déchargent leurs affaires dont les galettes, les crêpes et le cidre pour le repas du soir. Cette proposition de Dédé me sauve d'ailleurs la mise car je n'avais pas le temps de faire beaucoup de préparatifs !

Michel, le local, nous rejoint en fin d'après-midi.

En début de soirée, Eric arrive des Landes avec un petit nouveau, Stéphane. Un solide apéritif les détend, surtout après la longue et lancinante descente sur Bort, à la chaussée blanchissante.

 

Immédiatement je dois répondre à un feu roulant de questions. Le salon ? Le GECO ? Éric Offenstadt ? La presse ? Les visiteurs ? .etc… Mais si Eric, Pascal et Michel sont adhérents, Dédé ne s'est pas encore positionné et Stéphane amplifie sa connaissance du projet, après avoir reçu une première couche en provenance d'Eric. Deux clans s'affrontent avec verve mais aussi sourires. Un résumé de la Tribu du GECO contre le reste du monde … sauf que là, la "Bande à Pépé" est majoritaire ... et forte en gueule ! ! !

 

La soirée est endiablée autour des complètes (galettes de sarrasin fourrées d'œuf, jambon et fromage râpé). Seul Stéphane semble légèrement inquiet. D'une part il n'est pas habitué à nos chahuts et d'autre part, il doit se sentir un peu la tête de Turc. Des messages redondants l'agressent en permanence, du type :
"Cette année c'est Stéphane le bizuth. Il faut le baptiser pour sa première hivernale !"

"Tais-toi, tu ne fais pas partie de la bande à Pépé, ici tu n'as pas droit à la parole !"

Puis vient le tour de la sacro-sainte Tatin. Je suis obligé de réaliser ce dessert chaque fois qu'Eric passe par là. J'ai trop peur qu'il se fâche. Et comme il est taillé comme un pilier de rugby, je ne cherche pas à l'énerver ! ! !

 

Au café, nous réglons nos comptes, financiers cette fois. Pascal ouvre le bal en me remboursant l'inscription à la concentration, majorée de son renouvellement 2014 pour ProGECO Moto. Eric emboite le pas dans les mêmes conditions. Dédé qui s'était inscrit de son côté aux Millevaches me tend de l'argent. Comme je m'étonne, il me dit que c'est son obole au GECO. Michel en profite pour reproduire son engagement de 2013 pour 2014. Et Stéphane dans tout ça ? Eh bien, il s'aligne, il finance sa double inscription, aux Millevaches comme à ProGECO Moto, et visiblement pas contraint, mais satisfait de rejoindre cette furieuse bande …

Pour fêter cette union sacrée de "6 adorateurs du GECO" joyeusement réunis autour de la table, nous dégustons quelques élixirs de fruits avant de partir nous coucher au petit matin.

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !

Les machines, prêtes à partir, attendent des motards pas trop pressés !

 

Samedi matin, nous trainons sans vergogne au petit déjeuner. Le givre s'est déposé partout et nous ne sommes pas pressés d'aller affronter des risques trop présents. Vers 9H00, nous décidons d'aller faire les pleins. Mais il faut commencer par une séance de poussette. Le FJR d'Eric n'a pas apprécié l'humidité glaciale ! Heureusement la pente nous évite des efforts violents et la machine s'ébroue rapidement.

 

Dès le premier virage, je m'insulte copieusement. Mais quel c**, que suis-je venu faire là ?

En effet, la pente prononcée est toute blanche … et je ne peux plus me raviser. En première, les deux bottes au sol, un doigt effleurant la poignée de droite pour que les plaquettes caressent tout doucement le disque j'entame ce calvaire, les fesses bien serrées !

Mais comment sera la chaussée, au stop en bas ? Sans givre, mais bien humide. Je remonte le pied droit pour actionner le frein arrière et peux m'arrêter gentiment au signal de priorité. Ouf !

 

Le parking du supermarché est une vaste patinoire, et même à pied c'est scabreux. Il est urgent … de ne pas se presser ! ! !

Je propose que nous allions profiter du soleil resplendissant autour d'un café et d'attendre un moment que l'astre réchauffant dégage les principales difficultés. Bizarrement aucun de ces compères ne m'affublent de noms d'oiseaux relatifs à une timidité outrancière, voire à une couardise. Je ressens même une certaine libération face à mon propos …

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !

A Bort, le temps passe et le givre trépasse, mais tout doucement !

 

Vers 10H30, et après quelques courses, nous reprenons nos montures après l'édiction de quelques règles particulières. Augmenter les espaces entre nous, favoriser le passage des voitures si nous roulons trop doucement (au moins pour qu'elles ne se collent pas derrière l'un de nous), anticiper au maximum pour éviter les freinages brutaux, les prises d'angle prononcées. Et nous voilà partis, bien calmement …

 

Je connais particulièrement bien cette route. Les zones qui ne voient jamais le soleil, les parties ombragées et les feuilles qui finissent de tomber, les portions toujours humides, les enchainements de virages. Autant de secteurs que j'aborde après des décélérations progressives marquées d'appels de feu stop. Si le trajet est nettement plus long que d'habitude, nous arrivons à Meymac sans frayeurs particulières.

 

La salle des fêtes de la bourgade Corrézienne est une ruche. Les alentours sont encombrés de centaines d'engins à deux ou trois roues, du plus basique au plus élaboré, du plus standard au plus préparé, du plus moderne au plus ancien. Les va et vient sont incessants. Les nouveaux venus prennent les places laissées libre par ceux qui sont déjà montés vers le plateau. Et partout, ça se salue, ça s'invective, ça discute, ça rigole. La joie de se retrouver, la satisfaction d'avoir bravé les difficultés ou tout simplement le plaisir d'être là transpire partout !

 

Nous attaquons au vin chaud tout en saluant les copains retrouvés, comme cette sympathique équipe connue lors du Bol d'Or Classic (une de mes histoires en retard dont je vous parlerai dans les prochaines semaines).

Pour moi, c'est aussi l'occasion de valider l'opération GECO avec Bill. En effet, les flyers ramenés du salon sont à mis à disposition, autant dans cette salle que sur le plateau.

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
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Quelques vues de Meymac, point de ralliement.

 

La route qui serpente vers le village de Millevaches semble réservée aux motos. Par petits groupes ou en longues processions les motards quittent Meymac pour rejoindre le campement établi sur le plateau. Une petite route sur la gauche, quelques dernières courbes et la vaste étendue blanche apparait, étincelante sous le soleil, parsemée des taches multicolores des tentes et zébrée des filets de fumée des feux de camps.

 

Si la route était sèche et dégagée, les conditions de circulation deviennent nettement plus scabreuses sur le bivouac. Ça ripe, ça glisse, ça dérape, ça patine, mais chacun s'y met et les équipages arrivent à bon port, non sans quelques chutes bénignes, ici ou là ! Sur les zones plates les tentes se dressent, les espaces libres se restreignent pendant que les pentes se garnissent des stries de quelques piétons ou d'inconditionnels de la glisse qui marquent leur passage dans le manteau cristallin.

Des copains se retrouvent, de nouveaux groupes se forment, les aliments et boissons se partagent, chacun déambule, au fond de nulle part dans cet univers particulier où les gens s'apostrophent, rient, discutent, échangent sans se poser de questions particulières quant à l'autre. Il est là, tout simplement, il partage la même passion, il a bravé les mêmes difficultés et ils sont heureux de se retrouver …

 

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
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Photos de Dédé, ou plutôt avec son appareil,
car il aime bien figurer sur ces souvenirs !

 

L'abreuvoir est certainement le café du commerce de la place centrale du village. Tous convergent à un moment ou un autre vers ce lieu où officie une cohorte de bénévoles pour servir bières, sodas, vin chaud, soupe ou café. Ce n'est pas encore la foule et l'arrivée au bar se réalise facilement, toujours dans la bonne humeur partagée.

 

Dehors, le soleil descend rapidement sur l'horizon et ses rayons ne compensent plus les perfides attaques du vent qui accroit le refroidissement engendré par des températures négatives. Les ombres s'allongent, les teintes évoluent avec des dominantes orangées et offrent de brefs instants fantasmagoriques qui amplifient le sentiment de vivre des moments d'exception. Et, tout doucement, la voute céleste s'assombrit, le bleu devient profond, l'horizon rougeoyant encore irisé s'efface et le noir prend possession d'un univers parsemé d'astres scintillants. Univers, attitude et évènement de contraste. Les pieds dans la neige, le cœur chaleureux et la tête dans les étoiles. Le rêve bien éveillé !

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
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Mix des vues de Michel et des miennes.

 

Mais cette nuit ne ralentit pas les rencontres, bien au contraire.

Dehors les feux de camps sont autant de lieux de rencontres potentiels où l'on échange deux mots, une longue conversation, une grille de cuisson ou un breuvage régional particulier.

 

Ici, se sont de jeunes femmes qui se plaignent de ne pas être sur la photo et réclament une nouvelle prise, une fois installées au milieu des leurs compagnons. Les railleries fusent et les éclats de rires percent la nuit !


Là, c'est une discussion avec les acteurs du "Mur de la Mort". Je pensais que c'étaient ceux qui avaient fait défection lors de Festival Café Racer. Mais c'étaient des anglais. Nous devisons sur leurs activités et ils m'engagent à aller voir leur site : www.lemurdelamort.fr.

 

Quant à l'abreuvoir, il exerce parfaitement son rôle de point focal. La foule s'y presse et il faut jouer des coudes pour accéder au bar. Mais ce jeu est joyeux. Il offre de multiples occasions de lancer une boutade ou recevoir une gentille raillerie. Derrière le bar une armée de bénévoles agit avec célérité et bonne humeur. Certains partent prendre quelques heures de repos pendant que d'autres prennent la relève.

Et il y fait chaud dans cet abreuvoir coupé du vent. La chaleur des corps agglutinés offre une température ambiante nettement moins froide. Et ce confort relatif met en exergue la chaleur humaine dégagée par cette concentration de gens heureux d'être là, ensemble, tout simplement.

 

Si Pascal présente une tenue parfaite cette année, à l'inverse de l'année dernière, Eric prend le relais. Au début de la soirée il tentait de garder le contrôle de Stéphane, tout euphorique de baptiser dignement sa première hivernale, mais la nuit avançant, il évalue moins bien ses excès. Avant que je ne parte me coucher, il m'interpelle toutes les trois minutes par un sempiternel et pâteux : "Eh Pat, tu m'as jamais vu comme ça, hein Pat ?". Effectivement, je ne l'ai jamais vu comme ça …
Comme je le leur dis le lendemain, les années paires pour Pascal et les impaires pour Eric !

 

La nuit avance, toujours aussi grandiose et froide. Les groupes se raréfient, certains feux s'éteignent, la présence au bar faiblit. Pour beaucoup, la route du retour est longue et il faut se reposer un minimum alors que quelques irréductibles animent encore cette nuit magique.

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
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Dès 6H00, l'animation reprend de l'ampleur. D'abord timidement. Les quelques courageux … ou insomniaques qui boivent leur café assistent à l'arrivée des renforts des équipiers du MC Meymac, encore ensommeillés après de trop courts moments d'un repos bien mérité. Puis les croissants s'invitent à la fête alors que les participants apparaissent en rang de plus en plus serrés. Dehors, quelques moteurs s'ébrouent, plus ou moins fermement, annonçant les premiers départs.

 

Puis l'environnement évolue.

Le noir de la voute céleste vire au bleu profond pendant que la brillance des étoiles décline puis disparait. Le bleu du ciel s'éclaircit, l'horizon prend des teintes rougeoyantes et seul le croissant de lune est encore visible. Et, tout à coup, le disque solaire commence son apparition, mettant en relief les formes, couleurs et mouvements du site.

 

Maintenant, l'abreuvoir a retrouvé son ronronnement de ruche en hyper activité. Chacun se presse pour son petit déjeuner, son dernier achat de médaille ou souvenir (dont de de superbes vaches en peluche cette année), d'ultimes rencontres, avant de préparer son départ.

 

Certaines machines rechignent à démarrer. Mais là aussi le MC Meymacois assure et offre son assistance pour réveiller les batteries fatiguées. Les tentes se raréfient, les files de motos sur le départ s'allongent, les saluts s'échangent, la pièce se termine, les acteurs retournent dans leur monde de tous les jours, aux quatre coins de la France et de l'Europe …

 

En ce qui nous concerne, nous repartons sur Meymac en milieu de matinée pour prendre un café chez Arlette, siège du moto-club. Nous avons réservé une table dans notre pizzéria ( La Gondole) de l'année dernière et anticipé l'heure du service (un grand merci à ce sympathique couple). Ainsi, nos amis des contrées lointaines repartiront plus tôt. Michel et Bob nous rejoignent pour un rapide déjeuner. Aujourd'hui, autour de la table, c'est bien "Les 7 mercenaires du GECO" qui animent l'établissement ! ! !

Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
Millevaches 2013 - Encore une réussite - Encore des moments exceptionnels !
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Derniers saluts sur la place où sont parquées nos montures. Pascal et Dédé accompagnés d'Eric et Stéphane vont rouler ensemble jusqu'à l'autoroute A20, évitant la portion plus difficile de la route traditionnelle. Après Tulle, ils se sépareront, le side-car se dirigeant vers la Bretagne, et les deux solos prenant la direction des Landes.

 

Pendant ce temps-là, les valeureux bénévoles entament leur dernier marathon qui consiste à rendre à quelques-unes des mille vaches du plateau leur pré dans son état originel. Et c'est chose faite en fin d'après-midi ! ! !

 

Nul doute. Ils vont bien dormir ce soir ces dizaines de vaillants qui nous ont offert un environnement aussi propice à ce fabuleux rassemblement.

 

Leur sommeil réparateur de toute la fatigue accumulée sera bercé des milliers de remerciements qui convergent vers ce plateau des Millevaches.

 

Un site auréolé de sa mythique histoire motocycliste du siècle dernier et conforté par la fabuleuse saga du XXIème siècle dont nous venons de vivre, avec délectation, sa 5ème édition.

 

Dans la soirée, les échanges téléphoniques valident l'arrivée de chacun. Nous aussi nous allons pouvoir aller dormir, avec de nouveaux souvenirs pour alimenter nos rêves !

 

Vivement la 6ème du renouveau…
et un grand BRAVO au Moto-Club Meymacois,
comme à tous les participants !

 

 

PS :

 

ATTENTION !

DERNIERE SEMAINE
 

Pour profiter de l'offre exceptionnelle relative aux inscriptions 2014 de ProGECO Moto.

Après le 31 décembre il sera trop tard pour tenter de  bénéficier de ces fabuleux lots.
(voir l'article du vendredi 13, même si la revue de presse est déjà bien obsolète ...)


Mais les adhésions seront toujours possibles après, bien sûr …

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 13:51

 

Salut les amis,

 

Il est temps de penser à nos inscriptions à la mythique concentration des Millevaches. Le mois de décembre arrive à grands pas et il faut nous organiser en prévision de cet événement que certains d'entre nous vivent avec délectation depuis son renouveau en 2009 ! ! !

 

INSCRIPTION MILLEVACHES 2013 – UN CHOIX CORNELIEN ?

Pour mes proches habitués, nous gardons la même démarche. Je centralise et gère les inscriptions et la logistique qui va autour. Sinon, le formulaire est disponible ICI .

 

Néanmoins, cette année, cette manifestation pourtant conviviale, sent le souffre … En effet, deux concentrations se déroulent aux mêmes dates :

 

  • Les Millevaches,
    sur le plateau de Millevaches et organisée par le MC Meymac ;

  • L'Authentic,
    quelque part à 1300 m. (!) dans le parc des Volcans et organisée par Les Millevaches MCP.

 

Mes proches connaissent mes difficultés d'accès à Internet et cet imbroglio m'a été communiqué par la demande d'un ami, légèrement inquiet :

 

"Je me suis inscrit aux Millevaches, et je crois que je me suis bien fait bai... avoir. Je suis allé sur un site qui ressemblait beaucoup à celui de l'année dernière et me suis inscrit. Ces derniers temps des débats sur Facebook ont attiré mon attention et je découvre avec stupéfaction que j'ai du succomber à l'effet "Canada Dry". Bref, j'ai foncé tête baissée sur ce qui me semble n'être qu'un ersatz ! ! !

 

Ne comprenant pas vraiment le sens profond de ces propos, je passe quelques coup de fil. Je sais que les informations que je reçois ne peuvent pas être objectives, mais ça me paraît tellement délirant que je me lance dans ma propre enquête.

 

Voici maintenant ma synthèse :

 

  • Une association dénommée LES MILLEVACHES MCP est effectivement créée en décembre 2012, son siège étant situé dans le Puy de Dôme ;

  • L'adresse OFFICIELLE de cette association est le domicile de Madame et Monsieur COSTES, respectivement secrétaire et trésorier du MC Meymacois, leur démission de ce moto-club n'intervenant qu'en janvier 2013 … ;

  • Le site internet de l'association "Les Millevaches MCP" propose bien une concentration dénommée "l'Authentic", aux mêmes dates. L'aspect visuel de ce site est effectivement largement inspiré des graphismes du MC Meymacois (la bande de petits drapeaux, le logo, la référence à l'organisateur originel, Michel Perdrix, …).

 

Je suis assez écœuré par ces découvertes, mais cela donne une autre dimension à mon étonnement de l'année dernière. En effet, j'avais cherché Jean-Louis alias La Fourme (le fameux M. Costes) pour le saluer mais ne l'avais trouvé nulle part. Il était pourtant membre du comité directeur et co-organisateur de cette manifestation. D'ailleurs j'avais relaté ce fait qui m'apparaissait vraiment incongru, à la fin du CR paru sur le blog à cette époque ( cf. Millevaches 2012 – Une magnifique hivernale ! ). Je comprends mieux maintenant cette fausse pudeur qui ne colle pas vraiment avec le personnage que je croyais connaître auparavant ! ! !

 

Dans mes recherches, j'ai aussi trouvé deux documents édifiants relatifs à cette histoire et disponibles sur au moins un réseau social et de nombreux sites.

En voici les liens sur Facebook :

 

  • Échange de mails entre M. Costes et le MCP HORD (lien) . La nature des propos engendre d'ailleurs quelques interrogations quant aux capacités d'organisation … malgré un travail bien pré-mâché !

  • Lettre ouverte du Président du MC Meymacois (lien) .
    Concise, suffisamment dépassionnée et néanmoins éloquente ...

 

En tout état de cause, je m'abstiens d'autres commentaires qui pourraient devenir acerbes et très subjectifs …

Dans le même esprit, il ne m'appartient pas d'orienter votre choix vers l'une ou l'autre de ces manifestations, le mien est fait et vous devez savoir sur laquelle vous me retrouverez ! ! !

 

Néanmoins, trois questions me taraudent l'esprit :

 

Est-ce vraiment des pratiques qu'aurait utilisé
Michel Perdrix pourtant cité en référence ?

 

Avons-nous la plus belle image de la soi-disant fraternité motarde ?

 

Et surtout :

 

Est-ce que La Fourme rit de sa fourberie ?

 

 

Et enfin, le sage et expérimenté Christian Lacombe avait-il complètement douté en 2010 lorsqu'il s'exprimait sous le titre "Hivernale du cœur", avec des passages tel que :

 

"Mais là, dans cet immense champ vallonné, tout se calme.
On est là pour perpétuer la tradition.
La bonne tradition, pas celle d’une nostalgie geignarde.
Mais bien celle, immuable, des purs amoureux de la moto.
De ceux qui savent converser avec leur moto."

 

"On est là pour une réunion de famille.
Une famille extraordinaire, multiculturelle, multisociale, multi tout,
de groupes, de clans, de marques, de départements, de régions, de nationalités…
unifié dans ce qui doit être l’âme d’une démocratie idéale.
La communication et le partage sont les deux mamelles des 1 000 Vaches."

 

"Ici aux 1 000 Vaches, cette passion sature l’atmosphère, palpite autour de chaque feu de camp avec ce plus propre aux concentrations hivernales : la fraternité."

 

 

La présentation de "Papy" Lacombe, le texte complet et les réponses sont disponibles ICI

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 19:21
Parution dans Youngtimers Moto
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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 10:07

 

En ce jour du solstice d'hiver, si le jour recommence à grignoter tout doucement la nuit, les soirées restent longues et voici de quoi combler ces veillées, bien au chaud ...

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Je m'adapte donc aux standards (enfin, j'essaye), et je vous offre des bonus à l'article précédent de l'hivernale des Millevaches :

 

Une vision particulière d'un camp d'irréductibles motards perdus au fin fond d'un monde uniformément blanc. Les agapes, les chicaneries, les rigolades, les narrations sont autant de facteurs qui les réunissent et leur permettent de résister bravement aux assaut du froid envahisseur. (toute ressemblance avec un univers connu est absolument fortuite … hormis un léger plagiat de Uderzo et Goscinny !) :

 


 
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Le site de Mototribu qui vous offre une vision large de cet événement motard. Adrien nous a concocté une superbe mise en page. Il vous propose une révision de l'historique de la manifestation, sur la base de l'article paru à l'occasion de l'édition 2011, assaisonnée de deux comptes rendus :

 

  • Celui de Gilles NULLI, qui vient ici pour la première fois et nous fait part de son vécu et de sa perception, par son texte et ses photos ;

 

  • Le mien, différent de celui paru la semaine dernière sur ce blog, avec un œil moins personnel.

 

Personnellement, je suis édifié par les similitudes de sentiments exprimés et du vécu ressenti. Et pourtant, je vous assure que nous ne nous connaissons absolument pas et que nous nous sommes pas concertés …

 

Cliquer sur la bannière Mototribu pour accéder à ce double CR :

banniereMT

 

 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 14:03

 

Vendredi matin, deux appels téléphoniques. Pascal part de Bretagne sous la flotte. Quant à Dédé et Fred, ils jettent l'éponge, la route en provenance de la Drôme et de l'Ardèche étant déjà bien scabreuse … avant même d'attaquer les inévitables cols s'étageant entre 800 m. et 1200 m. Les petits joueurs ! ! !

 

Je termine mes préparatifs pour ce week-end qui s'annonce sous des auspices bien particuliers. Il neige sans discontinuer toute la matinée. Mais cela finit par virer à la pluie avant de s'arrêter. Encore quelques courses, finir le hachis Parmentier (aux 4 viandes et purée maison, s'il vous plait), concocter la traditionnelle Tatin, même si Eric, qui en est si friand, ne peut pas venir.

 

J'appelle Bill, le président du Moto Club de Meymac. Il est sur le site à batailler dans 20 cm. de neige. Toute l'équipe termine l'installation du matériel nécessaire pour recevoir cette foule en délire, mais c'est l'expectative la plus totale. Nous escomptions plus de 4000 personnes, à partir des 3700 inscrits de début décembre, mais combien passeront réellement alors que près de la moitié du territoire est sous la neige ? Si les premiers arrivent déjà, de nombreux appels signalent les galères rencontrées ici et là. J'en profite pour lui signaler que je peux accueillir 5 à 10 personnes sur Bort en cas de besoin. Le gite et le couvert seront assurés avec les moyens du bord !

 

En fin d'après midi, Pascal arrive transi. La route jusqu'à Limoges à été sans soucis, à part la pluie du départ rapidement terminée. Par contre, après Lacelle les dépôts glissants s'amoncellent sur la chaussée et le side part plusieurs fois en glisse malgré une allure très modérée. Un bon café et nous pouvons aller ranger le Comanche pour la nuit.

 

Deux autres motards locaux nous rejoignent pour le diner, Michel et Thierry. Le premier est aussi fan de BMW que Pascal l'est de Kawasaki. Quant à Thierry, pour l'instant il est sans moto, trop occupé à soigner son corps et son âme après un terrible accident (pas de moto). La soirée est épique. Petit groupe mais grosses rigolades à répétitions. Dehors il se remet à pleuvoir ce qui soulage Pascal. Je calme ses ardeurs. Les gouttes ont une conformité particulière et je pense que dès le niveau du barrage c'est de la neige. Bof, on verra ça demain, pour l'instant, nous allons profiter d'une bonne nuit, … bien au chaud !

 

Le lendemain, dernier préparatifs pour le départ, et c'est à moi de faire le "petit joueur". Si j'ai chahuté les copains hier, c'était bien par taquinerie et je partageais complètement leur décision. A mon tour de profiter de la présence du side pour lâchement ignorer ma fidèle Diversion. Outre les désagréments de l'environnement, je suis loin de tenir une grande forme et il n'est pas prudent de multiplier les risques. Arrivé au barrage, les premières traces de neige sont effectivement là, et sur le plateau une fine couche enveloppe la nature. Par contre, la chaussée est dégagée bien que fortement détrempée.

 

Aux abords de Meymac la route devient scabreuse et les amas de neige boueuse prennent une place prépondérante sur la route. Nous restons derrière un groupe de 4 motos solos qui enroulent très calmement les virages de la descente vers la salle des fêtes où nous confirmons nos inscriptions. Ensuite commence l'attente des Charentais. Ils ont pris du retard suite à des problèmes de frein. Nous en profitons pour admirer le ballet incessant des arrivés comme des départs vers le but ultime, le plateau de Millevaches.

 

Abreuvés de vin chaud et café, tous ces valeureux se détendent, se réchauffent, satisfaits d'être (presque)arrivés, fiers d'avoir bravé les écueils, heureux de retrouver des copains, d'échanger avec d'autres malades qui ont vécus les mêmes doutes dans les galères … Les discussions vont bon train autour d'un parc de motos et side-cars hétéroclite. Pas de sectarisme ici. Européennes de l'ouest comme de l'est, Asiatiques ou Américaines, presque toutes les marques, y compris disparues, sont représentées. Les machines les plus modernes côtoient sans vergogne des engins dignes des musées. Les frêles 50 cc, parfois affublés de remorques sont sûrement plus admirées que les motos les plus modernes. Les motos solos peuvent être routières, trail, custom ousportives, de série ou complètement "personnalisées", elles se mélangent allègrement. C'est identique au niveau des trois roues. Trikes et Zeus ne font pas l'objet d'un traitement particulier. Pourtant l'administration (carte grise et permis) comme les plus puristes marquent d'ordinaire une certaine différence.

 

- Passage à Meymac - 



Mais peu importe ces disparités. Les maitres mots sont le respect de l'autre, quelque soit sa machine qui ne reste tout de même qu'un objet, et une certaine humilité devant certains exploits accomplis.

 

A ce titre, les échanges sur les épisodes vécus pour rallier Meymac vont bon train. Les anecdotes fusent et les frayeurs rétrospectives laissent pensifs. Une histoire m'a particulièrement marquée. Un gars part de Nancy, en side-car le vendredi matin. Probablement une des régions les plus arrosée. Les bourrasques de neige enveloppent tout, y compris les chaussées et la progression est lente et hasardeuse. Lors d'un arrêt, il est alpagué par des routiers qui le traitent de fou. Audacieux, il rétorque qu'ils doivent être plus de 3000 fous sur les routes à tenter de rallier le Massif Central, et leur explique le but de cette concentration hivernale. Admiratifs, ces chauffeurs repartant au même moment que lui, lui proposent de lui faire la trace. Et voilà le side, encadré de deux camions, reprenant sa progression dans des conditions légèrement moins redoutables …

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Le second Comanche apparaît enfin.
Jo semble heureux à l'idée de se dégourdir ! ! !

 

 

 

 

 

Fred et Jo arrivent enfin et nous repartons immédiatement vers Millevaches. Jusqu'au village, la route est bien dégagée. Néanmoins, le rythme des groupes de motos est calme, ce qui nous permet de profiter de ce décor grandiose. Le ruban noir virevolte, enchâssé dans ses bas côtés immaculés. Le regard se fixe furtivement vers les forêts de sapins dont le vert foncé est fortement contrasté par la couverture blanche de chaque branche, ou vers les immenses prairies d'élevages ou de tourbières, non définissables sous cet uniforme et soyeux manteau cristallin.

 

Nous ne sommes pas à l'abri de surprises et anticipons grandement les multiples aléas qui peuvent surgir. Ensuite, cela ressemble plus à une patinoire non surfacée. Une légère descente, puis nous remontons en sous bois avec 2 courbes. Si les sides n'ont pas de problèmes d'équilibre, presque tous les solos progressent avec les deux pieds proches du sol. Dans le début de la montée, une moto esseulée à l'arrêt. Son propriétaire tente une réparation de fortune sur un carter fendu lors d'une chute. Pas agréable !

 

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Attaque du dernier tronçon,
la tension monte encore d'un cran !

 

 

 

 

 

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Remonter, calmement pour éviter la dérobade, tout en profitant du spectacle de ce magnifique décor.

 

 

 

 

 

 

 

Sur le site, nos deux Comanches avec leurs pneus larges, ne vont pas très loin. Ils jouent façon "Holliday on ice" et chaque tentative d'avancement à tendance à les transformer en derviches tourneur dans ce terrain en déclivité ! Las, ils se posent et nous commençons à déballer notre barda. Nous sommes immédiatement accueillis par nos nouveaux voisins déjà bien installés : "Eh les gars, ils nous reste à manger bien chaud dans la gamelle, venez vous réchauffer". Cette attitude traduite par cette simple phrase me paraît bien résumer l'esprit de ces retrouvailles hivernales. Partage, convivialité et bonne humeur !

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Pascal s'active sous l'œil goguenard des Charentais.
Les invectives ne vont pas tarder à fuser ...

 

 

 

 

 

Pascal sort sa pelle toute neuve achetée ce matin à Bort et commence à déblayer le terrain pour installer la première tente. Pas la peine de s'offrir un matelas rafraichissant ! ! ! Les deux tentes montées, nous déballons le casse-croute et faisons cette pause pique nique sous l'auvent, à l'abri de cette fraiche brise qui a tendance à nous transpercer.

 

Nous partons ensuite vers l'abreuvoir pour profiter d'un café chaud et retrouver quelques connaissances. Le président du MC Meymac, Bill, est en pleine séance de dégustation. En effet de nombreuses spécialités régionales sont offertes par chacun et donnent lieu à de multiples tests endiablés. Face à mon insolence, Bill se justifie de main de maitre : "moi j'applique les préceptes de santé maintes fois rabâchés. 5 fruits et légumes par jour. Cette cerise est excellente, la poire, juste avant était bien fruitée, on aura encore de la mirabelle, de la pomme (Calvados), du raisin (Cognac), de la framboise, de la prune, et pour faire bon compte on finira par de la soupe …".

Les fruits en antigel, la santé selon Bill ! ! ! Et ma foi, pas inadapté à l'environnement.

Nous, on avait démarré avec un petit Pineau maison rapporté par Jo et ça nous a effectivement amusé les papilles. En ce qui me concerne, je leur ai préparé un kirsch artisanal Lorrain que nous dégusterons à la santé de Serge qui me l'a offert il y a quelque temps.

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Dans un abreuvoir encore très calme,
4 compères bien pensifs ...
C'est la détente avant le déchainement.

 

 

 

 

 

 

Ensuite, Michel nous abandonne. Il est en convalescence cardiaque et ne veut pas prendre de risques inconsidérés. De plus, il doit passer par Ussel rendre visite à Bob, un autre copain motard. Il devait être parmi nous, mais il est malheureusement hospitalisé depuis une semaine.

 

- Sur le site - Plateau de Millevaches -



Après un premier tour du site, nous retournons vers les tentes où nous faisons connaissance avec de nouveaux voisins. Un groupe qui arrive de la région de Béziers. Partis à 19, il ne sont finalement que 7 sur place. Les conditions climatiques ont opéré. Ils nous parlent de leurs galères et Pascal (encore un) nous fait exploser de rire lorsqu'il évoque une des deux chutes de Thibaut. Sa truculence rend désopilante une situation somme tout navrante. Et le fameux Thibaut n'est pas en reste et rit de ses propres déboires. C'est pourtant un gamin ici. Titulaire du permis depuis quelques mois seulement, c'est sa première grande sortie. Il n'a pas choisi la facilité, et il est heureux d'être parmi nous, de trouver sa place avec les "vieux", naturellement, et fier d'être arrivé sans trop d'encombres. Et il peut l'être, casque bas jeune homme, et merci à toi d'assurer la relève.

 

En effet, comme l'exprimait il y a deux ans Christian Lacombe dit Papy (cf. Millevaches 2011 – Réactions aux Propos de Christian ), la moyenne d'age est élevée ici, contrairement aux usages lors des hivernales des années 60/70.

 

Éric, un autre membre de ce groupe de sudistes participe aussi à sa première hivernale, bien qu'un tout petit peut moins jeune (la cinquantaine, quoi). Au cours de nos discussions, il marque son étonnement face cette chaude ambiance, ces rencontres si faciles, ce dépaysement, ces discussions sérieuses alternant avec des rires endiablés. Et il est impressionné (il est loin d'être le seul) par l'efficacité de l'organisation qui concourt grandement à cette fabuleuse réussite. Tant de femmes et d'hommes qui s'activent sans relâche, toujours avec le sourire et ne dédaignant pas participer à nos délires. Impressionné le gars Éric.

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Bill à la manœuvre. Il est tellement efficace que la louche est floue sur la photo ! ! !

 

 

 

 

 

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La foule se presse à l'abreuvoir.
Les pieds dans la neige
et la tête dans la chaleur humaine
(physique et morale)

 

 

 

 

Un dernier tour du site, un nième passage à l'abreuvoir, et je suis le premier à partir me coucher, bien douillettement. Le duvet enroulé dans une couette c'est agréable et possible du fait d'être local de l'étape. En temps normal, je n'ai pas la place suffisante pour me procurer un tel confort. Les discussions enflammées et éclats de rires ne me gênent pas longtemps et je plonge rapidement dans un profond sommeil … à épisodes. En effet, le terrain étant en légère pente, je bascule régulièrement de mon mince matelas. Le crissement des parcelles de neige sous mon corps n'est pas vraiment dérangeant. Par contre, le froid qui s'insinue aussi rapidement que sournoisement achève de me réveiller et m'intime de rapidement rouler dans l'autre sens. Au réveil, en fin de nuit, le calme est magique. Les voix se sont tues et seuls persistent quelques pétillements de feu, ou le bruissement fugace de la neige martyrisée par le pas incertain d'un dernier noctambule.

 

Tout à l'écoute de cette fin de nuit, je salue Pascal qui se réveille. Surprise, ce n'est pas Pascal mais Jo. Comme je ne comprend pas, il se lance dans une virulente diatribe. Le Breton est allé voir Fred, déjà sous sa tente et s'est littéralement écroulé. Jo n'avait donc plus comme solution que de venir me rejoindre. Nous partons tous les deux engloutir un café revigorant. L'endroit est presque désert et j'en profite pour discuter avec Greg et sa compagne. Un an à le suivre en Promosport, nous avons quelques souvenirs communs. Puis nous faisons un tour complet du lieu qui commence à s'agiter. Les premières motos repartent, d'autres sont en cours de chargement, des têtes émergent des tentes, l'activité monte en puissance. Quel parc hétéroclite. Que de combines apparaissent ici ou là. Ne serait-ce que pour favoriser l'accroche, nombre de roues sont agrémentées de rilsans, cordes, chaines, sangles et même chaussettes (l'enveloppe Michelin, pas la laine tricotée !).


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Le contrôle de la stabilité par des appendices latéraux ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au choix, skis ou roulettes ! ! ! 

 

 

 

 

 

 

 

Au retour Fred est levé et nous commençons à ranger, plier et rapatrier le matériel. Enfin, pas tout car Pascal récupère et nous le laissons dormir sous la seconde tente. Pendant ce temps, Ricou du MC Meymac et ses acolytes ont entrepris d'épandre de la sciure pour favoriser une circulation difficile sur la neige tassée et gelée. Malheureusement, ils ne pourront pas aller jusqu'au bout car certaines motos, trop bien garées, ne permettent pas au tracteur de passer. Ceci va d'ailleurs engendrer quelques chutes dans la descente qui mène au village de Meymac. Dommage ! ! !

 

Ces chutes provoquent aussi de sérieux embouteillages. A chaque fois il faut relever les équipages, les machines et repartir … ce qui occasionne d'autres chutes sur les démarrages, certaines motos se dérobant à l'accélération. Il fallait être patient pour repartir, et l'engin de voirie projetant de la pouzzolane (éclats de pierre volcanique favorisant l'accroche) était aussi englué dans ce magma. Enfin, cela nous a permis de laisser dormir Pascal plus longtemps. Pas besoin de se précipiter dans un tel contexte.

 

Nous sommes enfin prêts à repartir, alors que déjà, une nuée de nettoyeurs est à l'œuvre. Nous rejoignons le village de Millevaches sans encombres. La traversée est par contre assez stressante. Nombre de participants attendent des attardés, mais sur cette route déjà pas très large, 3 motos de fronts et les gus qui tournent autour, cela oblige à être complètement à gauche … à l'amorce d'un virage ! ! ! Inconscience ou mépris ? ? ?

En tout état de cause, un fait à priori anodin peut engendrer des conséquences plus graves … mais peut être suis-je trop marqué par mon passé à la Protection Civile et quelques "crashs" vécus en direct et provoqués par des origines à priori toutes aussi insignifiantes …

 

Le serpent ininterrompu de motos et side-car descend régulièrement vers Meymac. À l'embranchement de Limoges certains nous quittent pour repartir vers l'ouest. Nous faisons une pause en ville pour nous sustenter rapidement et engloutir un expresso. C'est que mes acolytes ont entre 6 et 8 heures de route devant eux.

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Quatre furieux sur le départ, avant la séparation à Meymac. Fatigués mais heureux !

 

En définitive 2700 personnes ont réussi à rallier Millevaches. Bravos à vous, mais aussi une grande ovation aux quelques centaines qui n'ont pas pu partir ou qui ont du rebrousser chemin, volontairement ou, plus embêtant, suite à une avarie ou à une chute.

 

Une vibrante acclamation à tous ces bénévoles qui se dépensent sans compter, et toujours avec le sourire, n'hésitant pas à participer à nos innombrables délires. Nous vous devons grandement cette réussite, et beaucoup en sont conscients et louent votre action. Merci encore.

 

  • La première édition de ce renouveau, en 2009 pour le quarantième anniversaire de la première mouture, était au delà de nos espérances en terme de fréquentation. Très froide et avec un peu de neige (cf. Millevaches – 40 ans après ... ) ;

  • La seconde était fraiche, certaines routes piègeuses, mais sans plus (cf. Millevaches 2010 – La confirmation ) ;

  • La troisième ressemblait plus à une automnale, au mépris grandissant des purs et durs (une pensée particulière pour Jean-Louis que je n'ai pas réussi à croiser cette année, mais qui devait être comblé). Pourtant, le week-end précédent était épique (cf. Millevaches 2011 – Une automnale ? ) ;

  • Enfin, cette quatrième n'a pas explosé le record de fréquentation annoncé mais donne toutes ses lettres de noblesses à une hivernale digne de ce nom.

 

Vivement l'année prochaine ...

 

- La petite bande -



 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 17:33

Une édition bien particulière pour moi ces Millevaches.


D'abord, je suis loin de mon camp de base de Bort. Ces derniers temps j'évolue plus entre Bretagne et Paris. Je reviens donc dans mes terres spécialement pour cette concentration.

Second point, peu de copains sont libres cette année. Entre les ennuis de santé, les obligations familiales, les contraintes de boulot, tous déclarent forfait, souvent la mort dans l'âme, sauf Pascal, le Breton. De toute façon, je vais essayer de retrouver des copains du forum 900 Diversion qui viennent en force, ou du Repaire des Motards.

Enfin, la météo nous annonce la transformation d'un rassemblement hivernal en concentration automnale.

 

Pascal arrive le vendredi soir dans des conditions singulières. En fourgon … Il devait récupérer une machine mais l'affaire ne se fait pas. La soirée se poursuit longuement suivie d'une petite nuit au chaud !

 

Samedi matin, départ pour Meymac sous la pluie.

En l'absence d'une de ses machines, Pascal est suffisamment inconscient pour faire le passager. Mais il n'est pas question d'aller aux Millevaches sur quatre roues.

 

Après une dizaine de kilomètres, une odeur caractéristiques titille nos narines. L'irisation de la chaussée mouillée confirme immédiatement la présence de gas-oil. La veille déjà, un véhicule avait déjà largement maculé l'axe autoroute-Meymac, comme annoncé sur le forum. Ce matin ça démarre encore plus loin ! L'allure est d'autant plus modérée que je n'ai pas encore complètement digéré ma chute du mois de mai dans des conditions similaires (cf. La pelle du 19 mai.). Le phénomène s'amplifie avec les virages, et dans l'un d'eux une voiture est violemment sortie pour s'arrêter dans la roche du bas côté. Dés que je le peux, je stoppe pour appeler le 112 et demander un traitement et/ou une signalisation, surtout sur cet axe emprunté par de nombreuses motos. Mon interlocuteur du CODIS 19 est réceptif et m'affirme qu'il s'occupe de faire intervenir les services compétents.

Dans les minutes qui suivent, nous croisons deux ambulances des pompiers et les gendarmes. Ce n'est pas du meilleur augure !

 

Par contre, lors de la traversée de La Serre, nous constatons que le gendarme en faction dans son beau break blanc reste bien au chaud. Et dire que ces contrôles automatiques sont présentés comme sécuritaires. Quelle hérésie dans ce contexte …

 

A la salle des fêtes de Meymac, point d'accueil des participants, beaucoup de motos sont déjà présentes. La bonne humeur, le plaisir partagé sont perceptibles partout, dans la salle comme aux abords. Les files d'attentes aux quatre points d'accueil sont encore fluides. L'organisation est parfaitement rodée, et les charmantes hôtesses sont aussi efficaces que détendues. Nos Pass, porte-clés, médailles et tickets récupérés, nous filons vers le bar goûter le vin chaud et le café.

 

Dans le fond de la salle un personnage attire mon attention. C'est Jules, un voisin du TT (Tourist Trophy sur l'ile de Man) en 2007, revu plusieurs fois depuis sur divers circuits. Il est accompagné de Bernard, un motard que nous ne pouvons pas oublier. Il avait cassé sa béquille à l'ile de Man et sa Buell était en appui sur un morceau de bois … Quel plaisir de les revoir ! Jules est tout fier de nous présenter sa nouvelle monture, un BMW attelée avec deux roues motrices. Quant à Bernard, il a troqué son américaine contre une allemande BMW GS Adventure dont il raffole.

 

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Même en faisant le pitre,
Jules reste de marbre ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous déambulons au milieu de toutes ces machines, des plus incongrues aux plus modernes. Pas de ségrégation ici, tous les genres et toutes les origines à deux ou trois roues ont le droit de cité. Les nouveaux arrivants affluent à un rythme de plus en plus soutenu. Les abords du site sont d'autant plus encombrés que certains laissent leurs montures devant maisons et garages, bloquant ainsi l'accès aux résidents qui obstruent ainsi, à leur tour, les accès pour les motards ! ! !

 

Quelques courses au supermarché local où nous blaguons gentiment avec une mamie, et nous repartons vers le bivouac. La route monte et tournicote calmement à l'assaut du plateau, puis quelques lignes droites entre pâtures et bois et nous voici au village de Millevaches. Une petite route à gauche et les odeurs de feu de bois nous annoncent la proximité du site qui se découvre au détour d'une courbe.

 

Salutations à Jean-Louis (La Fourme), un des artisans de cette manifestation et acharné des hivernales avant d'aller s'installer et de commencer un premier tour du site. Après seulement quelques mètres, un appel : "Div, Pascal". Nous nous retournons sur un barbu inconnu qui se présente sous le prénom de Patrick, pseudo gas-oil. Nos mines doivent être suffisamment sceptiques pour qu'il précise que nous nous sommes rencontrés sur une autre concentration particulièrement épique, le Pâques-beau. A l'instar des Millevaches 2011, cette printanière s'est muée en hivernale !

 

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A l'entrèe du site, ce sapin de panneaux nous rappelle que nous sommes bien sur une hivernale ...

 


Ce que nous fait oublier la température ! ! !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Échanges sur ces bons moments. Il nous donne des nouvelles de P'tit Loup, le Harleyiste bon enfant qui devient à nouveau, même en son absence, la cible de nos quolibets. Nous partageons aussi, et avec beaucoup d'émotion, les moments terribles qu'il a vécu il y a deux ans. A son épouse qui s'interroge sur ses activités et motivations pour ce type de rencontres, il répond : "Retrouver des copains, refaire le monde, rigoler, communier". Tellement bien résumé à mon sens.

 

A un moment, une ovation grandi. Nous levons la tête pour voir un petit groupe de 50cc circuler en klaxonnant joyeusement en réponse aux applaudissements qu'ils provoquent.

 

Au cours de mes pérégrinations, je ne rencontre aucune des personnes que j'escomptais revoir ou découvrir. Pourtant, en regardant certaines photos du forum 900 Diversion, je suis passé au moins deux fois tout prêt sans même voir la banderole. Comme l'exprime une des participante, je vais pouvoir investir dans une nouvelle paire de lunettes …

 

Je retrouve par contre avec plaisir nombre de membres du MC Meymac qui officient à l'abreuvoir, et notamment deux des trois pilotes de Promosport suivis cette année, Yannick et Greg accompagnés de leurs charmantes compagnes. Encore quelques rires avec les parents de Yan et je repars dans la nuit. L'occasion de faire de nouvelles connaissances, d'échanger un mot, une boutade ici ou là, de retrouver El Diablo et passer quelques minutes ensemble.

 

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Patrick, Bernard et moi, Pascal à la photo.

Ne vous méprenez pas sur mes verres. La bière c'est celle de Pascal, et l'autre n'est pas un jaune tassé, mais une ... soupe ! ! !

 

 

La soirée se poursuit alternativement autour du feu et des grillades et sous le chapiteau.

 

Aux premières heures du matin, il nous faut repartir dans un froid pas glacial, mais très humide et dans le brouillard parfois épais. Mon "jeune" passager n'a aucune considération pour son vieux pilote. Il le laisse se débrouiller avec le manque de visibilité accru par le brouillard qui s'agglutine sur la visière, les routes mouillées et constellées de gas-oil, mais ajoute aussi sa grande fatigue. Rapidement je sens son casque s'appuyer dans mon dos. Il dort.

Il dort tellement profondément que sa tête glisse régulièrement, et sur le coté droit bien sûr, et parfois jusqu'à mon coude. A plusieurs reprises, je dois abandonner le guidon pour le redresser à l'aide de mon coude et éviter de le perdre dans une courbe. Aucune pitié pour moi …

 

Par contre, je peux constater que les relents d'hydrocarbure signalés à l'aller font maintenant l'objet de multiples panneaux annonçant le danger.

 

A l'arrivée à Bort, presqu'en guise de petit déjeuner, une petite truffade rapide pour ressourcer le breton et nous allons voler quelques heures de sommeil avant de charger Div'4 dans le fourgon et reprendre la route de la Bretagne. Jusqu'à Meymac nous croisons les lève-tôt sur le départ. Ensuite, nous trouvons des petits groupes en pause au hasard des cafés ou stations services.

 

Nous arrivons à destination avec une heure d'avance sur notre planning et Pascal peut s'assoupir un instant avant de repartir pour Rennes et accompagner son fils à l'internat.

 

Encore merci à vous tous pour tous ces bons moments.

Et une mention particulière à ces quelques 80 bénévoles qui se dépensent sans compter et avec bonne humeur pour faire de ce regroupement une parfaite réussite.

Vraiment bravo à vous
et je souhaite passer encore de nombreux moments avec vous, ici ou là.

 

 


 

 


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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 12:55

 

Dernièrement, une intervention de Christian Lacombe, après son passage à la concentration des Millevaches (19), m'a fait réfléchir (une fois n'est pas coutume !) et réagir.

 

Après avoir obtenu son aimable autorisation pour reproduire son texte, je vous propose ce sujet de réflexion sur l'évolution de notre environnement, de notre relation avec la machine, de nos attitudes, de la dimension humaine de notre pratique, . . . . Voilà de quoi occuper de longues soirées d'hiver, à lire et à débattre ! ! !

  30mj

lamoto-1976

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la majorité des anciens, Christian est connu et reconnu, mais il me semble important de présenter succinctement le personnage pour les plus jeunes. Cela me paraît d'autant plus crucial qu'une partie de ses propos s'adresse à eux.

 

Pendant trente ans Christian Lacombe œuvre au sein de Moto-Journal.

En 1973, année de mon permis, il est rédacteur en chef. On lui doit aussi de magnifiques photos (Saarinen à Monza, quelques heures avant le tragique accident qui coutât la vie à Jarno et Renzo ?)

 

C'est donc lui et son équipe qui rythment grandement mon entrée dans ce monde.

Pour l'anecdote, c'est d'autant plus vrai qu'à cette époque, un pote travaille dans l'imprimerie qui édite MJ dans le 78. Nous avons donc la primeur la veille au soir de l'info, des photos et des délires de ce team tonitruant.

 

Acteur engagé du monde de la moto, il publie, traduit ou participe à quelques ouvrages de référence tel que :

  • 30 ans de moto ;

  • Motos de rêves ;

  • Le livre de la moto ;

  • Année Moto ;

  • Sport pour tous – moto, route - tout-terrain - scooter ;

  • Le guide de la Moto ;

  • La moto verte en 10 leçons ;

  • The Motocycle ;

  • Guiness Guide to Motor Cycling ;

  • 750 Four -Le Film-

lamoto-1971

Voici donc le texte d'une personne qui a baigné dans l'univers de la moto sous la plupart de ses facettes, qui a vécu l'évolution galopante de ces dernières décennies et qui, personnellement autant que professionnellement, est probablement un des mieux placé pour émettre des avis critiques et néanmoins relativement objectifs :   

 

Hivernale du cœur

« Ô temps, suspend ton vol ». Mon retour aux 1 000 Vaches une quarantaine d’années plus tard dans le cadre d’un viril romantisme s’est accompagné d’une Proustienne « recherche du temps perdu ». Qu’était donc devenue la première grande hivernale française ?

Grande, elle l’est toujours – plus de 3 000 participants a vu d’œil. Mais là n’est pas l’important. C’est dans son âme qu’une concentre est une réussite, ou pas. L’âme motarde ; tout un programme.

En 40 ans, la planète moto a connu tant de bouleversements. Vulgarisation, démocratisation, multiplication.... De 150 000 motards à près de deux millions aujourd’hui, il y a de quoi perdre son âme. D’autant que cette fulgurante accélération s’est accompagnée d’une diversité de machines, de styles de pratique, de variétés de passion… à vous foutre le tournis.

Mais là, dans cet immense champ vallonné, tout se calme. On est là pour perpétuer la tradition. La bonne tradition, pas celle d’une nostalgie geignarde. Mais bien celle, immuable, des purs amoureux de la moto. De ceux qui savent converser avec leur moto. Le voyage hivernal, quoique clément cette année, sera toujours un moment privilégié d’échange entre l’homme et sa machine. Qui n’a pas caressé son réservoir, tapoté sa selle, au terme d’une longue journée de roulage dans la froidure. On est là pour une réunion de famille. Une famille extraordinaire, multiculturelle, multisociale, multi tout, de groupes, de clans, de marques, de départements, de régions, de nationalités… unifié dans ce qui doit être l’âme d’une démocratie idéale. La communication et le partage sont les deux mamelles des 1 000 Vaches.

Il y a 40 ans, la moyenne d’âge des participants tournait autour des 20 ans. Aujourd’hui elle est plutôt d’une cinquantaine d’hiver et cela m’attriste. Certes, j’ai bien aperçu ici et là quelques jeunes, fils de vieux motards pour la plupart. Mais pourquoi la majorité de nos jeunes motards boudent-ils les concentres hivernales ? Plus le goût de l’effort ? Pas l’envie de communiquer avec les anciens, jugés rabat-joies ? Choix de moto inadapté ? (y compris celui de s’offrir une machine au-dessus de ses moyens, avec pour conséquence moins de roulage). Probablement un peu de tout ça, avec la perspective, à plus ou moins long terme, que les concentres disparaissent. D’où l’importance de les multiplier, de créer des clubs plus routard que compétition. Enfin, et surtout, c’est aux anciens de faire découvrir aux nouveaux l’âme des concentres.

Autre constat, la majorité des participants sont venus de province (petite ville / village). Alors que le gros des motards est dans les grandes villes. Résultat d’une pratique de la moto plus tourné vers son aspect pratique que ludique. Du moins pour le plus grand nombre de motards citadins. Je n’aime pas l’idée de « après nous le déluge », et toute ma vie professionnelle de journaleux a été dicté par « donner l’envie d’avoir envie ». La pérennité de la passion moto et de son développement en dépend. Ici au 1 000 Vaches, cette passion sature l’atmosphère, palpite autour de chaque feu de camp avec ce plus propre aux concentrations hivernales : la fraternité.

PS : Grand grand merci à Bill pour sa gentillesse, sa disponibilité, ses talents d’organisateur, et aux motards fidèles lecteurs de MJ qui ont reconnu leur « vieux frère ».

 

  lamoto-1977

Je vous laisse réagir à ces propos, dans votre coin, avec vos copains ou au travers des commentaires de ce blog afin de continuer à partager . . .

 

Certains l'ont déjà fait sur le forum du Moto Club Meymacois. Parmi ces répliques, je vous en soumet deux :

  • Celle d'un (légèrement) plus jeune qui positionne un certain point de vue de la génération montante.

  • Ma propre réaction issue de mon émotion à la lecture de ces lignes dont je partage parfaitement le fond et peut-être un peu moins certaines formulations.

 

La répartie de Nono le Girondin :

 

La plume n'a effectivement pas pris une ride.

Quel bonheur de lire un tel sujet, une telle vision des choses, aussi perspicace soit elle !!

J'apporterais cependant un peu d'optimisme à Mr Lacombe en lui parlant de mon Millevaches.

C'est en effet à l'initiative d'un ami, F6, participant de première heure puisqu'à peine son permis en poche il participait à l'édition de 1970 au guidon de sa Ducati. 40 ans plus tard, il était de retour.

J'avoue avoir une réelle admiration pour F6. Motard au long court, il a un peu tout vu et tout connu, de la route à la piste. C'est en le suivant lors de meetings que j'ai appris à "rouler" sur route, vraiment, c'est à dire rapidement, mais avec toute la sécurité nécessaire. De plus, il vit la moto autant qu'il la pratique, c'est un peu à ça aussi qu'on reconnait les "anciens".

C'est ainsi dans cet élan que je me suis inscrit, accompagné de mon fidèle Jean Baptiste. JB, c'est mon pote de Bordeaux, jeune motard amoureux de la vie, de l'apéro et de la moto (tout en dissociant les 2 quand il faut rouler).

Ainsi, JB (25 ans) et moi-même (37 ans) participions à notre première concentration hivernale, notre premier Millevaches. Avec nos motos de tous les jours, des sportives peu ou pas faites pour ce genre d'épreuve (j'en veux pour preuve ma tentative de montée de la légère pente avec ma Ducat' et me retrouvé piégé patinant au beau milieu). Et avec la logistique minimale pour passer un w-e dans les meilleures conditions. Et s'il avait neigé, nous aurions quand même essayé de parcourir les 300 kms pour nous y rendre et tenter de monter sur le plateau, non mais !!

Et je veux ainsi rassurer Mr Lacombe par cet exemple, en montrant qu'effectivement des anciens savent allumer la flamme chez les novices. Que nous avons fait fi de toutes les difficultés que nous aurions pu rencontrer, notamment en nous inscrivant bien à l'avance. Que nous allons participer à faire connaître cette manifestation qui, il faut le dire, manque de publicité auprès d'un plus large public.

Certes, il faudra surement tempérer les ardeurs afin de ne pas retomber dans les problèmes des années 70 qui amenèrent à procéder à des "invitations" ni à en faire une manifestation "commerciale".

Mais, en constatant tous les jours le maigre flot de motocyclétistes bravant les conditions hivernales, je sais que les Millevaches s'adressent à un public choisi, à ce groupe qui, ne se connaissant pas, partagera le même état d'esprit autour d'un bon vin chaud en narrant ses péripéties de trajet, avec ce bon rire gras et cette convivialité qui font l'évènement.

  lamoto-1982

 

La réponse de Div19 :

 

Tous ces constats que tu évoque avec une pointe d'amertume voilée derrière les multiples questionnements, je les vis régulièrement. D'ailleurs, au cours de ces Millevaches je disais à un de ces jeunes : "Les personnes à moto ne sont pas obligatoirement des motards", au moins dans le sens ou je l'entend.

 

C'est vrai que depuis mes débuts en moto il y a 38 ans, le marché a bien évolué et l'état d'esprit avec (et c'est peut-être l'inverse d'ailleurs). Je crois que cette évolution n'est pas propre à la moto, mais générique, globale, une mutation apparemment inéluctable de la société. Tu évoque une réunion de famille, et c'est comme ça que j'ai toujours voulu le vivre, avec une recherche de l'abolition des barrières socio-culturelles, linguistiques, historiques ou autres qui favorise l'ouverture d'esprit, la compréhension et l'acceptation de l'autre pour offrir les joies du partage et de la communion.

 

J'ai l'immense plaisir de continuer à pouvoir vivre ces moments forts de rencontres d'hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, ouvriers et patrons. Notre fédération est la moto. Nos objectifs sont le partage, la détente, l'entraide, la rigolade, . . . Nous gagnons tous dans ces échanges pas toujours faciles, mais fortement valorisants.

 

Tu as effectivement grandement œuvré dans le "donner l'envie d'avoir envie" et j'espère que nous sommes encore beaucoup à continuer dans ce sens. De nombreux jeunes s'activent dans nos sillages (j'en donne deux exemples dans mon CR des Millevaches, et l'on en trouve de nombreux autres dans les pages de mon blog). De nombreux jeunes apprécient de partager nos histoires, de "pomper" notre expérience ou de participer à nos virées. Certains sont même étonnés que nous les acceptions. Excès de timidité, ou perte des notions de partage et d'échanges "gratuits" ?

 

Enfin, Christian, je veux te remercier pour tes propos qui doivent faire chaud au cœur des personnes qui se sont investit corps et âme dans le renouveau de cette concentration mythique. J'ai eu l'honneur, la chance et le plaisir de participer aux prémices de cette résurrection et j'affirme et répète que la clef de voute de toute cette réflexion résidait dans ces termes :

"Garder, autant que possible, l'esprit de l'époque"

A ce titre, ta conclusion est probablement le plus bel hommage qu'ils puissent recevoir. Il me reste à espérer que ces paroles du "grand gourou" (au moins pour nous, les vieux) donne l'envie à d'autres de participer à de tels évènements.

 

 

Merci chers lecteurs d'avoir absorbé tout cela.

La parole, ou plus exactement le clavier, est maintenant à vous . . .

 

 Quelques publications de Christian LACOMBE.

Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
Millevaches 2010 - Réflexion issue des propos de Christian "Papy" Lacombe
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 13:26

 

La participation à cette concentration mythique ne réside pas à un simple déplacement sur le lieu de la rencontre. Déjà, dans le cas des Millevaches, pour des raisons géographiques. En effet, j'habite à une cinquantaine de kilomètres et cela ne demande pas une préparation trop ardue. Par contre je profite de cette proximité pour favoriser la venue de certains et élargir ces instants de rencontre, de communion et de convivialité.

 

Mais surtout, mon objectif est de profiter de ces moments particuliers pour réunir des copains de divers horizons, aller à la rencontre d'inconnus adhérant aux mêmes passions et/ou idéaux, et concrétiser des mots tels que amitié, partage, détente, rigolade, décompression, . . .

 

La concentration des Millevaches commence donc dans les mois qui précèdent. Informer le réseau de cette manifestation, chercher les solutions aux contraintes de chacun, élaborer et proposer un projet suffisamment souple pour convenir à la majorité sont autant de sujet débattus par des salves de mails et de multiples échanges téléphoniques. Le noyau dur de l'année dernière (Pascal le Breton, Éric des Landes, Jean-Marie (Blanco) du sud-ouest, Ulrich de Manosque et Dédé l'Ardéchois) est en première ligne. Ce cercle initial s'élargit lors du Superbike à Nevers quand Christian (un Nantais connu aux Pinguinos) nous confirme qu'il viendra avec plusieurs de ses potes.

 

Fin octobre, j'arrête la première inscription que je transmet à Bill. Blanco et DD07 ont décliné, la mort dans l'âme, pour des raisons professionnelles ou familiales. 6 participants sont sûrs, Ulrich, Éric, Pascal, Fred (un charentais compagnons de nombreuses virées dont le TT 2007), Michel (un copain local, Cantalou) et moi. Christian gère son groupe de son côté. Début novembre deux petits nouveaux (pour les Millevaches)se rajoute à la liste : Fred, frère d'Éric en provenance de Valence (cf. SBK2008 ) et Jo, un petit jeune des Charentes qui doit aimer, c'est sûrement du masochisme, faire ses baptêmes avec moi. En effet, il fait sa première grande sortie, pour son premier Mans il y a 6 ou 7 ans, coincé entre Fred et moi. D'ailleurs, cela lui vaudra une réflexion gravée dans nos mémoires : "A la sortie de Niort, je m'appliquais dans une grande courbe à droite, tout fier de suivre Fred, quand le vieux m'a fait l'extérieur avec sa Div', la valise au ras du sol . . ." Pauvre Jo, son enthousiasme en a pris un coup ce jour là ! ! !

 

Mi novembre, je reçois un mail d'un autre Dédé, Breton, qui me confirme sa venue. Je l'invite à se joindre à nous et lui offre la possibilité de venir à la maison le vendredi soir. C'est vraiment un plaisir d'accueillir ce passionné passionnant. J'ai commencé à mieux le connaître quand j'ai humblement participé, avec son moto-club, à l'encadrement du Tour de Bretagne des véhicules anciens (Cf. album photos ci-contre). Ce fut l'occasion de découvrir son musé personnel (cf. http://div19.over-blog.com/article-19659385.html ). Les rencontres se sont ensuite multipliées au grès des circuits et courses (Trofféo-Rosso, Le Mans, Magny-Cours,. . .) où il est souvent accompagné de ses fils tout autant piqués de moto.

  P1050519

 

Avec ce genre de pratiques,
je pense qu'il faudra rebaptiser
cette concentration pour l'année prochaine :

 

Les 1001 Vaches ! ! !

 

 

 

Dans les semaines qui précèdent, l'activité du forum du MC Meymacois prend de l'ampleur et j'essaye de participer à cet engouement en apportant des réponses à certaines questions, en favorisant quelques regroupements ou points de rencontre le tout ponctué de traits d'humour. C'est ainsi un moyen de nouer de nouveaux contacts, de découvrir certaines personnalités et de mettre en œuvre mes notions de partage.

 

Le dernier week-end avant la concentration, la météo se met de la partie et amplifie sérieusement le défi. La neige envahit de nombreuses régions et le plateau de Millevaches croule sous un manteau blanc de 60 centimètres. Malheureusement pour le décor (mais heureusement pour la sécurité) les pluies de la semaine effaceront presque totalement cette couverture immaculée.

 

Vendredi 10 décembre.

Je termine mes préparatifs à la maison et pars vers Murat en milieu d'après midi à la rencontre de Fred26. En l'absence de Ulrich qui a dû se décommander au dernier moment, DD07 l'a accompagné jusqu'au Puy en Velay et ils ont rencontrés des portions difficiles dans le Vivarais. Neige et glace ont ralentit le rythme des deux Kawasaki (ZR7R et Versys).

Je croise quelques motos et side-car lourdement chargés et ne m'interroge pas vraiment sur leur destination. Il est vrai qu'à cette époque et avec cette température, il est déjà exceptionnel de croiser une seule bécane, alors là, plusieurs et équipées de la sorte, il n'est pas nécessaire d'être devin ! ! !

Je profite de mon attente à Murat pour réceptionner l'appel de DD56 qui arrive sur Bort. Je l'envoie à mon QG local, le bar-restaurant "Le Marmontel" pour qu'il nous attende au chaud. C'est ensuite l'annonce téléphonique du départ d'Éric des Landes, juste avant de voir arriver son frère Fred transis, mais fier sur sa Kawa ZR7R.

 

Nous prenons rapidement un café avant de repartir dans la faible luminosité crépusculaire. Je connais suffisamment cette route pour anticiper les endroits à risques avec ces températures négatives (courants d'air et/ou humidité) et contrer la faiblesse de l'éclairage de la Div'. Nous retrouvons DD56 confortablement installé au Marmontel et commençons à refaire le monde autour d'un verre. Un nouvel appel d'Éric nous fait presser le mouvement. Il fait une pause à une soixantaine de kilomètres de Brives. Le Burgman (gros scooter 650 Suzuki) a dû chauffer et il va arriver plus tôt que prévu ! ! !

 

Après avoir déchargé et rangé les motos, j'installe mes deux compères devant l'apéritif pendant que je m'attelle à ma mise en place pour le repas de dimanche. Les viandes sont déjà dessalées, les choux blanchis. Je met à cuire viandes et aromates pendant que je prépare les légumes nécessaires à une mèga potée.

Éric arrive peu après 10 H 00 accompagné de son épouse Françoise que je n'ai pas revue depuis les Pinguinos 2008. Elle a longtemps hésité à venir mais s'est décidée au dernier moment, me demandant de n'en parler à personne afin d'en réserver la surprise. Éric grelotte à notre grand étonnement (voir la photo de l'année dernière quand il est en T-shirt aux côtés d'un Ulrich emmitouflé dans son duvet). Même s'il à moins l'habitude, il fait tout de même froid.

 

Ce soir c'est repas Breton. Dédé nous a ramené galettes, crêpes et cidre. Je confectionne des complètes (œuf, jambon, fromage) à son grand étonnement. Eh oui mon bon Dédé, ça aussi j'ai appris à le faire en Bretagne ! ! ! Après mes tartes aux pommes flambées à la gnôle bretonne mes convives calent devant les crêpes et nous partons nous coucher après de bonnes crises de rigolades

 DSC01191

 

  

Regroupement des gars de l'ouest à Parthenay.

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 11 décembre.

7H00, appel de Pascal. Il est arrivé la veille au soir chez Christian en région Nantaise, et ils viennent de constituer le premier groupe, Pascal – attelage FJ 1200 et Comanche, Christian en Triumph, Eric44 en Pan-European, Jeannot et sa Div', Dom avec une BMW, Fredo en Hayabusa attelée, et Franck (Eldiablo) en BMW connecté grâce au forum. Ils doivent retrouver les Charentais vers 9H00 à Parthenay.

 

9H00, départ de Bort des 4 équipages. Le plein des machines et c'est partit pour Meymac. Nous allons chercher les "pass" pour le bivouac, prenons un café et admirons de nombreux engins déjà sur place. Le parc est des plus éclectique. Des solos et des sides ou trikes, des européennes, japonaises ou américaines, des récentes ou anciennes, voire vénérables, des bécanes d'origine ou plus ou moins personnalisées, toutes les cylindrées, la plus petite étant . . . un Solex ! ! !

La parfaite organisation est palpable. Les opérations d'inscriptions ronronnent dans la bonne humeur et le bar abreuve tout le monde dans une chaude ambiance de retrouvailles.

 

Nous repartons vers Limoges à la rencontre de nos acolytes de l'ouest à l'exception de DD56 qui se rend directement au campement où nous lui laissons la charge de préparer notre arrivée.

Le temps est froid mais magnifique avec un ciel uniformément bleu. La neige est encore ponctuellement présente sur les bas côtés et la chaussée est souvent blanchie de givre dans les sections ombragées. J'apprécie de bien connaître cette route et de pouvoir anticiper les secteurs à risques tout en roulant avec plus d'entrain dans les zones dégagées.

 

Nous arrivons en avance sur le planning à Feytiat et nous nous réchauffons avec un café bienvenu. Un message de Pascal nous informe qu'après avoir galèrés dans le brouillard givrant et perdu Franck, ils ont retrouvé Fred17 et son singe Jo sur le second Comanche.

  P1050478

  

 

 

Tout le monde se retrouve au SuperU de Feytiat.

 

 

 

 

 

 

Je profite de cette attente pour discuter avec les responsables du SuperU. Ils ont bien fait dégager le parking tel que convenu et s'excusent des quelques voitures de clients présentes dans cette zone, ce qui, d'ailleurs ne dérange pas. Ils apprécient énormément la bonne ambiance qui se dégagent de tous ces groupes qui font des haltes plus ou moins longues, et sont admiratifs de ces équipages qui bravent le froid et d'éventuelles conditions climatiques difficiles, simplement pour le plaisir de se rencontrer et de participer à cet événement.

 

Une fois tout notre petit monde arrivé, nous passons à table. 13 couverts, un mauvais augure suivant le dicton qui cette fois a menti. Cela n'entache pas la bonne humeur. Une chaude et bruyante ambiance transpire au sein du restaurant "Le Resto (...la suite)". En nous préparant à repartir sous le soleil, nous avons trop chaud avec nos équipements d'hiver et avons hâte de reprendre la route pour nous rendre à cette hivernale qui ne semble en avoir que le nom.

 

J'ai la lourde charge d'amener tout ce petit monde à bon port. Dés le départ, il faut gérer les scissions provoquées par un rond-point puis un feu tricolore. Pour des raisons de sécurité, je ne veux pas m'arrêter sur le bord de la route, mais je tiens a utiliser ces premiers kilomètres relativement rectilignes et sans contraintes particulières pour ressouder l'ensemble et aborder la partie plus hypothétique dans les meilleures conditions possibles. J'avance à allure mesurée jusqu'à ce que j'aperçoive le double phare caractéristique de la Triumph de Christian à qui j'ai demandé de fermer la marche. Nous reprenons alors un rythme plus soutenu et absorbons d'autres motos se joignant à notre cortège. A l'approche de chaque zone à risques je ralentis progressivement afin de ne pas provoquer d'à coups susceptibles d'engendrer des freinages appuyés et mal venus sur sol glissant.

 

Heureusement que j'ai l'habitude d'emmener des groupes car il faut redoubler d'attention. Outre la gestion de sa propre conduite, il faut scruter le sol et l'environnement à la recherche d'un piège tout en profitant des rares bouts droits suffisamment longs pour vérifier la bonne marche de l'ensemble et s'y adapter.

 

A la sortie de Lacelle, je sens le side de Pascal impatient dans la belle courbe à gauche bien sèche, mais je reste au rythme du passage en ville. Dans le virage à droite qui suit, Pascal semble piaffer de plus en plus, et il ne doit pas comprendre que je ne parte pas comme dans certains enchainements précédents. Lorsque nous attaquons le gauche qui suit, il comprend. Un véhicule de gendarmerie est stationné sur la droite gyrophare allumé. Un gendarme nous fait signe de ralentir et, à l'aide de son pied, nous signale que la zone est glissante, ce qui est d'ailleurs bien visible par la blancheur de la chaussée. Je le remercie et contourne avec délicatesse le dispositif de cônes qui protège les pompiers et une voiture accidentée. Une arrivée euphorique dans ce traquenard ce serait probablement terminé par un magnifique strike ! ! !

 

Les passages blanchis se succèdent mais, à part quelques dérives fugaces, tout le monde arrive à bon port et relativement décontracté. D'ailleurs, si j'étais plus timide, j'aurais surement rougi face aux multiples remerciements de mes suiveurs qui ont semblé apprécier ma manière d'enrouler avec plus ou moins de vigueur suivant le contexte.

 P1050513

 

 

 

Une vue bien parcellaire de ce site magnifique,
véritable vitrine de la région.

 

 

 

 

 

 

Le nouveau site est grandiose. En effet, pour faire face à l'afflux (près de 2300 inscrits et une probabilité de 3000 participants) le MC Meymacois a du trouver un terrain plus adapté que celui de l'année dernière déjà exigu. Celui-ci est vaste et présente une image idéale du plateau de Millevaches. Un terrain vallonné et herbu, ponctué d'une parcelle de conifères et pourvu d'une source en son centre. La carte postale type de la région !

 

Joint au téléphone, DD56 se poste sur la crête et agite sa casquette pour que nous le repérions. Pendant que ceux qui ont leurs "pass" partent prendre possession des lieux, je redescend sur Meymac avec les autres. Nous profitons de ce passage en ville pour aller saluer Arlette dans l'ambiance mouvementée du siège du moto-club avec Michel qui vient de nous rejoindre. Il s'est en effet retrouvé bloqué au dernier moment par le boulot mais nous rend tout de même une petit visite. En remontant, nous nous arrêtons au tabac qui est malheureusement fermé. Je suggère à mes acolytes de remonter s'installer pendant qu'il fait jour et je repars à Saint Angel pour combler les lacunes des potes imprévoyants et qui m'avaient passé leurs commandes de cigarettes ! ! !

 

Lorsque j'arrive sur le site, une grande partie de l'équipe a déjà déserté le campement pour aller vérifier le bon approvisionnement du bar. Si ce n'est pas la chaleur qui leur donne soif, ce doit-être les quantité d'âneries et quolibets débités dés les casques posés.

 

La fin de journée se poursuit par plusieurs aller et retour entre les tentes et la buvette. Avaient-ils peur qu'elle disparaisse ? C'est aussi le meilleur moyen pour se retrouver. Ainsi, je peux faire la connaissance de Christophe (Tofun), un jeune qui passe son permis cette semaine et qui est venu du Var en 125. Enfin, il est partit en 125 mais celle-ci l'a lâchée en route et il a continué comme passager d'une autre moto. Nous avions échangé quelques propos au travers du forum et il s'étonne de notre attitude à son égard alors qu'il n'est pas lui même motard (ce sont ses paroles). Je respecte, et j'admire, celui qui ose se lancer dans de telles conditions et le fait d'être motard est pour moi plus un état d'esprit que la possession d'un objet . . . Il est avide de nos expériences et nous passons un long et agréable moment à deviser.

 

Dans la soirée, Eric44 fini par réchauffer le sauté de mouton qu'il avait concocté avant de venir et congelé. Avec la température ambiante c'était toujours un bloc de glace et il lui a fallu jongler pour obtenir un plat chaud sans le bruler. La nuit est déjà bien avancée quand les premiers, dont je fais partie, commencent à s'éclipser sous les tentes. Je suis douillettement installé dans mon duvet et sous une couette et je m'endors presque instantanément. Des retours de buvette tonitruants me réveillent, mais très brièvement. Je n'entendrais même pas certaines invectives à mon encontre du type : "Allez Pat, met toi sur le ventre, j'arrive".

 

Comme d'habitude, je me réveille tôt mais traine un peu dans la douce quiétude de mon couchage de luxe. Vers 5H30 je vais boire mon premier café et rencontrer les lève-tôt ou couche-tard. De nouvelles et passionnantes rencontres, des boutades, des crises de rires, des discussions endiablées, des souvenirs, autant d'ingrédients à priori insignifiants mais qui réchauffent l'atmosphère et accentuent les dimensions humaines de ces moments.

 

Dés que la lumière de l'aurore s'accentue, je retourne à la tente chercher l'appareil photo. Les copains commencent à émerger, avec plus ou moins de vigueur. Mon petit Jo est touchant. Il se confond en multiples remerciements pour l'organisation de cette virée. Il est dans une période cruciale de sa vie (perte de boulot probable et bientôt jeune Papa) et cette parenthèse lui a permit d'évacuer une partie de son stress. C'est bien Jo, tu grandis et tu constate que les copains ne sont pas là QUE pour faire la fête, mais aussi pour s'épauler et s'entraider. . .

 

Nous retournons ensemble boire le café. Les esprits sortent des brumes et les crises de rires se succèdent au gré des blagues et boutades. Lorsque j'annonce que je pars faire un tour du site pour immortaliser quelques scènes, Pascal m'emboite le pas. L'appareil numérique n'apprécie pas la température et il faut jongler avec les piles dans la poche et le boitier sous le blouson. En faisant un tour complet du site, nous prenons la réelle mesure du nombre de participants. Visuellement, l'habitat de toile semble relativement clairsemé, mais la surface permet d'égayer les quelques 3000 personnes répondant présents. Il nous faut d'ailleurs un bon moment pour parcourir tout ce lieu et mon dernier ménisque s'en souviendra avec vigueur ! ! !

 

A notre retour, nous constatons que nous avons loupé le départ de nos voisins. Heureusement, Eric44 a pris quelques photos et je les utilise pour leur rendre un hommage particulier. Le père et le fils ont mis 14H00 pour venir de La Rochelle . . . juchés sur une Mob et un solex ! Chapeau bas et respect Messieurs.

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Il est déjà l'heure de plier et d'organiser les retours. DD56, Dom, Fred17 et Jo ainsi que Franck repartent directement vers l'ouest. Le reste de l'équipe converge vers Bort sous le brouillard givrant qui commence à déposer sa pellicule blanche. Fred26 prend juste un café avant de repartir. Il veut passer le Vivarais glacé et enneigé de jour. Il ne pourra même pas profiter des caillettes Ardéchoises qu'il a apportées.

 

Nous nous retrouvons à 9 à la maison, Michel nous ayant rejoint. Je fini rapidement la confection de la Tatin âprement réclamée par Eric40, pendant l'apéritif puis nous nous attablons autour de la potée. Nous mangeons assez rapidement pour libérer Eric40 et Françoise, Frédo et Jeannot qui repartent vers les Landes et la région Nantaise. Au cours de la fin de journée, les appels téléphoniques nous annoncent que chacun est bien rentré. Pascal, Christian et Eric44 passent la nuit à la maison (ils ont d'ailleurs pris des acomptes de sommeil plus ou moins long l'après midi devant Continental Circus ! ! !).

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Un peu d'animation dans ce quartier d'habitude si calme . . .

sauf quand les copains viennent arrondir les pneus dans la région ! ! !

 

 

 

 

 

 

 

Ils repartent lundi sous le soleil du petit matin qui fait étinceler le givre déposé par la brume. Pascal souffre avec son side dont l'embrayage a rendu l'âme. Il finira son périple en passant les vitesses à la main, son pied étant devenu trop endolori par cette boite trop dure.

 

Cette seconde édition du renouveau des Millevaches s'avère une réussite brillante, et la confirmation des attentes de beaucoup d'entre nous. Il est vrai que la météo était très clémente cette année et que beaucoup ont regretté l'absence de neige. Mais restons positifs. Ces conditions permettent aussi d'offrir un environnement routier plus sécurisant et donc des participants plus détendus. A titre personnel, si je ne rechigne pas à rouler sur la neige (et ça m'est encore arrivé le mois dernier – cf. "Un week-end épique") je ne vais plus la chercher pour le plaisir de la braver.

 

Je tiens à rendre ici un vibrant hommage à tous les organisateurs et officiants de cette manifestation. Je vous assure que les "bizuths" ont été impressionnés par votre efficacité dans la bonne humeur.

Toutes les discussions, qui se poursuivent d'ailleurs sur le forum, sont unanimes. L'environnement que vous avez su créer et entretenir est propice au bien être de chacun et donc à la réussite des rencontres.

 

C'est d'ailleurs ces rencontres qui me laissent un goût amer.

Il y a tant de gens que je voulais voir et que j'ai loupé, ou trop brièvement aperçu . . .

 

Dommage, cela va m'obliger à revenir . . .

Ou tant mieux, mais ais-je vraiment besoin de cela ?

 

 

 

 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 21:42

Après une longue absence sur le net, il est temps de reprendre le fil de ma vie motarde, et particulièrement à l'occasion de la tentative de renouveau de la concentration des Millevaches, 40 ans après sa création.

 

A la fin des années 60 et début des années 70, les "Millevaches" étaient aussi mythique que les "Éléphants", référence incontournable lors de mes jeunes années de motard, ou comme les "Pinguinos" actuellement.

 

Ce projet me tient à cœur à plusieurs titres :

  • J'y avait fait une trop brève incursion, probablement en 1974, mais un de nos potes de la bande de l'époque n'ayant pas voulu rester, nous sommes rapidement reparti ;

  • Résidant (de temps en temps) dans la région, j'ai eu le plaisir d'apporter un humble et ponctuel apport au comité d'organisation lors des premiers préparatifs ;

  • Enfin, voici une excellente occasion de se retrouver avec une joyeuse bande de compères dont certains vont pouvoir recevoir le baptême d'une hivernale.


5 copains sont disponibles et répondent favorablement à ce projet. Ils sont des habitués de ce blog et nous les retrouvons fréquemment dans mes chroniques. Jean-Marie (Blanco) d'Agen, Éric des Landes, Pascal de Bretagne, Ulrich de Manosque et André (DD07) d'Ardèche.

 

Jean-Marie arrive en début de semaine. En grand maître des Kawasaki, il est venu vérifier avec moi la qualité de ma nouvelle acquisition, un 1200 ZRX. Le mercredi nous allons donc en banlieue de Clermont-Ferrand et découvrons une machine qui nous séduit autant que son propriétaire nous met en confiance. Contrairement à nos prévisions, nous nous contentons de la démarrer et n'allons même pas l'essayer sur la route. Les transactions terminées, nous retournons sur Bort, Blanco profitant de la machine, mais aussi du crachin qui nous accompagne dans la tombée de la nuit . . .

 zrx





La kawasaki prend place aux côtés des 2 vénérables Yamaha qui totalisent à elles deux plus de 400 000 km.





 

Nous consacrons le jeudi aux approvisionnements, ce qui nous permet de remettre en route mon mulet "Div3". Cette vénérable machine âgée de prés de 7 ans dépasse allègrement les 300 000 kms et n'a pas roulé depuis 6 mois ! ! ! Un peu de poussette, des compléments d'huile, de liquide de frein et un peu d'air dans les pneus, la voilà repartie, toujours vaillante, même si ces réactions sont un tantinet déconcertantes par rapport à Div4, et particulièrement décevantes vis à vis du ZRX.

 

Nos emplettes nous conduisent à Riom-ès-montagnes dans une fromagerie où j'ai mes habitudes. Nous échangeons nos montures sur cette route diabolique que DD07 à renommer la R.A.B., Route A Bonheur, et débordons largement du simple ravitaillement pour se délecter de ces routes sèches et de ces enchainements fabuleux.

 

Il nous faut aussi préparer les repas. En effet, la maison de Bort est notre camp de base, nous y résiderons le vendredi soir et le dimanche soir et je ne veux pas être rivé en cuisine par la logistique, mais profiter de ces moments qui s'annoncent sous les meilleurs auspices. Jean-Marie salive devant l'élaboration d'un méga chou farci et goutte régulièrement les résultats. Il en profite aussi pour mes piquer mes combines lors des préparatifs d'un tarte Tatin dans une démarche qu'il trouve peu orthodoxe !

 

Le vendredi en fin de matinée nous reprenons nos montures pour aller à la rencontre de Pascal sur Limoges. Nous avons rendez-vous en début d'après midi à notre point de rencontre habituel, le "Mas Cerise" à Feytiat, et il doit nous appeler aux environs de Poitiers.

Nous nous arrêtons au relais motard de Meymac où nous découvrons que Pascal aura un peu de retard sur l'horaire prévu. Nous arrivons donc au point de rendez-vous en avance et commençons à manger quand le side Comanche vient se garer sous nos yeux. Nous faisons le point de l'avancement de l'équipe du sud-est. Ulrich a retrouvé André à Alès et ils se restaurent à Langogne. Nous convenons qu'il nous rappellent de Saint Flour afin de savoir si nous venons à leur rencontre, mais cela semble compromis.

 Ulrich-DD






La Versys de Dédé et le R1 d'Ulrich qui fait encore le fier sur la route de l'aller . . .

 




Blanco s'échappe rapidement avec le ZRX qu'il a décidé de tester, mais ce roadster n'a tout de même pas le comportement de son denier ZX19R, véritable avion de chasse. Peu après Bugeat, des gendarmes s'installent en bout d'une ligne droite. Heureusement que notre rythme soutenu nous a permis de passer avant l'installation complète du système de visée. Notre testeur de Kawasaki aurait eu beaucoup plus de problèmes que ses suiveurs ! ! !

 

Une rapide pause à Meymac nous permet de constater que de nombreux équipages motocyclistes commencent à arriver, avec une forte proportion de side-cars. Blanco est étonné de nous voir arriver sur ses talons alors qu'il pense avoir mené un train particulièrement rapide. En fait, j'ai coupé à travers le centre de Meymac alors qu'il suivait les panneaux et contournait la ville . . .

 

A Bort, le R1 de Ulrich et la Versys d'André sont sagement garés devant la maison. Nos compères nous attendent depuis une dizaine de minutes. Nous déchargeons les motos en provoquant une certaine animation dans ce quartier plutôt calme, au grand plaisir de mes quelques voisins prévenus de cette agitation ponctuelle.

 

Les retrouvailles se poursuivent autour d'un bon café qui réchauffe les corps, l'ambiance n'ayant aucun besoin d'être soutenue par de tels artifices. Il est ensuite temps de démarrer l'apéritif (avec les cakes aux olives d'Annie, épouse d'André – toujours un régal) et d'attendre Éric qui arrive des Landes en voiture puisqu'actuellement il n'a plus de moto.

 

Le chou farci semble particulièrement apprécié et Blanco est étonné du résultat de ma Tatin malgré la technique utilisée. Il faut dire que nous avions mis au point ces recette et procédure dans mon dernier restaurant avec Jacques, un autre motard connu à l'école hôtelière (cf. http://div19.over-blog.com/19-categorie-10354205.html)et que nous en avons concoctées quelques centaines de kilos.

Les délires vont bon train, et Blanco part dans un phantasme où chacun apporte des compléments de plus en plus cocasses. L'idée de base serait d'avoir un déambulateur dans le side, d'arriver à une terrasse de café par exemple, et de nous précipiter sur Dédé qui ne tiendrais pas sur ses jambes . . .Tenir l'équilibre de sa moto lors de son arrêt, l'assister pour descendre, le soutenir dans une marche désordonnée, lui faire prendre une tisane, l'aider à remonter sur la bécane et à prendre son élan et . . . le voir repartir avec sa vivacité légendaire . . .de quoi étonner le badaud ! ! ! en attendant, nous avions tous mal au ventre d'un fou rire qui s'amplifiait à chaque ajout.

 pascal-eric





Éric, toujours en chaleur (pour les Pinguinos il roulait avec seulement un T-shirt sous son blouson) donne un coup de main à Pascal pour sortir son P. L. ! ! !



 

Samedi matin nous préparons nos montures et Éric s'aperçoit qu'il a oublié de prendre son équipement . . . Heureusement, nous avons tous les deux une certaine taille mannequin et je possède suffisamment de tenues pour pouvoir l'équiper correctement. Même si nous n'avons pas des conditions climatiques dignes d'une hivernale, le fond de l'air est frais et nous tenons tous à un minimum de sécurité apportée par un équipement convenable. D'ailleurs, vu les conditions climatiques plutôt clémentes, Pascal me demande si nous pourrions trouver un endroit avec de la neige pour une séance photo. Je propose que dimanche nous allions vers le Mont Dore où nous pourrions manger et bénéficier d'un cocon blanc pour nos bécanes ! ! !

 

Je garde Div3 dont le comportement peu dérouter un pilote habitué à des motos plus modernes et moins usées. Éric enfourche Div4 et reste timide. Les réactions de la Diversion le change totalement de ses dernières Yamaha R1 et FJR dont les parties cycles et les puissances sont sans communes mesures !

  oural






Voici le type d'engin fréquemment rencontrés sur les hivernales. Celui-ci est particulièrement propre.

 



Arrivé à Meymac, nous allons chercher nos tickets, prendre la mesure de l'évènement au travers du nombre de personnes et des types de montures. Comme dans toutes hivernales, les sides sont largement représentés sous toutes ses formes, du Zeus à l'Oural en passant par diverses japonaises allemandes ou américaines. Autour d'un café Éric nous relate ses impressions quant à Div4. Dans toutes les courbes il avait tendance à redresser la machine qui se tortille allègrement lors de la mise sur l'angle. Je le rassure en lui expliquant qu'à mes début avec cette bécane j'avais les mêmes curieuses sensations. Maintenant je n'y fait plus vraiment attention, ayant pris une certaines habitude après plus de 500 000 km en Diversion. Actuellement, lorsque je ressens ce louvoiement, c'est qu'il est temps que je calme le jeu ! ! !

 

Nous repartons ensuite vers la commune de Millevaches distante d'une quinzaine de kilomètres et installons notre campement dans l'un des herbage à notre disposition. L'organisation semble aguerrie. De grandes tentes abrite une logistique impressionnante et nous testons rapidement le vin chaud car la température commence à baisser et un vent frisquet nous agresse régulièrement. Ulrich est tendu pour manœuvrer sa sportive dans l'herbe grasse d'un terrain non nivelé.

  groupe






Installation dans la bonne humeur générale.






 

Lorsque nous repartons faire nos courses, les tentes sont encore assez clairsemées, mais à notre retour en fin d'après midi c'est la crise du logement. Notre feu a disparu, et nos voisins sont maintenant très proches. Serrés comme ça nous devrions nous tenir chaud. Ce ne sera pas du luxe car nous sommes maintenant en négatif et la tombée de la nuit nous offre de vivifiantes bourrasques de vent du nord glacé, véhiculant un léger grésil. Le délicat saupoudrage blanc estompe la verdure de la prairie et s'agglutine autour des toiles. Nos néophytes des hivernales, André et Ulrich, bénéficient donc d'un baptême digne de ce nom.

  eric-ulric






Ulrich est écœuré par la résistance
au froid d'Éric.





 

Fatigués, j'accompagne Éric et nous sommes les premiers à nous coucher, bientôt suivi par Ulrich. La musique nous berce mais n'arrive pas à réchauffer suffisamment l'atmosphère. Les derniers viennent nous rejoindre vers 2 heures et la sono s'éteint à 4 heures.

 DD






Au cours de la nuit André se laisse pousser les cheveux . . . Annie le reconnaitrait-elle ?

 





Je me lève vers 6h00 et pense être le premier de notre groupe. Je discute avec les premiers "lève-tôt" et les fidèles officiants du bar dont Gillou, autour d'un café bienvenu. Bill, le grand maître du renouveau de la concentration des Millevaches nous rejoint rapidement. Nous dissertons sur cet événement qui dépasse très largement nos espoirs les plus fou. Lors de nos premières réunions, il y a un peu plus d'un an, nous pensions que la venue de 200 à 300 personnes serait une excellente base de relance de ce mythe. Ce matin, l'estimation est de 1 800 à 2 000 motos ! ! ! De plus tous les sondages que nous avons effectués concordent. Les participants apprécient cette manifestation et nombreux sont les plus anciens à savourer cette ambiance bon enfant des rassemblements libres organisés à l'époque par les M. C. P. (Moto Club Pirate, refusant toute affiliation). Ces propos sont d'ailleurs notre meilleur baromètre de réussite puisque nous tenions avant tout à respecter autant que possible l'esprit du créateur (néanmoins transposé dans notre époque qui impose de nombreuses nouvelles contraintes, entre autre déclaratives et juridiques).


J'en profite pour faire le point sur l'état de la route. Les premiers kilomètres sont scabreux mais la situation s'améliore ensuite. Par contre, il neigeotte sur Meymac.

 

Éric me rejoint, rapidement suivi de André qui cherche Ulrich. En fait, celui-ci était le premier debout, son semblant de sommeil vaincu par le froid. Pauvre Ulrich, il doit être maso. Et pourtant, en son temps, lors d'un passage à Nogaro, Blanco l'avait bien prévenu (cf. http://div19.over-blog.com/categorie-10158540.html). En 2007, il se trouve coincé entre les deux briscards que sont Dédé et moi même alors qu'il a tout juste 6 mois de permis. 3 jours de virolos à gogo entre Ardèche, Drôme et Ventoux avec le 600 Bandit, puis une semaine de Pyrénées en Yamaha R6. Ensuite, s'enchainent les épisodes, toujours de montagnes, Massif Central, Cévennes ou Alpes.

 

En fonction de l'état de la route, nous décidons d'attendre que la température remonte et surtout que la chaussée soit traitée. Nous laissons donc dormir Pascal, à mon grand étonnement car nous sommes souvent les deux premiers levés. Nous déambulons dans le campement quand le vent accroit sa force et nous amène de la neige. Je propose alors d'activer le départ avant que la situation ne devienne vraiment problématique. A partir du moment où Pascal a accepter de se lever et qu'il a bu son café, le pliage et le rangement sont mené tambour battant. D'un commun accord nous abandonnons l'idée d'une escapade au Mont Dore et rêvons déjà d'une douche bien chaude à la maison.

 

Avant de se mettre en route je préconise que nous laissions de larges espaces entre nous, autant pour éviter des réactions brutales en cas de chute de la moto précédente que pour laisser passer et s'intercaler les voitures qui n'ont pas nos contraintes d'équilibre. Certains d'entre nous rigolent lorsqu'ils entendent plusieurs participants s'exclamer en voyant Ulrich : "Celui-là il est gonflé avec sa sportive".

 

La légère pente du départ donne le ton et, malgré une déclivité faible, la relance des motos semble se faire à la godille. Tout de suite après, légère descente puis remontée tout en virages. L'allure est sénatoriale et les bottes fréquemment au sol. Même le side rencontre des difficultés pour tenir un cap constant. Un passage en sous bois, en ligne droite mais ponctué par une courbe nous annonce, par sa blancheur brillante, un passage ardu. Petit coup de warning et appels de stop, rétrogadage, et c'est partit pour l'instant de vérité. Je retrouve une sensation mainte fois éprouvée, celle d'avoir l'impression d'être sur un tapis volant. Je ne touche à rien, maintient juste un légère accélération, mais le flottement est quasi constant. Un poil d'angle, une pâle accélération ou un freinage timide auraient de fâcheuses conséquences sur un équilibre bien précaire. D'ailleurs, un motard vient de relever sa machine et bricole sur le bas côté.

 

En arrivant sur Meymac nous retrouvons la route de Limoges et la situation s'améliore. J'augmente gentiment le rythme car la chaussée est détrempée et les risques de verglas restent présents. Toutefois, je dois ralentir pour attendre mes suiveurs qui sont encore sous le coup de ces premiers kilomètres. J'apprécie d'ailleurs grandement cette attitude. Je précise souvent, surtout aux jeunes, que c'est à moi de les attendre et qu'en aucun cas ils ne doivent essayer de rouler au delà de leurs possibilités (réelles ou ressenties).

 

A Bort, tout le monde se détend et les motos sont rapidement déchargées et remisées au garage. Chacun échange sur ces conditions particulières et Ulrich est singulièrement satisfait d'avoir traversé cette nouvelle expérience concrétisant nos informations et conseils. Je m'attelle ensuite à préparer un repas, efficacement secondé par Blanco qui apprécie sûrement autant que moi de se plonger dans ces activités. D'ailleurs, je pense sournoisement qu'il en profite largement pour me piquer mes astuces. Les autres participent à leur niveau en gérant efficacement l'apéritif accompagné, entre autre de la saucisse d'Ardèche souvent présente dans les fontes d'André.

  blanco







Blanco à la manœuvre pendant que je tranche les tomates sous l'œil rigolard d'Ulrich.





Dans l'après midi, Éric nous abandonne pour retourner dans les Landes et la douce quiétude de la maison nous entraine inexorablement vers une sieste réparatrice. Seul Blanco reste fidèle au match de rugby. Revigorés, nous nous retrouvons plein d'entrain autour de la traditionnelle truffade. Histoires, chahuts et délires animent joyeusement cette soirée.

 

Lundi matin, je suis debout à 5 heure pour constater de timides chutes de neige qui blanchissent les véhicules mais pas le sol. A 6H30 c'est une tempête et je deviens inquiet pour les retours prévus ce matin vers le sud-est et la Bretagne. Lorsque les autres se lèvent les nuages laissent apercevoir quelques trouées bleues, mais la température reste négative.

 

Les sudistes mettront plus de 2 heure pour rallier Saint Flour (1 heure en temps normal et parfois beaucoup moins – n'est-pas Dédé et Carlo ! ! !). Pascal, qui avait hésité à suivre mon conseil de prendre l'autoroute par Brives et Limoges, ne regrette pas cet itinéraire. Les conditions étaient tellement mauvaises qu'il se faisait doubler par certains camions. Les projections de ces derniers gelaient au fur et à mesure sur lui. Il mettra 3 heures de plus que prévu.

  comanche ulrich-neige

Le Comanche est déjà en tenue camouflage au départ. Quant aux sudistes, ils se préparent un joyeux moment dans la montée du col d'Entremont entre Riom et Murat.

 

Quant à Blanco, il retourne sur Agen le mardi avec aussi de mauvaises conditions. Mais ce faux-frère était en voiture . . .

 

  

PS 1 :

Un très grand merci à tous ceux qui se sont investit dans ce projet et pour son excellente réalisation.


Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître.


Fédérer les bonnes volontés de plusieurs moto-club régionaux (particulièrement Meymac) sans utiliser ces structures pour coller au plus prés à l'esprit de l'époque d'un rassemblement libre était déjà une gageure.


Réagir, dans les dernières semaines et jours, à la recrudescence des inscriptions a nécessité un engagement fort pour négocier de nouveaux terrains, élaborer la logistique ou remettre en cause les choix initiaux (convoi de Meymac à Millevaches par exemple). Le cap des 500 était déjà bien au delà des premières perspectives, mais il fut vite évincé par le cap des 1 000 suivi d'une réalité estimée entre 1 800 et 2 000 motards.


Bravo à vous tous, et maintenant que "LES MILLEVACHES" est ressuscitée,  VIVE LES MILLEVACHES.


PS 2 :
Album photo accessible ci-contre et lien vers vidéo FR3 :

http://www.dailymotion.com/video/xbiib1_millevaches-2009-concentr-motos-rep_auto

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