Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 09:48

Mercredi 6 mai

 

Avec DD07, nous prenons notre café en terrasse à l'endroit du rendez-vous convenu au centre de Nyons. Après une vingtaine de minutes d'attente, nous décidons de nous propulser plus loin afin d'accueillir le groupe à l'entrée de la ville et minimiser les pertes de temps. Postés dans un rond point nous rigolons franchement en voyant l'attitude de certains automobilistes à notre vue.

 

Lorsque le groupe arrive, la tension est latente. Les reproches fusent, qu'ils soient relatifs à la trop faible vitesse de certains ou, au contraire, à l'attitude ressentie comme téméraire pour d'autres. En effet, dans la descente de la vallée de l'Eygues, certains se sont sentis pousser des ailes alors que les plus timides pouvaient se sentir poussés à la faute ou abandonnés.

 

Il me semble qu'aborder une journée comme celle qui s'annonce sans un minimum de quiétude ne fera qu'accroître les risques. Je propose donc à Olivier de scinder le groupe en deux sur la base du volontariat. DD07 part devant avec les confirmés et je prends en charge les plus néophytes. Ainsi chacun profitera au mieux de la route et des paysages dans un rythme adapté. Cette solution est adoptée à l'unanimité et nous fixons le point de rencontre à Malaucène pour le café.

 

Ce premier tronçon est vraiment celui de la mise en route. J'essaye d'imprimer un rythme régulier mais je dois ralentir l'allure à chaque sortie de virage pour garder le contact. Tout doucement, la confiance s'établit et ces ralentissements s'amenuisent. A Malaucène nous constatons que la tension initiale est retombée et que tout le monde est vraiment prêt pour une bonne journée de roulage profitable.

 





Pause café à Malaucène.

La preuve par l'image de la détente retrouvée ! ! !

(photo William Bayol)




Nous repartons vers Bédouin par la fabuleuse D19 au revêtement parfait. Néanmoins l'allure reste mesurée sur cette route particulièrement étroite et fortement sinueuse. Mon bataillon de charme est désormais dans le rythme. Je suis effectivement constamment poursuivie par nos deux avenantes jeunes femmes Audrey et Delphine qui commencent à s'appliquer sur les trajectoires de leurs magnifiques Ducati Monster blanches et légèrement nacrées poursuivies par la meute des garçons qui ne veulent pas être en reste ! ! ! (il s'agit là uniquement de mon analyse, bien sûr . . .).

 

Nous rejoignons ensuite Mormoiron pour nous approcher d'un des nombreux sanctuaires des motards de la région, les Gorges de la Nesque. Le rythme est maintenant régulier et soutenu. Le ruban de motos oscille régulièrement au gré des virages, des dépassements des innombrables vélos et quelques voitures. Je suis maintenant dans l'obligation de ralentir l'allure lorsque des points de vue intéressants se profilent. La magie opère, les novices prennent suffisamment d'assurance pour entrer dans les courbes avec une vitesse soutenue et profitent des endroits dégagés pour arrondir les trajectoires. Lorsque nous parvenons au belvédère, point de rendez-vous convenu, le premier groupe est étonné du peu de temps entre les deux arrivées.

 






Le groupe pose dans le somptueux décor de La Nesque.


(photo
William Bayol)






L'ambiance est maintenant à l'image de la météo, au beau fixe. Les tensions sont tombées. Chacune et chacun savourent tous ces instant du plaisir d'être ensemble dans la bonne humeur, des paysages grandioses, de la satisfaction de maîtriser de mieux en mieux sa machine. Les blagues fusent, les rires éclatent, les chahuts passe de l'un à l'autre dans une douce euphorie.

 

Comme nous avons décidé de refaire les pleins des motos à Sault, je pars devant avec quatre jeunes afin d'éviter de perdre trop de temps à la station. Dés les premiers virages je tente de calmer une voiture qui monte à grande vitesse et en prenant toute la chaussée. Il ne s'agit pas que cela effraye un de nos débutants ! ! !

 

Notre attente s'éternise et une vague inquiétude commence à me gagner. Au bout d'un certain temps, des vrombissements de moteurs me rassurent, les retardataires arrivent. En fait, seulement 2 motos apparaissent et nous apprenons que Thierry a chuté avec sa Ducati. Les dégâts humains  semblent minimes mais la moto a perdu, entre autre, sélecteur et repose pied. Après une nouvelle attente je décide de partir aux nouvelles. Je trouve Thierry et DD07 à Monieux, point où le téléphone est opérationnel. Ils organisent le dépannage avec l'assistance, mais il faudrait redescendre la machine pour favoriser l'opération. DD07 me propose de me charger de cette mission et nous remontons donc dans les gorges. J'ausculte rapidement la Ducati, la démarre et DD07 passe la seconde à la main afin que je puisse la lancer. Les premières dizaines de mètres sont chaotiques. J'ai l'impression d'être en string sur cette frêle bécane, je teste les réactions de la fourche et des freins le tout avec la jambe gauche dans le vide. Les grands yeux ébahis et le sourire surpris de Thierry lorsqu'il voit arriver sa monture valent largement tous les remerciements qu'il me prodigue.

 




Le lieux des multiples
"tout droit".

Première auscultation
de la Ducati.


(photo
William Bayol)





La suite de cette opération devient vraiment périlleuse pour moi. Il faut maintenant retourner chercher Div'4 restée à la garde d'Olivier et je dois monter en duo sur la Kawette de DD07. Passager, ma hantise ! ! ! J'ai beau bien connaître André et lui faire confiance, je lui prodigue tout de même moult recommandations et appels au calme. Si DD07 peut-être un saigneur dans certaines arsouilles, il est là un grand seigneur et prend un soin particulier de mon appréhension. Encore merci à toi pour la douceur de ta conduite, surtout avec un passager comme moi ! ! !

 




Le reste du groupe de garde autour
de la Ducati, sous le soleil Provençal.



(photo
William Bayol)




Une fois les motos rassasiées et le restaurant prévenu de notre retard, les deux groupes reprennent leur progression vers Montbrun les Bains et la vallée du Toulourenc. Les jeunes sont tendus et j'ai beaucoup de peine à imprimer un rythme. Les malheurs de Thierry sont présents dans des esprits qui se bloquent. Cette attitude est non seulement normale, mais elle me paraît salutaire. Le risque zéro n'existe pas et les galères ne sont pas toujours réservées aux autres. Ceci est maintenant concret. Néanmoins, tout doucement, la situation évolue et les enchaînements sont de moins en moins heurtés. J'encourage mes suiveuses par gestes et les appréhensions s'amenuisent. Après Malaucène, nous attaquons l'ascension du Mont Serein, et là, les jeunes lions se libèrent pour arriver heureux (et affamés) au restaurant du Chalet Liotard. Entre le plaisir pris dans cette montée, la majestueuse vue qui s'étend des Ecrins au Mont Lozère, le soleil qui luit sur les dernières plaques de neige et la perspective du repas, l'ambiance est joyeuse, même lors de l'analyse des causes probables du dernier avatar (gravillon, excès de confiance, mauvais positionnement du regard, . . . ? ? ?).

 

Malgré notre grand retard, les officiants du restaurant sont aimables et participent grandement à nos bêtises et délires. Par téléphone, Thierry nous informe que les bricolages pratiqués sur sa Ducati lui permettent de rentrer à La Motte Chalancon. Vu l'heure avancée de l'après midi, nous décidons de prendre le chemin du retour. Nous profitons de la descente pour admirer les points de vue puis nous rejoignons Nyons et la 94.

 

A la sortie des Pilles, nous empruntons la D70 par l'impressionnant défilé de Trente Pas, les cols de la Sausse et de Bouvières. De là nous obliquons à droite vers les cols Lescou et pré Guittard puis les gorges de l'Arnayon dont le tourniquet final est particulièrement technique. Les jeunes (et moins jeunes d'ailleurs, mais tous jeunes permis) sont impressionnants. La cadence est soutenue et régulière. L'attention est assidue et c'est un véritable plaisir de constater une telle évolution en si peu de temps. Les dernières grandes courbes qui nous mènent à La Motte sont avalées sans fioritures. Ce n'était sûrement pas comme ça ce matin ! ! !

 

Le lendemain est une journée de repos pour le groupe, au moins au niveau de la moto puisqu'une activité rafting est prévue. Nous préparons donc la journée du vendredi avec tout le monde avec pour objectif le Vercors. Ulrich désire tout de même rouler le lendemain et il nous connaît maintenant suffisamment pour savoir comment nous faire succomber à ce type d'appel ! ! ! (cela ne doit pas être difficile). D'autre part nous devons passer par Avignon pour aller chercher des pièces pour la Ducati. Une opération pneus sera aussi nécessaire pour l'avant de Kawette et l'arrière de Div'4. Nous fixons donc un rendez-vous avec Ulrich vers 10H30 au rond point de l'autoroute à Bollène pour ce jeudi et nous redescendons vers Saint Martin d'Ardèche à la nuit tombante.

P. S.
Un grand merci à William pour l'envoi de la majorité de ces photos. En effet, ce périple était vraiment organisé dans les moindres détails. L'infirmière, les vidéastes, les informaticiens, Mappy, . . . et un photographe professionnel. Ses coordonnées :
00 33 682953582 - wbayol@gmail.com- www.william-bayol.com

Partager cet article
Repost0

commentaires

G
Youpiii tjs aussi plaisant à lire, vivement la suite ^^ !!!
Répondre
P
<br /> Merci Guillaume,<br /> Voilà ton voeux comblé, mais sans ta présence dans l'histoire puisque tu était au rafting ce jour là !<br /> <br /> <br />
G
Merci patrice pour la suite de nos aventures que je revis avec les mêmes impressions que celles que tu décris si bien.<br /> Que de souvenirs et quel plaisir d'avoir laissé une si belle image de notre groupe auprès de tout le monde! la réciproque est évidemment vrai en ce qui vous concerne (non je ne t'ai pas traité de "vieux con" :p j'ai dit "vous" pour toi et DD07) ainsi que nos hotes Stéphanie et Fabien !<br /> <br /> J'ai repris la SV 650s ce matin... l'A86 sud manque cruellement de virage :(
Répondre
P
<br /> Comme le dit souvent Dédé, un groupe c'est une auberge espagnole. Chacun y trouve ce que l'ensemble y apporte.<br /> Chacun de nous a apporté sa pierre, a commencer par la bonne humeur et le résultat est là.<br /> C'est dailleurs un des aspects que je recherche le plus dans notre microcosme motard, le partage, l'échange et la joie de vivre ! ! !<br /> <br /> <br />
T
Bien vu Patrice,...ce fut une super ballade avec une ambiance rare et un très bon esprit...Une explication qui peut servir à tous les motards pour éviter une sortie de route idiote: PAS DE STRESS EN MOTO...,je suis parti en retard car j'avais oublié d'enfiler ma dorsale et je voulais rattraper le groupe, cela m'a incité à moins de prudence et de vigilance...Encore merci à toi et à DD07 pour le coup de main (Quand même rouler sans repose-pied ni sélecteur, dans un endroit pareil, j'y crois pas encore...)
Répondre
P
<br /> Le plus difficile était plutôt d'être sur un "string" qui change bien de la Div', que tu ne connais pas, qui ne t'appartiens pas et qui risque d'être endommagé.<br /> Bonne continuation à toi, et bravo pour ton analyse humble et sereine. un bon point pour l'avenir.<br /> <br /> <br />
U
t'imagines même pas le soulagement quand je vous ai rejoins. J'étais paniqué, ouvrir sur des nationales demande beaucoup d'expérience, je n'étais clairement pas à ma place...
Répondre
P
<br /> Quelles nationales ? ? ?<br /> Enfin, tu as raison, l'expérience compte beaucoup. C'est un des privilèges des vieux . . . ! ! !<br /> <br /> <br />

Présentation

  • : Le blog de Patrice ou Div19
  • : Mes grandes virées en moto, dans la bonne humeur partagée entre amis.
  • Contact

Pages