L'édition des 24 heures du Mans 2009 revêt pour moi une dimension particulière :
-
Tout d'abord, je m'y rends en voiture.
En effet, ma compagne, depuis son accident de 2006 avec sa SV, ne peut plus faire de grands trajets en moto. Comme elle apprécie de retrouver cette ambiance et les copains, nous partons sur 4 roues. Nous en profitons pour faire un détour par la Sologne et récupérer Serge qui arrive de Metz. Une bonne soirée de jeudi chez l'ami Louis, dans un cadre idyllique et devant un repas Auvergnat confectionné à Bort (saucisson Auvergnat, Chou farci, Cantal et Saint Nectaire, Creusois - un gâteau aux noisettes !). -
En second lieu, je vais bénéficier d'un autre angle de vision de cet événement.
Un ami est commissaire de piste. Cela nous procure des facilités d'accès, mais aussi une approche différente de la course. D'ailleurs, les informations recueillies sont tellement édifiantes que je ferai un article spécifique sur ce sujet dans les semaines à venir.
Nous arrivons aux abords du circuit en fin de matinée. Nous sommes englués dans la file de véhicules quand un Comanche attelé à un FJ nous dépasse. C'est Pascal et son fils Mathieu. Nous nous retrouvons à l'entrée du camping du houx et commencons à installer le bivouac. Le second Comanche de Fred et Marvine nous rejoint en début d'après midi accompagné du Fazer de Sarah et Jo. Pendant qu'ils s'installent je pars avec Mathieu jeter un coup d'œil aux motos dans le double droit du Garage Vert.
Ensuite, nous partons tous ensemble vers la voie des stands pour profiter de la présentation des machines et des pilotes. Au retour, nous discutons avec notre pote commissaire et l'invitons à nous rejoindre pour le repas. William et Hervé sont arrivés avec le FJ-Comète escorté des deux jeunes en 1000 CBR et Yamaha R1. Comme d'habitude la soirée est endiablée et nous retrouvons de vieilles connaissances.
Samedi matin, nous vivons nos premières grandes émotions. Les courses de sides (championnat de France) sont fortement animées et le spectacle est grandiose. Quelques glisses, un léger accrochage et à la fin de la seconde course, un accident spectaculaire. Un équipage dérape, part vers l'extérieur puis revient sur la piste au moment où un autre concurrent arrive. Le choc est violent et un des deux attelages se retourne, pilote coincé dessous. Les secondes nécessaires à sa libération nous paraissent bien longues et, finalement le pilote semble s'en sortir sans trop de dégâts.
Cette année, nous assistons au départ des 24 Heures dans la chicane du chemin aux bœufs. Le balancement successif à gauche puis à droite de ce serpent animé est absolument magnifique. Les pilotes sont édifiants. Ils manoeuvrent leurs machines carénages contre carénages dans un ballet parfaitement ochestré et d'une précision diabolique.
Après un premier tour de circuit, et un passage pluvieux nous assistons à une chute impressionnante sur cette piste mouillée. Sur le retour vers le campement, nous sommes au dessus du Chemin aux Bœufs lorsqu'un bruit saisissant nous parvient du bout de la ligne droite, masquée à nos yeux. Nous tournons le regard pour voir débouler la Yamaha 35 en glisse sur le bitume, suivie de son pilote à plat ventre. A l'entée du bac à sable, la machine bondit en l'air, retombe et virevolte plusieurs fois sur elle même. Le pilote se relève et fonce vers sa machine, mais il est interrompu par les commissaires qui évacuent homme et matériel. Derrière le mur, il se précipite à nouveau vers sa monture, l'ausculte et cherche à débloquer la boîte. Son attitude lorsqu'il se relève me serre les tripes. Après moins de trois heures de course le rêve est terminé. Il repart vers son stand. Le casque qu'il n'a pas encore retiré semble lourd. Il est abattu et je suis triste pour lui et toute son équipe.
Après le repas nous retournons sur le circuit et profitons de la féérie que nous offre ce ballet nocturne. Un
passage aux alentours du lieu de concert (Trust) nous affole. Nous n'avons jamais vu tant de monde. Impossible d'approcher. Nous continuons donc à passer d'un secteur à l'autre jusqu'à ce que la
pluie se mette de la partie et nous pousse vers un sommeil réparateur.
Au petit matin, il pleut toujours et, contrairement à nos habitudes, nous n'allons pas vivre le lever du jour sur le circuit. Cette tournée s'effectue plus tard, mais la pluie est toujours de la partie. Nous constatons néanmoins que la RC 30 maintient sa place en course, ainsi que la Yamaha de tête. L'attaque est impressionnante dans ces conditions difficiles. Pascal émet un verdict qui parle de lui même, et que je partage :
on sera vraiment bons"
Nous repartons vers la Corrèze en tout début d'après midi ce qui nous évite les sempiternels encombrements. France Info nous renseigne de la bonne fin de cette 32ème édition.
Kawasaki Motors Europe a décidé de saluer le team Bolliger.
Cela fait 20 ans que le team Suisse est au côté de Kawasaki dans la discipline.