Vendredi 8 mai
Nous partons plus tôt afin de récupérer Patricia qui profite de cette sortie pour dépoussiérer son 600 CBR. Si elle sort moins souvent sa moto, elle participe néanmoins à certaines de nos virées et en organise même de mémorables (cf. http://div19.over-blog.com/article-22847885.html et 2 suivants)
Lorsque nous arrivons à La Motte Chalancon avec un petit quart d'heure de retard, les moteurs ronflent déjà dans
la pit lane, pardon devant les bungalows. Les pilotes ont l'air motivés pour en découdre et achèvent de s'équiper. DD07 part devant avec son groupe et je le suis immédiatement en direction
de Luc en Diois. Le passage du col de Prémol est une excellente mise en route. Les gentilles courbes de la montée laissent place à une suite d'épingles propres à réveiller les derniers
endormis.
C'est ensuite la D93 en direction de Die, calmement pour permettre aux retardataires de recoller. En fait Ulrich vient me prévenir que Thierry doit abandonner avec sa Ducati qui vibre énormément (nous apprendrons plus tard que la jante et la fourche sont voilées). Après un rapide aller et retour pour récupérer le dernier sous groupe, nous ne retrouvons tous à Die devant des pompes à essence refusant les cartes bancaires !
Die sur fonds de Vercors.
Nous attendons sagement que la "mangeuse de cartes" soit réparée.
(photo
William Bayol)
Pendant l'attente engendrée par la réparation, je découvre un super moyen de me retrouver agréablement entouré par nos trois équipières (par les mecs aussi d'ailleurs mais cela m'intéresse moins
. . .). Je sors un assortiment de bonbons Haribo du top case et en propose à la ronde. La dispersion des minis groupes sur le parking laisse vite place à un attroupement, filles en tête.
Pourtant, leurs parents ont bien du leur expliquer de ne jamais accepter de bonbons comme ça ! ! !
Ces pauses sont aussi des moments où nous évoquons les nombreux cas rencontrés concrètement, tel les platelages très glissants des passages à niveaux, les réactions des autres usagers, nos attitudes (cf. L'utilisation des clignotants. par exemple), etc . . . Après de bonnes rigolades, surtout quand DD07 prend à partie un couple de belge ou une charmante jeune femme, nous nous préparons aux choses sérieuses, à commencer par l'ascension du col du Rousset. Les jeunes profitent des pauses générées par une course pédestre qui coupe régulièrement la route. A l'arrivée, tout le monde est heureux de visualiser le chemin parcouru à partir du belvédère.
Ca les étonne nos jeunes de visualiser ainsi le chemin parcouru ! ! !
(photo William Bayol)
Nous nous arrêtons tout de suite après le tunnel pour la pause casse-croûte et les délicieuses ravioles enchantent d'autant plus la troupe que la veille le repas avait été difficile à avaler
(croque monsieur encore gelés à l'intérieur ! ! !). L'ambiance est délirante et nous sommes écroulés de rires devant les histoires de Viagra de William accompagnées de force grimaces et mimes
désopilants.
Toute la fine équipe (sauf William aux commandes de son appareil) pause pour la postérité ! !
!
(photo William Bayol)
Nous repartons ensuite vers Saint Agnan en Vercors qui voit notre première pause. Comme nous changeons de route, nous préférons attendre les retardataires restés avec notre photographe William
subjugué par ces paysages. C'est ensuite Saint Julien en Vercors pour rejoindre les gorges de la Bourne. La formation continue de façon intensive. Les jeunes découvrent les difficultés sur les
routes de montagnes largement abimées par l'hiver. Les trous et raccords de chaussée sont concurrencés par les restes de chutes de pierres. Comme nous n'avons pas rencontré le groupe précédent et
que le ciel est menaçant, je décide de poursuivre vers notre prochaine étape, Pont en Royans.
Petite pause après une légère ondée et les remarques sur les paysages sont dithyrambiques, tel ce débat relatif à la vertigineuse chute d'eau face aux grottes de Chorance. D'après la couleur
virant au rouge au passage de l'eau, celle-ci doit être chargée en fer. Un message téléphonique signale notre position et nous repartons en souhaitant ne pas être rattrapés par le nuage. Nous
traversons le village au pas et pouvons admirer les magnifiques maisons accrochées à la roche et baignées de soleil.
La raison du retard de l'autre groupe.
Une plaque qui avait tendance a rencontrer le pneu.
Le traitement fut brutal ! ! !
(photo William Bayol)
C'est ensuite Saint Jean en Royan et la montée de Combe Laval où la pluie nous reprend de plus belle. Dès que je trouve une aire suffisamment grande et dégagée, je stoppe afin que ceux qui
veulent s'équiper puissent le faire. Le paysage est néanmoins grandiose malgré la brume qui s'étire dans la vallée en contrebas. Les passages qui suivent vers le col de la Machine sont très
étroits, torturés et ponctués de tunnels. Les jeunes sont déjà tendus par la route détrempée et la file s'étire mollement. J'attends régulièrement pour favoriser les regroupements et décide de
couper au plus court et rejoindre directement le Diois où la météo a de bonnes chances d'être meilleure. Les deux filles me suivent toujours, et elles découvrent que l'on peut enrouler assez
rapidement sur route mouillée sous réserve d'anticiper et d'avoir une conduite très souple. Un passage à Vassieux en Vercors permet de rappeler que cette région était un bastion inexpugnable de
la résistance et que les forces nazies ont dû engager d'énormes moyens combinés pour annihiler les actions des partisans.
Nouvelle pause au col du Rousset, toujours à la brasserie "Sur le Pouce" 04 75 48 22 93 où nous avions été si bien accueillis ce midi. Il faut dire que le patron est un motard endurci qui nous parle de son Oural et de ses virées aux Eléphants ! J'appelle DD07 pour lui faire part de mon changement de programme et nous redescendons vers Die pour faire le plein avant de retourner au camp de base. Comme je l'espérais, la route s'assèche régulièrement et l'allure et plus soutenue sous le soleil retrouvé. A la station, Ulrich tente de me pousser à profiter encore de cette journée qui est la dernière pour certains. Je propose une boucle d'une centaine de kilomètres. Son épouse est partante et William, le photographe hésite. Il redoute d'être obligé de suivre un rythme qu'il ne maîtriserait pas. Je lui explique que ce n'est pas moi qui imprime la cadence, mais eux et lui demande combien de participants nous avons "perdus" au cours de ces derniers jours. Plus confiant, il se laisse tenter.
Nous laissons le reste du groupe prendre la route de La Motte Chalancon pour un repos réparateur, traversons Luc en Diois avant de nous arrêter au saut de la Drôrne et admirer l'impressionnant chaos rocheux. C'est ensuite l'ascension du col de Cabre sur des routes humides et fatiguées. Dans la descente vers Aspres sur Buëch, nous devons attendre Ulrich qui est resté avec William. Subjugué par le paysage des vallées, il s'est arrêté au col pour prendre quelques photos.
Le saut de la Drôrne et son chaos rocheux.
(photo William Bayol)
Et mes quatre derniers "stagiaires", de gauche à droite, Ludo, Ulrich, Delphine et William en
cours de prise de vue.

D'Aspres, nous rejoignons Serres pour ensuite emprunter la D994 vers le col de Saulces. Et nous attaquons une quarantaine de kilomètres de pur bonheur. Un revêtement presque toujours parfait, des
successions de courbes en permanence, une lumière fabuleuse, des points de vue envoûtants, un final de rêve. Les quatre motos enchaînent sans à-coups, balançant en permanence au gré du relief et
de la route. Une dernière pause photo euphorique et joyeuse avant de rejoindre tous les autres regroupés à La Motte. Le compte rendu de mes trois acolytes est tellement apologique que certains
croient à une volonté taquine de donner des remords. Mais il n'en est rien et ils le découvriront demain puisque nous programmons une dernière sortie vers les Alpes.
Pour DD07 et moi, c'est l'adieu à ceux qui repartent le lendemain puis les 90 kilomètres qui nous ramènent à Saint
Martin d'Ardèche.
Les trajets des deux groupes, et la boucle finale des plus vaillants ! ! ! (mais ce n'est qu'une boutade . . .)