Ma mission en Bretagne se termine ce dimanche par quelques sauvegardes et divers rangements.
Les prévisions météo ne sont pas exceptionnelles pour ce lundi avec des passages de pluie probables, mais le mardi s'annonce particulièrement chaud.
Le départ a donc lieu hier à 9H00. Les averses de la veille sont terminées et les routes séchées par le vent omniprésent. La moto est bien chargée, même si Laurence a gardé les costumes et chaussures de ville pour un retour dans 15 jours en voiture, mais la tenue pluie est prête à être dégainée !
Un petit coup de 4 voies jusqu'à Rennes puis des petites routes vers Angers. Les chaussées deviennent humides, les nuages menaçants et de fortes rafales de vent me bousculent régulièrement. J'espérais faire quelques photos en route, mais le manque de lumière ne m'engage pas à m'arrêter.
Angers, ma ville natale, profite de mon arrivée pour un second baptême. J'y prends ma première averse, mais elle ne dure pas trop longtemps et je sèche rapidement en prenant la route de Saumur.
Le terme employé pour cette région à la Renaissance, "Le Jardin de la France", n'est pas usurpé. La multitude des serres succède à de nombreux champs où sont cultivés d'innombrables plantes et fleurs. L'activité de la région à cette époque se retrouve dans l'architecture. Maisons bourgeoises, manoirs et châteaux sont omniprésent et je regrette ce temps gris et humide. Je ne me risque pas à quelques haltes photos.
Les petites routes locales me conduisent vers l'étape que je me suis fixée. Un village dont le nom évocateur m'a fait sourire il y a quelques années et où je voulais immortaliser une de mes fidèles 900 Diversion.
Il s'agit en fait plutôt d'un hameau qui a dû voir passer le Tour de France ces deniers jours, comme beaucoup de villages traversés, vu le nombre de vélos de toutes les couleurs exposés le long des routes et sur les rond points.
Seulement deux panneaux d'entrée et aucun support pour poser l'appareil. Obligé de sortir le petit pied pour stabiliser l'appareil. Quelle crise de rigolade à la vue des véhicules freinant puissamment en apercevant un motard installant ce matériel sur le bord de la route, à l'entrée d'un village ! ! !
J'imagine les commentaires "Ils ont tous les vices, ils utilisent même des motos chargées comme celle d'un touriste pour mieux nous piéger" ! ! !
Enfin reconnu à sa "juste" valeur, sur sa Dive ! !
!
Vous remarquerez le professionnalisme du photographe qui a su occulter une auréole trop
brillante pour permettre de distinguer le reste ! ! !
Un petit coup de fil chez mon frère Bruno (le photographe du "Troféo Rosso") qui habite à une demi heure, mais personne ne répond.
Tant pis, je prendrais un café plus loin, et je reprends ma route vers Poitiers.
La route redevient détrempée, l'horizon est noir et le vent d'ouest continue de pousser un front nuageux menaçant. Je fais donc une pause pour abreuver monture et pilote en espérant échapper à
d'humides perspectives.
En fait, dés la sortie de Poitiers je bénéficie d'une violente pluie agrémentée des projections des très nombreux véhicules de cette route fort chargée. Ce n'est plus la peine de s'arrêter pour
enfiler la tenue de pluie et j'espère que cela ne durera pas trop longtemps.
Quelques kilomètres plus loin, cela se calme et, avec la vitesse, je commence à sécher. Malheureusement, le trafic est très dense et je ne peux pas profiter d'une belle série de virages à
l'approche de Lussac les châteaux.
La file quasiment ininterrompue de véhicule que je double ralenti puis stoppe. Je commence une remontée d'autant plus facile que peu de voitures arrivent en face. Etrange.
Après plusieurs kilomètres de progression, je passe la Vienne pour caler, au détour d'une courbe, sur des gyrophares d'un véhicule de la gendarmerie posté au milieu du virage suivant. Cela sent
l'accident. Je stoppe aux côtés d'un couple de Bikers accompagnés d'un side partant en vacances vers Brives. Je les interpelle et nous commençons à chahuter au plus grand plaisir de nos
voisins qui profite de cette animation.
La circulation est complètement bloquée et j'entends les pompiers qui arrivent sur place. Cela risque d'être long. J'interroge des locaux qui m'informent d'une petite route de contournement. Vu l'enchevêtrement de véhicules de toutes sorte, seules des motos peuvent passer.
Le lieu de l'accident est évité et je peux reprendre ma progression sous une alternance d'averses, de projections et de séchage.
Heureusement, à l'approche de Limoges, le ciel s'éclaircit et la température remonte légèrement.
La centaine de kilomètres qui suit se révèlent particulièrement agréable malgré un séant qui commence à crier grâce. La fringante Diversion se déchaîne dans les successions de virages retrouvés après de longues semaines d'absence.
Entre le vent et la chaleur, je fini de sécher et arrive finalement à Bort vers 18H00 pour décharger la moto et faire quelques courses.
La fidèle Dive va maintenant se reposer quelques jours avant d'accueillir certaines de ses congénères. En effet, à la fin de la semaine nous nous retrouvons à quelques uns pour une semaine de moto à gogo entre Auvergne et Limousin.
A bientôt pour ces prochaines aventures qui s'annoncent épiques vu la motivation des participants.