Les installations fixes, les équipements mobiles, les procédures lois et décrets relatifs aux contrôles de vitesse fleurissent et explosent, pour notre plus grand bien, paraît-il ! ! !
Comme dans mes derniers propos - Contrôles automatiques de vitesse, j'enrage . . . - au sujet des radars automatiques, il ne m'appartiens pas de juger du bien fondé de cette soi disant
politique de répression. J'irais même jusqu'à constater des conséquences bénéfiques qui me semble confirmées par certains chiffres liés à l'accidentologie et surtout à ses conséquences
humaines.
Par contre, je suis effaré par le message et l'attitude des politiques, et ce pour deux raisons majeures :
1 – L'ABSENCE D'ANTICIPATION DU POUVOIR POLITIQUE
Certains des effets pervers d'une telle démarche étaient plus que prévisibles.
Aujourd'hui, Nous ne pouvons que les constater et valider le manque de prise en charge politique des conséquences de ces bévues. J'en répertorie deux principaux :
LA CONDUITE SANS PERMIS
Un journal automobile estime que 93 000 personnes roulent sans permis.
Un exemple récent à Marseille. Une succession de fautes (y compris de prévention par l'absence de protection d'un trottoir longeant une voie rapide ! ! !) commises par deux personnes dont les
permis sont invalidés ! ! ! Le résultat est dramatique.
Quel peut bien être l'état d'esprit de ce jeune Papa qui a perdu, sous ses yeux, sa compagne et ses enfants ?
N'est-ce pas une conséquence, au moins indirecte, de la mise en place du permis à point et de la quantité exponentielle des points supprimés pour excès de vitesse ?
Quelles mesures ont été concrètement prises, hormis l'encaissement des amendes, pour la mise en application de ces décisions ?
LA RECRUDESCENCE DE VEHICULE SANS PERMIS
Cet accroissement génère de nouveaux risques. Ces véhicules, peu rapides, surprennent fréquemment en devenant de véritables "chicanes mobiles", et ils provoquent des situations de tensions
sources d'erreur chez les autres usagers.
Pourtant, ce marché à l'air tellement porteur que l'on peut dorénavant louer ces véhicules !
De plus, leurs utilisateurs sont parfois excessivement dangereux (ils ne peuvent pas passer leur permis ou l'ont perdu ! ! !).
Le législateur estime qu'ils ne sont pas apte à conduire avec un permis, mais leur offre la possibilité de déambuler sans permis. Quelle ambiguïté, et quel risques
générés !
NB – il est a noter que ces véhicules ont aussi une vocation sociale, particulièrement dans les campagnes reculées.
2 – LA COMMUNICATION DEMAGOGIQUE DES POLITIQUES
Toutes ces mesures répressives relatives à la vitesse nous sont présentées comme des outils destinés à réduire le nombre et la gravité des accidents, et il est indéniable que des effets
bénéfiques se sont produits.
Néanmoins, la vitesse n'est pas le seul facteur à prendre en compte.
Quelles sont les mesures concrètement prises pour combattre l'alcoolémie, phénomène reconnu comme générateur de nombreuses morts ?
Personnellement, au cours de mes environ 1 000 000 de km en voiture et plus de 500 000 km en moto, ma vitesse a du être contrôlée quelques milliers de fois. En ce qui concerne l'alcoolémie,
seulement 3 contrôles, dont deux sur de légers excès de vitesse (non verbalisés).
Ce constat je peux le reproduire pour les vérifications de permis ou d'assurances. Les données sont sensiblement identiques !
Statistiquement, pour moi, ces types de contrôles sont donc de l'ordre de 1 pour 500 000 km.
Qu'en est-il pour vous ?
Suis-je un "chanceux" qui passe systématiquement au travers des mailles du filet ?
NON, je ne crois pas au message politique de la SECURITE ROUTIERE.
Le pouvoir politique a-t-il donné les armes à la Police et à la Justice pour réprimander des contrevenants en vue d'accroître cette sécurité ?
NON, je ne le crois pas, les principaux moyens mis en place semblent être des moyens fiscaux destinés à tenter de renflouer des caisses continuant à se vider (si l'on peut dire qu'un trou sec
peut encore s'assécher !).
Dernièrement, même les professionnels ont donné de la voix dans ce sens. Ils ne semblent pas partager le point de vue du politique sur les dérives que prennent leurs missions.
La répression est certainement (et malheureusement) un élément indispensable d'une politique de sécurité routière. Mais je pense que ce volet doit être complet et ne pas se limiter à un aspect
(la vitesse) ni à une démarche (l'argent).
Pour tenter d'être un tantinet éducative, elle devrait prendre en compte un maximum de facteurs de risques et anticiper les conséquences par des mesures d'éducation, mais aussi de prévention
(maintenance du réseau routier, signalisation, . . .).
Mais là, je rêve éveillé !
Les agitations verbales, les décisions empiriques et réactives des récentes périodes ont provoquées un joli brouillard estompant bien des réalités.
Celles-ci ne commencent-elles pas à apparaître ?