Nous voici posés dans les Yvelines, mais la garde de la maison n'est pas synonyme de statique et farniente, loin de là.
Les activités sur place ne manquent pas entre les cueillettes et réalisation de confitures afin que nos hôtes profitent ultérieurement des produits de leur jardin.
Et si l'un des objectifs est de fournir un cadre reposant à Laurence avant la reprise de son boulot, le principal reste de rouler afin d'améliorer l'expérience et donc la maîtrise de la bécane grâce à l'accumulation de la pratique.
La première sortie est courte, mais intense. Nous avons rendez-vous avec une collègue et amie de Laurence pour une visite du potager du Roy à Versailles. Mais la météo n'est pas de notre côté et nous essuyons une averse dantesque à tel point que l'eau n'arrive pas à s'évacuer, notamment dans les passages bas, sous les ponts …
Enfin, le ciel s'éclaircit et nous pouvons pratiquer cette visite en toute quiétude puis partager un verre amical. Et c'est ensuite une longue déambulation dans cette ville qui m'a vu grandir … puis devenir Papa !
Séquence nostalgie, chargée de souvenirs poignants des familles maternelle et paternelle, avec des visions sur la cathédrale Saint Louis, la pièce d'eau des Suisses, l'Orangerie … et les maisons et rues chères à mon enfance.
La seconde virée démarre de très bonne heure, dans la nuit noire. Laurence repense à son Grand-Père qui a vécu la première guerre mondiale et elle émet le vœu de voir le Fort de Vaux où cet aïeul aurait séjourné. Nous voici donc partis dans ces contrées meurtries du secteur de Verdun.
Une visite du fort poignante et particulièrement enrichissante quant à ce qu'ont pu vivre ces fameux Poilus sur tous le front :
Dans toute la région, la terre est meurtrie, sillonnée de tranchées, éventrée de cratères comme parfaitement discernables sur cette vidéo panoramique du sommet du fort :
Nous arpentons ces lieux de fracas et de mort, interloqués par les conséquences des décisions de quelques-uns sur la vie de millions d'autres …
Mais la nature reprend ses droits, tout doucement, un siècle plus tard.
Elle adoucit les balafres et trous, ensevelit les restes, y compris humains des hommes disparus et la dense forêt offre un sentiment de quiétude en ces contrées d'épouvante …
Une pause à l'ossuaire de Douaumont donne une mesure du massacre vécu dans la région.
Et ici, comme en Normandie, les champs de croix, étoiles et croissants blancs, laissent pantois :
Un dernier arrêt à la "Tranchée des baïonnettes", un lieu de sépulture de soldats ensevelis ici pendant la première guerre mondiale, alors que seuls les canons des fusils et leurs appendices dépassent du sol.
Différentes hypothèses tentent d'expliquer cette situation, mais la plus plausible semble être celle de soldats allemands ensevelissant leurs ennemis morts et délimitant ce lieu de funérailles avec les armes …
Mais il nous faut prendre la route du retour, laisser derrière nous les horreurs de cette guerre …
Nous profitons de passer près de Reims pour s'offrir une pause désaltérante devant cette grandiose cathédrale, chargée d'histoire elle aussi :
Depuis le baptême de Clovis le 25 décembre 498 (année retenue, mais incertaine), la majorité des rois de France, jusqu’à Charles X en 1825, sont sacrés dans cet édifice !
3 jours plus tard, nouveau départ pour une destination proche : les jardins de Claude Monet à Giverny.
Somptueux, malgré une foule dense fortement marquée par les asiatiques et les américains …
Quel enchantement cet enchevêtrement de plantes, ces allées multicolores, ce superbe environnement en même temps si exubérant et si ordonné :
Mais aussi ces plans d'eau si célèbres (les nymphéas) et où l'on comprend que certaines peintures soient parsemés de tâches de couleurs … des reflets des fleurs environnantes :
Et toutes ces formes, toutes ces couleurs … mais aussi toutes ces senteurs, autant d'atouts pour attirer nombre d'insectes butineurs :
Après une pause repas à Vernon, direction Château Gaillard. Des souvenirs d'enfance pour Lolo et d'adolescence pour moi. En effet, ma première "grande virée" avec mon CB 350 Honda avait pour destination Les Andelys et ce château, avec les potes, encore en 50 cc …
Ensuite, nous remontons sur Beauvais et musardons dans le Vexin avant de retrouver notre port d'attache.
Entre ces grandes virées, nous faisons quelques sorties plus locales pour retrouver de la famille et lorsque le temps est plus mauvais, nous nous attablons devant les ordinateurs.
Ainsi, grâce aux nombreux documents déclassifiés et mis en ligne au moment du centenaire de la première guerre mondiale, Laurence peut retracer les années de combats et de captivité de son Grand-Père et ainsi découvrir les méfaits de la tradition orale.
Il n'est jamais passé par le fort de Vaux (à l'instar d'un de ses régiment), mais a été fait prisonnier à "La Tête des Faux", dans les Vosges !
Avant de repartir pour la Bretagne, une dernière excursion vers Amiens où nous rendons visite à Éric et Marlène. Un rapide mais délicieux repas concocté par Madame et nous reprenons la route sous la houlette de Éric, G. O. émérite qui a programmé l'itinéraire et l'horaire en fonction des averses annoncées … La pluie tombe à droite, en face, à gauche, mais toutes ces ondées sont évitées !
Première pause à Mers les Bains rapidement suivie d'une autre à Ault, sur les falaises dominant une mer passablement agitée. Encore des souvenirs pour moi, de rares week-ends en famille dans une vie professionnelle accaparante, il y a une trentaine d'années …
Avec une parfaite équité (2 femmes, 2 hommes … et il faut bien 2 Honda pour équilibrer avec 1 Yamaha !), pause rapide à Cayeux :
Nouvel arrêt à la Pointe du Hourdel, à l'embouchure de cette majestueuse Baie de Somme. L'occasion d'admirer bien des volatiles, mais aussi des phoques prenant leur bain de soleil sur un banc de sable :
Encore quelques tours de roues et nous voici posés à Saint Valéry sur Somme. Ruelles agréables et architecture typique utilisant les ressources locales dont les galets, non sans un certain art :
Enfin, un dernier arrêt rapide à Saint Riquier pour y découvrir une tour où a été enfermée Jeanne d'Arc lors de son transfert vers Rouen, ainsi que la superbe abbaye royale :
Mais l'après-midi est bien avancée et nous devons rentrer dans le jour déclinant.
A l'arrivée, Lolo est en joie, son compteur mesure l'ampleur de sa nouvelle expérience par un chiffre tout rond !