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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 15:00

Le week-end qui suit ma chute, nous allons dans la région Nantaise avec Pascal pour retrouver des potes des Pinguinos chez Christian. Je me fais conduire en fourgon ce qui facilite la remise en forme des chairs meurtries et me permet de profiter au mieux de ces moments magiques émaillés de souvenirs, de taquineries et de rigolades … qui finissent par nous donner mal au ventre ! ! !

 

Ensuite quelques activités Bretonnes et je repars en direction de la région de Poitiers. L'allure est des plus mesurée. Chaque changement de teinte de l'asphalte entraine immédiatement un raidissement et un ralentissement. Je n'arrive pas à regarder mes trajectoires. Invariablement mes yeux se portent sur la chaussée devant mes roues pour vérifier le bon état du revêtement. Il en découle une allure hachée et des prises d'angle particulièrement timides. Il va surement me falloir quelques mois pour annihiler ces réactions réflexes, comme après ma dernière très grosse frayeur dans les Alpes ( cf. 3 jours pour 4 massifs... ).

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Une petite pause au Cap Fréhel, sur la côte d'émeraude qui porte bien son nom..


Ici, vue sur la lointaine pointe d'Erquis, et de l'autre côté sur Saint Malo.

 

 

 

 

Le dernier week-end de mai est consacré à mes neveux Charles et Victor. En l'absence de leurs parents, nous démarrons le week-end par un excellent concert de Chucho Valdès and the Afro Cuban Messengers, à l'occasion du superbe festival Jazzellerault.

 

Comme ces jeunes ne connaissent pas trop mon univers moto, je leur propose de profiter du FSBK qui se déroule sur le circuit du Vigeant, ce qu'ils acceptent avec entrain. Le samedi, en voiture car je n'ai pas de side, nous allons jusqu'à Bort afin de démonter des pièces sur Div'3, en vue de reconditionner proprement Div'4. Le dimanche nous repartons de très bonne heure pour profiter pleinement d'une journée complète sur le circuit.

 

Le temps est superbe et nous nous arrêtons à l'Isle Jourdain pour faire quelques courses. Et je tombe sur Christian du team Kawasaki SRC qui vient chercher les croissants. Bonne entrée en matière ! Dés notre arrivée, un petit tour dans le paddocks où nous saluons quelques compétiteurs à deux ou trois roues, mais aussi certaines figures de notre environnement tel que Serge Nuques (souvenir d'une superbe glisse dans la descente du Mont Faron) ou Christophe Guyot venu sans sa guitare (la dernière fois que je l'ai approché c'était lors d'un run musical endiablé avec les MJ boys à Vincennes !).

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Charles et Victor font bien les fiers sur le side de mes potes Ardéchois ! ! !

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jeunes sont enthousiastes de découvrir ce qui est pour eux une grande nouveauté, et leur intérêt prend encore de l'ampleur lorsque nous nous déplaçons autour du circuit. Il est vrai que le spectacle est impressionnant alors, pour des néophytes, ce doit être dantesque …Ils découvrent aussi l'ambiance typique à notre monde. Ainsi, nous passons quelques moment avec Jojo du forum 900 Diversion et sa petite bande. Nouveaux chahuts, nouvelles crises de rigolades et étonnement grandissant des jeunes !

 

Je profite de la pause de midi pour aller saluer quelques connaissances. Arnaud Sajoux est désabusé par les réactions intempestives de sa Bimota. Il doit batailler avec sa machine et regrette amèrement de ne pas pouvoir arsouiller devant. Remy Echard est à peu près dans le même état suite à une casse moteur … J'aperçois Gilles Staffler le manager du team Kawasaki SRC. Il semble tellement abattu que je n'ose pas aller le saluer. Il faut dire qu'il doit avoir la rage de voir ses pilotes, Julien Da Costa et Gregory Leblanc se battre comme des beaux diables contre les BMW en début de course puis devoir rendre la main pour cause de pneus déficients … histoire à répétition depuis le début de la saison !

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Les deux jeunes pendant les procédures de départ de la coupe Pirelli.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les courses reprennent de plus belle l'après midi, mais mes neveux n'auront pas le courage d'aller au bout. Entre un lever aux aurores et une chaleur écrasante, ils préfèrent légèrement écourter un week-end déjà bien chargé. Je profite du temps qui me reste ici pour faire quelques clafoutis et remonter plus proprement Div'4 en prévision du prochain week-end.

 

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 17:09

Petite balade impromptue hier après midi. Laurence, en vacances Limousines, me soudoie pour aller faire un tour de moto jusque dans la banlieue de Brive. Elle désire profiter de la douceur printanière pour aller revoir le monastère d'Aubazine et surtout, le Canal des Moines, récemment mis en valeur à la télévision.

 

Roulage tranquille par Saint Angel, Egletons et Tulle. Agréable mais pas transcendant !

 

La pause à Aubazine :


L'église est toujours aussi imposante :

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La climatisation est autant appréciée que le décor ;

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Les détails fournis par le travail des artisans, édifiants ou amusants.

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Le canal qui alimente l'abbaye en eau s'observe au long d'une marche harassante, plus par la déclivité que par la longueur.


L'ingéniosité des anciens se révèle encore
par ces travaux pour guider le précieux liquide :

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Pour repartir, j'ai envie d'un itinéraire différent, plus tortueux. Je propose à Laurence de rentrer par Argentat et Mauriac, ce qu'elle accepte sous la condition que je garde un rythme de promenade …

 

A peine engagé sur la D1120, une route à gauche, panneautée Mauriac, attire mon attention et je m'y engage. Quelle bonne idée, c'est tout de suite des enchainements de virages et quelques voitures à sauter rapidement entre deux courbes. Tout à mon plaisir, je pense aux copains que je vais pouvoir amener par là. Cela devrait leur plaire ! ! !

 

Toutefois, ma passagère tempère vite mon ardeur et je retrouve une allure plus modérée. Bientôt elle me montre un panneau indiquant le château de Sédières et nous nous engageons sur une petite route qui finit par s'enfoncer dans une magnifique forêt nous laissant découvrir de superbes étangs. Un endroit bucolique à souhait pour un pique-nique …

La route devient parking et nous accédons au monumental château dominant deux pièces d'eau dont les surfaces à peine fripées par la brise reflètent les frondaisons.


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Nous repartons par diverses routes empruntées en fonction de l'humeur de mon GPS interne. Calmement, nez au vent à humer ces délicates fragrances printanières, et en particulier celle des fleurs d'acacia formant des bouquets éclatants au sein d'un camaïeux de verts tendres.

 

Et des virages,
des virages à n'en plus finir au gré du relief,
avec des revêtements généralement corrects.

courbe

 

19H00, il est temps de rejoindre des lieux connus, en l'occurrence Spontour, les gorges de la Dordogne, la très mauvaise route jusqu'au barrage de l'Aigle, Mauriac et Bort.

gorges

Quelles surprises nous réserve encore
cette magnifique Corrèze ?

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 10:16

Vendredi matin, 7H30 je devrais partir et je me lève après une nuit difficile et chaotique. Il faut que je m'active.

8H50, le bonhomme est enfin prêt, la moto chargée, y compris les victuailles promises au team S-PASS RACING et je pars le couteau entre les dents. Le temps est superbe, mais frais et particulièrement venteux. Je dois me battre avec les bourrasques qui prennent appui sur les valises et top case déséquilibrant ainsi la moto. Par deux fois je suis ainsi surpris en pleine courbe et les suées qui en découlent calment mon ardeur. J'en profite pour jeter des coups d'œil rapides sur les dernières traces blanches émaillant le Puy Mary et le Lioran. Lors d'un complément d'essence à Saint Flour, un message téléphonique de DD07 m'annonce qu'ila bien retrouvé Ulrich à Alès et qu'ils viennent à ma rencontre. Le rendez-vous initial à Florac est reporté vers Mende vu mon retard initial ! ! !

 

Pour limiter le temps de trajet,je traverse l'Aubrac et le Gévaudan par l'A75 où les rafales de vent balayent violemment ces plateaux sans protections. La moto navigue parfois d'une file à l'autre ralentissant mon allure. L'un des avantages est que j'ai peu à me soucier d'éventuels radars ! ! ! Je rejoins Mende par le nouveau viaduc et la superbe N88 qui virevolte le long du Lot. Là encore les éléments se liguent contre moi. A l'approche d'un passage à niveau en courbe j'aperçois au dernier moment une large trace sombre parsemée d'absorbant orangé. Freinage brutal pour m'engager entre cette coulée d'hydrocarbure et le bas coté avec un minimum d'angle. Cette trainée perdure sur plusieurs kilomètres, les virages les plus serrés étant largement constellés d'absorbant. Elle se termine sur un bas coté en une large flaque.

 

Après Mende, j'entreprends l'ascension du col de Montmirat (1026 m.) par son versant le moins intéressant. Le revêtement n'est pas fameux et les lignes droites sont légions. Par contre, la descente vers Florac, quel régal. Une véritable symphonie de virages en tous genres. En épingles ou larges, avec ou sans visibilité, qui s'ouvrent ou se referment, … et des chicanes mobiles à négocier dans des mouchoirs de poche tellement les bouts droits sont courts. En bataillant pour garder un bon rythme, je surveille le contre-bas. Je devrais déjà avoir croisé mes acolytes, mais ils n'arrivent toujours pas. A l'approche de Florac je rigole tout seul en pensant à ce pauvre Dédé que je prive de dessert en lui évitant cette portion qu'il affectionne tant.

 

J'hésite à m'arrêter pour prendre, enfin, un café, mais nous risquons de nous louper. Je continue donc vers Alès pour bientôt les croiser et je leur fais signe que je continue. Je ralentis l'allure et Dédé arrive rapidement, mais sans Ulrich. Nous réduisons encore, mais devant son absence obstinée nous repartons dans l'autre sens. Il ne m'avait pas reconnu et avait continué plusieurs kilomètres avant de s'apercevoir qu'il était seul. Vu l'heure et l'endroit nous décidons de manger à Florac. Ceci nous permet de converser avec deux Kawasakistes de la région d'Orange et Dédé leur confectionne un petit road book sinueux à souhait.

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"Non, ce n'est pas vrai, Blanco et Enrico nous poursuivent ici aussi"

C'est notre réflexion lorsque ces deux Kawa rejoignent nos machines.

 

 

 


 

A notre arrivée sur le circuit, tout ronronne dans le box 10 de S-PASS RACING. Les deux BMW S 1000 RR sont chouchoutées par Gégé et Pascal, les mécanos des bécanes #59 et #80. La logistique s'affaire, en particulier pour Françoise à la cuisine et Joël aux photos et à l'installation générale. Je fais rapidement les présentations et confie les fromages Auvergnats à la maîtresse des lieux.

 

Nous nous propulsons ensuite à l'autre bout du paddock pour saluer les trois jeunes du Team MC19 (moto club Meymacois), Aurélien, Greg et Yan. L'ambiance est morose. Ils sont arrivés de la région parisienne où ils travaillent après une nuit de route éprouvante dans leur fourgon de récupération. Ils cumulent toutes les fonctions puisqu'ils ont chacun leur machine et sont seuls. La première séance d'essai du matin est fatale à la Kawasaki #119. Aurélien a chuté et abimé tout le flanc droit de la machine, sans conséquences notoires pour le pilote, hormis quelques douleurs et ecchymoses. Le travail de remise en état de la machine est stoppé net par les caprices du vent qui envoie dans les airs le barnum. Ce vol, lourd et disgracieux, se termine de l'autre coté d'un mur en un tas informe de toile fripée et métal tordu. Pour couronner cette situation scabreuse les prévisions météo annoncent la pluie. Sans ce frêle abri la position va devenir intenable …

 

A notre retour au box 10, je discute quelques minutes avec Cédric, le pilote de la BMW #80. Il ne connait pas ce circuit et ses premiers essais l'inquiètent. Le tracé très technique est inscrit dans un relief turbulent. Montées, descentes, virages aveugles, autant de difficultés qui rendent ardues la prise de contact avec ce manège infernal et sa mémorisation. Par contre, si les pilotes s'affrontent sans merci sur la piste, ils retrouvent toute leur humanité dans le paddock et les plus aguerris ne sont pas avares de leurs conseils envers les plus jeunes. Nous les retrouvons souvent débattant par petits groupes des moyens utilisés pour déjouer les pièges et améliorer les temps, quitte à dessiner les trajectoires optimales sur un plan … " là, j'essaye de passer en 3, mais je n'ai pas encore assez de vitesse en courbe pour bien ressortir. Moi je suis à fond de 2 …" voilà le style de discours glané ici et là.

 

Les réglages de la #59 sont encore erratiques et Charles, le pilote, tente plusieurs configurations d'amortisseur arrière pour optimiser la fougueuse motricité qui attaque trop rapidement les pneus. S' il apprécie la puissance de la BMW, il regrette la partie cycle de la Kawasaki qu'il pilotait nuit et jour le week-end dernier au Bol d'or !

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Gégé et Pascal s'affairent sous l'œil inquisiteur de Charles, heureusement en photo !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le box voisin, un joyeuse équipe de nordistes s'affaire sur plusieurs machines dont une 125 pilotée par un tout jeune de 13 ans. Sa fluette silhouette parée de l'armure de cuir paraît un peu décalée dans cet univers. Et, s'il ne participe pas beaucoup, il suit avec intérêt les invectives et boutades échangées ainsi que les conseils de ne pas tout répéter à ses professeurs ! ! !

A la nuit tombante, nous rendons à nouveau visite aux trois jeunes Meymacois qui ont reçu le renfort de 2 compagnes. Ils ont déménagé, remis debout un barnum solidement arrimé et pris possession de leurs premiers trains de pneus pluie pour un modique budget qui dépasse les … 1000 euros. Malgré ce trou béant dans leur pauvre budget, les avatars de la journée et les difficultés à appréhender ce nouveau tracé, ils gardent le moral et se projettent dans leur prochaine empoignade sur la piste, avec une inconnue de taille, la météo …

 

Nous nous échappons ensuite en ville pour manger une pizza et peaufiner un projet en cours et très proche de son aboutissement. J'en profite pour passer quelques messages sur le net, cela étant impossible du circuit. Ensuite, Dédé retourne chez lui en Ardèche et, avec Ulrich nous allons nous installer dans le box pour la nuit. J'ai bien pris ma tente, mais les prévisions météo sont si peu engageantes que cette solution me paraît plus confortable.

 

 

Les premiers départs du samedi matin se réalisent sur piste sèche mais sous un ciel chargé. En pré-grille, quelques écarts sont parfaitement mesurables. Quand certains pilotes arrivent seuls avec leurs destriers, d'autres sont accompagnés d'équipe et de matériel telles que les couvertures chauffantes qui maintiennent les pneus en température. Quelques-un bénéficient même des derniers conseils de ténors de la piste. A ce titre, j'admire la verve de Olivier Four, pilote Kawasaki qui a tant souffert au Bol et qui nous a fait si peur lors de sa chute au Mans en FSBK. Il fustige ses troupes avec passion !

 

Didier, qui était déjà présent à Nogaro nous rejoint alors que Ulrich se prépare à repartir vers Manosque et sa petite famille. Nous avons profité de ces deux jours pour finaliser quelques documents pour notre nouveau projet bientôt sur les fonds baptismaux … encore quelques jours de patience ! ! !

 

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Ulrich et Div19 posent devant leurs derniers documents !

 

 

 

 

 

 

Les nuages finissent par crever, la bruine mouillant rapidement la piste. La finale 1 du groupe B de Promo-Découverte comporte les trois Meymacois qui ont chaussé leurs pneus pluie et c'est une grande première qui accroit l'appréhension. Dés le départ, le #119, Aurélien, part en chasse, en quatrième position dans le premier tour. Dans le second il est deuxième et attaque sa remontée sur le leader mais chute rapidement, pour la seconde fois du week-end. Avec Sophie, sa compagne, nous obtenons des informations rassurantes des commissaires et sommes soulagés.

 

Ses acolytes sont dans le paquet, mais il est impossible de connaître leurs places sans les écrans de contrôle. Les temps au tour sont très disparates, de 1:53 à plus de 3 minutes et la visibilité est précaire. La poisse poursuit ces sans-grades. Le #115, Greg, arrive en pit lane sur son élan, moteur aphone. Il pense que sa machine est morte. Il est d'autant plus dégoûté qu'il commençait tout juste à prendre du plaisir. Les sensations sur le mouillé se peaufinaient et il gagnait plus de 10 secondes au tour par rapport à son entrée en piste. Je me sens bien impuissant face à sa détresse, mais remarque une odeur qui me semble caractéristique. De plus, son tableau de bord est inerte. J'exprime la possibilité d'un incident électrique provoqué par l'humidité et donc moins grave que son diagnostic désastreux. Il retourne vers son campement, aidé à la poussette par Sophie.

 

Je rejoins les écrans pour constater que le dernier de ces mousquetaires en piste, Yan le #81, est revenu dans le peloton de tête au prix d'une régularité étonnante. Il passe le drapeau à damier troisième. A son arrivée en pit lane, je le félicite le pouce levé. Il me répond, désabusé, le pouce vers le bas et ne me croit pas lorsque je lui annonce sa place. Il pensait être 7èmeou 8ème, dans le meilleur des cas! Il lui faudra quelques minutes, la séquestration de sa machine au contrôle technique et son approche du podium avant de réellement réaliser. La lente transformation de la montée en puissance de sa joie puis l'explosion de son plaisir sont particulièrement émouvants.

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La joie de Yan, encore retenue, pour ce premier podium !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dites, les petits jeunes, il est peut-être temps de penser au panneautage
si vous continuez comme cela ! ! !
Cela aide bien à une gestion stratégique de la course ...

 

Les 1000 sont en piste pour la demi-finale et je suis en pit lane, aux cotés de Gégé et Pascal, relayant l'information des écrans aux pilotes. Les drapeaux jaunes s'agitent dans tous les secteurs, signalant les chutes qui se suivent à une cadence impressionnante. A la sortie du virage du pont, une moto s'affaisse juste devant Charles qui évite le choc de justesse et avec une clairvoyance étonnante. Deux tours plus tard, il met un certain temps à ressortir et l'appréhension monte vite. Il apparaît finalement, seul, sans le concurrent qu'il était en train de remonter. Nous apprendrons plus tard qu'il a encore évité le pilote chutant devant lui (voir la séquence de photos dans le diaporama des photos de Didier)… Enfin, son co-équipier, Cédric glisse et tombe à la sortie du triple gauche. Pascal, son mécano-panneauteur et beau-père est follement anxieux jusqu'au moment où je peux lui dire "Il est debout, je vois son casque au dessus des barrières. " Charles finit cette demi-finale à la seconde place.

La pluie redoublant de vigueur, les 600 sont stoppées après seulement 4 tours et le programme chamboulé.

 

Lorsque je vois les photos de Didier réalisée lors de la seconde chute devant Charles, je ne peux pas m'empêcher d'être admiratif devant cette science du pilotage, cette capacité à réagir au mieux devant la surprise. En trois courses, 4 faits, dont 2 en direct (à Nogaro, maitrise de la glisse pour provoquer une chute salvatrice lors de la rupture du circuit de freinage, au Bol, la correction instantanée de la trajectoire pour éviter la touchette lors d'un intérieur, à Lédenon, évitement de deux équipages chutant devant lui). Ce n'est plus de la chance, c'est du grand Art ! ! !

Tout de même, Charles, prend plus soin de tes ainés et limite un tout petit peu ces moments de tensions intenses que tu nous imposent . . .

 

Dans le box, Cédric est morose car il a fait une faute, mordre légèrement une bande blanche mouillée, qui se traduit par une dure sanction. Pascal s'affaire à remettre en état la machine et, alors que Cédric est seul, je l'interpelle vertement. "Si tu te prends pour Rossi, change tout de suite de numéro et mets le 46 au lieu du 80. Mais lui aussi a souvent chuté avant de devenir multiple champion du monde. Ce que je trouve positif dans ta démarche, c'est ton auto-critique. C'est la preuve que tu apprends et tire les conclusions des erreurs à ne plus faire."

il s'explique, nous débattons et il conclut avec, enfin, un sourire : "Oui, step by step". Je partage son sourire à cette évocation de notre discussion à Nogaro … Le message passe.

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Bien chiffonnée, la BMW de Cédric sera rapidement remise en état par Pascal,
assisté de Gégé.

 

 

 

 

 

 

En début de soirée, Tiphaine et Marjorie débarquent en Gare de Nîmes où sont allés les chercher leurs compagnons Charles et Cédric. A leur arrivée sur le circuit, j'ai presque terminé mes préparatifs de truffade. Les relents olfactifs des pommes de terre sautées à l'ail et au persil dans lesquelles commence à fondre la tomme fraiche de Cantal attirent les commentaires envieux et affamés. Pascal, grand amateur de ces tubercules salive tout en finissant de remonter la BMW blessée. Par contre Charles est anxieux. Il n'aime pas le fromage et redoute ce plat. J'espère qu'il va tout de même y goûter et l'apprécier, autant que Patricia qui ne supporte pas le fromage mais raffole de cette recette !

La soirée se déroule dans le confort du box 10 autour de la truffade (Charles se ressert après avoir testé) et des fromages, Auvergnats et Nordistes, entrecoupée des joyeuses invectives avec les voisins et des multiples taquineries et boutades qui égayent sainement ce moment.

 

Ensuite, avec Didier, nous partons à l'autre extrémité du Paddock prendre des nouvelles des jaunes. Aurélien ne tente pas de remonter sa machine pour le lendemain. Trop coûteux ce week-end. Il partage néanmoins avec entrain la joie de Greg qui a détecté une "simple" panne de boitier DCI et surtout de Yan euphorique, mais encore abasourdi par ce premier podium. Une immense chaleur dans cet environnement spartiate !

 

Dimanche matin je m'entretiens avec une Maman dont le jeune fils concourt en 125. Elle me fait part de ses affres lorsque "son petit" est sur la piste, de son impossibilité à sortir du box pour le voir évoluer, de son angoisse grandissante jusqu'à la fin de la course. Et pourtant elle aime être là, un des seul round suffisamment proche de son domicile pour faire le déplacement. Elle m'explique aussi les difficultés pour assumer la passion de son fils. Les ménages, en plus de son emploi. La chasse aux sponsors, particulièrement aléatoire pour un sport sous-médiatisé et coûteux. Et pendant ce temps là, Papa et la grande sœur s'affairent sur la machine pour qu'elle soit opérationnelle et rutilante.

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Une affaire de famille la préparation de cette 125.

 

 

 

 

 

 

Un peu plus tard, j'interviens dans une empoignade verbale entre des pilotes, jeunes adultes, et leurs ainés. Quelques-uns sont inquiets quant à l'aménagement de leur temps de travail en entreprise. Entre les déplacements, les essais et les courses, certaines semaines sont très courtes.

Je leur explique comment on peut essayer de construire une relation "gagnant/gagnant" si les règles du jeu sont clairement exprimées … et acceptées de part et d'autre. En d'autres termes, quels avantages je peux apporter à l'entreprise en échange de ces journées d'absence ?

ils me posent alors des questions et nous débattons plus précisément des sujets qui les tracassent. Encore de magnifiques instants de partage et d'entraide.

 

Sur la piste, les finales s'enchainent et les pilotes se déchainent. En Promo 500 Cup, le second et le troisième (Besson et Gret derrière Di Grégorio) sont séparés d'un dixième de seconde seulement !

En 125/Pré GP l'empoignade se conclue par un écart de 45 millièmes de seconde entre les deux premiers ( Golly et Suire).

 

Le retour de la finale 125 est triste dans le box voisin. Si le jeune pilote est indemne dans son corps, sa machine revient sur un camion car elle a pris feu en piste. Tous ces efforts de préparation et de qualifications réduits à néant par un coup du sort. Les commissaires ont très vite réagi et les dégâts apparents semblent faibles. Mais il faut nettoyer toute cette poudre et ausculter plus en profondeur …

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Même caché derrière ton objectif, nous te reconnaissons Joël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soleil est bien présent en ce début d'après midi pour la seconde finale Promo 500 Cup et une course de Promo 600 époustouflante. Bertin parti 31èmetermine second derrière Pilot qui rafle la totalité des points à Lédenon. Ensuite nos deux Meymacois restants entrent en lice dans la seconde finale du groupe B de Promo Découverte. Yan et Greg terminent honorablement en 10ème et 14ème position.

 

Après deux nouvelles courses de 125, la journée se clôture sur la finale des 1000. Charles débute avec brio dans le trio de tête, mais devra peu à peu lâcher prise pour terminer 4ème , confortant néanmoins sa place au général de troisième ex-æquo. Ces deux troisième sont d'ailleurs le deux premières motos non vertes (BMW et Suzuki) d'un plateau nettement marqué Kawasaki.

 

Il est maintenant temps de ranger le matériel, remiser les machines dans les fourgons ou remorques et reprendre la route. Pour certains, les plus lointains, un dure et longue nuit s'annonce. Ainsi, le team S-PASS RACING rejoint ses contrées proches de la Belgique vers 6 heures du matin !

Le début de cette nouvelle semaine va être difficile …

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La Diversion prend un coup de vieux, peu après le départ de Lédenon ...

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Mais rajeunit immédiatement ! Il va falloir la roder maintenant ...

 

 

 

 

 

 

 

Pour mon retour tout se passe au mieux. Du beau temps presque tout le long, hormis dans le secteur du col de Montmirat où une violente averse me donne des suées froides quand je pense à l'état du pneu arrière. A la montée, les accélérations sont particulièrement mesurées, et à la descente, la vitesse reste calme et les freinages timides ! ! ! Sinon, des virages à outrance, la tête en ébullition, chargée de toutes ces tranches de vies. Même la Div qui rajeunit en cours de route et arrive à Bort avec un pneu arrière non détruit mais dont les sculptures apparaissent maintenant en filigrane sur les quelques portions non lisses...

 

Pas très sérieux ceci, mais sûr, avec une météo moins optimiste, je changeais de chaussette à Nîmes !

 

110 des innombrables photos réalisées par Joël, 

le long de la piste, dans les stands.

 



 

 

Quelques vues de Didier, plus larges,
où les motos se fondent dans le décor.

Et des séquences,
dont celle de la chute et de l'évitement !

 

 



Merci à vous, Messieurs,
de nous offrir le fruit de cette autre passion,
et votre bonne humeur ! ! !
 

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:35

Mon premier Bol depuis six ans démarre relativement tôt puisque je quitte Bort mercredi en direction … des Yvelines. J'ai promis à mon neveu Maxime qu'il viendrait avec moi, en fonction de ses progrès, et ses parents donnent leur aval en regard des efforts qu'il réalise.

Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà Max et mes proches l'ont aussi pratiqué, mais je vais vous en reparler un petit peu.

 

Il est sourd de naissance, comme sa sœur Manon. Il approche de ses 16 ans et il cumule les rebellions de l'adolescence et du refus du handicap. Ce contexte difficile a aussi été amplifié, sinon généré, par l'attitude de nos fonctions d'état qui, à l'encontre des discours et des textes législatifs, l'ont systématiquement évincé du système, et en premier lieu, l'Education dite Nationale.

 

Juste un léger aperçu pour expliquer cette assertion. Un professeur spécialisé (qui a donc choisi cette voie et qui a été formé pour) est responsable des apprentissages de TROIS à CINQ enfants sourds. L'un d'eux est turbulent, Maxime, et il est donc systématiquement évincé, envoyé en permanence ou à l'infirmerie à la place des cours, et dévalorisé vis à vis de son environnement et de lui même. Ce type de situation, engendrée par les structures et/ou les personnes, dure pendant des années et abouti à de longues hospitalisations qui finissent de marginaliser un enfant. Si je devais continuer à écrire sur ce sujet, je crois que le titre que je choisirais serait : " Comment fabriquer des délinquants et des asociaux" ! ! !

 

Heureusement, Max a un environnement, à commencer par ses parents, qui ne baisse pas les bras et tente, envers et contre tout, de faire grandir ce jeune dans les meilleures conditions possibles. J'apporte ma modeste pierre à cet édifice en pratiquant la moto avec ces adolescents. Un univers non conformiste (surtout à leurs yeux), une certaine forme de solidarité, voire de fraternité, les sensations du deux roues, le -relatif- "décalage" du "Tonton Barjot", sont autant d'éléments qui leurs donnent des bouffées d'oxygène et qui leurs offrent d'autres possibilités de positionnements et de perspectives.

 

Cette idée m'était venu lorsque Manon était aussi dans une période très difficile, face à sa surdité, mais aussi en butte à la bêtise et à la bestialité des hommes … Tout son entourage tentait, avec difficulté, de lui redonner le goût à la vie et j'ai donc proposé de l'emmener avec moi dans mes virées moto. Après de dures réticences parfaitement normales face à la dangerosité de cette pratique, Manon est devenue la mascotte d'un groupe de joyeux lurons où elle était acceptée, mais sans aucune pitié. Elle avait des droits, mais aussi des devoirs et devait se plier aux règles de vie de la communauté. Nos séances de rigolades et de délires devraient être remboursées par la Sécurité Sociale tant les résultats furent probants ! ! !

 

Lorsque je propose la même chose pour Maxime dans une situation très critique, l'accueil favorable est immédiat. La première fois qu'il vient aux 24 heures du Mans, c'est en voiture car j'estime qu'il n'a pas la maturité nécessaire pour se tenir longtemps sur une moto. Si nous faisons quelques promenades sur deux roues, je refuse encore de l'emmener pour de longs parcours. Il peut néanmoins découvrir notre univers de la course moto tout en vivant à notre rythme déluré, bon enfant, mais aussi avec ses contraintes, entre autre de la vie à plusieurs où chacun doit prendre sa part.

 

En 2009, il vient passer une dizaine de jours de vacances avec moi et obtiens mon aval à son statut de jeune motard au cours de périples de plus en plus longs (cf. Tribulations d'un jeune motard ). L'année dernière ce sont ses premières 24 Heures du Mans en moto (cf 24H00 du Mans 2010 ), et cette année son premier Bol d'Or bien mérité face à la somme d'efforts qu'il produit et aux résultats qui commencent à émerger concrètement.

 

Donc, ce mercredi matin, j'attends que le soleil soit suffisamment haut pour partir. J'abandonne mes doublures thermiques et change de pantalon pour un mi-saison. Lorsque je fini de charger la bécane sous le soleil, j'ai déjà trop chaud et précipite mon départ. Dès les premiers kilomètres, mon ardeur, comme celle du soleil, est vite rafraichit, car l'air est encore vif. J'hésite à retourner changer de tenue mais, toujours positif, je pense que cela va rapidement évoluer.

 

Malgré le froid qui picote rapidement, surtout au niveau des cuisses, la moto virevolte avec brio dans une nature en pleine exubérance où l'immense gamme des verts est illuminée de soleil et rehaussée de multiple fleurs. Un arrêt café chez Arlette à Meymac avant d'attaquer la partie probablement la plus froide au pied du plateau de Millevaches. Les basses températures n'entament pas mon entrain et, lors du premier plein, je constate que mes pneus d'hiver se sont transformés en pneus d'été. Les bonshommes Michelin et les flèches du bord ont tendance à s'effacer ! ! !

 

Plus au nord, dans les grandes plaines, le mercure n'est pas remonté beaucoup et je suis dubitatif quand au départ de vendredi au petit matin. L'équipement ne sera pas adapté. Le seul avantage que je trouve à cette situation, c'est au milieu des champs de colza en pleine floraison. En effet, après la première annonce, visuelle, de ces zones dont le jaune est particulièrement lumineux, l'olfactif et l'ouïe prennent le relais. Simultanément, un lourd parfum entêtant est accompagné du martèlement des insectes qui s'écrasent sur le casque. Avec ce froid et ce vent, ce dernier paramètre est faible et ma visière n'en est que légèrement mouchetée.

(Au fait, savez vous quelle est la dernière chose qui passe par le tête d'un insecte qui s'écrase sur mon casque ?
Réponse à la fin de cet article ...)

 

A l'arrivée Max veut tout de suite essayer son complément équipement que sont les bottes et le pantalon de cuir. Son excitation est déjà grande et il me soudoie pour que j'aille le chercher à son école à Saint Cloud le lendemain. Partir en moto, ce qui divise par trois son temps de transport, et en plus devant ses copains, quel plaisir.

 

max-mot 

 

 

 

 

 

 

Bien excité à se préparer, à la sortie de l'école.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je passe aussi un peu de temps avec Manon qui me soumet ses CV, lettres de motivations ou textes de son prochain site internet. Là, je prends un nouveau grade, celui de "Tonton casseur". Il est vrai que je n'utilise pas la langue de bois et que, sans circonvolutions, nous limitons les difficultés de communication ! ! !

 

Vendredi matin, je met un jogging sous mon pantalon et enfile la veste de pluie comme coupe vent. Maxime complète son équipement par une combinaison de pluie, et nous partons à 7H30, le mercure légèrement au dessus de zéro mais avec un enthousiasme redoutable. Première pause essence à Rambouillet. Le froid s'infiltre mais reste supportable et Max en profite pour détendre jambes et fessiers. Nous avons le temps, le rendez-vous à Bourges est fixé vers 11H30 et j'ai prévu de pouvoir nous arrêter plusieurs fois, tant pour gérer la fatigue que pour combattre le froid. Pour raccourcir le temps de trajet, j'opte pour l'autoroute et nous refaisons une pause café-chocolat vers Orléans puis petit déjeuner vers Vierzon. La Div ne doit pas comprendre. Elle a juste le temps de chauffer qu'elle s'arrête déjà !


ffmc18-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Un panneau qui se passe de tout commentaires ! ! !

Nous arrivons les premiers au relais motard de la FFMC 18 où je retrouve avec plaisir cette sympathique équipe dans une ambiance chaleureuse de chahut et de rire. Je propose mon aide en attendant mes acolytes. Nous participons à décharger les boissons puis attaquons l'épluchage et le tranchage des oignons. Max prend part au mouvement à son initiative. Lorsque Fred-17 nous rejoint il a adopté le chien de Joël mais, bientôt, je ne le vois plus. Je le retrouve dans le coin cuisine où il aide à la préparation des plateaux. Du pur Max au grand cœur souvent prêt à rendre service, même si il n'utilise pas toujours les meilleures manières ! ! !

Nos compères de la vallée du Rhône arrivent sur leurs avions de chasse (Honda CBR, Kawa ZX7R et Ducati Senna). Nous connaissons déjà Fred-26 présent, entre autre, aux dernières Millevaches avec son frère Éric des Landes (cf Millevaches 2010 ). Il nous désigne Lionel et Wilfrid ses deux collègues. J'ai croisé ce dernier très rapidement à Alès lors du premier Scorpion Master, et nous sommes très vite en phase sur les boutades et taquineries. Les bretons, Pascal et William arrivent enfin avec les deux FJ 1200 attelés sous nos quolibets face à leur retard. Nous pouvons passer à table avant de repartir faire les pleins des machines et des sides puisque nous en profitons pour faire les courses pour le week-end.

 


max-ffmc

 

 

 

 

Maxime complètement intégré
à l'équipe de la FFMC-18

 

 

 

P1050889

 

 

 

 

 

 

Les 3 pilotes du sud-est arrivent sur leurs avions de chasse ! ! !

 

 

 

 

L'installation du campement est tellement épique que nous en loupons l'horaire de la visite des stands. Lorsque je m'en aperçois, je suis désabusé pour Maxime, mais sa joie de vivre et son plaisir tellement palpable dans cet environnement tempèrent mes pensée négatives. Il accroit rapidement sa fatigue a essayer de suivre nos discussions et surtout nos âneries et part se coucher vers 10H00, vaincu par les péripéties de la journée. Je le rejoins vers 2H00 après un épisode de tension qui aurait pu se terminer en rixe. Bons samaritains, nous acceptons de raccompagner un gars bien éméché à l'autre bout du circuit. Sur place, son frère et certains de ses collègues prennent à partie Pascal qui n'apprécie pas vraiment ce type de remerciements. Un peu de diplomatie et deux cafés résolvent tout de même cette situation scabreuse.

 

.

 fine equipe

 

 

 

La fine équipe en plein effort.
L'apèro ne fait que commencer ..

 

 

 

 

 

 

 

Au petit matin, vers 5H30, je flemmarde dans le sac de couchage, redoutant d'affronter le froid ressenti sous le duvet. Entre deux somnolences, je détaille la toile qui semble présenter une multitude de micros-trous mis en évidence par l'éclairage extérieur. À 6H00, je fini par me lever et découvre que cette vision est en fait provoquée par les cristaux de glace qui blanchissent tentes et motos. Le froid n'était pas qu'une impression.

 


 givre

 

 

 

Le givre recouvre encore les machines
sous le soleil levant
.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le petit déjeuner, nous partons voir les premières courses puis déambulons dans le village. Sur le stand HMS, je tente de voir Jean-Yves de Metz, mais il vient de s'absenter. Nous pouvons néanmoins discuter, surtout Maxime d'ailleurs, avec un des participants qui pratique la LSF (Langue des Signes Française). Une nouvelle révélation pour lui dans cet univers peuplé de handicapés qui se battent pour assouvir leurs passions et où je l'ai volontairement jeté. Un bon sujet de réflexion pour lui j'espère sur le thème " Affronter pour dépasser les difficultés". Ensuite, une visite éclair au Paddock avant de retourner au campement pour manger.

 

Il est alors temps de rejoindre la piste pour assister au départ de ces 24H00 et à une première chute pendant le tour de chauffe au grand émoi de mon jeune spectateur. Ses perceptions sont biens différentes des nôtres et je le sens vibrer à l'unissons du vrombissement qui monte en puissance à l'approche de la meute déchainée et autant anxieux qu'admiratif à la vue de ces équilibristes au freinage en paquet sur Adélaïde et aux reprises vigoureuses soulevant les roue avant. Il ne sait plus ou porter son regard, veux tout voir, comprendre, enregistrer. Les sliders au sol, les flammes sortant des pots d'échappement, les dépassements calculés au millimètre, les fugaces corrections de trajectoires pour éviter de toucher, les basculements virils lors des changements d'angle, tout ces petits détails qui nous sont bien connus, je dois réapprendre à les revoir pour lui en expliquer les raisons ou significations. Une autre forme de partage, particulièrement enrichissante pour chacun.

      3couples

 

 

 

Sont-y pas mignons ces trois petits couples ?
Devant, William et Lionel, 
ensuite,Fred-17 et wilfrid, 
derrière, Pascal et Fred-26.

 

 

 

 

 

Dés les premiers tours, les perspectives se concrétisent. En tête un mano à mano dantesque entre la Suzuki du SERT et la Kawasaki #11. Les autres prétendants, la BMW, la Yamaha Autrichienne ou l'emblématique GMT 94 ne perdent pas pied et bataillent fermement dans leur sillage. Le ton est donné sous le radieux soleil bourguignon.

 

Lorsque nous repartons vers le village, l'ambiance se plombe. Maxime agrippe la tasse de Pascal qui pend à son sac et fini par la casser. Je lui demande si il se souvient des dernières recommandations de sa Maman, à savoir "tu ne touches pas aux affaires des autres, sauf si ils sont d'accord". Je suis intraitable car c'est la troisième fois que je dois intervenir sur ce sujet, mais il tente de me donner des excuses oiseuses que je refuse, surtout par principe. Naturellement le ton monte et il s'extrait du groupe pour aller chercher de quoi remplacer ce qu'il a cassé, alors que la règle de départ était de ne pas nous quitter. Le temps de m'apercevoir du manège et il a disparu dans la foule. Je pars à sa recherche sans grande conviction, rencontre Jean-Yves avec qui nous discutons brièvement, inspecte les différentes allées puis revient au point de départ où je retrouve Maxime qui a eu le très bon réflexe d'y revenir. De plus, je reçois quelques instants plus tard un texto dans lequel il m'indique où il se trouve. Bonne attitude. Comme il s'entête dans un rejet de ses "fautes" je le bloque en lui signifiant que la règle est un retour rapide en train en cas de problème. Il me brave en me demandant de le ramener à une gare et, à son grand désarroi, j'obtempère … A ce moment là, il doit savoir qu'il ne doit plus essayer de "jouer" et craque. Je me radouci, lui propose d'aller boire un verre au calme et de discuter. Nous acceptons nos positions réciproques et retrouvons notre petite troupe attablée à 20 mètres de nous ! Je l'observe à la dérobée et il encore très pensif. Cela me fait mal de le voir comme ça, mais je reste persuadé que c'est un point de passage obligé !

 jules

 

Une bonne partie des joyeux lurons
du TT 2007 se retrouvent autour
de Jules à la barbe reconnaissable.

 

 

 

 

 

 

Dans le village, nous tombons sur Jules, une figure de notre monde et rencontré la première fois sur l'ile de Man lors du TT 2007. L'occasion de se remémorer nombre de souvenirs et d'échanger sur nos expériences. Mais l'heure avance et je dois abandonner notre groupe pour aller compléter notre ravitaillement, au grand plaisir de mon grand Max. Ces moments sont fastidieux pour lui car il ne peut pas suivre ce qui se passe. Même si nous lui expliquons quelques passages, il se sent obligatoirement en marge, sinon exclu. Nous allons chercher la moto pour aller à l'autre village. Pourquoi l'AUTRE, juste pour expliquer par l'exemple les difficultés de communication. Mon petit sourd ne comprenait pas que nous partions faire des courses au village alors que nous étions déjà au village ! ! !

 

Au retour, nous sommes seuls au campement et je propose à Max de manger tout de suite afin d'être libre pour toute la soirée. Je lui expose mon projet de faire un tour du circuit afin qu'il voit les différents endroits qui conditionnent l'attitude des pilotes et la vitesse des machines. Nous commençons notre pérégrination et, petit à petit, le jour baisse, l'ambiance évolue, les phares s'allument, le décor change. A notre arrivée devant les stands, la nuit est bien installée et la pit lane est largement illuminée. Le ballet incessant des motos est captivant. Elles passent à pleine vitesse à nos pieds ou s'arrêtent à leurs stands pour réparer, changer les roues et les pilotes. Les multiples questions de Max prouvent son intérêt, et nous restons un long moment à admirer ce spectacle, mais le froid nous pousse à bouger.

 couchant piste

 

 

 

Le soleil se couche sur le Nivernais
et les motos tournent, imperturbables.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je lui offre l'alternative entre le retour vers la tente ou une nouvelle incursion au paddock. Ce second choix retient sa préférence et nous parcourons cette oasis de calme (relatif) qui s'endort tout doucement pour tomber sur le véhicule de Charles Geers, l'un des deux pilotes que nous suivons particulièrement avec Gregory Leblanc. Comme tout est fermé, je laisse un petit mot sur le par-brise. En repartant, nous tombons sur Gégé, le père et mécano de Charles, qui revient du chronométrage. Quelques nouvelles et nous l'accompagnons pour dire bonjour à son épouse Françoise. Celle-ci nous propose rapidement une visite dans le box de la #24. Max est aux anges, et je lui renouvelle mes recommandations de ne toucher à rien. Les yeux sont bien ouverts pour capter les moindres détails de cette ruche qui ronronne calmement pendant que je taquine Tiphaine qui me le rend bien. Charles vient de laisser son guidon et nous le saluons avant qu'il ne parte au massage. C'est ensuite l'incursion en Pit Lane pour assister à un ravitaillement d'une moto devant le box voisin. Un moment unique pour un petit privilégié qui prend encore plus la mesure de sa chance lorsque je lui rappelle que c'est une course du championnat du monde et que peu de personnes bénéficie de cette faveur. Et là ses yeux brillent de mille feux au milieu d'une figure rayonnante barrée d'un magnifique sourire. Une expression qui conforte sans ambiguïté toutes les paroles de remerciements qu'il exprime.

 3d-endurance

 

 

 

Les traits sont marqués par la fatigue,
mais le sourire marque bien le plaisir
d'être dans le box de 3D Endurance.

 

 

 

 

 

 

 

Nous retournons ensuite au campement où il se couche immédiatement et nous le suivons rapidement.

 

Le cérémonial du dimanche matin est toujours le même. Lever avant le soleil, recouvrir Max avec mon duvet encore chaud, café et un tour vers la piste pour assister au spectacle du lever du jour sur la course. Avec les SMS de "Laurent les motards", je suis tenu informé des évolutions de la tête du classement au grand dam des copains qui sont un peu envieux. J'avais pourtant déjà mis le lien ! ! ! Pascal doit repartir à 9H00 pour aller assister à une compétition de kayak dans le Cher où officient ses deux fils. Il mitraille pour assurer ses dernières photos, pendant que j'observe Charles Geers dans une forme étonnante. Magnifique intérieur, superbe glisse à l'accélération, un bref mais précis changement de trajectoire alors qu'une autre moto s'immisce sur son intérieur, autant de figures réalisées avec une telle maitrise qu'elles en paraissent toutes simples.

 

De gauche à droite, Fred-17, William, Wilfrid, Fred-26, Lionel et Pascal.
Le soleil se lève et Max dort comme un bienheureux.

levant 

Fred-17 et Pascal sont sur le point de nous quitter quand Maxime émerge enfin de son sommeil. J'ai prévu de partir au plus tard à 13H00 afin d'éviter le rush qui suit la fin de la course et avoir le temps de s'arrêter régulièrement pour prendre soin du "petit" qui a accumulé la fatigue, mais je lui laisse le choix. Quand il apprend que William décampe à 11H00, il propose d'en faire autant. Cela lui permet de traverser le camping sur le FJ. Depuis notre arrivée il tente tout pour monter dans un panier mais ils sont trop chargés et il n'est pas question de le laisser aller derrière le pilote d'où il se ferait éjecter s'il ne se tenait pas fermement...

 

Nous saluons donc nos trois compères de la vallée du Rhône sur un dernier gag de Max. il est tout équipé et veut encore dire au-revoir. Il s'approche pour faire des bisous à travers le casque et les trois lascars se prennent au jeu. Fred-26 insiste en réclamant la double accolade et je l'interpelle en lui disant : "non, au moins quatre". Maxime n'est pas sûr d'avoir compris, il arrête son mouvement et m'interroge :

- Pourquoi quatre ?

- Tout simplement pour bien nettoyer ton casque ! ! !

Éclat de rire général et départ dans la bonne humeur.

 

A la sortie du parking, je reprend mon passager et nous partons de concert vers Bourges pour une première halte au relais motard de la FFMC-18. Toujours la bonne ambiance, et la joie d'un Max qui se sent reconnu au milieu de toutes ces personnes inconnues il y a quelques dizaines d'heures ! ! !

 ffmc18

 

 

 

Conciliabule d'une partie
de l'équipe FFMC-18 autour de Joël.

 

 

 

 

 

 

William reprend rapidement sa route vers la Bretagne et nous le suivons dés que mon jeune a terminé ses frites. Même la moto ressent son plaisir et son bien-être. Elle tangue gentiment au rythme de ses saluts endiablés adressés aux acteurs du relais ! ! !

 

A partir de Montluçon, mon passager commence à se trémousser. J'envisage une pause à Gouzon, mais tout est fermé. Je continue en espérant trouver de quoi nous désaltérer à Chenérailles et Max me signifie maintenant clairement qu'il a envie de s'arrêter. Je lui fait signe que c'est prévu, il me confirme par geste que c'est "O.K." et se détend un peu. Faute de café ouvert, nous faisons un pause de 10 minutes sur la place. Lorsque je propose de repartir, Maxime n'est pas très enthousiaste, mais il retrouve de l'allant quand je lui explique que nous faisons une vingtaine de kilomètres avant de nous désaltérer à Aubusson.

 

Nous attendons 15H00 et les résultats de l'arrivée du Bol transmis par SMS. Nous les communiquons aux boites vocales de nos acolytes et en direct à Pascal qui est sur le bord du bassin de slalom. Ses fils œuvrent sur l'eau avec efficacité et nous avons de fortes chances de les suivre en N1 l'année prochaine.

 

Ensuite, c'est reparti pour la dernière étape, enfin je le souhaite. Les enfilades de grandes courbes qui nous mènent à Felletin puis La Courtine (bien connue de nos militaires !) sont effacées avec une vigueur propre à affoler les radars, au plus grand plaisir de mon passager qui me tend son pouce pour bien marquer comment il apprécie ces basculements continus d'un virage à l'autre. Néanmoins, après La Courtine, c'est le pilote qui défaille. Les paupières deviennent lourdes, la vitesse diminue, les trajectoires sont moins ciselées, pour ne pas dire limite aléatoires. Il est prudent de marquer une pause sur la première aire rencontrées. Je m'allonge sur un banc et somnole quelques instant. Mon neveu babille au milieu des trilles des oiseaux. Il apprécie l'air pur, la nature, le calme retrouvé après cette tornade de sons de mouvements, de découvertes, et il est moins motivé à reprendre la moto. Heureusement, j'ai un joker dans ma manche.

 

Je montre la carte et explique qu'à Ussel il y a un McDo et que nous pourrions y manger une glace. Deux mots magiques qui rehausse la motivation à des sommets ! ! !

 

Après cette longue pause goûter, la dernière portion de route est rapidement avalée et nous arrivons à Bort à 17H30. Au fur et à mesure des appels, nous apprenons que chacun est rentré à bon port et l'avis est unanime sur les bons moments passés ensemble.

 

Max passe sa semaine de vacances ici et la moto va faire quelques balades locales avant de nous propulser à nouveau dans le monde de la compétition. En effet, le week-end prochain, nous avons rendez-vous à Lédenon avec quelques pilotes, Charles et Cédric du team S-PASS, mais aussi Yan, Greg et Aurè du team MC 19 et, bien sûr, quelques copains que Maxime va découvrir . . .

 

Pour moi, ce Bol se révèle très particulier.

 

J'ai moins suivi la course, et je n'ai pas pu voir, ou pas assez, toutes les personnes que je savais présentes. Toutes mes excuses a eux, et en particulier à Bill, Laurent, Jean-Yves ou Christian de chez Casto.

J'ai constaté que certaines dérives existent toujours, même si l'accroissement des excès en tous genres semblent jugulés. A ce titre, j'ai bien apprécié l'euphémisme utilisé par Françoise qui me demandait où nous couchions. Lorsque je lui dit au camping, elle précise, un peu étonnée "Ah, chez les Gaulois !" …

Je ne partage pas du tout le massacre de moteur et la destruction systématique. A ce sujet, lors d'une conversation avec des organisateurs, nous débattons largement, et je pense important de vous livrer un chiffre (de mémoire) :

70 000 Euros.

C'est le coût de nettoyage facturé par le circuit à Larivière Organisation l'année dernière. Je devrais d'ailleurs dire le surcoût car cela s'ajoute au coût initial et il va bientôt falloir mettre un vigile devant chaque WC ou douche, et la structure organisationnelle est lourde … et probablement fort chère ! ! !

Ne nous étonnons donc pas de l'envolée des prix des billets car, soyez en sûr, nous devons financer tout cela.

 desolation

 

 

 

Spectacle de désolation que j'exècre
au plus haut point,
et je ne suis pas le seul, heureusement.

 

 

 

 

 

 

Pour terminer, je voudrais remercier très chaleureusement toutes les personnes qui ont favorisés, de près ou de loin ce week-end qui apporte tant à notre grand Maxime, et en particulier :

 

  • Ma bande de potes qui, non seulement accepte cette contrainte, mais reste attentionnée sans tomber dans la pitié. Grâce à vous Max comprend mieux comment il peut s'insérer dans le monde des entendants, et il découvre, petit à petit, qu'il n'est pas systématiquement exclu, mais qu'il doit, lui aussi, faire des efforts dans ce sens.

  • Larivière Organisation en facilitant notre accès et en donnant de l'importance à sa venue, une forme de reconnaissance dont il a un cruel besoin.

  • L'équipe de HMS (Handicap Motard Solidarité). Votre seule présence lui a déjà permis de relativiser sa situation. Un gars que signe en plus et c'est une ouverture à laquelle il ne s'attendait pas ! Dommage que nous n'ayons pas vu Jean-Yves ensemble. Il aurait approfondi des manières d'aborder le handicap avec sa vigueur et sa bonne humeur qui me plaisent tant ! ! !

  • La joyeuse bande de la FFMC-18. Vous avez accepté l'aide proposée et, de ce fait, il s'est immédiatement senti intégré, sans distinction particulière. En plus, le chien de Joël à câliner, le top !

  • La famille Geers au grand complet et au team 3D Endurance. La faveur que vous lui avez accordée avec tant de gentillesse lui prouve qu'il existe, qu'il est reconnu et qu'il a sa place parmi nous.

  • Et à toi Max, pour les efforts que tu fais, pour les leçons que tu nous donne, pour ta bouille rayonnante et pour tous les espoirs que nous mettons en toi.
    Continue, tu évolue vite et bien et tu découvre un peu plus chaque jour ce que peut être l'échange, l'amitié, l'entraide. Donne de ta bonne humeur, de ton grand cœur, de ta vision si particulière et inconnue ou méconnue pour nous, entendants, et reçois en échange notre appui, nos expériences, le partage de tous ces bons moments. Tu es acteur de ta vie, tu ne dois pas rester passif et attendre tout des autres. Respecte les autres et tu peux exiger le respect. Intéresse toi aux autres et ils s'intéresseront à toi (dans la majorité des cas ! ! !).

 

Dans les prochains jours, j'insèrerais ici un diaporama des vues prises par Pascal sur la piste.
Elles arrivent, je les traite et elles seront à vous.

J'adresserais un message aux abonnés à la newsletter quand ce sera effectif.

 

Et la réponse à la question :

Savez vous quelle est la dernière chose qui passe par le tête d'un insecte qui s'écrase sur mon casque ?

Eh bien, son cul, bien sûr ! ! !

 

Et voilà une toute petite sélection des photos de Pascal, essentiellement au lever du jour :
Mise à jour du 27/04/2011. 

 



 Et pour Max, qui ne l'entendra pas, une version particulière de
SOUNDS OF SILENCE.

 


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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 20:33

Lundi matin, je prends le café avec Marianne et Jean-Marie qui partent bosser. La forme n'est pas olympique après ces courtes nuits et l'excitation de ce week-end de Promosport fantastique mais éprouvant. Ils me laissent le temps de charger la bécane calmement et attendre que le soleil réchauffe cette matinée humide. Les orages d'hier soir ont cessé, mais le ciel reste encore partiellement couvert.

 

Je ferme la maison et enrage dès les premières centaines de mètres. Un agriculteur local a largement tartinée la route de terre et avec la pluie de la veille, c'est une patinoire. Sans parler de l'état de la machine qui s'asperge copieusement de ce magma brunâtre …

 

Direction Agen et l'autoroute jusqu'à Toulouse comme samedi. J'évite ainsi les risques des chaussées souillées et des encombrements de matinée. De plus, j'ai quelques kilomètres à faire. En effet, pour moi, les chemins prennent parfois (souvent disent certains de mes copains) des détours inattendus. Comme je suis dans le sud, j'en profite pour aller rendre visite à Ulrich et peaufiner un projet en gestation depuis quelques mois. Mais quand je dis le sud, c'est le grand sud. Il réside au dessus d'Aix en Provence, près de Manosque … Il ne faut donc pas trop trainer.

 

Sortie de Toulouse je quitte ces 4 voies pratiques, mais particulièrement monotones et ennuyeuses pour rejoindre Mazamet et Saint Pons de Thomières par des routes bien plus agréables. Que de souvenirs dans cette région avec Dédé et Patricia affublée d'un 600 CBR farceur ( cf. Tarn, l'aller, Tarn, découverte et Tarn, le retour) ! ! ! Le temps est incertain. De part et d'autre de la vallée les nuages s'amoncellent et les sommets de la montagne noire sont noyés dans les nuées. Dans ces conditions, j'abandonne l'idée d'emprunter la fort sympathique route vers Bédarieux qui se trouve dans les brumes et oblique vers Béziers par de bonnes séries de virages, sous une Tramontane qui se fait insistante mais aussi un soleil bien présent maintenant.

 

De nouveau un peu d'autoroute pour rejoindre et contourner Montpellier, puis une escapade en Camargue. Souvenirs de virées, puis de boulot vers Saint Gilles où officiait un producteur de fruits du groupement dont j'avais la charge. Je retire la polaire qui n'a plus que l'utilité de me faire suer et je change de gants pour dépoussiérer ceux d'été. A Arles, je reprends une 4 voies pour traverser la plaine de la Crau sous un Mistral qui me fait regretter la Tramontane de tout à l'heure. Un coup d'œil en passant sur les Alpilles resplendissantes de lumière et parfaitement découpées sur l'azur du ciel. Aux alentours de Salon je surveille aussi les airs au cas ou la Patrouille de France aurait l'idée d'un entrainement. Mais ce n'est pas mon jour.



 alpes-pierrevert

 

 



 

Après les Pyrénées,
les dernières neiges sur les
Alpes Provençales.

Une vision du couchant sublime !

 

 

 

 

 

 

Aux abords d'Aix, je retire les doublures thermiques qui deviennent difficilement supportables et rejoins Manosque en fin d'après midi pour retrouver Ulrich, Delphine et Axel.

Deux jours de boulot assidu, au grand étonnement de Delphine qui commente à Dédé venu diner mercredi soir : "chacun sur son ordinateur, et quelques pauses cigarettes qui sont en fait des réunions de travail". Notre projet avance bien et nous allons bientôt vous en parler puisque c'est relatif à la moto . . .

 

Pour ce fameux diner avec Dédé que j'ai concocté, j'en viens d'ailleurs à m'interroger sur mes copains. A part Annie, l'épouse d'André qui règne seule dans sa cuisine, elles me mettent toutes au boulot, et je connais parfois mieux la cuisine que certains de mes hôtes (Eh oui, je suis obligé, de temps à autre d'expliquer à un pote qui cherche en vain quelque chose, de me le demander quand il ne sait pas …). Il est vrai que cela ne me déplait pas non plus.

 

ventoux2

 

 

 

 



 

Exemple typique de ces villages médiévaux
baignés de soleil.

 

 

 

 



 

 

 

 

Jeudi, Ulrich m'accompagne par Forcalquier et la montagne de Lure jusqu'à Montbrun les Bains où nous prenons le café. Cette région est magnifique. De nombreux pitons rocheux sont agrémentés de quelques maisons ou de villages accrochés à la roche et surplombant les vallées environnantes.

 

Je repars ensuite par le Toulourenc avec une pensée pour Loup-Garou et le RMS qui vont passer par là dans deux jours. Jusqu'à Nyons, Delphine, entre autre, me poursuit aussi, par la pensée. Ces sur ces routes qu'elle a fait ses armes de jeune permis, fièrement juchée sur son immaculée Ducati nacrée (cf. Sortie Jeunes permis 2009, et suivants - 5 articles, 1 par jour).

 

ventoux

 

 

 

 

 

Au dessus de Monbrun,
Le Ventoux,
encore ourlé de quelques traces de neige
.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une escale rapide à Montélimar pour me sustenter en terrasse de mon ancien QG, la brasserie "Les Négociants". L'occasion de retrouver de nombreuses anciennes connaissances ou de se remémorer quelques moments épiques de nos balades en moto. J'essaye de voir les frères Tissot (concessionnaire Yamaha), mais soit ils sont en retard, soit il ouvrent plus tard. Il fait trop chaud à l'arrêt et quelques heures de route m'attendent encore donc je repars.

 

D'Aubenas, c'est la superbe montée au col de La Chavade, le long de l'Ardèche et je suis dans un jour faste car les pneus vont bien s'user jusqu'au bout malgré la charge embarquée ! ! ! Par contre, sur le plateau qui suit, la digestion, la chaleur, l'allure presque réglementaire et la fatigue accumulée sont autant d'éléments qui se liguent pour me pousser à une certaine somnolence. Pause café/essence à Massiac et l'appel des gorges de l'Alagnon me sort de ma torpeur relative pour rejoindre rapidement Murat d'où je découvre le Lioran puis le Sancy et leurs dernières plaques de neige ... puis, enfin, Bort les Orgues.

 

Avant de monter à la maison, je m'octroie un panaché en terrasse et découvre qu'il fait encore 27° à l'ombre des orgues, le soleil déclinant maintenant rapidement. Pourvu que ce temps se maintienne encore quelques jours, jusqu'au Bol d'Or.

En attendant, petite pause, au moins en ce qui concerne la moto ...

 



 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:10

Mardi soir, un appel téléphonique me confirme un rendez-vous que j'attends depuis quelques jours. Seul problème, il faut que je sois à Agen le lendemain en fin d'après midi, et j'ai anticipé un départ plutôt vers la fin de semaine. En effet, j'ai sollicité ce contact à cette période afin de pouvoir le faire concorder avec le démarrage de la saison de Promosport à Nogaro.

 

Je contacte immédiatement Jean-Marie dit Blanco pour l'informer. Il peut m'accueillir le lendemain et se trouve même conforté puisque je vais pouvoir l'aider dans ses préparatifs pour ce week-end de compétition.

 

Je charge la moto mercredi matin. Les routes sont humides et la météo m'annonce des averses au moins sur la première partie du parcours. Devant ces conditions où je dois conjuguer rapidité et sécurité, j'opte pour l'autoroute à partir d'Ussel. C'est d'ailleurs la première fois que je l'utilise de jour et je suis impressionné par les ouvrages d'art et les points de vue qu'ils offrent sur le relief Limousin. Enfin quand la brouillasse dégage suffisamment la vision.

 

A Cahors sud, le ciel est encore chargé mais la chaussée est sèche et je suis dans les délais. Je décide donc de m'offrir un peu de détente et de plaisir par les petites routes pour finir ce trajet. Mauvais choix. La route vers Tournon d'Agenais est fermée et je dois remonter vers le nord pour suivre les déviations vers Fumel et Villeneuve sur Lot. Et, probablement pour améliorer mon humeur, il se remet à pleuvoir ! Heureusement cet épisode météo est de courte durée et la route s'assèche suffisamment rapidement pour me permettre de négocier en permanence les chicanes mobiles que sont les camions et files de voitures. Dans ces conditions, je profite peu des paysages. La vallée du Lot, les fruitiers en fleurs, l'architecture des demeures, colombiers ou châteaux, les différentes teintes des champs de colza qui passent du vert jaunâtre au jaune éclatant en fonction de la maturité, autant d'éléments aperçus, l'attention étant essentiellement portée sur la route.

 

Je rejoins Jean-Marie et Marianne en début de soirée pour d'agréables et joyeuses retrouvailles. Nous organisons notre temps. Jeudi matin nous vaquerons chacun à nos occupations propres et consacrerons l'après midi aux préparatifs afin d'être opérationnels vendredi sur le circuit de Nogaro.

 

Jeudi midi, Jean-Marie a déjà fait le plein de spécialités du sud ouest à base de canard, d'oie, de légumes du sud et de raisin pour les vins. Ces excellents produits sont offerts par Jean-Pierre Caillaud des "Délices de Lafitte". Nous rendons ensuite visite à Philippe Aurian , distillateur et motard, qui marque son engagement en proposant certains de ses produits dont l'étonnant et fabuleux apéritif "Cerise-Piment d'Espelette" (et je n'ai pas testé le "Figue et Noix" qui, parait-il, est exceptionnel !). Les démarches se poursuivent à l'imprimerie de Bulle communication à Lavardac où nous attendent nombre d'autocollants et une photo grandeur nature de Charles Geers. Nous terminons cette course de fond à Agen chez le concessionnaire BMW Challenge One.Vincent Carreras confirme son engagement aux côtés du team S-PASS MOTO RACING en aidant financièrement les pilotes et en mettant à disposition du matériel pour cette étape dans ses terres. Ainsi, il accompagne ses collègues initiateurs de l'aventure, les concessionnaires de Lille BOXER EVASION, et de Reims EDEN MOTO 51 qui fournissent, entre autre les deux magnifiques et impressionnantes S 1000 RR.

 

Nous voilà au cœur d'une belle convergence de moyens au service des deux pilotes du team, le #59, Charles Geers et le #80 Cédric Fiévet.

 

Vendredi matin, nous pénétrons dans l'enceinte du circuit avec Cédric et son équipe (son épouse Marjorie et ses mécanos, Laurent et Pascal, aussi beau-père). Nous retrouvons Charles, Françoise sa maman et Gégé son mécano de père. C'est tout de suite l'effervescence et je ne peux pas aller voir l'équipe du team MC19 qui doit être déjà sur place. Alors que je décharge la voiture, je vois arriver une moto jaune et remarque vite son numéro 119. Je l'encourage par un virulent "allez Meymac", mais il semble ne pas avoir compris et s'arrête. En fait, il ne connait pas l'environnement et cherche l'entrée de la piste ! ! ! Pôvre Aurélien, à peine arrivé et déjà en galère …

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Les deux Kawasaki et la Suzuki du team MC19 prennent le soleil en attendant leur prochain tour de manège.

 

 

 

 

 

 

 

Nous n'avons pas le temps de nous ennuyer et la journée est pleine de rebondissement. Avec Jean-Marie, nous profitons de quelques moments libres pour aller voir nos trois jeunes du team Meymacois, Aurè, Greg et Yan. Blanco leur prodigue ses conseils et astuces, je déballe mes âneries et nous leurs fournissons quelques douceurs …

 

En fin de matinée, le reste de l'équipe, Joël et Benoit, arrive du nord après quelques péripéties qui les ont transformé en touristes au fin fond du Périgord noir ! ! ! Ils s'occupent de la logistique et des photos.

Je prend tout de même le temps d'immortaliser les "jaunes" et d'alimenter le Forum du MC Meymacois. Cette forte communauté est ainsi régulièrement informée par ces compléments.

 

Lors du débriefing de la journée, une question angoisse Charles. Sa compagne, Tiphaine surnommée Titi, arrive de Lille par avion et il faut aller la chercher à Toulouse à 8H30 samedi matin, mais les qualifs sont à 11H00. Dilemme. Mon action se résumant essentiellement à l'accueil et à la logistique des mets et boissons pour nos invités, je propose mes services qui sont rapidement acceptés. Néanmoins, Jean-Marie émet une condition et passe un marché avec Charles : " en échange de ta petite femme, tu te défonces sur la piste" ! ! !

 

Samedi matin 7H00, départ pour Toulouse après 4 heures de sommeil. Pas de balade ce matin, j'enquille directement l'autoroute et joue à cache-cache avec le disque rouge qui émerge de l'horizon, apparaissant au gré des arbres et des reliefs. Il se venge rapidement en m'inondant d'une aveuglante lumière que ma visière a du mal à tempérer. A l'aéroport, j'ai tout juste le temps d'avaler un café avant de me faire aborder par une frêle et charmante jeune femme. Dommage que le coup soit préparé, cela aurait caressé mon égo de mâle à cheveux blancs ! ! !

 

Devant la moto-taxi, une cigarette tout en équipant la passagère (merci à Marianne pour son casque et surtout son blouson bien appréciée par ces frimas matinaux) et c'est parti, en douceur (au moins j'espère) pour prendre la mesure de nos expériences réciproques. Le rythme augmente peu à peu pour devenir rapide, au moins en regard de la législation …, mais ceci ne nous empêche pas de nous délecter du spectacle offert par une nature noyée de soleil et de l'architecture typique de cette région. Après Auch, lors de passages sur des crêtes, nous découvrons la chaine pyrénéenne dont les sommets sont encore bien enneigés. Grandiose.

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Le vrai, c'est celui qui n'est pas rasé ...
Gégé semble attendre avec impatience de pouvoir retourner à sa machine et Jean-Marie parait bien satisfait de sa surprise.

 

 

 

Nous arrivons juste pour la séance de qualifs, à l'apparent plaisir des tourtereaux. Malheureusement, Charles ne fini pas le premier tour, victime d'une brutale rupture du système de freinage. Il provoque avec brio une chute qui lui évite un carton probablement phénoménal à 160 km/h dans un mur ! ! ! L'ambiance est plombée, Gégé travaille inlassablement sur la machine, Jean-Marie trouve des solutions pour refaire des pièces, Françoise est tendue (quelle Maman ne le serait pas ?) et Charles est dégoutté.

Dans ce contexte, je ne peux pas faire grand chose hormis tenter de détendre un tant soit peu l'environnement en pratiquant mes galéjades. Mais dans ces instants, je dois réellement me forcer et le cœur n'y est pas vraiment. Néanmoins, lors d'une rapide discussion avec Charles, je crois que je réussi à lui donner un autre angle de vision de cet incident. Il est obnubilé par sa machine et sa qualification en fin de grille. Mon point de vue est différent. Je trouve qu'il a fait preuve de clairvoyance et de professionnalisme en couchant sa moto pour éviter la catastrophe. Sa réaction réflexe est la preuve de ses capacités de pilote face à un impondérable. Il a démontré son aptitude à gérer au mieux l'imprévisible.

 

Il légitime le soir même ce discours en finissant second d'une course d'où il part dernier. D'ailleurs, peu après son arrivée, je l'agresse volontairement :

 

- Bon, Charles, ça ne va pas comme ça. Tu fais tout pour m'agacer !

- Qu'est-ce qui ne va pas ? me réplique-t-il, un tantinet interrogateur, voir inquiet.

- Tu rempli ton marché avec nous et je vais devoir te laisser ta Titi …

 

Éclats de rires réciproque, et un immense plaisir à voir son visage fatigué se détendre.

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Charles et Jean-Marie bien dubitatifs face aux galères rencontrées !

 

 

 

 

 

 

Je continue toutefois mes incursions chez les Meymacois et y retrouve avec plaisir certaines figures bien connues venues encourager les plus jeunes. J'en profite pour prendre quelques photos que je m'empresse de diffuser sur le forum où certains semblent se délecter de mes commentaires assassins … C'est tellement vrai que Bill, le président, me fait des remontrances (très amusées) pour les appels téléphoniques suscités par mes envois. Quel cafteur ce Div ! ! !

 

Au cours d'un de ces transfert, j'ai aussi le plaisir de discuter 5 minutes avec Olivier Four, le pilote qui est tombé devant nous la semaine dernière au Mans. A part un problème de doigt et des bleus partout, il respire la soif d'être au prochain Bol d'Or. Quelle satisfaction de le voir ainsi après l'angoisse qu'il nous a procuré.

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115 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auré, Greg et Yan, nos trois Meymacois en piste.

 

La journée se termine fort tard, et même le dimanche matin de bonne heure, mais il nous faut repartir pas longtemps après le coucher et sous le crachin (heureusement en voiture puisque j'ai laissé la moto à Nogaro).

 

Toutefois, le moral est excellent et les délires commencent rapidement. Sur la route qui nous mène au circuit, Jean-Marie s'arrête pour que je cueille du lilas en vue d'agrémenter notre espace de convivialité. Alors que je m'enfonce dans le bosquet pour trouver les plus belles branches, il se met à klaxonner comme un fou. Pas bon pour la discrétion, mais quelle crise de rire !

 

La journée passe très vite et je suis bien occupé à faire découvrir à tous nos visiteurs les somptueux produits mis à notre disposition par Jean-Pierre Caillau. Difficile de faire son choix entre les persillades qui accompagnent escargots ou gésiers, les terrines d'oies aux orties, de sanglier au laurier ou de cailles aux pruneaux, les tartinades de canards aux poivrons, les foies gras natures, aux figues ou au piment d'Espelette. Et pour faire couler tout cela quelques vins régionaux d'excellentes factures et les étonnants et délicieux apéritifs de la distillerie Aurian. Nos visiteurs en finiraient presque par oublier les BMW et leurs pilotes ! ! !

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Petite pause avec Françoise et Gégé dans notre espace de convivialité.

 

 

 

 

 

 

Vincent le concessionnaire d'Agen est là de bonne heure, rapidement rejoint par Christophe, son alter égo de Lille. Ils semblent satisfait, pour ne pas dire étonnés de l'organisation et de l'ambiance conviviale qui règne au delà de la zone technique, nettement plus sérieuse, mais tout aussi chaleureuse.

 

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Les pilotes entourent les concessionnaires, Vincent et Christophe.

 

 

 

 

Je termine l'après midi sur une petite algarade avec Cédric qui est mécontent de ses résultats (il a fini à une place de la finale). Je combat vertement son discours négatif. C'est sa première course sur BMW, sa première participation en Promosport et sa première apparition sur ce circuit. Et malgré ce cumul de handicaps il signe le meilleur temps en course ! ! ! Alors, je te le rappelle Cédric, comme disent les Américains, "STEP BY STEP" étapes par étapes ...

 

Les démontages sont rapidement menés et il est tant de repartir, chacun dans des directions différentes, en souhaitant se retrouver rapidement.

Le retour se fait sous une pluie battante et Jean-Marie joue tellement avec mes nerfs bien à l'abri dans sa merco, clope au bec, que je le double rapidement et l'abandonne. Bon prince, je le laisse revenir pour les derniers kilomètres. Il faut dire qu'il connait mieux l'environnement et qu'avec la nuit, la route est plus facile avec un ouvreur …, surtout avec l'éclairage de la Diversion ! ! !

 

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L'équipe, presque complète puisque Joël prend la photo :

Pascal, Laurent, Marjorie, Cédric, Vincent, Jean-Marie, Patrice,
Christophe, Benoit, Gégé, Charles, Tiphaine et Françoise. 

 

Pour les faits de course que je n'ai pas relatés, d'autres le font bien mieux que moi, vous pouvez prendre connaissance des comptes rendus de :

 

 

Merci à vous tous pour tout ces excellents moments dans la bonne humeur du team S-PASS MOTO RACING, même sous la pression :

 

  • Charles et Cédric, des pilotes émérites, et leurs compagnes qui subissent le stress de la course ;
  • Françoise et Gégé qui cumulent les rôles et doivent jongler entre les casquettes du moment ;
  • Laurent et Pascal, effacé ou rigolard, mais des mécanos efficaces avec le bon aloi des Ch'tis ;
  • Joël et Benoit, réalisateurs de la totalité des photos qui vous sont proposées dans les diaporamas ci-dessous (et je n'en ai pris qu'une petite partie …) et avec lesquels j'ai eu de bons délires ;
  • Christophe et Vincent qui investissent sur ces jeunes tout en assurant la promotion de leur marque ;
  • Quant à Jean-Marie, je n'ose pas trop me prononcer, mais c'est un ami véritable que je continue de découvrir …

 

Merci aussi aux "jaunes" du team MC19 vus en alternance :

 

  • Yan, Greg et Auré (j'inverse le tri alphabétique volontairement !) jeunes pilotes pétris de passion, de joie de vivre, d'humilité, de volonté et que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir
    (Jean-Marie aussi d'ailleurs) ;
  • Bill, Dan, Jean-louis, Ricou, Sophia, et toute la cohorte des supporters qui avait fait le déplacement pour cette première.

 

Encore un week-end mémorable, chargé de partage, d'entraide et d'amitié grâce à vous tous !

 

Plus de 150 photos, toutes catégories confondues
(Benoit sur la piste et Joël dans les stands) :

 

 

 Et pour les nostalgiques, une série spèciale sur les anciennes :

 

 
 
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 20:28

Samedi matin 7H30, Serge prend place en passager sur la Diversion. Nous avons rendez-vous avec Christian le Nantais et Pascal le Breton à partir de 10H00 devant le musée du circuit. La Triumph du premier est inopérante. Il vient en VTR Honda et ne peut pas se charger. Pascal prend son side FJ 1200-Comanche et assure une partie de la logistique, une grande tente, des matelas, des sièges et un duvet pour moi puisque cette étape n'était pas prévue. Quant à moi, j'ai fait les courses de nourriture pour le week-end.

 

Le temps est gris mais les routes sont sèches. Un arrêt essence à Vendôme puis, comme nous sommes en avance, une pause café à Saint Calais.

 

Le barbu Nantais et déjà là lorsque nous arrivons. Je profite de l'attente de Pascal pour appeler notre contact de l'équipe Kawa, un autre Christian de la société Kasto (fabricant de machines outils, fournisseur de WF Concept et sponsor du team vert). Il nous rejoint à vélo, nous remet nos pass et nous invite à venir boire l'apéritif. Excellente entrée en matière !

 

Lorsque Pascal arrive le chahut va bon train et nous repartons installer notre campement après les salutations d'usage. Une fois les motos déchargées, la tente montée et le premier apéro consommé, nous nous propulsons vers le Paddock et nous sommes royalement accueillis par Christian de Kasto France et Pascal Gauthier de BPLMO (Bretagne Pays de Loire Machines Outils). Gregory Leblanc et Julien Da Costa déjeunent et je ne veux pas les importuner. Nous volons quelques minutes à Madame Leblanc (la maman de Greg) pour nous rappeler notre dernière rencontre, avec un William déchainé (cf. SBK 2008). Mais en grande prêtresse de ces lieux, elle est fort occupé et doit retourner à ses activités.

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Le lieux de nos agapes où officie,
avec brio, Madame Leblanc !

 

 

 

 

 

Nous déjeunons rapidement sur place malgré les réticences initiales du Breton et surtout du Nantais qui doit changer son pneu. Mais ils finissent par succomber à cette sympathique invitation, et nous amusons bien nos voisins avec nos histoires et pitreries.

 

En attendant notre Nantais, nous déambulons dans le parc et assistons à la préparation des sides car. J'en profite pour aller saluer l'équipage Ardéchois de la # 12. Étonné de me voir encore là, après nos délire d'Albi l'année dernière, il me gratifie d'un bien sympathique "Tu es vraiment notre meilleur supporter". C'est aussi la rencontre avec Christian Bourgeois, le "Boubou" de nos jeunes années ! ! ! (cf. Finale SBK Albi)

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Le #51 qui nous avait tant impressionné par sa cabriole à Albi, et juste derrière la #12 des Ardèchois.

 

 

 

 

Nous commençons notre premier tour de circuit au rythme des séances d'essais des différentes catégories, et Pascal teste son nouvel objectif. Le Nantais nous rejoint, rassuré avec son pneu tout neuf et l'ambiance est au beau fixe. Les taquineries s'enchainent, les crises de rires se répètent, nous sommes totalement à ses joies simples de se retrouver et d'assister aux empoignades de tous ces pilotes sur une piste que nous connaissons parfaitement.

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Christian, Pascal et Serge
pendant une pause salutaire.

 

 

 

 

 

 

La soirée se déroule gaiement, émaillées de souvenirs, d'histoires et de bonne humeur. Nous avons déclinée l'offre pourtant alléchante, sauf pour Serge, d'une dégustation d'huitres au Paddock, et grillons nos viandes avec attention (ah, vous aimez ça, une chair moelleuse et non calcinée, offerte par mes fameuses cuissons lentes ! ! !).

 

La matinée déploie les derniers essais, pôle position et warm-up de chaque catégories. Pour les 125, la pluie se met de la partie. Dans les stands c'est le rush des changements de pneus. Pour moi c'est les quolibets de mes trois acolytes. Je suis le seul sans blouson et la veste en polaire n'est pas la mieux adaptée à cette situation.

 

Pour le départ des Supersport, nous sommes dans l'intérieur du virage de la Chapelle, en plein chahut quant un bruit caractéristique attire notre attention. Le chuintement aigu des plastiques et métaux martyrisés par le bitume. Nous tournons la tête pour découvrir un pilote achevant sa glisse, face contre le sol, sans aucun mouvement. Les commissaires accourent et protège ce corps inerte, maintenant immobilisé sur la piste. Rapidement, les drapeau jaunes sont remplacés par le rouge qui arrête la course. Une voiture de la sécurité amène un médecin, une ambulance se positionne et les secouristes s'affèrent autour du pilote toujours inconscient. Il est ensuite évacué avec moult précautions et nous apprenons qu'il s'agit d'un des top pilote de la catégorie, Olivier Four. J'apprendrais le soir sur le net que les suites de cette situation inquiétante semblent plus légères.

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Serge mime ses singeries de jeunesse (il devait tenir un guidon là), et nous sommes pliès de rire.

 

 

 

 

La pluie fini par s'arrêter et les courses s'enchainent sur une piste séchante. Pendant la pause de midi, je laisse Christian et Pascal préparer les grillades alors que je file avec Serge au Paddock. Il me faut prendre des photos des Kawas pour William (merci bien à Gilles Staffler, et bravo aux mécanos pour le boulot sur la # 38), prendre congés de nos hôte du team SRC, et de toute l'équipe qui nous a si aimablement accueillie, entre autre Christian et Pascal. J'apprends alors par les annonces qu'un certain Arnaud Sajoux roule en Top Twin. J'ai connu ce pilote lors du Moto-Tour 2007, d'abord à Clermont Ferrand et sa fabuleuse spéciale du Mont Dore, puis à Alès, mais à l'hôpital puisqu'il avait chuté sur le circuit. J'essaye de le trouver, mais peine perdue.

 

Pour une autre fois j'espère.

 

Les courses reprennent et nous assistons à ces nouvelles empoignades sous un soleil, voilé certes, mais sans eau. Vers 15H00 Christian sonne l'heure du départ. Nous le suivons de quelques dizaines de minutes pour aller boire un café en ville avant de laisser Pascal retourner vers sa Bretagne. Au premier rond point rencontré, je sens le gas oil en même temps que la moto se dérobe, heureusement légèrement et je peux l'accompagner et la rattraper.

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Christian semble en avoir assez de nos âneries.

Il va sonner l'heure du départ.

 

 

 

 

 

Nous aurons quelques averses sur la route du retour, et arrivons sans encombre chez Louis pour une rapide soirée et une nuit réparatrice.

 

Quelques photos réalisées par Pascal :

 


 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 13:36

Je pars de chez Pascal pour rejoindre WF Concept à Merdrignac (22), ce qui me permet de voir se fabriquer des pièces qui vont prochainement équiper certaines Kawasaki de compètition. Avec William, nous parlons boulot, bien sur, mais aussi des prochains rendez-vous sur les circuits. Je décline sa proposition d'aller au Mans dans quinze jours pour le FSBK (championnat de France Superbike), mais confirme ma présence au Bol le mois prochain.

 

C'est ensuite une remontée vers Saint Brieuc pour un rendez vous puis une descente vers les pays de Loire. Dans cette région privilégiée par nos rois pour son qualificatif de "jardin de la France", le périple devient vraiment printanier. Si les températures sont fraiches le matin, les sous gants et cagoule sont vite abandonnées dans la journée.

 

Le jeudi, je retourne en région parisienne et je vis presque la même expérience que Jean-Yves à Metz il y à quelques semaines ( cf. Petit périple hivernal) . A l'approche de Neauphle le Château (78), je démarre d'un stop et aborde le carrefour suivant, à quelques centaines de mètres, sur une accélération franche mais mesurée. Plusieurs véhicules attendent de s'engager et deux sont immobilisés dans l'ilot au milieu de la chaussée. Donc, même si j'ai la priorité, je suis attentif à la moindre incartade ! Une voiture arrivant en sens inverse contourne les deux véhicules en attente au milieu et tourne à gauche sur sa lancée. Je la vois donc au dernier moment, alors qu'elle s'engage sur ma trajectoire, à quelques mètres devant moi. Pour couronner le tout, cet abruti freine en me voyant. L'action réflexe agit. Pression sur la pédale pour ralentir à l'aide du frein arrière et basculement de la machine à gauche pour passer entre les pare-chocs sur une légère accélération… c'est passé, c'était beau, mais le palpitant bat la chamade. Une seconde plus tard et j'étais décalqué sur la calandre. Un jeune moins aguerri qui saute sur les freins aurait percuté. Dans les deux cas, on aurait sûrement crié au scandale de ces fous en moto …

 

Je termine ma route pour rejoindre Bazemont (78) et accéder à la demande de mon frère. Il veut faire une surprise à sa femme pour son anniversaire et je me suis proposé à la préparation du repas avec mon neveu Maxime. Ce sacripant est tout heureux. Il fait les courses en moto, joue un bon tour à sa Maman, profite des délires et âneries de son tonton barjot et participe activement à la confection d'un cassoulet et de 5 Pavlovas (meringue, crème fouettée et framboises). Un repas pour 30 personnes tout de même !

 

Le lundi matin j'amorce la descente vers Bort. Peu avant Rambouillet, une moto bordeaux s'installe derrière moi, probablement une GTR Kawasaki. Je me sers à droite pour lui favoriser le passage, mais il reste dans mon sillage. Ma manière de rouler doit lui convenir puisque nous continuons ainsi jusqu'à Angerville où j'oblique sur la N20. Cela me fait penser à Éric, il y a quinze jours vers la Bretagne (cf. une nouvelle rencontre).

Puisque Serge (mon pote de Metz) est actuellement en Sologne, je prévois une pause de quelques jours chez Louis, qui nous reçoit à l'occasion. Comme l'on découvert les abonnés, ce séjour, dans un cadre magnifique, est bucolique.

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Une vue de l'ile sur l'étang,
en complèment des photos du petit matin parues dans la newsletter et sur facebook ...

 

 

 

 

Mardi, un appel de William remet en cause mes projets. Il vient de se provoquer un arrachement osseux et ne peux pas aller au Mans pour le Superbike où il devait constater la bonne tenue de ses pièces sur les deux Kawasaki de Julien Da Costa et Greg Leblanc. Comme je suis un être faible (et quelquefois conciliant), j'accède à sa demande de le représenter sur place. Il n'a tout de même pas besoin d'insister beaucoup ! ! ! Accéder à une course dans ces conditions, et y retrouver Pascal et Christian (entre autre) sont des facteur d'une certaine motivation, pour ne pas dire d'une motivation certaine.

Je reste donc en Sologne jusqu'au week-end puisque je ne suis qu'à 150 km du Mans, et vous ferais le compte rendu un peu plus tard, après le tri des nombreuses photos réalisées par Pascal.

 

J'en profite pour changer mon pneu avant qui commence à fatiguer et qui supportera d'autant plus mal cette rallonge que la météo s'annonce humide.

Si vous avez besoin, dans la région, n'hésitez pas à vous rendre chez :

"Profil +" - 123 route de Villefranche à Romorantin – tél : 02.54.76.13.15.

L'équipe est sympa (4 motards) les stocks ont l'air conséquents et en plus nous pouvons rigoler. Par deux fois j'ai eu des réactions admiratives devant le compteur de la Div qui approche ostensiblement des 100 000 km. D'abord des marques d'étonnement quand j'annonce qu'elle est à peine rodée, puis de la stupéfaction lorsque je leur parle des 3 précédentes, notamment de la grise qui en cumulent plus de 350 000 et qui tourne toujours ! ! !

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Au détour d'un chemin,
une charmante demeure  Solognote.

 

 

 

 

 

Divers travaux avec Serge, quelques balades, en faisant particulièrement attention au gibier. Si les spécimens les plus imposants comme les sangliers ou chevreuils nous laissent tranquille, un faisan nous fait des facéties. Par trois fois, au même endroit, il tente de faire la course avec la Diversion. Il détale entre nous et une haie, affolé. Je n'ai qu'à tendre la jambe pour agrémenter la table du soir. Heureusement pour lui, la peur du ridicule me retient.

J'aurais l'air fin avec une sur-botte à plumes ! ! !

 

Lundi, j'enfile le pantalon de pluie dés le départ, par précaution et en fonction des prévisions météo. Il n'y a plus de gelée matinale et une légère brume pâlit la lumière du petit matin. La nature est néanmoins exubérante. Les pluies de ces dernières 48 heures associées aux chaleurs des magnifiques journées de la semaine dernière se traduisent par une explosion des feuillages vert tendre. Maintenant peu d'arbres en sont encore dépourvus. Les haies immaculées perdent de leur éclat. Les premières fleurs blanches commencent à s'étioler et la jeune frondaison parvient à atténuer la magnificence de la floraison. Je traverse un petit bois au ralenti, le regard attiré par le somptueux revêtement qui couvre le sol. L'épais tapis des jeunes feuilles des anémones sauvages est parsemé d'une multitude de petites fleurs blanches.

 

A Vatan (cette commune porte bien son nom aujourd'hui), les passages de crachin se sont transformés en pluie et j'enfile ma sur-veste car l'horizon est particulièrement bouché. Le mauvais temps m'accompagne jusqu'à l'approche de Limoges et la température redescend. Je profite de ma pause à Feytiat pour ressortir cagoule et sous-gants. La fin de ce périple me replonge dans la période hivernale. La nature est ici encore en sommeil.

 

Je déroule toutes ces courbes avec plaisir, mais aussi avec une attention soutenue. Il faut anticiper la position de la route et son environnement car les zones mouillées alternent avec les passages secs ou humides. Dernière pause à Meymac pour saluer Arlette au siège du Moto Club local. L'occasion de deviser en anglais (autant que faire se peut, car je n'ai plus beaucoup l'habitude !) avec un autre passionné de sports mécanique retiré dans la région. Un bien agréable moment.

 

Dés mon arrivée à Bort, j'attaque la lessive car j'attends la confirmation d'un prochain rendez-vous dans le sud ouest. Je dois être rapidement prêt à repartir pour une escapade printanière cette fois-ci ! ! !

 

 

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 07:21

Une semaine Bretonne qui se déroule gentiment et qui se termine en apothéose.

 

Les gelées matinales sont omniprésentes, mais le soleil réchauffe rapidement l'atmosphère. La douceur des journées permet à la nature d'annoncer avec vigueur le printemps maintenant très proche. Les originelles tâches de couleur jaune des genêts, jonquilles ou forsythias sont maintenant confortées par la blancheur de nombreux arbustes, souvent en haies vaporeuses et éclatantes sous la lumière. Ce festival de couleurs se rehausse également des premières teintes roses ou violettes d'arbres qui égayent les paysages par leurs magnifiques bouquets de fleurs. Les nuances vertes évoluent aussi, au grès de l'éclatement des bourgeons des arbres les plus précoces. Les jeunes feuilles captent la lumière et mettent en relief ces volumes mouvants dont les tristes lacis de branches nues commencent à s'estomper.

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Ces parterres de fleurs égayent les devantures de maisons.

 

 

 

 

Le vendredi midi, je suis invité chez Dédé Lamour, une figure de la moto Morbihanaise et déjà rencontré à maintes reprises dans ces lignes. De biens agréables moment à se souvenir de nos virées et pitreries passées, d'anticiper nos prochaines escapades ou de discuter avec Anthony, un des fils, de la restauration d'une magnifique Honda 500 Four. Grands moments d'admiration, en déambulant dans le musé personnel de Dédé qui a encore pris de l'ampleur depuis la dernière fois. De nouvelles machines sont restaurées et une de ses petites dernières, une moto Française à moteur de Citroën GS, une magnifique BFG rouge attelée et estampillée "Garde Républicaine", trône dans l'entrée.

 

Avant de repartir, j'achève cette "séquence nostalgie" avec une CB 350 Honda, ma première moto, que j'enfourche avec délectation. Comme elle me semble frêle en comparaison de la Diversion actuelle ! Comment ais-je pu faire tant de kilomètres et de découvertes (y compris deux mémorables gamelles) avec cette machine ?

 

Quelques vues de la caverne des merveilles de Dédé :

 

 

En fin d'après midi je rejoins Karine et Pascal en vue de mettre au point nos derniers préparatifs pour le lendemain. En effet, ils se sont ligués contre moi, dans le seul but de m'utiliser au service du Canoë Club du Lié. Ils n'ont pas eu toutefois trop de difficultés vu mon admiration pour ces jeunes pagayeurs et mon engouement pour la saine ambiance qui règne au cours des différentes manifestations partagées avec eux.

 

Tous les ans ce club organise un couscous dans le but de concourir au financement de ses activités. Pour cette année, devant la pénurie des officiants de cuisine, j'ai accepté de me lancer dans ce défi, à savoir réaliser ce plat pour plus de 400 personnes.

 

Dés le samedi matin, nous prenons en charge les approvisionnements, en particulier des viandes (50 kg d'agneau, 60 kg de poulet et 30 kg de merguez). Karine vaque à ses occupations de Présidente pendant que Pascal et moi prenons possession de la cuisine de la salle des fêtes de Plemet (22) et démarrons marinades, infusions et premières cuissons. Isabelle arrive juste après, puis un petit jeune de quinze ans vient rapidement nous rejoindre. Il s'avérera intéressé et d'une aide bien utile. Encore bravo à toi, Antoine, pour ta présence active toute cette journée.

 

Au cours de la matinée, de nombreuses personnes, jeunes et parents, viennent grossir les troupes qui s'activent dans les différents préparatifs. Pour midi, avec Pascal, nous continuons seuls nos cuissons avant de voir revenir tout se petit monde qui s'active dans l'effervescence et la bonne humeur. Si je suis polarisé sur le couscous, de nombreuses autres tâches doivent être prise en charge. Dresser les tables, préparer le bar et les desserts, installer le système de projection, organiser les services de plats à emporter et à table, … La pression est latente, mais elle n'empêche pas les taquineries, les bons mots et quelques histoires drôles.

 

Le service démarre avec les plats a emporter. Fort des comptes rendus de l'année précédente, j'ai proposé une organisation qui s'avère des plus efficace. Le jeune Antoine prend en charge avec célérité le filmage des barquettes dressées par Sébastien, Pascal et moi pendant que Philippe s'attelle à la plonge. Mathieu, le second fils de Pascal, orchestre les départs avec ses copains qui s'activent à l'ensachage. Cela lui vaut une boutade qui fait rire tout le monde, lui y compris. En effet, je l'interpelle au cours d'une de ses diatribes : " Tu sais Mathieu, dans les grandes cuisines, il y a plusieurs chefs qui s'occupent chacun de leurs domaines, rôtisserie, sauces, patisserie…, et un chef, au passe, qui organise tout ce monde. On l'appelle l'aboyeur. Et je trouve que cela te va bien …".

 couscous

 

 

 

 

Une joyeuse et motivée équipe de choc entourant les anciens dirigeants.

 

 

 

 

En salle, les deux filles de Pascal et Karine sont tout autant actives, même la plus jeune, Rachel qui, du haut de ses 5 ans participe avec joie. Sarah et son escouade de jeunes minettes se hâtent au service à table avec entrain, sourire et jeune charme. Seul William, l'ainé, est absent. Retourné à ses études à Annecy, il nous annonce par téléphone les résultat d'une compètition savoyarde à laquelle il participe.

 

Nous irons manger à notre tour vers 11H00 avec Yohan, le coach qui me présente à son épouse sous le vocable de champion du monde des histoires. Quelle réputation ! ! !

 

Nous rentrons vers 2H00 la vaisselle terminée et revenons le dimanche pour finir le ménage. Je reprends ma route le lundi matin pour de nouvelles étapes de ce périple mutant d'hivernal à printanier.

 

J'ai eu un immense plaisir à vivre cette aventure avec toute cette joyeuse équipe animée d'une forte motivation. Je suis satisfait d'avoir apporté ma pierre à cet édifice et d'avoir contribué au difficile financement de ce club. J'espère aussi avoir apporté une nouvelle expérience à ces jeunes en leur prouvant que l'on peut conjuguer efficacité avec joyeuseté.

En effet, nous avons fourni un imposant travail de qualité sans se départir de crises de rire, de boutades ou de taquineries.

Et les résultats semblent probants :

 

  couscous Courrier Ind-pendant

 

Et, si je ne peux pas citer tous les acteurs de cette réussite,
je tiens tout de même à rendre un hommage particulier à Stéphanie et Christophe
qui ont tenu leurs rôles dans des conditions douloureuses.

Comme sur l'eau, vous êtes là aussi un exemple positif pour les plus jeunes.
Merci à vous deux.

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 10:01

Samedi matin, debout à 5H30 et Pascal me rejoint presque immédiatement. Un café vite fait et nous chargeons le fourgon pour nous rendre à Lathus dans le Poitou assurer un peu d'assistance au championnat de France National 2 de slalom en canoë-kayak. William, le fils ainé de Pascal est sur place depuis le début de la semaine et Mathieu, le second "rejeton" s'y est arrêté mercredi, au retour d'un stage nautique à Pau.

 

 

Le canoë Club du Lié présente 5 compétiteurs dont une féminine et fourni un juge, Alain, qui nous rejoint à 7H00. Ce dernier, coincé entre nous deux, va subir pendant 5 heures nos âneries, réflexions ou délires. A défaut de dormir, il se détend en oscillant entre le sourire et le rire.

 

Nous arrivons directement sur le site vers midi pour y retrouver les fistons William et Mathieu accompagnés de Boris. Le reste de l'équipe, Stéphanie et Christophe se joignent à nous rapidement. Le parcours de slalom est complètement naturel, dans un environnement grandiose, sur la Gartempe, proche du roc d'enfer. Ceci engendre par contre des contraintes en terme de niveau d'eau. Les rochers affleurent parfois et les compétiteurs doivent en tenir compte, autant pour de bons temps, que pour éviter les casses de matériel.

 

 A-lathus

 

 

 

 

En amont du circuit de slalom,
les compétiteurs n'hésitent pas
à se mettre à l'eau,
dans le froid et la brume.

 

 

 

 

 

Nous laissons les jeunes s'entrainer l'après midi. Pendant ce temps nous allons faire quelques courses pour assurer la logistique de la soirée. Tout le monde se retrouve le soir au camping dans une chaude ambiance d'histoires drôles, de souvenirs ou de délires. Jean-Yves, un cadre national et ancien champion du monde en kayak nous rejoint avec son poulain. Nous sommes une dizaine entassés dans le camping car où chacun a reflué, chassé par les températures qui filent vers le négatif et le petit vent piquant qui nous agresse.

 

Nous prenons un repas commun, élaboré avec les différentes fournitures de chaque petit groupe. J'essaye d'améliorer l'ordinaire en mettant en relief la viande sautée et les pâtes. Flambage au cognac et réduction de crème fraiche donnent une sauce qui semble appréciée. Je profite de cet environnement de passionnés pour améliorer ma culture du domaine, et me faire expliquer termes ou situations obscurs à mes yeux de béotiens.

 

La soirée est épique. Avec Pascal, nous nous installons dans le fourgon, mais avons le plus grand mal à trouver le sommeil. Je suis littéralement encastré dans un méga-matelas gonflable à moteur intégré et, chaque fois que j'essaye de bouger, mon acolyte joue avec la commande du gonfleur. Mes mouvements déjà difficiles dans cet espace restreint et mouvant deviennent complètement désordonnés et entrainent des crises de fou rire à répétition.

 

Derniers couchés, mais premiers levés dans la blancheur ouatée de ce petit matin froid et brumeux. Nous rejoignons le site et retrouvons mon frère Bruno. Local de l'étape, il vient tester son nouveau matériel photo dans un contexte inconnu pour lui. Cela nous permet aussi d'avoir un maximum de photos de ces combats contre les éléments.

 

J'apprécie énormément l'état d'esprit qui règne ici, assez semblable à ce que je retrouve dans la moto. De la bonne humeur, de l'entraide, certaines formes de partage. De plus j'admire l'abnégation de ces jeunes et moins jeunes qui vont affronter les courants tumultueux sur leurs frêles esquifs, dans le vent piquant et l'eau froide. Ils donnent beaucoup à leur passion, et s'entrainent obstinément pour parfaire leur condition physique, améliorer leur technique, optimiser leur connaissance du milieu dans le but d'accéder aux meilleures places.

  A-pagaie

Lorsque l'on constate la position de la colonne d'eau du précédent coup de pagaie,
à l'arrière du bateau qui est pourtant à contre-courant,
nous pouvons nous faire une idée de la rapidité,
de la précision et de la puissance du geste.
Le second coup de pagaie est déjà à la moitié de son mouvement
que l'eau précédemment relevée n'est pas encore retombée ! ! !

 

Compétition, certes, mais dans un esprit chaleureux et bien agréable à partager.

 

Les résultats sont flatteurs pour le Club du Liè. En Kayak homme, 3 placés dans les dix premiers. Deux séniors, William et Boris en 4 et 6, et un junior, Mathieu en 8. les portes de la Nationale 1 se rapprochent ! ! !

 

Les épreuves terminées, nous rechargeons le matériel dans le fourgon et retournons vers la Bretagne, dans l'euphorie de ces résultats prometteurs et de ces bons moments vécus avec des personnes attachantes et dans un site magnifique.

 

Pour les amateurs d'eau, de navigation et d'exploits, voici quelques vues extraites du millier de photos réalisées par Bruno ALTAZIN au cours de ce dimanche (grand merci à lui) :

 

 

 

 
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