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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 14:31

 

Enfin, je finis de rattraper mon retard de l'année dernière avec cette parution … qui précède, chronologiquement celle des Millevaches …"petite" rencontre particulièrement enneigée (cf. Millevaches 2012 – Une magnifique hivernale ! )

 

 

Encore une course à laquelle je ne devais pas assister, mais je ne peux pas vexer les instances dirigeantes d'un certain club de Kayak qui veulent me remercier pour quelques menus services rendus ... et je trouve cette idée … particulièrement bienvenue ! Merci encore à vous.

 

Ce vendredi 5 octobre 2012, direction de Bourges pour retrouver les copains aux "Relais Calmos" de la FFMC 18. Le temps est superbe et je pars de bonne heure pour pouvoir éventuellement profiter des grandioses, mais éphémères, spectacles d'automne. C'est un peu trop tôt cette année. Néanmoins, je m'arrête quelques minutes à Aubusson pour, enfin, prendre une photo de ce château, malgré une luminosité encore peu adaptée :

Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012

 

Nouvelle pause photo dans le Berry, avec une pensée pour les amis du Sud-Est. Là bas on dit "je vais EN Avignon". Heureusement ici on préfère " Je suis A Culan" … 

 

Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012

A Bourges, Christian qui arrive de Nantes est déjà là. Comme nous nous sommes quittés 5 jours plus tôt, les retrouvailles ne sont pas exagérées. Par contre, la bande locale m'agresse gentiment mais fermement. Où est Max ? Désolé les gars (et les filles aussi d'ailleurs), mais mon neveu n'est pas du voyage ce coup-ci. Vous ne bénéficierez pas de main d'œuvre aussi efficace que gratuite, bande de honteux esclavagistes ! ! ! - cf Bol d'un adolescent sourd.

 

Les Bretons finissent par nous rejoindre sous la forme d'une agréable surprise. Pascal est aux commandes du side avec son fils Mathieu qui fait le singe dans le panier. L'ainé, William, suit sur sa Kawa. C'est sa première sortie sur un circuit avec sa machine ! Quel plaisir de retrouver ces deux jeunes athlètes (ils évoluent tous les deux en slalom kayak N1 et Mathieu était aux U.S.A. cet été pour disputer les championnats du monde junior) !

Enfin, le second side Comanche arrive avec Fred et Marvine, et nous pouvons profiter de l'excellent repas préparé sur place. Pendant le café quatre motards de la gendarmerie défilent en direction du circuit. Ce n'était pas nécessaire de nous rappeler ainsi qu'il faut être particulièrement tranquille sur ce dernier tronçon !

 

Une fois les courses alimentaires terminées et les pleins faits nous nous propulsons vers Magny-Cours. Je suis le pack composé du side de Pascal qui ouvre la marche, William et sa Kawa, le Comanche de Fred et Marvine alors que Christian ferme le convoi sur sa Triumph. A un rond-point, deux motards en bleu arrivent par une route transversale. Le premier a le temps de passer devant nous, mais le second doit attendre notre traversée.

Sur la portion de 2x2 voies qui suit, Pascal entame le dépassement d'une voiture suivi de son fils. Mais, dans le même temps le dernier gendarme nous déborde avec une vigueur certaine … et doit planter un vigoureux freinage pour laisser Pascal et William terminer leur manœuvre. Ils respectent bien la vitesse, actionnent bien leurs clignotants ce qui retarde d'autant le motard en bleu ! Dès que le passage est libre il essore la poignée de droite, remonte vigoureusement … pour faire des signes au niveau du side.

Pendant ce temps, Fred, Christian et moi effectuons la même manœuvre de dépassement et le spectacle aperçu devant m'interpelle. "l'enf****, il est vexé et va se venger, alors que nous sommes particulièrement calmes !"

En face, les usagers nous font de multiples appels de phare et je rigole en pensant à leurs têtes lorsqu'ils constatent que les deux premières motos du groupe sont celles de la Gendarmerie ! ! !

Devant,le militaire s'agite et actionne son warning. Comme la haie que nous longeons arrive à sa fin, je me prépare à un arrêt au prochain dégagement.

Et là, les deux motos bleues s'éloignent fort rapidement. Dans le même temps, j'aperçois un véhicule camouflé derrière les arbustes et un magnifique hibou devant. Un peu plus loin, nous retrouvons nos deux motards arrêtés, seuls, à un carrefour et nous nous saluons réciproquement. Visiblement, ils nous annonçaient le radar … qui, de toute façon n'aurait pas flashé ! ! !

 

Cet épisode est bien sûr notre premier sujet de discussion à l'arrivée devant la billetterie, et Pascal nous livre ses déductions. En début d'année, au retour du Bol, il s'était fait arrêter à la sortie de Bourges. Contrôle standard et bon enfant des deux side-car (il était avec l'autre William) qui était engendré … par une petite mascotte qui trainait subrepticement devant la plaque d'immatriculation ! ! ! L'objet du délit remis à sa place, les motards de la Gendarmerie étaient repartis à la chasse d'un camion sans autre forme de procès.

C'est probablement le même motard qui a reconnu le side (et constaté notre grand respect de la législation – pour une fois !) qui a joué ainsi avec nous ! ! !

Comme quoi, ils savent aussi faire preuve de discernement -au moins certains- et ne sont pas avares de petits jeux. (C'est Dédé le Breton qui va rager en lisant cela et en repensant à sa plaque – cf. Mon Bol d'Or 2013 )

 

Au campement, nous retrouvons avec grand plaisir de grandes figures du Sud-Est, Josette, Victor, Sébastien leur fils, sa compagne et un couple d'amis. Connus il y a une quinzaine d'années lorsque j'étais en vallée du Rhône, les parents alternaient les Honda 1000 CBR et magnifiques 750 Four alors que Sébastien était encore un minot ...Cela fait quelques années que nous ne les avons pas retrouvé sur un circuit et cela promet encore quelques bons moments !

 

L'installation se réalise rapidement, après nous être empressés de troquer les tenues de motos pour de légers vêtements d'été afin d'affronter correctement la chaleur. Nous allons ensuite prendre la mesure de l'environnement, les débats sur la piste et l'ambiance au village.

 

En fin d'après midi, tout le monde se retrouve au campement et il faut bien trinquer avec les voisins. La soirée s'annonce chaude ! C'est qu'ils l'aiment, le "jaune", les gars du sud ! Et nos deux artistes, Fred et Pascal ne veulent pas les abandonner dans ces libations …

 

La veillée se poursuit autour du repas et de multiples âneries qui animent gaiement les festivités. Notre petit jeune, Mathieu, est fatigué et part se coucher. Mais c'est sans compter l'animation fournie par son Père et Fred. Ces deux là sont des potes d'enfance et ont fait les 400 coups au Mans pendant leur jeunesse. Ils commencent à se remémorer certains de ces grands moments et partent dans un fou rire. Et ensuite c'est l'enfer. Un échange de regard, une onomatopée, un geste et ils se bidonnent, pouffent, gloussent ou se tordent de rire. Nous ne comprenons absolument rien à leurs histoires, mais avons mal au ventre de rigoler à les voir ainsi. Inutile de dire que le "petit Mat" ne pouvait pas s'endormir. Entre la cacophonie et l'envie de participer, c'était peine perdue !

 

Les deux potes dans leur trip :

Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012

 

Au petit matin, seul debout, je vais faire quelques photos du jour qui se lève. Du haut des gradins d'Adélaïde, j'aperçois Christian et décide de le rejoindre pour le café. Le temps d'arriver et il est déjà partit. Je suis bien installé lorsqu'il revient.

 

En arrivant, il me dit bonjour. Je ne réponds pas.

Il insiste : "Ça va Pat ? ". Toujours le silence.

Il persiste, avec une pointe d'inquiétude : " As-tu un problème Pat ? ".

Et là, je pars dans un accès de rage (feinte) : " Tu fais ch***, Christian. Tu te plains toujours que je t'agresse dés ton réveil et pour une fois que je prends en considération tes doléances, c'est toi qui me relance ".

Devant cette brutale et inattendue réaction, la mine du sieur Christian commence par s'allonger avant de virer à l'éclat de rire ponctué de multiples " Mais t'es c** Pat, vraiment c**" ! ! !

 

Nous pouvons enfin prendre notre café en devisant joyeusement. Fred et Pascal nous rejoignent rapidement, bientôt suivis de notre "néo-motard", William dit Wizzi qui apparaît aussi en grande forme, et n'est pas le dernier à faire le pitre. Quant à Mathieu, il récupère son début de nuit animé coincé entre son besoin de sommeil et un téléphone qui cause espagnol ! ! ! (Sa copine réside outre Pyrénées et, quel hasard, est championne d'Espagne de kayak …).

 

Mais il est temps d'aller s'intéresser à la piste. Pour cette finale du championnat du monde, les enjeux sont multiples :

 

En Superbike, (SBK - 1000 cc)
Max Biaggi (Aprilia) arrive en tête avec une avance de 30,5 points sur Tom Sykes (Kawasaki) et 38,5 points sur Marco Mélandri (BMW). Ces deux là sont donc encore prétendants à la couronne !

 

En Supersport, (SSP - 600 cc)
Le titre est acquis depuis le week-end dernier par le turc Kenan Sofuoglou (Kawasaki). Mais la bagarre entre les deux français, Fabien Foret (Kawasaki), le plus expérimenté et Jules Cluzel (Honda), récent vainqueur de l'étape de Portimao (Portugal) s'annonce épique.

 

En Stock (1000 et600 cc), nous avons aussi quelques Français qui se démènent avec brio.

 

De plus, dans nos rangs, Josette (Zézé) est une fidèle supportrice de Jules Cluzel alors que Marvine n'a d'yeux que pour Max Biaggi. Un bon sujet de chahut pour nous. Nous allons pouvoir les exciter et les charrier, tour à tour en fonction des évènements ! ! !

 

La journée du samedi se déroule agréablement entre les spectacles haletants des essais et qualifications sur une piste très changeante en fonction des ondées, les balades au village, les retrouvailles, ici ou là avec des potes et les repas toujours aussi animés.

 

Quelques vues de la fine équipe :

Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012

 

Le soir, j'écourte le dîner. Mon ami Pierre m'invite dans le paddock où il officie en tant que coach d'un pilote. Je propose à nos deux jeunes kayakistes de profiter de l'aubaine et ils acceptent immédiatement. En chemin, nous devisons joyeusement. Ces deux là ne sont pas avares de blagues et pitreries, et le crachin qui redémarre ne nous calme pas dans nos délires et éclats de rire.

 

Nous retrouvons Pierre et je fais la connaissance de sa compagne Camille. Mes deux jeunes, ne semblent pas enthousiastes à l'idée de se retrouver autour d'un pot avec les anciens, même s'ils font preuve d'une grande retenue. Ils sont bien ces p'tits gars ! Lorsque je leur propose d'aller déambuler dans le paddock, ils adhérent avec soulagement. Malheureusement, entre l'heure avancée et l'humidité ambiante, ils ne vivront pas de faits marquants, tels la rencontre de pilotes ou l'auscultation rapprochée des bêtes de courses. Plus tard, ils me signalent par téléphone qu'ils retournent au camp alors que je devise plaisamment avec une bande de joyeux lurons, bien à l'abri sous un barnum.

 

Le dimanche matin est pénible.

Au réveil, Pascal baigne dans l'eau qui a vaincu la toile. Outre l'inconfort des vêtements mouillés, il constate les dégâts sur son appareil photo. Ils se révèleront irrémédiables …

Dans la matinée, Christian doit nous abandonner précipitamment suite à un problème familial.


 

Par contre, le spectacle sur la piste est dantesque avec des évolutions importantes des conditions d'adhérence. A titre d'exemple, ces quatre (piètres) photos démontrent les "cascades" qui s'imposent aux pilotes trop impétueux, ou malchanceux :

A gauche, un pilote est dans une situation scabreuse, à l'équerre ...

A gauche, un pilote est dans une situation scabreuse, à l'équerre ...

Le pilote et la moto, au sol, glissent sur la droite et la course continue, les drapeaux jaunes ne sont pas encore sortis …

Le pilote et la moto, au sol, glissent sur la droite et la course continue, les drapeaux jaunes ne sont pas encore sortis …

Le pilote a traversé toute la chicane du Nurburgring et se relève sur la gauche de la piste ...

Le pilote a traversé toute la chicane du Nurburgring et se relève sur la gauche de la piste ...

Pour récupérer sa moto, partie beaucoup plus loin sur la droite de la piste, … et personne n'a rien touché ! ! !

Pour récupérer sa moto, partie beaucoup plus loin sur la droite de la piste, … et personne n'a rien touché ! ! !

En Stock 1000 les Français annoncent les trois couleurs. Jérémy Guarnoni remporte sa première course dans la catégorie alors que Sylvain Barrier se voit attribué la coupe du monde.

 

En première manche de SBK, toutes les hypothèses sont relancées avec la chute et l'abandon du leader, Max Biaggi. Il cherche à contrôler Sykes, son rival le plus proche en point, mais part à la faute au troisième tour dans Adélaïde. Par contre, notre Drômois, Sylvain Guintolli monte sur la plus haute marche du podium suivi de Melandri et Sykes.

 

Jules Cluzel met tout le monde d'accord en SSP en s'emparant de la victoire.

La Marseillaise tourne en boucle aujourd'hui sur Magny-Cours …

 

Inutile d'insister sur les états diamétralement opposés de nos composantes féminines. Zézé est euphorique alors que Marvine attend avec anxiété la seconde manche du Superbike qui va déterminer le champion du monde …

 

Des photos de Pascal pendant les essais
(pour les courses,il n'avait plus d'appareil !)

 

Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
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Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
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Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012
Finale Championnat du Monde Supersport – Superbike 2012

Ce magnifique final est conclu par un podium sur lequel monte à nouveau Sylvain Guintoli. Il termine en fanfare une saison éprouvante.

 

Il est temps pour nous de charger les motos, saluer les sudistes et partir vers notre dernière pause café chez les copains de la FFMC 18 à Bourges.

 

C'est ensuite l'éclatement.

  • Pascal et ses fils vers la Bretagne ;

  • Fred et Marvine, rassurée pour son Italien préféré, vers La Rochelle ,

  • et moi vers la limite du Limousin et de l'Auvergne.

 

Pour l'avant dernière sortie de 2012 (avant les fameuses Millevaches), nous avons été servi par un spectacle intense !

 

 

Et ma rétrospective 2012 est enfin terminée ...

 

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 17:35

 

En ce dernier jour de septembre 2012, je me lance dans la dernière étape de mon retour de Bretagne après ce fabuleux week-end en Gâtine concocté par Dom et consort.

 

Cela fait un drôle d'effet de repartir seul sur la route après tant de kilomètres passés en groupes plus ou moins importants. Ce n'est pas que je sois vraiment angoissé par cette solitude car c'est tout de même le cas le plus fréquent de mes déplacements, surtout l'hiver ... mais je me suis laissé aller ces derniers jours à me laisser guider, à musarder derrière un ouvreur !

 

Point positif, l'environnement est parfait. Légère fraicheur sous un généreux soleil, les brumes matinales sont estompées, les routes sont sèches et le bonhomme est reposé et d'humeur joyeuse. Un bon cocktail pour une parfaite journée.

 

De Vernoux en Gâtine, je déroule gentiment la D949 en direction de Parthenay.

 

A l'entrée de cette ville, j'arrive à un grand rond point derrière 3 voitures et je reste, exceptionnellement, sagement derrière. Pendant que les deux premiers véhicules passent rapidement, un groupe de motards arrive de la route opposée et s'engage dans le rond point.

Comme le véhicule qui me précède a hésité, les deux premières motos, des Harley Davidson, passent devant nous, deux autres suivant avec un espacement légèrement plus important. Tiens, les bikers sont de sortie ce matin me dis-je intérieurement mais, instantanément je reconnais deux acolytes de ce week-end, "The Mask" et Philippe. Pendant que mon regard se porte vers les suivants, la voiture qui me précède décide de démarrer … presque sous les roues des deux motos qui arrivent à allure mesurée.

 

Je commence à enrager sous le casque. Si un poids lourd se présentait à la place des deux motos, cette jeune femme aurait sûrement attendu … Ça fait plus mal un camion ! ! !

 

L'énervement grandit encore lorsque je découvre que c'est notre "petite Clarisse" qui se trouve ainsi surprise par cette manœuvre agressive. Bien que très jeune permis, elle réagit bien, très bien même. Elle freine suffisamment pour éviter un choc, mais sans se déstabiliser ni provoquer une surprise derrière elle par un réflexe trop brutal. Nicolas, son compagnon, qui la suit marque un mouvement d'humeur !

 

Le rapide instant de frayeur est passé, mais l'indignation est bien présente. En cas de carton, j'imagine les manchettes de journaux "Encore un accident de moto" … ou pire ! ! ! Mais où était la faute ? Des motos qui roulaient trop calmement ?

 

Les deux premières motos se sont engagées sur la route de Poitiers, suivies de cette voiture et du second peloton de maintenant trois motos car j'emprunte aussi cette route et je me retrouve à la suite des "d'jeuns". Je me prépare à doubler, mais je dois attendre quelques centaines de mètres. La voiture bouchonne en serrant bien sa gauche et Clarisse reste sagement derrière. De plus, je veux pouvoir dépasser avec suffisamment de marge pour ne pas inquiéter notre novice par une manœuvre trop osée …

 

Rapidement une longue portion rectiligne et libre se présente. Les deux jeunes ne marquant pas l'intention de doubler, j'entame une remontée musclée en longeant la bordure gauche pour libérer la place en vue d'un éventuel dépassement des autres motos. A la hauteur de la voiture, je ralentis et, à l'aide de gestes qui me semblent fort explicites, j'invective la conductrice … que je dérange dans sa discussion et qui paraît étonnée, sinon courroucée. Elle n'a probablement rien compris à ce qui vient d'être évité ! ! !

 

Je passe devant et lui intime de serrer sa droite. Je crois qu'elle sort de sa léthargie car elle obtempère immédiatement en réduisant légèrement sa vitesse … ce qui facilite un dépassement bien sécurisé pour Clarisse et Nicolas auxquels je fait signe de me passer devant pour rejoindre les Harley. Petit salut en passant et je devine une mine hilare sous le casque de Nicolas. Ceci sera confirmé par un message quelques jours plus tard, du genre : "j'ai bien aimé la petite remonté suivie de l'intervention qui porte immédiatement ses fruits….".

 

Quelques minutes après, en rejoignant le groupe reconstitué, mon esprit divague. Mais par où sont-ils passés, il sont pourtant partis bien avant moi ? Mais en fait, vu leur provenance, ils sont probablement aller faire le plein au Leclerc situé juste après ce fameux rond-point.

 

Je roule quelques temps derrière, mais les bikers, voulant probablement donner un exemple moralement irréprochable aux jeunes, respectent parfaitement les limitations de vitesse. A moins qu'ils ne soient encore fatigués de leurs élucubrations de la veille ? Ce train de sénateur me pèse. Je ne suis pas d'ici et j'ai encore quelques centaines de bornes à faire ! Fort de cette fallacieuse excuse je dépasse, gentiment, mes quatre compagnons au profit d'un portion de route à deux fois deux voies. Je les salue furtivement en auscultant les bosquets à la recherche d'un éventuel point de visée vengeur, bien que je sache, par expérience, que sur cette route les bleus maraudeurs sont souvent bien camouflés. En fait, je ne roule pas beaucoup plus vite et l'écart ne grandit pas rapidement.

 

Quelques kilomètres plus loin, j'aperçois dans le rétroviseur les motos qui obliquent à gauche vers Châtellerault. Je poursuis seul mon périple.

 

Le contournement de Poitiers est serein, mais il ne faut pas oublier les jolies colonnes sombres qui nous surveillent dans le bas d'une descente où, comme par hasard, la vitesse passe de 110 km/h à 90 km/h pour quelques centaines de mètres …

 

C'est deux ou trois kilomètres plus loin que je vis une de mes plus belle surprise en moto. Cet épisode vous a déjà été conté précédemment, à chaud (cf. Vigilence, Expérience et Chance ). Ce texte est aussi lisible dans Moto Journal N° 2020 sous le titre "La chaleur de la semaine" !

 

La portion Poitiers-Limoges est toujours aussi navrante. De longues et tristes lignes droites qui occasionnent un certain relâchement de l'attention. Le seul moyen que j'ai trouvé pour pallier cette baisse d'acuité c'est de jouer à saute mouton avec les chicanes mobiles que sont les voitures et camions. Mais en ce dimanche après midi, peu de camions et il faut être encore plus vigilant avec les voitures. Nombre de conducteurs sont en promenade, donc moins concentrés, ou pire, peu habitués à rouler.

 

Je passe enfin Limoges et m'arrête, probablement pour la dernière fois de ce périple, faire mon plein à Feytiat. Quelques pas pour se dégourdir et se motiver pour ce dernier tronçon de 130 kilomètres où l'attention ne doit pas faiblir. Les vingt premiers à surveiller les éventuels radars souvent présents et les 110 suivants … pour enchainer hardiment les successions ininterrompues de virages, le dernier plaisir du week-end.

 

Au bout de quelques kilomètres, premiers appels de phare. Mon pressentiment se confirme. Encore deux ou trois voitures avec des signaux lumineux particulièrement insistants. Étonnant ! Après cette bosse qui se profile, un petit bout droit en descente avec un renfoncement dans le bas où j'ai déjà vu plusieurs fois les gendarmes. Je vérifie ma vitesse. Parfaite. Je passe le sommet pour me retrouver face à un amalgame de plusieurs véhicules arrêtés en tous sens ou au pas. Je saute sur les freins car ce doit-être un accident, bien que je n'aperçoive aucune voiture abimée ou dans une position bizarre.

 

En me rapprochant, je découvre qu'il ne s'agit que d'un brave homme qui déambule au milieu de la chaussée. Mais que se passe-t-il ?

Il tente tout simplement, mais vainement, d'attraper un chien de chasse apeuré, visiblement errant qui divague sur la chaussée, affolé.

Si cela peut provenir d'un bon sentiment, est-il conscient de la somme de risques pris par lui même et par les autres usagers ?

 

Enfin, si j'en crois l'adage "jamais deux sans trois", je devrais être tranquille maintenant …

Mais je suis largement échaudé et mon attention se porte en permanence à la recherche d'un éventuel grand animal en balade … ou de petits bonshommes bleus en maraude !

 

Ceci ne m'empêche pas de profiter de cette route si agréable, tant au niveau des paysages que de l'agrément de conduite (certains diraient pilotage ici, n'est-pas Blanco ? Cf. Millevaches, 40 ans après).

 

Et l'adage se confirme, j'arrive à bon port, sans alertes nouvelles ...

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:00

Nous sommes donc arrivés sur un parking légèrement excentré du centre du village de La Baissière en Gâtine, et Dom nous annonce que nous sommes sur le lieu de la surprise, une course de Solex. En effet le son strident des petits moteurs deux temps nous parvient sans difficulté.

 

Après quelques pas, nous arrivons au pied de l'église et directement dans l'arène. La rue est complètement bordée de bottes de paille et des Solex et Mob tournent au sein de ce parcours. Sur la droite, une aire de ravitaillement et le Paddock. Ambiance saugrenue, entre l'esprit du Continental Circus et une joyeuse fête des 50 cc. Mais où sommes nous tombés ?

"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)

Il s'agit en fait de la dernière course de la saison du championnat TGO (Trophée endurance Grand Ouest) de 50cm3 , très orientée Solex. Si cette manifestation dure 12 heures, les autres se disputent en 4 heures, 6 heures ou 24 heures. Genou à terre type GP ou pied sorti façon SM (Super-Motard et non pas Sado-Maso !), l'attaque est omniprésente. D'ailleurs, les Solex les plus rapides sont contrôlés à plus de 110 km/h et les Mob à plus de 130 km/h ! ! !

 

L'aspect bon enfant n'est qu'apparent. L'impression "Grand Prix des années 50/70" est engendré par ce circuit parcourant la ville. Mais la sécurité nous paraît bien meilleure qu'à l'époque par des protections optimisées. D'ailleurs, il y a 40 ans, quelques jours après la tragédie de Monza (disparition de Jarno Saarinen et Renzo Pasolini dans la Curva Grande), Eric Offenstat se faisait le porte parole des pilotes à Charade pour réclamer un accroissement significatif des bottes de paille. Avec Christian Bourgeois et tous les autres, ils n'en auraient pas espéré tant ! (Éric dit Pépé est toujours très actif, notamment avec l'actuel projet du prototype GECO qui prend une forme certaine).

 

Cette ambiance d'un parcours alternant ville et campagne me fait aussi penser au Tourist Trophy de l'ile de Man. D'ailleurs je baptise cette course : Gâtine's TT !

 

Les Solex en présence restent des vélos équipés d'un moteur de 49,9 cm3 sur la roue avant. Le mouvement est transmis par un galet sur le pneu.

En course, il est accepté des solex de type 1700, 2200, 3300, 3800, 5000. Les Flash et Ténor sont refusés.

Néanmoins des aménagements sont possibles (y compris le refroidissement liquide) en fonction des critères particuliers à 5 catégories bien définies:


 


 

  • Origine :

  • Machine entièrement d’origine.

  • Origine améliorée :

  • Carburateur de 11 mm maxi (6,5mm pour l’origine)

  • Allumage libre

  • Pipe d’échappement diamètre 20 mm maxi.

  • Promotion :

  • Carter usiné dans la masse

  • Carburateur de 12 mm maxi

  • Allumage libre

  • Pipe d’échappement, diamètre 18 mm

  • Prototype :

  • Carter usiné dans la masse

  • Cylindre origine Solex

  • Carburateur libre

  • Allumage libre

  • Échappement libre avec silencieux.

  • Super prototype :

  • Carter usiné dans la masse

  • Cylindre libre

  • Carburateur libre

  • Allumage libre

  • Échappement libre avec silencieux.

 

Ainsi, certains deviennent difficilement reconnaissables. Radiateurs, culasse à ailettes, tête de fourche, réservoir en sabot pour abaisser un centre de gravité démesurément haut, … autant d'éléments qui dénaturent l'image initiale de ce bon vieux Solex.

 

Les essais qualificatifs ont eu lieu en fin de matinée afin de déterminer l'ordre de départ qui intervient à 12H00, sous le type "Le Mans" (machines alignées d'un côté de la piste, pilotes de l'autre côté, et sprint aux ordres du starter).

Tout est parfaitement codifié dans cet univers paraissant assez désuet au regard de l'environnement actuel des compétitions moto, et l'aspect sécurité est palpable à tous les niveaux, par exemple :
 

  • Si les spectateurs peuvent traverser la "piste", c'est sous le contrôle d'un commissaire attentif qui régule ces transferts.

  • Les engins déambulant dans le Paddock (ravitaillement, changement de pneu, particulièrement l'avant dévoré par le galet, mécanique, changement de pilote, etc …) doivent avoir le moteur coupé.

  • Chaque stand doit-être équipé d'extincteur et les mises au point moteur ne se réalisent que sur béquille.

 

Les jeunes (et moins jeunes) pilotes sont à l'attaque permanente, sauf en cas de panne d'essence ou d'incident mécanique. Ils poussent alors leurs machines, heureusement légères, pour rejoindre leurs stands alors que leurs congénères continuent leurs rotations.

 

Nous avons d'autres obligations et ne pouvons malheureusement pas nous attarder trop longtemps. Pourtant ce spectacle est prenant et doit prendre une autre dimension à l'arrivée de la nuit. Voici donc un nouvel objectif de balade et de découverte pour l'avenir, d'autant qu'il existe des courses similaires dans toutes les régions.

 

Merci encore à Dominique et Olivier de nous avoir fait découvrir cet environnement particulier de la compétition "à la bonne franquette" du deux roues motorisé.

 

Quelques dizaines de photos
pour se plonger dans l'ambiance :

"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
"Balade à Dom" – Le Gâtine's TT ! (2/3)
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 00:57

Fin septembre 2012.

 

Après l'épopée des 24 Heures du Mans, je me suis rendu en Bretagne pour quelques contacts professionnels. Pour mon retour vers la Corrèze, Pascal m'a concocté un voyage à étapes où il va pouvoir m'accompagner ...

 

L'objectif est de participer à "La Balade à Dom.", une rencontre particulièrement conviviale en pays de Gâtine, dans les Deux Chèvres (dixit Sylvain !) (79), ce qui m'offre une halte sympathique à mi chemin sans faire un détour important. Nous voilà donc partis, le dernier vendredi de septembre, le FJ attelé du Comanche m'ouvrant largement la route pour un premier rendez-vous en région Nantaise. Christian nous attend de pied ferme, la Triumph rutilante prête au départ. Son épouse, Christiane nous sert le café et nous repartons. Cette fois le side est intercalé entre les deux solos, la trois pattes anglaise des "Cri-Cri" en tête. Seul le passage de Cholet est épique. Le side est englué dans le magma d'automobiles et nous avons néanmoins la patience de rester avec lui ! ! !

 

Au gîte "La Raymondière" (chaudement recommandé), les organisateurs, Dominique et Olivier sont déjà à la manœuvre, leurs charmantes épouses, Lysiane et Christine ne dédaignant pas mettre la main à la pâte, bien au contraire. Ils refusent notre aide et nous en profitons pour nous rafraîchir le gosier et dresser nos tentes entre potager et arbres fruitiers. Nous prenons d'ailleurs la précaution de ne pas positionner nos toiles sous les pommiers qui ne manqueraient pas de nous assaillir par la chute des fruits vu ce qu'il y a déjà au sol. Éric, dit "la fouine" nous rejoint en fin d'après midi et complète ainsi une petite partie du groupe des Millevaches de l'année dernière (cf. Millevaches 2010 – La confirmation ! ).

 

La soirée en petit comité est fort sympathique. Chahuts à rebondissement (la pauvre Lysiane se retrouve pendant un moment une "tête de turc" rêvée par sa réactivité), succession d'histoires drôles, rappels de situation passées, délirantes ou ubuesques, bref de quoi chasser toute velléité de tristesse ou d'ennui !

"Balade à Dom." - La concentre. (1/3)"Balade à Dom." - La concentre. (1/3)

Au lever du jour, nos fidèles destriers sont encore au repos, mais prêts à nous propulser vers d'autres aventures … pendant que certains dorment encore sous les tentes ! ! !

 

Le samedi matin comme d'habitude, je suis le premier debout. J'en profite pour sortir le PC du top case et avancer quelques menus travaux en attendant le lever de la petite troupe. Le petit déjeuner démarre sur les chapeaux de roues, au détriment de ceux qui ont besoin d'un peu plus de temps au réveil (au hasard, Christian qui se plaint souvent de ma propension à décoller instantanément le matin !).

 

Ensuite, les motos arrivent, seules ou en groupes et chacun commence à faire connaissance autour du café. Pascal et moi héritons de passagères, Sophie et Babeth, sans motos mais désirant partager ces moments. Puis le départ s'organise, le convoi s'ébroue et c'est parti pour une une super balade au cœur de cette région mainte fois traversée, mais inconnue dans ces détails. Et un groupe d'environ 70 motos demande une allure modérée. Nous avons le temps de profiter des paysages.

 

Le café avant le départ. Détendu. Enfin pas pour tous !

"Balade à Dom." - La concentre. (1/3)
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Dès le redémarrage, Pascal se lance dans des figures de style inquiétantes … pour un néophyte ! Il offre à sa passagère, Sophie, un tour de manège facétieux et remuant en soulevant le panier dans chaque virage. Il finit par le lever tellement haut que le pot de l'autre côté racle le bitume … Pendant ce temps là, Babeth et moi rigolons franchement en évaluant l'état de Sophie à l'arrivée. En fait, elle a apprécié ces vues dominantes !

 

Après quelques magnifiques enchainements de courbes, nous suivons des panneaux indiquant "Solex", perdus au milieu de la calme campagne ? ? ? Une micro-route, limite chemin se termine sur un parking de La Boissière en Gâtine où nous stoppons nos machines. Dès que nos moteurs sont arrêtés, nous parvient la rumeur bourdonnante des "abeilles". C'est ainsi que je surnomme les 50 cc deux temps préparés et dont les pots émettent un son aigu et omniprésent. Mais ceci est une autre histoire que je vous conterai très prochainement …

 

En fin d'après midi, nous arrivons au gîte
pour un apéritif déluré :

 

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Et la soirée se poursuit avec un excellent repas
en préambule :

 


 
 

Au cours de la soirée, nous nous retrouvons fréquemment par petits groupes au cours des sempiternelles pauses cigarettes. A chaque fois, des discussions, parfois endiablées s'établissent. Ceci est particulièrement vrai avec Nicolas, le "Black-barbu" et Clarisse, sa compagne étrennant son tout nouveau permis. C'est leur première concentration et ils exultent face à l'ambiance en général, mais aussi de pouvoir échanger avec de vieux briscards. Ils découvrent notre monde et prennent plaisir à profiter du partage de nos expériences … et âneries. De sains et forts moments !

 

Le lendemain matin, je suis encore le premier levé. Fort de mon expérience acquise la veille, je concocte rapidement un diaporama des photos de la veille sur le PC et effectue la mise en place du petit déjeuner. Lorsque Dom, en organisateur émérite, parvient difficilement à se tirer du lit pour répondre à ses obligations, il trouve son café chaud, son pain grillé et tous les accessoires disponibles sur les tables. Ses traits fatigués se détendent légèrement et il m'annonce : "vu comme ça, tu pourras revenir l'année prochaine …". J'en suis fort aise ! ! !

"Balade à Dom." - La concentre. (1/3)

Le réveil n'est pas toujours facile ...

 

Ensuite, les départs s'enchainent pendant que nous donnons un coup de main au rangement et au ménage, mais arrive le moment où il faut bien se mettre en route. Difficile de quitter cet endroit qui a abrité de si bons instants avec des personnes appréciées. Merci encore à vous les quatre efficaces G. O.

 

Heureusement, le temps est superbe. Luminosité parfaite, température modérée, un environnement idyllique pour un retour qui va s'avérer riche d'expérience et de rebondissements … à découvrir très prochainement …

 

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 14:33

Après le récit du Bol d'Or 2013, revenons quelques mois en arrière, pour la finale du championnat du monde d'endurance 2012.

 

Début septembre , un rendez-vous professionnel se dessine pour la semaine à venir dans la région de Blois, et je vais profiter de ce déplacement dans le nord pour renouer quelques contacts en région parisienne et en Bretagne. Mon pote Serge de Metz, informé de cela, me propose d'en profiter pour l'accompagner aux 24 heures du Mans ce que je décline. Mais le chœur des copains (Pascal, William, Fred, Jo, …) se joint au soliste et mes réserves m'abandonnent. Toujours aussi influençable je finis par accepter l'offre du Messin et m'organise dans ce sens.

 

La moto est lourdement chargée (cumul des tenues et matériels professionnels et ludiques pour 2 à 3 semaines), le temps est superbe, mais je redoute ce départ.

En effet, hormis le rapide intermède de cet été (cf. Merci à tous ), cela fait 5 mois que je n'ai pas touché à ma fidèle Diversion qui ronronne pourtant parfaitement. Comme je risque d'avoir à m'arrêter plus souvent, je me prévois la journée. Mais comme je dois être un peu masochiste, je délaisse le trajet rapide par l'A20 pour privilégier les départementales. Bon, même si je risque d'endurer au niveau de l'arrière train, entre autre, je suppute tout de même quelques plaisirs, au moins pour les yeux ! ! !

 

Étonnamment, je me sens très vite à l'aise et entre rapidement dans une cadence régulière et soutenue. Le nord de la Corrèze fournit le rodage et la Creuse déroule ses courbes à mon plus grand contentement, d'autant que le soleil réchauffe rapidement l'atmosphère, fraiche au départ. Peu après Felletin, appels de phares alors que j'allais doubler une voiture en sous régime. Je reste derrière car nous allons arriver sur un zone 50 propice à des contrôles. De fait, 2 gendarmes font des exercices de visée, bien installés dans un abri-bus. Nous passons devant à 30 km/h, l'usager devant étant très prudent ! A leur niveau, je leur montre mon "bouchonneur" et les apostrophe en leur disant qu'ils lui font trop peur. Ils éclatent de rire …

 

En fait, je n'éprouve pas le besoin de m'arrêter. Je suis fréquemment debout dans les traversées de villages afin de soulager mon séant et enroule rondement d'une courbe à l'autre. Trop prestement d'ailleurs car par deux fois des épingles, heureusement assez larges, me surprennent et m'obligent à pencher plus que de raison avec ce chargement. Enfin, ça finit de réchauffer ces alertes ! ! !

 

Ma première pause est liée à l'environnement. Près de Crozant, la vallée de la Sédelle m'offre un endroit de rêve pour mon pique nique. Je n'ai pas particulièrement faim, mais l'après midi est déjà bien entamée et le site est charmeur.

En route vers Le Mans (2012).

Le calme de la rivière, l'exubérance de la végétation, un écrin pour mon frugal sandwich,
mais aussi et surtout pour les peintres de l'école de Crozant !

 

Un peu plus loin, à l'entrée d'un village, j'éclate de rire à la vue du panneau. Je n'ai pas envie de faire demi tour, mais je scrute la sortie pour vérifier si le même est présent dans l'autre sens. Affirmatif. Pause photo.

En route vers Le Mans (2012).

Si nous l'avions oubliée, ici la sanction est clairement rappelée ...

 

Une heure plus tard, et proche du but, je fais ma troisième pause pour immortaliser un château que je n'ai plus vu depuis de nombreuses années, Valençay.

En route vers Le Mans (2012).
En route vers Le Mans (2012).En route vers Le Mans (2012).

Surplombant la route qui plonge dans la vallée, le château émerge des feuillages ...

... En montant vers la ville, seul le dôme surgit des frondaisons,
à l'assaut d'un ciel magnifique ...

... Après avoir traversé la ville, je découvre l'entrée du monument.

 

 

Les retrouvailles avec Serge sont chaleureuses, mais je repars rapidement. Mon rendez- vous est reporté à la semaine prochaine et je file en région parisienne où j'ai pu avancer d'autres contacts. Ainsi je retrouve Serge le jeudi soir et nous organisons rapidement notre départ qui se trouve avancé du fait de ces changements Nous allons profiter ainsi d'un week-end à rallonge qui se présente sous les meilleurs auspices puisque la météo nous prévoit un temps exceptionnel.

 

Le lendemain matin, réveil de bonne heure pour terminer le chargement, mais nous sommes retenus par une vision fantasmagorique :

En route vers Le Mans (2012).

Heureusement, cela ne dure pas longtemps et nous partons à l'assaut du Mans …

 

(à suivre) ...

 

 

 

 

 

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 16:26

Mercredi matin, la grosse question existentielle du motard au long cours en ces saisons intermédiaires ; "avec ou sans doublures thermiques sous la veste et le pantalon ?"

 

En effet, je suis invité au Bol d'Or et j'optimise mes kilomètres pour inclure quelques rendez-vous dans ce déplacement. Je pars donc pour 5 jours et relativement chargé même si Pascal m'assure la tente.

 

Un dernier regard aux prévisions météo oriente la réponse. Le week-end s'annonce ensoleillé bien qu'avec des nuits froides. Comme, à priori, je n'aurais pas à rouler tôt le matin ou tard le soir, je démonte ces fameuses doublures. Ça sent déjà l'été, mais l'expérience laisse planer tout de même un doute et je cale dans une valise des sous-vêtement chauds. On ne sait jamais …

 

Départ sous un soleil voilé par les brumes d'altitude matinales. Le fond de l'air est frais, mais largement acceptable et je me tiens chaud à balancer la moto dans ces interminables enchainements de courbes de la Corrèze et de la Creuse. Le soleil évacue l'humidité résiduelle, monte au zénith et devient franchement chaud. Agréable sur la route avec le vent relatif qui tempère, mais opprimant lorsque le rythme faiblit ou stoppe dans les traversées d'agglomérations.

 

Me voici arrivé à ma première étape après cinq bonnes heures de selle, souvent sur de charmantes petites routes et avec une pause pique nique bucolique en pleine nature.

 

Vendredi matin. Notre sempiternel rendez-vous au "Relais Calmos"de Bourges est confirmé entre 12H00 et 13H00. J'ai un peu moins de 200 km à parcourir et je peux donc musarder. Le soleil est bien présent, même si nous risquons quelques averses en fin de journée. Une longue pause café pendant laquelle je discute avec le chef cuisinier. Il roule en Varadero, nous avons à peu près le même âge et nous échangeons sur nos expériences.

 

J'arrive le premier à Bourges, peu avant midi et commence à chahuter avec les copains de la FFMC 18 qui finissent leurs préparatifs en vue d'accueillir les motards sous les meilleurs auspices. Et pour ça, nous pouvons leur faire confiance, ils sont forts, très forts … Beaucoup semblent déçus de me voir seul. J'en viens même à me demander s'ils ne me reçoivent exclusivement lorsque je suis avec mon neveu Maxime. Il est vrai qu'il est devenu une sorte de mascotte depuis qu'il a épluché les oignons (cf. Bol d'Or 2011). Mais il est coincé par une entorse du genou (enfin, dixit son Père car je n'ai pas beaucoup de nouvelles en direct ces derniers temps ! ! !). Néanmoins, je livre quelques informations, particulièrement la probable perspective qu'il puisse démarrer un C. A. P. de cuisine l'année prochaine. Comme moi, tous souhaitent que cela fonctionne et qu'il puisse continuer à trouver sa place parmi nous malgré ses contraintes !

Mon Bol d'Or 2013

Une partie de l'équipe de choc de la FFMC 18 qui nous réserve
un accueil aussi chaleureux qu'efficace ! ! !

 

Fred, qui arrive de la région de La Rochelle sur son ZX12R, me rejoint rapidement. Nous commençons à avoir sérieusement faim lorsque les Bretons arrivent. D'abord Pascal avec son Comanche, ensuite William qui a aussi opté pour le FJ attelé au Comanche à la place du Comète, et à ma grande surprise, quelques secondes plus tard, Dédé et son magnifique Gex 1100. Il m'avait pourtant affirmé, la semaine dernière, ne pas venir … Mais il a du se laisser séduire par les deux sidecaristes … ou trouver qu'avec un peu plus de monde, ma présence devenait plus acceptable !

Lorsque je m'étonne de sa présence et lui annonce que je suis vexé, nous explosons de rire. Ça commence fort.

 

Le repas, toujours aussi bon et imbattable en rapport qualité/prix, est vite expédié (entrée + grillade – excellente andouillette aux oignons et vin blanc pour moi- + fromage + fruit + boisson + café pour 5,50 € !). Sur un dernier salut, les deux sides et les deux solos repartent vers Magny-Cours après une halte au supermarché local où nous chargeons de quoi sustenter machines et bonshommes.

En face, les appels de phares se multiplient. Cela ne nous inquiète pas car nous sommes particulièrement réservés sur ce tronçon, mais nous restons notamment attentifs … et ne découvrons aucun piège. Étaient-ce des saluts, des jeux, ou des contrôles de vitesse particulièrement bien camouflés ? ? ?

 

Par contre, au dernier rond-point avant le circuit, notre brave Dédé, avec sa mine de repris de justesse (dixit Couche), gagne le droit à être le seul d'entre nous à se faire arrêter. Pas vraiment inquiet, nous lui confirmons les points de rendez-vous et dégageons le rond-point. Funeste erreur. Le jeune stagiaire fini par trouver une plaque non conforme. Pas une micro-plaque, non, juste l'absence du marquage de la normalisation. Mais il menace de retenir le véhicule !

Calme et olympien, ce bon Dédé réussit à amadouer le jeune et bleu (dans tous les sens du terme) seigneur qui, dans sa grande mansuétude, consent humblement à ne pratiquer que le rétention de la carte grise, en attente d'un changement de plaque IMMEDIAT ! ! !

Et voilà notre délinquant notoire filer à Nevers, courir les garages et concessions afin de dénicher celui qui fait encore les anciennes immatriculations … La plaque enfin réalisée (la seconde car la première se révèle fausse par une inversion de chiffre !), il peut revenir à Magny-Cours, présenter son véhicule et récupérer sa carte grise grâce à sa chère, très chère, plaque toute neuve.

 

Un peu agacé, notre bandit acquiert tout de même un once de fierté. Il vient de gagner son tout premier P.V. … Un record pour ce type de gredin aux tempes grisonnantes et deux fois Grand-Père ! ! !

Avec une telle perspicacité et un tel discernement, nos pandores sont certains de limiter à l'extrême leurs risques … et nous n'avons pas fini d'entendre les médias, presque chaque jour, nous faire part des méfaits les plus graves, réalisés par de multi-récidivistes ! ! !

Précisons tout de même qu'un gendarme informé de ces faits, et voyant l'objet du délit, émet des considérations peu cordiales face à cet excès de zèle ! ! !

 

A l'arrivée sur le circuit, je vais chercher mon "Pass" pendant que mes compères vont se munir de billets. Fred me communique par téléphone l'emplacement où ils s'installent alors que je suis en pleine discussion. Lorsque je les rejoins, ils ont œuvré avec célérité et mes appartements sont prêts. Merci encore à vous messeigneurs !

 

Il ne nous reste plus qu'à attendre notre pauvre Dédé que nous ne manquons pas de charrier, même si nous sommes indignés. Surtout nous qui collectionnons quelques envois de Rennes …

 

Petite balade sur le circuit et longue pause dans le village. Moto Revue y a installé une magnifique rétrospective du Bol d'Or en présentant quelques machines mythiques sur fond d'affiches et photos. Un régal d'autant plus apprécié que le secteur est encore calme.

 

La rétrospective offerte par Moto Revue
Les anciennes (et les anciens) à l'honneur.

 


 

De retour au camp, nous nous lançons dans de tels chahuts et discussions, autant entre nous qu'avec les voisins que nous ne voyons pas l'heure tourner et nous loupons ainsi la présentation des teams dans la voie des stands. Dommage. Face à un désespoir, très relatif vu l'ambiance, nous attaquons l'apéritif pendant un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, avant de mettre en route les grillades. Pascal nous sort son arme secrète, quatre sardines savamment pliées, sous les quolibets de ses petits camarades ! ! ! Mais ces railleries s'éteignent rapidement. Judicieusement plantés, ces petits piquets s'avèrent un parfait support de grille, à hauteur réglable, et prenant très peu de place … Belle et pratique réalisation !

 

Sous le vent glacial, la soirée ne s'éternise pas. Fred, fidèle à ses habitudes, pique du nez dans l'assiette et lance le bal du coucher. A l'abri du vent, la température est nettement plus acceptable et nous passons une nuit d'autant meilleure que le bruit environnant est légèrement moins marqué que d'habitude.

 

Bon, les concerts de rupteurs sont toujours bien présents, mais bien qu'infiniment exécrés, nous en avons pris l'habitude. Comme nous avons aussi pris l'habitude des tristes représailles des moteurs torturés qui engendrent les mines déconfites de leurs propriétaires et qui offrent le désolant spectacle de gars en pleurs, quand, sortant des limbes de l'alcool ou autres euphorisants, ils constatent des dégâts extrêmes (moteur pissant l'huile, refusant de repartir ou littéralement explosé). Bien triste, mais encore plus triste, la pensée vers celui qui achètera l'une de ces machine ayant réchappé de ces outrages en voyant l'annonce idyllique "Machine ayant peu roulé, en parfait état …" ! ! ! Parfois à peine rôdée, mais de quelle manière ...

 

La matinée est consacrée au circuit et au village avant un retour au campement pour déjeuner. Puis nous repartons assister au départ. Fred et Pascal se rendent sur la ligne droite des stands alors que Dédé, William et moi nous installons dans l'enchaînement rapide de Imola afin d'obtenir aussi une relative protection du vent froid qui nous pénètre sans vergogne.

 

Les prévisions de course se réalisent : les quatre leaders sont aux commandes avec un léger avantage pour la Suzuki N° 1 et la Kawasaki N° 11 qui se détachent très légèrement des BMW 99 et Yamaha 94 suivies du pack des outsiders. En quelques tours, le long serpent de machines s'allonge puis s'effiloche avant que la Kawasaki, qui a pris le commandement, prenne un premier tour aux derniers … Cela doit être dur de prendre ce premier tour de retard alors qu'il reste 23H45 de course ! ! !

 

Les évènements sur la piste ronronnant tranquillement, nous nous retrouvons tous au village où Pascal s'empresse d'acquérir … un bonnet … aux couleurs Kawa, bien sûr. C'est ensuite une pause épique sur un stand de "bras de fer". William et Fred combattent, ou plutôt essayent entre deux fous rires. Nos âneries mettent de l'animation et la foule s'agglutine pour assister à nos délires. Les tenanciers du lieux donnent des conseils, puis décident de les appliquer. Au grand désespoir de chacun, la résistance est vaine devant ces spécialistes. D'abord vexé, enfin plus par jeu, William redresse la tête lorsqu'il apprend qu'il vient de se faire platement battre par … le champion du monde. L'honneur est sauf !

Mon Bol d'Or 2013

Le plus fort sera peut-être celui qui rigolera le moins …

 

Dédé doit se rendre dans le paddock pour assister à un ravitaillement. Il propose à l'un de nous de l'accompagner. Fred profite de l'occasion mais revient aussitôt. Il n'a pas son billet sur lui et ne peut donc pas accéder au saint des saints. Je prends donc sa place. Nous sommes superbement reçus par Laurent de Superbike 56, concessionnaire moto de Ploeren, dans la banlieue se Vannes (56). Il nous emmène dans le stand de la Suzuki 211 du team Dunlop Motor Events auquel il participe. Encore une superbe occasion de vivre différemment, de l'intérieur, un des aspect de la course. La tension qui monte, les derniers préparatifs des mécanos, l'arrivée du prochain pilote qui ausculte l'écran des temps et positions des différents équipages, pratique quelques exercices d'assouplissements, s'entretient avec le manager et s'efface dans la discrétion de sa mise en condition mentale.

 

Puis, d'un coup la tension latente exulte. La chorégraphie s'accélère. Chacun prend sa place. Le manager ausculte la Pite Lane à la recherche de son poulain. Son approche est annoncée. Brusquement la bête est là. La fourche est à peine remontée de son freinage que les béquilles sont en place, la moto suspendue, les roues démontées pendant que le pilote, Jérôme Putin descend pour donner ses informations à son relayeur, Nicolas Cholvin. Les nouvelles roues aux pneus neufs sont remontées. Chaque opérateur signale la fin de sa mission. Lorsque la moto est libre, contrainte de règlement pour la sécurité, le ravitailleur entre en lice et en quelques instants le réservoir est plein. Immédiatement, le pilote au brassard bleu est sur la moto et actionne le démarreur pendant qu'un dernier coup de chiffon absorbe les éventuelles coulures d'essence et la moto est repartie. Et seulement quelques dizaines de secondes se sont écoulées entre l'arrivée de la machine et sa disparition de notre champ de vision ! ! ! Belle équipe, bien rôdée !

 

Ravitaillement en quelques vues :

 
 

Nous sommes ensuite reçus dans une loge et accédons au balcon, juste au dessus de la Pite Lane et particulièrement du stand de la Yamaha GMT 94 pour laquelle j'ai un faible certain. L'occasion d'observer Christophe Guyot dans la gestion de son team. Lors de ses allers et retours entre le box et la cabine de chronométrage, il paraît alerte, concentré mais confiant. Sa machine est dans le peloton de tête et tient le rythme ! La moto arrive pour un ravitaillement. La nuée bleue des équipiers s'active. Mais pas le temps de tout voir, le nouvel équipage est déjà reparti …

 

Après un long moment à moment à observer ce manège incessant, nous assistons, sur l'écran de la loge, au choc brutal de Vincent Philippe qui vient de chuter avec la Suzuki N°1. La course est neutralisée par le Safety-Car pour permettre l'intervention du médecin. Néanmoins le pilote sort de sa léthargie, saute sur son destrier qui consent à redémarrer et peut rentrer au stand. Ce Vincent Philippe est d'ailleurs coutumier du fait, si j'ose dire. L'année dernière, ici même, il avait ramené sa moto avec une clavicule cassée suite à une chute, au tout début de la course, laissant ses deux compères continuer avec brio. Il doit être animé d'un mental d'acier envers son équipe pour endurer de telles souffrances dans le seul but de permettre à son team de continuer … Casque bas l'artiste !

 

Nous déambulons ensuite dans le paddock où nous pouvons échanger avec du personnel de l'organisation quant aux nouvelles règles d'accès au camping Est et ses incidences, positives comme négatives. Difficile. C'est aussi une rapide et très agréable rencontre avec Laurent de "Les Motards.com". Je viens juste de lui laisser un message et nous nous retrouvons par hasard ! Quelques propos relativement sérieux sur la course, le GMT 94 dont il est fan et fête les 20 ans de partenariat avec la Mutuelle des Motards, ou de l'excellent service de SMS qui nous tient informé de tous les faits marquants de la compétition. Mais aussi nombre de boutades, chahuts et éclats de rire. D'excellents moments!

 

Toujours par hasard, nous retrouvons l'autre Laurent le Breton du team de la 211, qui est en compagnie d'une équipe délurée. Nous ne mettons pas longtemps à entrer dans la danse et participons activement à une bonne crise de rigolade lorsque qu'un passant s'incruste deux minutes après être apostrophé par l'un des comiques : "Alors Jean Claude, tu retournes au stand". S'ensuit quelques vertes répliques illustrant bien la quiétude du moment.

Dès que ce quidam est reparti, Laurent nous interpelle, Dédé et moi : "Vous l'avez reconnu ?". Devant nos mines apparemment étonnées il nous annonce que c'était Jean Claude CHEMARIN … Honte sur moi ! Ce fameux pilote de mes jeunes années, multiple vainqueur du Bol, particulièrement avec mon presque voisin de l'époque, le regretté Christian Léon, ou avec la mythique et sulfureuse Japauto au carénage si particulier … je n'ai pas pu le saluer comme il se doit, le remercier des rêves qu'il a alimenté dans ma jeune tête. Bien désolant !

 

Quelques photos de la course
(merci à Pascal qui en est l'auteur) :

 


 

Soudain, je regarde l'heure et il est plus de 20H00. Nous serions bien restés là, mais je pense aux copains que nous avons laissé en route. Ce n'est pas qu'ils me manquent, loin de là, mais je redoute leurs réactions. En effet mes valises réfrigérées (par le vent froid, je n'ai pas encore la clim' !) servent de garde-manger … et les clés sont dans ma poche. Je dois donc violenter ce bon Dédé qui semble aussi peu pressé que moi de quitter ce joyeux environnement !

 

Au camp, si l'apéritif est démarré, les affamés nous attendent de pied ferme ! Désolés les gars, nous n'avons pas vu passer l'heure. Dommage que vous n'ayez pas téléphoné pour me rappeler que je détenais les clés de la cambuse. Enfin, l'ambiance est loin d'être délétère, les bons mots fusent, et Pascal ressort son invention pour mettre en route les grillades. Mais Fred n'a pas le temps de voir la fin de cuisson. Fatigué et transi, il part faire un somme ... et ne se réveillera pas pour finir son repas qui pourtant l'attendait ! La soirée s'avance sous un vent omniprésent et froid. William et Pascal décident de retourner sur le circuit alors que Dédé et moi préférons retrouver la chaleur relative de la toile.

 

La joyeuse (et parfois fatiguée) bande des copains :


 

Au petit matin, je me réveille en forme. Le brouhaha lointain devient plus perceptible à l'éviction des bouchons auriculaires. Le camp est relativement calme, mais le train d'enfer des motos sur la piste est bien présent. La course est parfaitement discernable. Les moteurs poussés dans leurs retranchements à la sortie d'Estoril, le puissant freinage d'Adélaïde et l'imposante relance pour se propulser dans le Nurburgring. Dans le lointain la reprise du rythme après le 180° pour se poursuivre dans l'enchainement d'Imola sont parfaitement reconnaissables.

 

Un coup d'œil à mes SMS (merci encore Laurent pour ce superbe service) achève de me mettre de bonne humeur. Mes deux teams de cœur semblent se tirer une bourre effrénée en tête :

  • Le GMT 94. J'ai souvent croisé le manager, Christophe Guyot, même si je le connais peu. Suivant les époques, il a su subjuguer ma fille ou mes neveux par sa simplicité et sa gentillesse. Et lorsqu'il empoigne sa guitare pour délirer avec les MJ's boys (la joyeuse bande de Moto-Journal) ou accompagner un groupe mythique (Trust), il gonfle encore son capital sympathie !

  • Le SRC, longuement accompagné dans sa montée en puissance, dans les affres du doute comme dans la joie des victoires. Un petit jeune, Greg Le Blanc, fantasque, tout fou qui, comme le bon vin s'est bonifié, à cumulé les titres pour être maintenant le chef de file des pilotes du team. Mais aussi sa Maman qui veille avec bienveillance à ce que chacun soit bien nourri et toute une équipe avec laquelle nous avons partagé bien des moments d'angoisse mais aussi de nombreux fous rires !

 

Il faut que j'aille voir cela de plus près. Dehors, le vent a légèrement faibli (ou je le supporte mieux après une bonne nuit). J'admire ce spectacle nocturne. Ces pilotes toujours à l'attaque malgré la fatigue et le froid, ces machines qui hurlent, grincent, tournicotent, mais sont interminablement vaillantes. Un petit tour de circuit, deux ou trois discussions rapides avec d'autres spectateurs, quelques essais non fructueux de photos nocturnes et je retourne au camp voir si d'autres se lèvent. Dédé, Pascal puis William me rejoignent alors que Fred est déjà parti sous la douche. Nous grignotons rapidement avant de repartir sous le lever du jour.

 

Vers 10H00, nous sommes dans le tribune, face au stand de la #11 et nos deux Kawasakistes, Pascal et Fred ont le sourire qui grandit à chaque tour. La Yamaha du GMT 94 rencontre des soucis techniques et doit rentrer au box. De ce fait, la Kawasaki se retrouve seule en tête avec 12 tours d'avance sur une autre Yamaha, l'Autrichienne du YART (Yamaha Austria Racing Team). Une avance confortable qui permet de gérer plus sereinement les cinq dernières heures ! ! !

 

C'est aussi à ce moment que nous assistons à un épisode poignant. La 77 rentre à la poussette quand, furtivement, le bas moteur prend feu l'espace d'un instant. Un commissaire accourt mais les flammes ont tout aussi immédiatement cessées. A l'entrée de la voie des stands, le pilote remonte sur sa machine, poussée par les mécaniciens venus à la rescousse (ils n'ont pas le droit d'intervenir avant). Et la lente remontée de la Pite-Lane s'effectue sous les applaudissements de tous les acteurs présents dans les boxs. Émouvant !

 

Le douloureux et navrant retour de la #77,
Team Honda TT Legends.


 

En fin de matinée, nous retournons au campement nous préparer. Les Bretons veulent éviter d'arriver dans leur terre lointaine avant la nuit et, personnellement, je préfère esquiver le refroidissement de fin de journée car je regrette maintenant d'avoir laissé les doublures thermiques à la maison.

 

Une pause café au relais motard de Bourges dans la chaude ambiance instaurée par la joyeuse troupe de la FFMC 18. Quelques échanges trop rapides mais souvent désopilants, les derniers saluts et nous voilà repartis.

 

La route est barbante jusqu'à Saint Amand-Montrond où je fais le plein. Longues lignes droites et pièges à radar. L'esprit divague entre les souvenirs et la surveillance permanente des bas-côtés et du compteur. Ensuite, la dernière portion rectiligne disparaît au profit des premières courbes qui vont maintenant s'enchaîner jusqu'à la fin. Du grand plaisir, malgré le fraîcheur, rapidement combattue par une chaude alerte. A une centaine de mètres, un chevreuil jaillit de la haie de droite, traverse la route en quelques sauts fulgurants pour s'engouffrer dans les fourrés de gauche. C'est tellement rapide que je commence à réagir seulement quand la tête disparaît dans les feuillages. Gaz coupés, pied et main sur les freins, j'anticipe un éventuel retour … qui ne se produit pas. Même pas eu le temps d'avoir peur ! ! !

 

14H58, j'entre dans Boussac. Grosse animation de la fête foraine mais je trouve une place devant une terrasse de café. Magnifique, je vais pouvoir joindre l'utile à l'agréable. Je salue un couple de motards présent, commande un double expresso et … mon téléphone sonne. Toujours efficace, Laurent transmet par SMS le résultat final :

  • 1 - Kawasaki 11 – SRC

  • 2 - Yamaha 7 – YART

  • 3 - Suzuki 1 – SERT

  • 4 - Yamaha 94 – GMT 94

  • 5 - Suzuki 72 – Junior Team LMS

 

Je transmets l'information sur la messagerie de Pascal et reprends ma route. Dans la Creuse, je commence à vraiment apprécier d'avoir pris des sous-vêtements. Sans eux je serais frigorifié, mais il est temps d'arriver et de se retrouver au chaud …

 

Et, pour se remémorer les temps forts de cette course,
la magnifique vidéo de Motoracinglive.com - Michelin :

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 10:13

La matinée du lendemain est consacrée à la visite du château d'Azay le rideau, bâti sur une ile de l'Indre.

Les vestiges initiaux datant du moyen age, un bâtiment médiéval et un donjon ont fini de disparaître après la révolution.


Au travers des branchages, le monument et son image dans le miroir liquide :

 azay

En 1510, Gilles Berthelot prend possession du château fort d'Azay et y érige une demeure de style italien de cette fastueuse période de la renaissance. Mais, suite à des malversations, il prend la fuite et le lieu est saisi par François 1er. Le roi en fait don en 1537 à un compagnon d'armes, Antoine Raffin. Au XVIIème siècle, les bâtiments agricoles et la basse cour sont supprimés au profit de l'allée bordée d'arbres aboutissant à la cour en demi lune et aux deux communs symétriques.

 

Pendant la Révolution, Charles de Biencourt prend possession du domaine. Sous la houlette de sa famille, le château retrouve tout son éclat. Il est particulièrement mis en valeur par la création du parc à l'anglaise. Les divers bras de l'Indre favorisent le développement de la nature qui fournit un écrin de verdure au monument.

 

En 1905, l'état achète le château et y apporte en 1950 une transformation majeure. Le boulevard à canons du XVème siècle est supprimé au profit de la rivière, assagie par des seuils en amont. Le fameux miroir est ainsi créé.

Découvrons, au travers de ces photos,
cet édifice, son environnement, ses installations,
les trésors légués par ces artisans façonnant la pierre, le bois, le fer, le verre, …
autant de magiciens dont j'admire les œuvres :

 



L'après midi est plutôt champêtre bien que de nouveau liée à un château, celui de Villandry. En effet, celui-ci possède des jardins renommés et comme la météo est relativement clémente, je tiens à en profiter.

Ce monument est le dernier des "châteaux de la Loire". Il est érigé en place de la forteresse féodale du XIIème siècle presque totalement arasée à cet effet. Jean le Breton, un ministre des finances de François 1er en est le commanditaire et il est achevé en 1536.

 

Les turpitudes de l'histoire s'appliquent aussi ici et le domaine passe de mains en mains, y compris dans la famille Bonaparte après une saisie de l'empereur Napoléon 1er

 

En 1906 le docteur Joachim Carvallo acquiert le bien et s'y consacre totalement à l'aide de l'héritage de son épouse et abandonnant une prometteuse carrière scientifique. Il sauve l'édifice de sa destruction programmée, lui redonne vie en le remeublant et surtout, réalise ces fameux jardins à la française, constitués à partir des textes du XIVème siècle.

Chateau-Villandry-Jardins-Panoramique

Vue panoramique (source Wikipédia)

 

4 terrasses à thèmes déploient un décor hallucinant :

 

  • Le jardin d'ornement, constitué de véritables broderies de buis,d'ifs et de topiaires rehaussé des fleurs de saison (à cette époque, particulièrement des tulipes, pensées ou myosotis). Une des composantes de cette terrasse est nommée "jardins d'amour". La taille, au cordeau, symbolise : l'Amour Tendre (cœurs et flammes), l'Amour Passionné (cœurs brisés) , l'Amour Volage (éventails) et l'Amour Tragique (lames de poignards et glaives). La plupart de ces éléments sont bien reconnaissables sur les photos.

  • Le jardin d'eau est constitué d'un pièce d'eau en forme de miroir Louis XV, entouré de fontaines et enchâssé entre des talus surmontés de tilleuls. Lors de mon passage, la particulière lumière précédent l'orage procurait un magnifique jeu d'ombres de ce cloître végétal sur les talus.

  • Le jardin potager se situe sur la terrasse la plus basse. Les laitues, batavias, choux, fèves sont parfaitement ordonnancés et mis en valeur par les bordures colorées des fleurs.

  • Enfin, en terrasse supérieure le jardin du soleil, le dernier né, créé en 2008. Trois espaces y sont présents, la chambre des nuages aux dominantes bleues et blanches, la chambre des enfants avec des pommiers et des jeux et, la seule présente en photos, la chambre du soleil où les teintes jaunes et orangées sont ordonnancées autour d'une fontaine étoilée.

Entre ces terrasses, nous trouvons aussi un labyrinthe de charmilles, le jardins des simples (dénomination médiévale des cultures de plantes aromatiques et médicinales), la forêt dont les terrasses fleuries entourent une serre et un pavillon du XVIIIème siècle (Pavillon de L'Audience).


Seul un orage de quelques minutes gêne cette visite
dont je vous propose quelques vues :


 

 

Le lendemain matin, je reprends ma route vers le Limousin. Le soleil est présent dans un ciel nuageux et il se reflète parfois violemment sur la chaussée mouillée. A une cinquantaine de kilomètres de Châteauroux, je rattrape trop vite la monstrueuse barrière noire qui barre l'horizon. Une pause café à Clion lui permet de reprendre un peu d'avance, mais j'enfile tout de même la tenue de pluie. Excellente idée car quelques minutes avant de prendre l'A20, les premières gouttes s'écrasent sur ma visière. Je prends l'autoroute sous une averse maintenant nourrie, qui s'amplifie pour devenir un véritable déluge. Les conditions de roulage deviennent telles, vent, visibilité faible, nappes d'eau de plus en plus importantes sur la chaussée, que je m'arrête à la première station.

 

Après une vingtaine de minutes, le fort vent d'ouest a fait son œuvre. La pluie se calme et la lumière réapparait, d'abord timide mais s'amplifiant rapidement. Je laisse passer encore une dizaine de minutes avant de repartir, sur une chaussée mouillée, mais plus détrempée.

 

Aux abords de Limoges la route est sèche. Plein d'essence à Feytiat où j'hésite à retirer la tenue de pluie pour être plus à l'aise dans les portions joueuses (sinueuses) qui m'attendent. Comme le ciel est encore menaçant et que j'oblique vers le sud-est avec le risque de rattraper le front principal, j'opte pour la facilité et garde les vêtements imperméables. Cela s'avère judicieux … mais plus comme coupe vent pour contrer le froid piquant du plateau de Millevaches ! En fait, j'arrive sec avec de superbes vues de ces deux jours plein la tête … avant de trier les photos !

 

 

 

Et encore une grande pensée pour mon fils qui m'a fait découvrir ce musicien !

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 10:55

Pique nique rapide en sortant de l'abbaye de Fontevraud, sous un ciel qui se dégage tout doucement. Je décide donc de retourner en banlieue de Tours par le chemin des écoliers. Je saute la Vienne à sa confluence avec la Loire alors qu'elle arrive de "par chez moi" (source au plateau de Millevaches).

 

Les nuées noires me précèdent. Entre les routes détrempées et la volonté de ne pas gagner la course avec les nuages, je roule tranquillement en longeant la Loire, puis l'Indre pour faire une halte au pied du château d'Ussé.

 usse

 

La première forteresse, en bois, est bâtie en 1004 par le redouté viking Guelduin 1er de Saumur sur un site qui comporte des traces préhistoriques et des vestiges Gallo-Romains. Il est vrai que ce point contrôle les voies entre Tours et Chinon, qu'elles soient terrestres ou fluviales, l'Indre et la Loire. En 1040, son fils, Guelduin II lance les premières fortifications en pierres.

 

Dans les années 1420, à la fin de la guerre de cent ans, le seigneur d'Ussé, Jean de Bueil, réalise la structure qui deviendra la base du château actuel. Au XVème siècle, Jean V du Bueil, érige les prémices du château actuel qui était jusqu'alors un château fort. Un siècle plus tard, le maréchal de Vauban apporte son expertise, entre autre par la construction italienne, les terrasses et un bastion. Une de ses filles n'est autre que la Dame d'Ussé pendant 22 ans !

 

A noter sur l'une des photos, les cèdres du Liban jouxtant la chapelle furent ramenées de Terre Sainte par Chateaubriand et plantés en 1817.

 

Ensuite, retour sur la moto pour remonter la Loire. Il me semble avoir aperçu une embarcation typique et je m'arrête pour vérifier. En effet, quelques gabares, ces bateaux à fond plat typiques, oscillent paresseusement au gré du léger courant et de la brise. Petite pause d'autant plus agréable que je peux voir les nuages les plus menaçants s'éloigner vers l'est.

 gabare

 

Encore quelques kilomètres, et je peux mieux détailler le château de Langeais, engoncé dans la ville. Il y a trois ans, la moto encore bien chargée, j'y avais fait une brève halte en attendant Ulrich (cf. Migration vers la Bretagne).

 langeais

A la fin du Xème siècle, un premier édifice est bâti par Foulques Nerra comte d'Anjou sur le promontoire qui commande l'axe Tours-Saumur, tant terrestre que fluvial. Il n'en reste aujourd'hui que les vestiges du donjon.

Des bandes armées prennent épisodiquement possession du château pendant la guerre de cent ans. Pour limiter les risques ainsi engendrés, Charles VII fait raser les fortifications, à l'exception du donjon.

Louis XI fait reconstruire un château entre 1465 et 1467 pour lutter contre le Duc de Bretagne, fortement actif dans la Ligue du Bien Public ( les seigneurs opposés au roi). Mais c'est aussi ici que s'apaise ce conflit, lors du mariage entre Charles VIII et Anne de Bretagne le 6 décembre 1491.

 

Après le XVème siècle, le château passe de mains en mains et son entretien sera faible jusqu'à la fin du XIXème siècle. En 1886, un banquier, Jacques Siegfried, achète le château. Pendant une vingtaine d'année, il s'attache à le restaurer et à le meubler.

Aujourd'hui, l'Institut de France est propriétaire des murs comme de la collection, après un don en 1904.

 

Une dizaine de vues de ces pauses :

 

 



 

Je termine cette journée sous quelques gouttes éparses, avec un rapide arrêt sur les calmes rivages de l'Indre, dans une ambiance particulièrement bucolique.


indre1indre2

 

 

 

 

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 16:21

Après ces excellents moments passés au Bol d'Or avec un grand Max en pleine progression, il me faut penser retourner dans mes pénates.

 

Pas de missions en vue dans les prochaines semaines qui me porteraient vers d'autres destinations. De plus, il me faut aussi rejoindre Bort pour affronter une période plus délicate à plusieurs points de vues.

 

Je descends vers le sud avec une grosse étape dans la région de Tours où je m'offre un week-end triplement nostalgique autour de certains édifices du Val de Loire :

 

  • Il y a un peu plus de 40 ans, un camp en vélo m'avait permis de découvrir de nombreux châteaux entre Orléans et Tours. Je vais pouvoir compléter cette quête. D'habitude, la moto étant toujours chargée, je me contente de brèves haltes. Là, le paquetage est à l'abri et je peux profiter plus longuement …

  • Pendant mon adolescence, j'ai participé à de nombreux chantiers archéologiques au sein du Club du Vieux Manoir, particulièrement à Guise, dans l'Aisne. J'y ai conforté un goût particulier pour l'histoire, les vieilles pierres, … et la vie en communauté !

  • La première formation de mon fils Cyrille est la taille de pierre. Je ne peux m'empêcher de penser à lui lorsque j'admire l'architecture et les décors obtenus avec cette matière.

 

Je commence ce périple par quelques heures à déambuler dans l'abbaye de Fontevraud, en limite de trois provinces de l'époque, Anjou, Touraine et Poitou.

fonte

Fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel, l'abbaye évolue rapidement en complexe monastique à quatre pôles :

  • Le monastère Sainte Marie voué aux moniales ;

  • Le prieuré Saint Jean de l'Habit, dévolu aux frères de l'ordre qui essaime jusqu'en Angleterre et Espagne ;

  • Le prieuré de Sainte Marie Madeleine, havre de paix des filles repenties ,

  • Saint Lazare, asile des lépreux.

Robert d'Arbrisselconfie ensuite la direction de l’Abbaye à une femme, la première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chemillé, et la vie monastique prend fin à la révolution, les lieux étant récupérés par l'état.

En 1804, un décret de Napoléon reconvertit ces locaux en prison centrale, prévue pour 1000 détenus. Les premiers prisonniers arrivent en 1814. La population pénitentiaire, pouvant atteindre 2000 personnes travaille dans de nombreux ateliers dans des conditions très rudes dans cette centrale considérée comme la plus dure après Clairvaux (mortalité d'un prisonnier sur sept !).

La prison est fermée en 1963, mais la restauration continue et le public peut ainsi y accéder depuis 1985.

 

Découvrons, au travers de photos, cette superbe abbatiale dont la clarté illumine les gisants, ces pierres finement ciselées, le cloître, les dortoirs, les cellules, l'imposante cuisine au toit de pierre impressionnant et aux multiples foyers, les jardins, parfois sous l'averse ...

 


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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 06:16

Initialement, je ne devais pas aller au Bol d'Or, malgré l'insistance presque outrancière de certains copains. N'ayant plus de missions à assumer en Bretagne, je devais retourner directement sur Bort les Orgues régler quelques soucis …

 

Seulement, voilà, je suis trop influençable !

 

Mon neveu, Maxime est entré dans la danse. Il semble vraiment apprécier ces sorties en moto, ces exaltations entre garçons, ces Bols d'Air qui le sortent des multiples contraintes de sa difficile vie d'adolescent sourd. Il me soudoie, utilise son père, développe ses arguments et manœuvre tant et si bien qu'il obtient même deux invitations pour le Bol. Du grand art !

 

Et puis, franchement, je ne vais pas bouder ce triple plaisir d'une grande virée en moto, d'un week-end entre potes et surtout d'un nouveau coup de pouce à ce fabuleux neveu qui se débat dans ses tourments avec une ténacité que j'admire et des résultats édifiants.

 

Ce jeudi 12 avril, me voici donc parti vers la région parisienne pour le récupérer. Un frais et agréable transfert printanier au gré de quelques routes de traverses qui me permettent d'éviter les plus grosses averses et de me sustenter de fabuleuses visions de dame nature en pleine exubérance. Le soir, essai des tenues, préparation du paquetage … et quelques difficultés pour partir se coucher.

 

C'est qu'il est doublement excité le bougre.

En plus de la perspective du week-end, il est actuellement en stage de cuisine dans une unité de restauration collective de la région. Il doit assumer des travaux qu'il réalise avec brio … et sa bonne humeur charmeuse (lorsqu'il dompte sa rage latente, oh combien compréhensible bien que non acceptée ! ! !). Il réalise ses missions avec succès démontrant ainsi ses capacités à des professionnels éberlués (quand le chef de cuisine est étonné de le voir faire la pâte à pizza, il est fier de lui indiquer qu'il réalise aussi ses feuilletages !). De plus, étant relativement à l'aise, il émaille son travail de quelques blagues ou taquineries dont il n'est jamais avare et l'ambiance est ainsi particulièrement porteuse.

Je pense qu'il découvre, très pratiquement,quelques théories développées au cours de nos nombreuses discussions. Il valide qu'il a une place à prendre dans le monde des entendants, qu'il peut être accepté ET apprécié, mais que ce processus dépend aussi de son attitude.

 

 

 

Vendredi matin, je l'accompagne au boulot, dans un dense brouillard. Il a ainsi tout son équipement et nous partirons directement par l'autoroute, vers 16H00, afin de ne pas arriver trop tard à Magny-Cours. En début d'après-midi un appel téléphonique. Est-il possible de récupérer Maxime plus tôt ? Mais bien sûr, avec plaisir. Ceci nous évitera d'affronter le contournement de Paris au pire moment en terme de circulation.

 

De fait, A13 fluide, mais nous sommes dans le bon sens et ça commence à être très dense vers la Normandie. Un petit bout d'A12 chargé puis l'A86. Les premiers ralentissements sérieux débutent vers Vélizy et s'intensifient après le Petit Clamart. Pour nous arranger, la pluie se met de la partie et quelques virgules de la roue arrière démontre la nature particulièrement glissante de la chaussée (mais aussi les premiers mouvements d'impatience de mon passager). Heureusement, cet épisode humide est de courte durée et l'A6, quasiment bloquée, est rapidement sèche. Nous remontons tranquillement les files jusqu'à la première station au niveau de Corbeil pour une première pause salutaire. En général, Maxime a du mal à tenir en place plus de ¾ d'heure d'affilée en selle et nous avons doublé ce temps. Mais je voulais m'extraire au plus tôt de ce magma des départs hebdomadaires !

 

Les discussions avec les motards rencontrés nous permettent de découvrir qu'il ne fait pas bon de rouler en sportive dans la région. En effet, un malfaisant opère en Suzuki GSXR dans le secteur depuis quelques jours et les forces de police interpellent systématiquement toutes les motos de ce type pour contrôle.

 

Maxime dans différentes configurations ...

 

Le trafic reste dense jusqu'à la bifurcation sur l'A77 où nous pouvons prendre un rythme de croisière … légal. Je me doute que la chasse aux dangereux motards roulant trop vite doit être ouverte dans ce secteur ! ! ! De fait, régulièrement, le flot inverse scintille régulièrement d'appels de phares insistants, et certains outils de contrôles sont tellement bien camouflés que, même prévenu, je ne les décèle pas ! Au niveau de l'aire des arbres, j'interroge Maxime pour un éventuel arrêt. Il me signifie de continuer, ce qui m'arrange. Un arrêt c'est au minimum une demi-heure de passée. Aux deux parking suivants, Max m'interroge pour un arrêt, mais je lui explique qu'il n'y a pas de station et donc pas de machines à café. Nous décidons donc d'aller plus loin. Et bien sûr, ces discussion ne se font que par gestes ! ! !

 

Au péage, moment d'angoisse. Un comité d'accueil musclé est en place. Comme deux sides ont du mal à passer entre les cônes dont l'écartement est prévu pour des deux roues, nous avons le temps de voir opérer les hommes en uniformes qui font garer les motos, et quelques voitures, sur le parking adjacent. Allons nous avoir droit à un bonus ?

Effectivement, nous sommes conduits dans la nasse, comme les autres. Pourtant je suis certain d'avoir contrôlé ma vitesse en permanence. A moins que je n'ai pas vu une signalisation particulière … De plus, nous avons droit à la douane ET à la gendarmerie. Bizarre.

Bon, Max voit le bon côté de pouvoir se dégourdir les jambes, pendant que je me dirige vers une douanière en sortant mes cigarettes. Immédiatement, elle m'enjoint (le terme se révèle particulièrement approprié) d'attendre pour allumer cette cigarette en m'expliquant qu'ils vont pratiquer à une détection d'euphorisants interdits !

 

Le chien commence à déambuler entre nous et renifle hommes et matériels. Il s'attarde sur Maxime que je chahute en paraissant offusqué qu'il possède ce genre de substance. Il ne comprend pas tout de suite et la couleur de ses joues démontre son embarras. Je lui explique que ce doit plutôt être l'odeur de ses chiens qui a provoqué cet arrêt prolongé du quadrupède renifleur. Cette séquence offre l'avantage de détendre l'atmosphère et d'entrainer tout le monde dans le rire, y compris les fonctionnaires.

 

A la station suivante qui propose en outre un relais motard, dernier arrêt. Café, coca et nettoyage des visières. Un petit chahut avec des motards de la gendarmerie qui nous annoncent des contrôles. Comme si nous nous en étions pas aperçu, j'en ai déjà décompté un minimum de 7. Si j'étais de mauvaise humeur j'évoquerais du harcèlement ! ! !

 

Pour la première fois depuis bien longtemps, j'arrive le dernier au campement. Même pas besoin de monter la tente, Pascal nous accueille dans la sienne. Royal. Nous déchargeons rapidement et partons immédiatement faire la visite de la voie des stands. Salutations de quelques pilotes, mécanos ou managers et l'occasion pour Max de récupérer de quoi redécorer sa chambre à l'aide de posters dédicacés. A son âge, je me contentais des posters encartés dans les journaux spécialisés … et le papier peint, comme le plafond étaient vite devenu invisibles ! ! !

 

La soirée se termine rapidement pour Maxime. Il décide d'aller se coucher de bonne heure afin d'être en forme tout le week-end. D'une part il est fatigué par son voyage et sa semaine de stage qui requiert attention et tension. D'autre part, entre la nuit qui limite la lecture labiale et nos divagations encore plus difficiles à suivre, l'intérêt est limité.

Cette positive auto-gestion est un signe fort de ses progrès !

 

Je réveille Max pour savoir s'il veut venir faire des courses avec moi. Je ne doute pas de sa réponse. Entre trainer au lit et faire un tour de bécane, le choix est évident. Petit déjeuner rapide et nous voilà partis pour le super marché de Magny-Cours où nous mettons un peu d'animation, le boucher et les caissières devenant rapidement complices, sous les rires (ou sourires dissimulés) de l'environnement. Ensuite, pause en ville pour le ravitaillement cigarettes des étourdis et nous en profitons pour nous faire un café ou une bière en terrasse.

Maxime se la joue "intello". Il s'achète un journal et, à mon grand étonnement, se plonge dans les nouvelles. En effet, un sourd a de grandes difficultés à acquérir et maitriser du vocabulaire (80% du notre est obtenu par l'auditif !). Il n'est donc pas enclin à la lecture, et c'est un sujet que j'évoque de plus en plus souvent avec lui. Je suis persuadé que c'est un point de passage obligé pour l'acquisition des savoirs, une meilleure communication et donc intégration, une ouverture d'esprit plus vaste. Mais comment se plonger dans un livre alors que l'on en comprend pas le sens ? Dilemme cruel et soluble que par une volonté de fer et un accompagnement, surtout dans les débuts.

 

Alors, ai-je devant moi l'expression d'une prochaine victoire en devenir ?

Je l'espère vivement car il a toutes les capacités pour réussir dans de nombreux domaines. Actuellement il ne lui manque qu'une forte volonté, le goût de l'effort, pour affronter ce chantier titanesque. Il va falloir vaincre les écueils qui s'aplaniront avec le temps et la pratique, avec l'ingestion des mots et de leurs signification. Nous ne lui cachons pas les difficultés et il perçoit avec une acuité accrue le manque qui le bloque fréquemment …

 

Retour au camp pour une "grillade partie" sous le soleil et dans la joie de ces moments si simples et pourtant forts de se retrouver, de partager, d'échanger, de rigoler. Puis il est temps de s'approcher de la piste pour assister au départ de la course. C'est toujours un mélange d'excitation, de plaisir, mais aussi de tension. Les risques sont grands lorsque la meute enchaine les virages, carénages contre carénages, chacun cherchant à grappiller des places pour s'assurer la meilleure position possible. A l'autre bout du circuit, un grondement sourd s'amplifie et nous confirme les dires du speaker.

C'est parti.

Quel spectacle que ce serpent métallique et multicolore, encore ramassé, compact et doué d'une agilité extrême qui s'enroule dans la grande courbe d'Estoril. Encore sur l'angle, les fourches délestent sous la puissance transmise à la roue arrière. Et quelle joie pour mes copains, fans de Kawasaki, lorsque la verte confirme ses prétentions aux avant-postes de cette meute déchainée.

En pleine accélération, les machines défilent devant nous à une allure hallucinante, les vitesses étant passées à la volée … pour, immédiatement freiner brutalement, se positionner au mieux et s'engouffrer dans la lente, difficile et sélective épingle d'Adélaïde. A la sortie, les amortisseurs s'écrasent et les roues avant s'élèvent sous le déchainement de la puissance. Le ruban de motos commence à s'étirer et aborde une nouvelle difficulté. Le premier virage à gauche avec des pneus froids dans le pif-paf du Nurburgring. Délicat lorsqu'il faut maintenir sa place mais aussi éviter la dérobade et la chute. Le vrombissement décroit dans le second et vicieux virage à gauche dit du 360° au léger dévers. Nous suivons le rapide défilé qui accède au rapide droite-gauche d'Imola. Puis les motos disparaissent de notre vue dans le virage du Château d'Eau avant d'aller en découdre dans les enchainements du Lycée, nous laissant bientôt que le son lointain mais strident des machines à l'assaut de la ligne droite des stands. Et c'est parti pour 24 heures de ce manège infernal …

 

Au fil des premiers tours, le serpent s'allonge et les divers prétendants, la BMW officielle, la Suzuki du SERT, les Yamaha des teams GMT 94 et du YART, les Honda des teams TT Legends et National Motos, ou les Kawasaki du SRC et Bolliger, bataillent déjà fermement. Nous commençons notre propre tour du circuit, pédestre celui-ci, pour admirer les divers points de vue, et notre marche nous porte vers le village. Les copains vont vers les boutiques alors que j'emmène Maxime sur le site de H.M.S. (Handicap Motard Solidarité). L'objectif est double :

  • Démontrer à mon neveu que les handicaps, de quelques natures qu'il soient, peuvent être combattus et gérés. Ce "management par l'exemple" est sûrement plus efficace que le verbiage d'un vieux c** ! ! !

  • Retrouver quelques potes œuvrant dans ou autour de cette association particulièrement dynamique.

Ainsi Maxime peut ausculter les motos et side-cars diversement aménagés en fonction des multiples contraintes à contourner. Nous retrouvons Jean-Yves, de Metz, qui pilote side ou solo avec un seul bras. Il explique devant un Max médusé l'équipement de sa moto. Le "gamin" semble étonné. Il le serait encore plus s'il le voyait à l'œuvre … Quel brio dans le maniement de sa machine (où plutôt ses machines d'ailleurs) ! ! ! Il est accompagné, entre autre, par Thomas, un Belge bien sympathique croisé à maintes reprises, et particulièrement lors de la finale du Tour de France H.M.S. dont il était l'instigateur.

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Thomas, Jean-Yves et Maxime,
bien souriants malgré la vilaine teinte apportée par cette bâche ...

 

 

 

 

 

 

Ensuite, nous allons faire un tour dans le paddock où nous rencontrons quelques pilotes ou figures du monde de la compétition. De brefs saluts ou discussions ponctuent cette visite qui ne cesse d'étonner mon grand "p'tit gars". Après une longue pause privilégiée au dessus de la pite-lane, nous reprenons notre périple autour du circuit pour rejoindre notre point de départ, le campement. Nous grignotons légèrement pendant que les potes se laissent gentiment aller sur l'apéritif. Mais il est vite temps d'écourter cette phase pour aller rejoindre des copains savoyards avec lesquels nous devons diner.

 

Et quelles agapes. Pendant que "Marmotte" se démène à faire fondre du fromage dans du vin blanc, Maxime devient le centre d'intérêt en se muant en professeur. Il traduit pour chacun, les expressions orales en langue des signes. Cyril est particulièrement demandeur car cela peut lui être utile dans son boulot. Le duo entre ces deux là devient épique lorsque les sujets portent sur divers noms d'oiseaux, voire d'insultes … Ce verbiage et ces simagrées sont ponctués d'immenses éclats de rires entre deux bouchées de cette somptueuse et délicieuse fondue savoyarde (et incongrue, dans cet environnement !).

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Marmotte dans ses œuvres ... 
culinaires et théatrales ! ! !
Il n'en oublie pas pour autant de remuer la fondue, amusant son entourage ...
tout en le sustentant de façon aussi originale qu'agréable.

 

 

 

 

Mais notre programme est chargé, et nous devons bientôt abandonner notre joyeuse équipe. Nous sommes attendus au concert ! Ce n'est pas que Maxime soit particulièrement friand de ce genre de manifestation essentiellement auditive, mais nous sommes gratifiés d'accès "Back-stage". C'est donc l'occasion de découvrir les coulisses du spectacle. C'est aussi une forme de reconnaissance qui se lit parfaitement sur son visage épanoui, particulièrement lorsque nous accédons au devant de la scène par un accès privilégié. Il passe un long moment à détailler les musiciens, admirer les jeux de lumières, et probablement à vivre les vibrations que provoquent ces notes projetées violemment par une puissante sono.

De retour à l'arrière de la scène, nous trinquons à la santé de l'organisation, dans un environnement qui accapare de toute part les yeux du grand Max. Des lumières, un bar impressionnant, du mouvement, de fort jolies femmes, … et soudain, la présentation d'un "p'tit jeune" (au moins pour moi) qui abasourdit le Maxime. Tom Pagés. Il l'avait vu à Bercy et m'en avait parlé avec enthousiasme, m'expliquant comment ce fou sautait en l'air avec sa moto qu'il lâchait en vol pour faire une cabriole avant de la reprendre en main pour l'atterrissage. Du free style de haut vol, dans tous les sens du terme. Et maintenant, le voici tout intimidé devant lui. Et il a hâte de retourner à Bercy car Tom lui promet une nouvelle figure encore plus démentielle …

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Concert des Stranglers.
Ce qui intéresse surtout Maxime, ce sont les jeux de scène et de lumières.
Pour ce qui est du son, il le perçoit, mais surtout en terme de rythme au travers des vibrations ...
qui ne manquent pas ! 

 

 

 

La nuit est déjà bien avancée. Il est heureux, mais fatigué de cette longue et trépidante journée. Il décide donc d'aller se coucher, malgré l'animation omniprésente qui accapare son attention de toute part. Je retrouve la bande pour un dernier tour de circuit de nuit avant d'aller le rejoindre sous la tente.

 

Quelques petites heures plus tard, avant le lever du jour, nous repartons vers le circuit, laissant dormir Max. La journée va encore être longue et il a grand besoin de se ressourcer. Au retour, il me faut réveiller Maxime pour le petit déjeuner. Il est vrai que le bruit ambiant ne le dérange pas vraiment. Il n'y a pas que des inconvénients à être sourd, même si les avantages sont bien minces !

 

Après le rangement du paquetage, nous repartons voir les motos tourner inlassablement, et aucun des leaders ne s'est suffisamment détaché pour jouer une course d'attente. Le rythme est toujours endiablé.

 

Nous repartons quelques heures avant la fin de la course. Certains ont plus de sept heures de route et Max doit reprendre son stage demain et il va lui falloir récupérer suffisamment. De plus, nous évitons ainsi les encombrements les plus difficiles. Je ne veux pas repartir par l'autoroute. Cela m'évitera de contourner Paris et son cortège de bouchons des retours dominicaux tout en donnant plus d'agrément à la route sans risquer de se faire prendre dans une nasse policière qui a de fortes chances d'être présente au péage. Nous faisons donc la route ensemble, avec Pascal et William jusqu'à Bourges. Une halte amicale au relais Calmos organisé par la FFMC18, où nous déjeunons entre boutades et éclats de rires.

 

Les deux side-car Bretons prennent ensuite l'autoroute alors que nous remontons tranquillement vers Orléans par de sympathiques routes départementales qui nous font traverser de nombreuses forêts. Ambiance bucolique, mais attention soutenue. Entre la fatigue, le vent omniprésent et les risques de grands animaux en divagation, il faut rester particulièrement attentif.

 

La traversée des grandes plaines de la Beauce est redoutable. Le vent violent est maintenant de travers et, entre mon imposant passager, les valises, le top-case et le chargement, nous offrons une large prise à ses assauts. Il faut anticiper les croisements avec d'autres véhicules, les mouvements de terrains, les haies ou autres obstacles. En effet, les sautes de vent ainsi engendrées nous bousculent avec virulence et nous dévient fortement des trajectoires.

 

Enfin, nous arrivons à bon port sans incident. Maxime est euphorique, mais la fatigue prend rapidement le dessus et le coucher n'est pas tardif. Encore un superbe week-end qui lui permet, j'espère, de mieux lui faire découvrir ses capacités d'adaptation, les opportunités dont il peut bénéficier, sous réserve qu'il prenne les moyens pour les obtenir …

Nous prenons connaissance des résultats. Pascal doit être content de la victoire de Kawasaki, William satisfait de voir les pièces qu'il a usiné participer à la réussite de cette machine. Quant à moi, j'ai une pensée émue pour ce team SRC que j'observe depuis quelques saisons, particulièrement lors de ses déboires pneumatiques en Superbike. A distance, je partage cette concrétisation pour un petit jeune que nous avons vu démarrer (Grégory Leblanc), mais aussi l'euphorie probable de tout le team, et particulièrement Gilles Stafler ainsi récompensé, ou les sympathiques sponsors avec lesquels nous avons partagés de savoureux moments.

 

Et un immense merci au généreux donateur qui participe ainsi concrètement à une meilleure intégration de ce sacripant de Maxime qui ne cesse de nous étonner, voire de nous impressionner ! ! !

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