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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 07:10

La fin de l'été s'est avérée particulièrement mouvementée et Div'4 a encore usé des pneus . . .

 

Pour la dernière semaine d'août, mon neveu Maxime est venu tenir compagnie à son "tonton barjot", pas encore écœuré du rythme vécu l'année dernière (cf. Tribulations d'un jeune motard )

 

Il a du mal a supporter son environnement. Outre son handicap, la surdité, et la période de l'adolescence, il se retrouve l'otage de nos chères administrations. L'éducation nationale lui refuse l'accès à l'école en prétextant que sa place est à l'hôpital alors que les services de santé affirment qu'il est tout à fait apte a être reçu en cours . . . Ainsi, l'état met hors la loi un mineur de moins de 16 ans pour lequel l'école est obligatoire. Un comble ! ! !

Cette situation perdure depuis maintenant trop longtemps. Ceci émousse ses motivations (c'est un euphémisme !) et le pousse dans des retranchements de plus en plus durs qui se traduisent par une rébellion accrue et exponentielle.

 

  • Quel peut-être l'état d'esprit d'un ado systématiquement balloté et rejeté, qui plus est lorsqu'il a de graves problèmes de communication ?

  • Quelle peut-être la position des parents qui cherchent à offrir un avenir à leur fils et se retrouvent entravés face à la mauvaise foi, la démission ou la fuite de soi disant professionnels ?

 

Pour moi, à la vue des perspectives actuelles, ce cas d'école pourrait donner lieu à la rédaction, par ces administrations, de deux manuels :

 

  • Comment fabriquer des rebelles, voir des délinquants (heureusement l'entourage est très présent).

  • Chronique de malheurs annoncés (mon frère a déjà vécu un stage dans des locaux policiers alors qu'il tentait, un peu excessivement peut-être, de faire émerger des solutions).

 

Enfin, ceci n'est pas le sujet, mais permet d'expliquer que, autant Maxime que ses parents ont besoin d'air. Donc, l'Auvergne, la moto et son pilote sont des palliatifs pour répondre à ce besoin. Ici, au moins il existe, il vit, découvre, construit, discute, et réfléchi d'autant plus que je ne lui laisse rien passer. C'est un marché entre nous et il l'accepte de mieux en mieux, même quand la pression est forte.

 

Nous profitons de merveilleuses journées pour continuer à arpenter cette magnifique région, profiter de somptueux paysages et se délecter des sensations particulières dans tous ces virages. Max affectionne particulièrement les "pif-paf" et me marque régulièrement son approbation pouce levé devant le casque.

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oradour2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pour cette visite, je laisse l'appareil à Max qui prend de nombreuses photos.

 

 

 

 

Cette période a aussi une vocation éducative et culturelle. Ainsi, je propose d'aller passer une journée à Oradour sur Glane, village martyr de la seconde guerre mondiale proche de Limoges. C'est l'occasion d'évoquer l'histoire, mais aussi de débattre sur l'escalade de la violence et de ses conséquences, ici monstrueuses. Il faut dire que Max est impressionné par la désolation générale et particulièrement horrifié à la lecture des plaques qui relatent les ages des enfants et bébés sauvagement assassinés . . .

 

Nous allons aussi sur le plateau de Millevaches (célèbre dans notre communauté pour sa concentration hivernale des années 60/70, relancée l'année dernière) pour découvrir les ruines Gallo-Romaines des Cars. Cette visite est d'autant plus instructive que des panneaux explicatifs fort bien fait ont été apposé sur le site. Maxime s'intéresse aux techniques utilisées et semble ébahi par l'ingéniosité de nos anciens.

  ruines1

 

 

 

  

Maxime fait mine de plonger dans cette cuve taillée dans un seul bloc de granit (1,75 m. de hauteur sur 2,75 m. au plus large).

 

 

 

 

 

 

  Il profite aussi de mon anniversaire pour m'inviter au restaurant. Une merveilleuse soirée pendant laquelle il donne libre cours à sa fierté, sa bonne humeur un tantinet taquine (ce doit-être un gène familial) et sa joie de vivre. Comme quoi le fond est là, il suffit de le mettre en valeur . . .

 

Je dois retourner sur la région Parisienne, pour assurer des rendez-vous professionnels et, accessoirement, participer au mariage de mon fils. Nous faisons donc la route ensemble, ce qui lui permet de rajouter plus de 2000 kilomètres à son compteur de passager moto. Il double ainsi la mise de l'année dernière.

 

Les deux semaines qui suivent sont assez bousculées et miss Div en profite pour me faire quelques sueurs. Un rapide dépannage (elle n'a pas du apprécier le voyage en plateau) et là voilà repartit toute fringante après deux heures de perdues. J'assure mes rendez-vous entre les phases de pâtisserie. En effet je suis chargé de réaliser le dessert (pièce montée de plus de 400 chou agrémentée de 3 kilo de nougatine et parsemée de bouquets de roses en pâte d'amande – quelques heures de préparation et une grosse galère au montage dans une ambiance chaude et humide ! ! !).

  mariage

 

 

 

 

  

 

Christelle,
Cyrille et
Paloma.

 

N'ont-ils pas l'air heureux ces trois là ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mariage se déroule sous les meilleurs auspices malgré une date concordant avec le Bol d'Or (ma fille m'avait fait la même en son temps) ! ! ! La météo est parfaite et l'ambiance chaleureuse dans le restaurant de la belle-mère de Cyrille à Pont sur Yonne (endroit où les motards sont bien reçus d'ailleurs, voir le site). De plus, je suis régulièrement tenu informé de la course par mes potes sur place qui en profitent pour me charrier, mais aussi et surtout par le service de SMS gratuit fournit par "Laurent les motards". Merci encore à lui pour ce service que j'utilise aussi pour d'autres courses (24 heures du Mans ou Dark Dog Moto Tour).

 

Après le mariage, je dispose de trois jours calmes et me propulse à Metz vérifier la bonne humeur de Serge. La moto reste au garage et nous privilégions les longues balades pédestres et aussi culturelles puisque nous allons découvrir le centre Pompidou de l'intérieur. Au moment de mon départ il vérifie la bonne santé de son GSXR 750 et fait chauffer la bête quelques minutes. A cette occasion il m'apostrophe : " tu pourras écrire que nous avons fait de la moto ensemble . . . dans le garage, le temps que tu charge la tienne !".

 

Un nouveau rendez-vous professionnel en région parisienne ponctue cette semaine que je termine en famille. Le dimanche soir je file dans le 77 récupérer Jacques qui doit faire la route avec moi.

 

Départ le lundi matin par le chemin des écoliers. En effet, je veux éviter les grandes agglomérations de la région parisienne et nous empruntons donc des petites routes à travers champs et bois, sous de légères volutes de brumes rapidement dissipées par un soleil bientôt généreux.

 

Le road-book initial évolue souvent. A la vue d'un panneau indiquant Sens à une trentaine de kilomètres, je bifurque pour aller prendre le café dans le restaurant de la Maman de ma toute nouvelle belle-fille. Plus tard, c'est une direction "Briare" qui me fait penser au pont canal. Comme Jacques ne connait pas, nous nous détournons et y faisons une pause. Nous finirons cette étape découverte en traversant la Creuse avant d'arriver à Bort.

  briare

briare2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'eau du canal surplombe l'eau de la Loire et
les deux Div se dorent les flancs sur fond du pont-canal.

 

Au cours de cette semaine de repos (relatif) pour Jacques, nous profitons de mes moments de disponibilité pour arrondir ses pneus et lui faire découvrir la région. D'ailleurs, pendant une pause café salvatrice, il me demande "C'est bientôt fini ces virages ?" et je le rassure immédiatement "Ne t'inquiète pas, je choisis notre itinéraire pour avoir un minimum de lignes droites !".

  div-cregut

 

 

 

 

 

Les deux Div devant le lac de la Crégut.

 

 

 

 

 

 

  Ce type de routes et de rythme peu commun pour Jacques l'entraîne dans de longues nuits où il puise des ressources pour la suite des festivités. En effet, le week-end s'annonce particulièrement novateur et agité pour lui puisque je répond par l'affirmative à une invitation de copains à la finale du championnat de France Superbike à Albi. Encore des routes tortueuses en perspective, et une ambiance particulière à découvrir.

 

Mais ceci est une autre histoire . . .

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 14:18

Encore un petit retour en arrière pour combler mon retard de narration :

 

Mercredi 12 mai 2010 c'est la course mais j'arrive à me libérer en fin de journée pour partir à la rencontre de DD07 qui sera mon premier invité pour ce week-end de l'Ascension. Je dois le rejoindre à Murat (15) par la fabuleuse RAB (Route A Bonheur) tel qu'il l'a baptisée. Le temps est incertain et je prend ma tenue de pluie. Une soixantaine de kilomètres de plaisir à peine entamé par deux petites averses. Retrouvailles autour d'un café qui réchauffe un Dédé encore humide des orages rencontrés, puis retour vers la maison avec un petit arrêt à la fromagerie de Riom-es Montagnes. A une petite dizaine de kilomètres de Bort, nous retrouvons une averse qui se transforme rapidement en un déluge monumental. Si prés du but, je décide de ne pas nous arrêter pour enfiler les survêtements étanches mais la puissance de cette trombe est telle que nous arrivons détrempé. Ce week-end de 4 jours commence bien et les prévisions météo, sans être catastrophiques, ne sont pas très bonnes.

 

Je profite de cette soirée au calme avec Dédé pour avancer mes mises en place de cuisine pour les jours à venir tout en préparant nos Road-Book et en devisant joyeusement. Le lendemain matin nous partons dans la grisaille à la rencontre de nos deux acolytes. Pascal arrive de Bretagne et Éric vient du Mans où il a fait une halte en partant de Paris. Celui-là, il est digne de mes détours, souvent sujets de bien des boutades à mon encontre. Ce Éric est encore peu connu dans ce blog. Notre rencontre date d'il y a un an à l'occasion d'un fabuleux périple "jeunes permis" dans le Vercors et alentours ( cf. http://div19.over-blog.com/4-categorie-10913735.html et suivants – 5 articles, 1 par jour . . .). Enfin, "jeune", c'est surtout pour le permis car en age, il ne fait pas trop de mal à notre honorable moyenne ! Le point de rendez-vous est fixé à Argenton sur Creuse pour le repas de midi.

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Éric arrive sur son Fazer jaune, équipé comme si il faisait mauvais.

 

Au petit matin, c'était probablement nécessaire.

 

  

 

 

Nous rejoignons Ussel puis La Courtine et Aubusson où nous faisons une pause café. Nous faisons tâche dans cet établissement exclusivement occupé et tenu par des femmes, mais nos pitreries relève rapidement l'ambiance qui, à l'image du ciel est relativement grise ! Reprise du trajet par Guéret, Dun le Palestel et nous sommes les premiers à Argenton sur la place de la gare. Nous recherchons un endroit plus accueillant, à quelques encablures, laissons des messages sur les téléphones de nos compères et nous installons confortablement à une terrasse que le pâle soleil commence à réchauffer. Le Fazer d'Éric nous apparaît et nous nous levons pour attirer son attention. Nous devons tout de même être stratégiquement bien placé car il nous a déjà repéré et nous fait des appels de phares. Il n'est pas encore descendu de bécane que le ZX12R de Pascal pointe son nez. Les hostilités sont déclarés et Éric doit avoir une certaine appréhension de sa position de bizuth et des allusions que je fais à son "baptême" ! ! !

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Pascal et son ZX12R passent
devant la Kaouette de Dédé idéalement placée.

 

  

 


Après nous être sustenter en terrasse sous un astre solaire encore timide mais prometteur, nous partons faire les pleins des machines. Puis nous reprenons notre route de l'aller sur les premières dizaines de kilomètres pour ensuite obliquer vers Bourganeuf. Les enchainements de virages qui suivent vers Peyrat le Château et Eymoutiers sont un véritable régal et les craintes de Éric sur ses capacités à suivre (ou à nous ralentir plutôt) s'avèrent sans fondements. De toutes façons, nous ne faisons pas une course et nous profitons aussi des paysages tout en restant vigilants aux nombreux touristes ayant des attitudes parfois très étonnantes sur la route. Les quelques 90 bornes restantes pour rejoindre Bort par la D 979 sont effacées très rapidement. Il est vrai qu'à part Éric, chacun commence à bien connaître cet axe particulièrement plaisant, autant pour les paysages que pour ses successions permanentes de courbes.

 

Mes trois compères prennent leurs quartiers à la maison et nous peaufinons notre programme. Ce soir nous avons rendez-vous à Super-Besse avec toute une équipe de copains du Repaire des motards. Comme le temps est incertain et que nous rentrerons probablement tard, je propose de les conduire en voiture. Les hésitations sont vite balayées quand la question de l'alcool est évoquée. Comme je bois peu, mes trois alcooliques (pardon, je voulais écrire "acolytes") pourrons profiter pleinement sans arrière pensée ! ! ! Les motos sont donc rentrées au garage après que les chaînes soient graissées. Nous essayons de piéger Éric pour l'entretien de la chaîne de la Div, mais il connaît la machine et sait que c'est un cardan. Bon, ça ne peut pas marcher à tous les coups !

 

Les derniers kilomètres vers la station se déroulent dans un épais brouillard et nous sommes conforté dans notre choix de la "boite à roues". La soirée se déroule admirablement autour des spécialités solides et liquides apportées par chacun des quatre coins de France. Nous nous retrouvons avec plaisir et nous rappelons de multiples souvenirs de nos précédentes rencontres. La chaude ambiance n'est pas entamée par la neige qui commence à tomber sur la station même si certains sont inquiets pour le lendemain. Nous convenons avec Loup, l'organisateur de ce rassemblement, de nous retrouver le surlendemain au lac de Vassivière où se trouve un autre groupe de motards bien connu. Notre retour à Bort se fait d'abord sous la neige qui se transforme ensuite en pluie avec la perte d'altitude puis se calme dans la vallée. Nous auscultons les prévisions pour le lendemain. Comme nous sommes à la limite de la dépression, nous décidons d'un itinéraire qui nous devrait nous pousser vers le soleil.

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Pascal, couvreur de son état,
nous détaillent les techniques de charpente à Collonges.

  

 

 


 

Jeudi matin.

Comme d'habitude, Pascal et moi sommes les premiers debout et discutons en attendant les deux autres. Les petits déjeuners terminés, nous faisons les pleins des motos et partons vers Mauriac par la vallée de la Sumène, puis Pleaux et pause café à Saint-Privat. Nous profitons guère de la fabuleuse descente sur Argentat du fait de voitures un peu lentes, mais nous nous rattrapons dans la vallée de la Dordogne jusqu'à Beaulieu, puis sur la D38 qui nous mène à Collonges la Rouge. Pause d'une petite heure pour faire découvrir ce lieu à Pascal et Éric, puis remise en jambe sur la suite de cette D38 qui n'est qu'une succession de virages au parfait revêtement dans un superbe décor. Ensuite, nous redescendons vers le sud pour jeter un coup d'œil au château de Turenne et rejoindre Rocamadour par Martel. Petite pause photos et détente avant de repartir vers Calès et Payrac où nous nous arrêtons manger.

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Il se prend pour une figure de proue le Pascal,
au dessus de Rocamadour et de la vallée.

 

  

 

Nous repartons par la D820 (ex N20) pour rapidement obliquer vers Labastide-Murat puis Vers. Nous empruntons ensuite la vallée du Lot pour aller déambuler dans Saint-Cirq-Lapopie.

 

 

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 Éric doit remercier les cieux de ce temps magnifique,

à moins qu'il implore un peu de repos
ou quelques lignes droites ? ? ?

 

  

 


 

Après cette halte pédestre, nous remontons le Lot jusqu'à Figeac, puis la vallée du Célé et Maurs où nous nous abreuvons sous le soleil radieux et chaud. Nous terminons par un itinéraire plus rapide par Aurillac et Mauriac, mais toujours bien fourni en courbes et déroulant des paysages magnifiques, entre autre le sud de la chaîne des Puys (Plomb du Cantal, Puy Mary). La soirée est euphorique. Elle débute par un solide apéritif qui fait office d'entrée (c'est maintenant un rituel, n'est-pas Carlo ! ) suivi de lasagnes maison saumon/épinards, fromage et la fameuse galette au chocolat/noix de coco/pommes caramélisées que j'avais promis de faire déguster.

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Comme les trois mousquetaires, nous étions quatre.

Devant qui est-elle la sobre bouteille de Perrier ?
Devant le désintoxiqué bien sûr !

 

 

 


Pour ce samedi, nous avons validé notre rendez-vous à Vassivière avec Loup et son équipe, et convenu de nous tenir informé de nos avancements respectifs. Nous partons par la classique D979 et faisons la pause café à Bugeat, le relais motard de Meymac étant fermé. Un message de Loup nous précise le lieu où se trouve Cesco, Papy et leur bande. Dédé laisse un message signalant que nous sommes en route et largement en avance. A partir de Lacelle, nous prenons des petites routes.

 

Je me fais une belle frayeur dans une descente tortueuse et légèrement gravillonnée. En passant de troisième en seconde, je tombe sur un point mort et ne profite donc pas du frein moteur. Je n'ai pas le temps de corriger que la boite raccroche . . . en première. La sanction est immédiate, roue bloquée et dérapage sur la gauche que je contrôle trop fort avec un second coup de raquette mais sur la droite. Si ça reprend correctement, Éric, impressionné par cette figure de style, crois que c'est du aux gravillons et s'inquiète de sa tenue de route.

 

Nous arrivons au lac pour constater que le point de rendez-vous est particulièrement vague. Nous laissons un nouveau message à Loup et commençons à chercher des motos, d'abord dans le camping, puis le long du lac et dans un centre de vacances. Loup rappelle. Ils en ont pour encore au moins une heure et nous demande de joindre Cesco. Malheureusement, nous n'avons pas plus de chance que lui. Ayant écumé tout le secteur, nous décidons de nous poster à l'unique point de passage possible et d'attendre les uns et les autres. Dans ce carrefour en courbe, nous assistons à des scènes saugrenues. Un camping car qui s'arrête au milieu, non visible de part et d'autre et réfléchi à la route à prendre. Le stop grillé par plusieurs usagers, dont un sous le nez d'un cycliste. Une manœuvre au milieu du carrefour. Autant d'aberrations qui nous font dire qu'en définitive, il n'y a pas tant d'accidents que çà. . .

 

Nous commençons à être vraiment inquiets en ce début d'après midi quand le téléphone sonne. Les deux autres équipes sont à Eymoutiers, faisant le plein sous la pluie ! Nous sommes assez décontenancés par cette manière de faire, et les tentatives d'explications de Dédé ne trouvent pas grâce à nos yeux. Nous sommes coincés ici depuis plus de deux heures, le ciel devient menaçant, nous n'avons pas mangé et nous nous sentons les dindons de la farce.

 

Si ils préféraient rester entre eux, ce n'était pas la peine de nous convier ! ! !

 

Dans ce contexte, nous préférons ne pas tenter de les rejoindre. D'une part, ils ne semblent pas très sûr de leur programme, et d'autre part nous pensons pouvoir effectuer des choix nous évitant trop de zones pluvieuses alors qu'un léger crachin commence à nous arroser. Nous auscultons le ciel et décidons de partir vers Peyrat le Château par le nord du lac. Bon choix. Nous quittons la zone humide après quelques minutes, rejoignons un restaurant sur des routes sèches et mangeons pendant l'orage.

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Ce doit être une secte.
Ils passent leur temps à implorer les dieux
(ou les cieux humides).

 

 

 

Nous sommes d'autant plus désappointés que sans ce rendez-vous, nous serions dans le secteur du Puy Mary et de Salers sous le soleil. Maintenant, la journée est bien entamée et nous devons réévaluer nos plans. Pour changer de route, nous décidons de retourner sur Eymoutiers puis obliquer vers Chamberet et Treignac. La route est mauvaise et je décide de repartir vers l'axe principal. Après quelques kilomètres à flâner sur de toutes petites routes, nous retrouvons la D979. Nous terminons ce périple par du tourisme local, sur les Orgues basaltiques et au château de Val.

 

Pour la soirée, nous avons évacué notre déconvenue et constatons avec plaisir que Éric s'est particulièrement bien adaptée à notre petit univers. Il ne se contente pas de nous suivre dans nos délires, mais il est l'initiateur de bien des crises de rigolade.

 

Dimanche, il est temps pour mes visiteurs de prendre les chemins du retour. Éric et Pascal repartent vers Limoges où ils se sépareront pour retrouver Paris et la Bretagne. Après avoir sanglè correctement la paquetage d'Éric, je dois fournir des sangles à Dédé qui ne retrouve pas son matériel d'arrimage. Nous vérifions par téléphone qu'aucun des deux autres ne l'est pris par mégarde, cherchons partout, sans comprendre comment cela se trouve égaré. En fait le premier soir, sous l'orage, j'avais tout mis dans ma sacoche de réservoir et ma tenue pluie était venue par dessus. Je retrouverais ces sandows quelques jours plus tard en préparant un nouveau départ.

 

Merci à vous trois pour tous ces excellents moments
partagés dans la bonne humeur et le rire.

 

A refaire, encore et encore !

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 16:22

Nous arrivons, Serge et moi, sur le site du col de Grosse Pierre (955 mètres) au dessus de La Bresse dans les Vosges pour notre pique nique du samedi midi. Notre programme du week-end est simple, assister à la 20ème Montée Impossible (Hill-Climbing) organisée par le MC La Bressaude. Pour cet anniversaire, le programme est alléchant puisque se déroulent ensemble une étape du championnat de France, et 1 étape du championnat d'Europe. Certaines des manches à courir se réalisent en nocturne.

 

Les premières montées de démo (hors championnats) ne débutent qu'à 17h30 et nous déambulons dans le parc et au contrôle technique pour admirer les monstres mécaniques et disserter avec certains concurrents. La piste est encore vierge de traces. Elle ne sert qu'une fois par an, et en dehors de son utilisation, elle est amoureusement entretenue par les membres de la Bressaude.

  P1040639

 

 

 

 

 

La piste, ici la seconde partie, est encore vierge des assauts des monstres mécaniques.

 

Elle est soigneusement arrosée pour limiter la poussière et favoriser la tenue du terrain.

 

 

 

 

 

 

 

Le principe de ce type d'épreuve est simple. Partir à l'assaut de la vertigineuse pente semée d'embuches et tenter de passer le véritable mur final. Le classement est basé sur la longueur parcourue à l'endroit d'arrêt de la moto (même si elle est redescendue dans sa chute) ou, exceptionnellement, par le temps réalisé au passage de la ligne d'arrivée. En effet, très peu de compétiteurs réussissent ce challenge incroyable.

 

Les machines sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Tous types de solutions sont mis en œuvre et à tous les niveaux (cf. les photos dans la galerie ci-contre) :

  • En ce qui concerne les roues, nous trouvons des roues larges et équipées de plus ou moins de boulons. Mais une autre technique repose sur des dimensions de pneus plus conventionnelles, munies d'écopes,et/ou de boulons ou parfois même de chaînes. Enfin, les pressions peuvent être très basses et donner l'impression de pneus à plat ;

  • Les bras oscillants sont tous spécifiques et de réalisations artisanales ;

  • Pour ce qui est des moteurs, l'imagination est au pouvoir. Sans avoir la prétention d'être exhaustif, voici un aperçu des motorisations présentes, KTM, HONDA (y compris un 900 nitro), APRILIA, KAWASAKI (dont 1 double 500), YAMAHA, HUSABERG, DUCATI, TRIUMPH, SUZUKI ( particulièrement la spécialité locale, le 4 cylindre GSXR tronçonné à 3 cylindres – solution qui a largement fait ses preuves), AJS, GRT, BOMBARDIER ou autres prototypes, atmosphériques, compressés ou vitaminés aux kit Nitro ! ! !

 

P1040642

 

 

 

 Voici une Kawa bi-moteur aux couleurs de Caterpillar, n'en déplaise à certains de mes amis très verts . . .

 

Bon, je vais les rassurer. Cette machine est la première a passer sous la bannière d'arrivée ! ! !

 

 

 

 En fin d'après midi, nous partons à l'offensive de cette déclivité pour nous poster à mi hauteur. Nous avons ainsi une bonne vision sur les deux bosses qui devraient générer quelques beaux sauts, mais aussi sur la seconde partie de l'ascension, la plus spectaculaire, et sur l'escarpement final.

 

En attendant les premiers départs, nous assistons aux escalades des différentes engeances de sherpas :

  • La première race de ces grimpeurs est celle des bénévoles. Ils charrient les packs d'eau, des câbles, des appareils de mesure, . . . Cela donne une petite idée des difficultés qu'ils ont du rencontrer pour aménager ce site. Les éléments de protection, autant des pilotes que des spectateurs, le matériel d'éclairage et de sonorisation, tout est charrié dans cette déclivité pour y être installé, dans des conditions parfois très peu stables.
  • La seconde sorte d'alpinistes, je les ai surnommé les "Sherpa's Kro". Ils tractent avec vigueur et entrain des packs de bières, des sacs à dos et des caisses largement fournis en boissons diverses ! ! ! Si l'ascension est ardue quoique visiblement pas impossible, les descentes s'annoncent infernales. Quand je dis les descentes, je penses aux descentes des différents liquides, et ensuite aux descentes de certains, largement abreuvés. . . Enfin, nos jeunes voisins, en tee-shirt dans la fraicheur de la nuit (l'antigel semble efficace), restent tout de même relativement cohérents et sérieux (tout en étant particulièrement joyeux et rigolards). Ils restent la nuit sur place, ne souhaitant pas prendre de risques. Bravo à vous les jeunes pour cette attitude lucide, et nous gardons un excellent souvenir des pitreries échangées.

 

Les différentes manches s'enchainent et nous profitons largement du spectacle offert par les compétiteurs. Les pilotes en attente de départ déambulent autour de la piste et scrutent les passages afin de déterminer les stratégies à adopter. Une des grande difficulté réside probablement dans la mouvance du terrain. En effet, chaque montée engendre une évolution plus ou moins marquée de la piste, et certains coup de gaz rageur ouvrent immanquablement des saignées parfois importantes. Les conditions changent donc à chaque passage, mais d'une manière très aléatoire.

 

Ensuite, le groupe de Rock "Natchez" remplace les vrombissements des motos par ses trilles musicales. Vincent, du camping moto route 99 (63) m'avait vanté à plusieurs reprises les talents de cette formation et je partage son avis. Ils m'offrent d'ailleurs un émouvant moment lorsqu'ils attaquent un Creedence Clearwater Revival, objet de mon tout premier 45 tours (c'est plus tout jeune tout ça) ! ! ! Nous profitons de cet intermède pour tester les capacités de l'organisation quant à la logistique alimentaire. Là encore, La Bressaude a fait très fort. Plusieurs points de ravitaillement évitent des engorgements trop long et la bonne humeur de tous ces bénévoles permettent de passer de bons moments quand les cuissons retardent (légèrement) le service.

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Natchez, perdu au milieu de cet écrin de verdure.

 

Le groupe se défoule sous la toile bleue installée au milieu du site.

 

 

 

 

 

Les motos reprennent leur ballet pour deux manches de nuit. La féérie de cet environnement nocturne est amplifiée par un bien sympathique feu d'artifice tiré de la ligne d'arrivée. A l'issue de cette première journée, nous redescendons vers le campement vers 1 heure.

 

Dimanche matin,nouvelle halte au Montagnard (03.29.25.52.93), comme l'année dernière. L'équipe a changée mais l'accueil de Jean-Luc et Coco est aussi sympa. Puis nous grimpons à nouveau vers le site du Moutiers des fées. L'avant garde des femmes et hommes en blanc et rouge est déjà en pleine activité. L'organisation des parkings, la consigne (gratuite) pour les casques, la gestion de la circulation ou la mise en place des buvettes, stands de restauration et moyens logistiques occupent déjà de nombreuses personnes. D'autres s'activent à entretenir la propreté du lieu. Bien que le speaker rappelle fréquemment aux spectateurs la nécessité d'utiliser les nombreuses poubelles afin de préserver l'environnement, quelques étourdis ou réfractaires abandonnent leurs déchets sans précaution. Inlassablement, les membres de La Bressaude pallient à ces écarts avec abnégation.

 

La matinée se déroule sans encombres sous un soleil tellement présent que nous devons nous protéger de l'agression de ses rayons. Le spectacle est toujours aussi impressionnant et rares sont les participants qui passent sous la bannière de l'arrivée. Lorsque nous quittons ces lieux en milieu d'après midi, seuls trois équipage ont réussi "l'impossible montée" en 18, 20 et 22 secondes ! ! !

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Les hommes en blanc et rouge à l'oeuvre au milieu de la piste pour relever une machine et dégager la piste.

 

Un tout petit exemple des missions assurées par ces jeunes et moins jeunes !

 

 

 

 

 

 

 

Encore bravo au Moto-Club de La Bressaude

pour l'organisation grandiose, efficace et chaleureuse de cet événement.

 

Bravo aussi à ces centaines de bénévoles

qui œuvrent avant, pendant et après les courses pour nous offrir un environnement de qualité, permettre le déroulement de la manifestation dans de bonnes conditions de sécurité pour tous
et le tout dans la bonne humeur.

 

 

Des compléments peut-être plus explicites sont disponible au travers des photos visibles ici.

 

 

 

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 10:08

Un petit flash-back :

 

Premier week-end de juillet 2010, je me prépare à mon retour vers Bort après une longue période de région parisienne. Un cousin, Philippe, me téléphone le samedi pour me confirmer qu'il a remis en route sa moto et qu'il espère pouvoir se remettre en jambe avec moi prochainement. Je lui propose une petite escapade au cours de ce week-end puisque je suis dans sa région pour encore deux jours. Nous convenons qu'il me rejoigne chez mon frère à Bazemont (78) avec le casque de sa femme.

 

En effet, j'envisage d'emmener mon neveu et néanmoins fidèle passager Maxime, mais je ne souhaite pas laisser sa grande sœur Barbara toute seule. C'est la seule à n'avoir pas profité de la moto du tonton barjot (c'est elle qui m'a baptisé ainsi il y a de longues années !), et je lui ai promis une petite balade avant de repartir.

 

Dimanche midi, Philippe nous rejoint pour un repas rapide, puis nous équipons nos jeunes et partons dans l'idée de balader dans les boucles de la Seine. Barbara est derrière moi pour son baptême. Le top case est sécurisant pour un néophyte, et Maxime est suffisamment aguerri et sérieux pour prendre place sur la Suzuki 1100 GSX-G.

 max+phil

 

 Philippe, le timide qui se cache derrière ses lunettes, véhicule encore Max qui resplendit de bonheur.

 

N'est-elle pas belle la vie Max ?

 

 

 

 

Pour la mise en jambe, nous allons prendre l'A13 à Flins mais ressortons rapidement à Mantes pour rejoindre Vétheuil puis la Roche-Guyon où nous faisons notre première pause devant le château. Barbara a promptement compris les réactions d'une moto et sa tension des premiers kilomètres a rapidement décrue au profit d'un plaisir grandissant. Elle nous explique que sa plus grande difficulté réside dans les courbes où l'attitude à tenir est inverse à celle du cheval, sa passion (vous pouvez retrouver ses exploits à cheval en Mongolie avec ses amies Laura et Ana par ce lien : http://bamilona.over-blog.com/ ). Maxime est tout heureux de pouvoir refaire de la moto, bien sûr, mais surtout dans ces conditions, avec une grande sœur qu'il peut initier à une pratique qu'il maitrise, et pour cause (cf. http://div19.over-blog.com/article-mes-24-heures-du-mans-2010-49408225.html et http://div19.over-blog.com/article-tribulations-d-un-jeune-motard-maxime-41675621.html ). Nos deux passagers utilisent la LSF (Langue des Signes Française) pour communiquer sans les contraintes des casques, du bruit et de l'éloignement.

 

Nous reprenons notre route pour passer devant le magnifique château de Vernon et rejoindre Les Andelys et son imposant Château Gaillard. Si nous flânons sur ces petites routes, nous augmentons sensiblement le rythme dans les enchainements de virages au plus grand plaisir de nos passagers qui se délectent de toutes les sensations apportées par notre pratique. Pour moi, c'est vraiment un retour aux sources et une émouvante séquence de nostalgie. En 1973, mon papier rose tout neuf en poche, je chevauchais ma CB 350 Honda pour ma première virée entre potes (dont plusieurs étaient encore en 50cc) pour un pique nique à Château-Gaillard.

 max+bab

 

 La "grande" soeur Barbara, coincée entre le "petit" frère Max et le Tonton Barjot . . .

 

Les mines réjouies de mes jeunes me comble de plaisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une pause terrasse pour se désaltérer puis retour par Gaillon vers la vallée de l'Eure puis Pacy sur Eure où nous abreuvons nos montures. Maxime piaffe pour remonter derrière Philippe qui utilise le couple de sa machine pour accroître les sensations. Et, ce relatif petit jeune, semble plus joueur que moi, ce qui n'est pas pour déplaire au "gamin" ! ! !

 

Nous profitons pleinement des senteurs de l'été, des passages ombragés qui nous offrent une fraîcheur salvatrice, des paysages inondés de soleil et ondulants au grès des caprices de dame Nature. Arabesques de l'Eure se frayant son chemin dans les prés, vallonnements des collines accentués des couleurs des différentes culture arrivant à maturité, des bois ou des pâtures. Nous traversons l'Eure pour rejoindre Ivry la Bataille où nous la retraversons pour l'abandonner vers le Mesnil Saint Simon puis Septeuil, Thoiry, Maule et Bazemont.

 max-sérieux

 

 

 

 

Cache ta joie "gamin" . . .

 

Nous n'avons pas l'habitude de te voir si sérieux ! ! !

 

 

 

 

 

 

Nous terminons la journée avec Manon et les parents, revenus de leur propre périple. Excellente soirée, détendue et joyeuse, ponctuée par une dernière sortie de Maxime sur la moto du Tonton afin de raccompagner Philippe à l'entrée de l'A13.

 

Si vous voulez retrouver ces trois jeunes, Barbara, Manon et Maxime au travers d'un reportages de la 5, les liens sont disponibles dans un de mes précédents articles :

http://div19.over-blog.com/article-manon-ma-super-passagere-sourde-passe-a-la-tele-48122658.html

 

 

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 19:51

J'ai un peu de retard dans la narration de mes virées, mais je vais tout de même vous relater mon dernier week-end dans les Vosges.

 

Serge m'avait appelé il y a environ deux mois pour m'annoncer le déroulement de deux superbes manifestations se déroulant dans les Vosges au cours des week-ends précédent et suivant le 14 juillet, à savoir une course de côte de motos anciennes puis une manche européennes de montée impossible (Hill-Climbing). Nous y étions allés l'année dernière et il me proposait de rééditer ces sorties. Je n'avais pas pu lui donner de réponse car j'attendais des confirmations professionnelles pour fin juin. Au dernier moment, je peux accéder à son offre et le rejoins sous les feux brulants de l'été.

 

Départ le jeudi de Bort les Orgues dans une fraicheur agréable et même trop accentuée. Sur les hauteurs qui me permettent de contourner le nord de la chaîne des Puys, j'hésite presque à m'arrêter pour enfiler une polaire ! Néanmoins, le spectacle des montagnes embrumées se découpant en ombres chinoises sous la lumière encore timide du matin me réchauffe suffisamment. La température devient idéale dans la plaine de l'Allier et j'enroule gentiment jusqu'à la N70, bien pratique pour cette transversale mais que j'exècre. Cette route est terne, oblige souvent à rester de longs moments coincés dans des files de camions,et s'avère dangereuse par des dépassements très aléatoires d'usagers trop optimistes ! D'ailleurs, à l'approche de Montceau-les-Mines une déviation est en place pour cause . . . d'accident mortel. Ceci m'offre la possibilité de découvrir une portion du canal du Centre que je ne connaissais pas et qui semble magnifique. Malheureusement, englué dans le trafic intense et non adapté à cette petite route sinueuse à souhait, je profite guère du paysage et encore moins des enchaînements de virages. La chaleur s'accentue régulièrement et favorise certainement les raisins des innombrables vignes accrochés aux coteaux de Bourgogne. De bon augure pour tous ces vins dont les noms prestigieux défilent sous mes yeux !

 

Au nord de Dijon, les souvenirs affluent. Je traverse la région qui accueillait mes vacances enfantines chez mes Grands-Parents. J'y ai écumé toutes les routes en vélo et même, parfois, avec le vieux cyclomoteur subrepticement emprunté au Grand-Père ! ! ! Peu avant Langres, je m'arrête pour me sustenter. Comme une des dernières fois que j'allais à Metz (cf. http://div19.over-blog.com/article-ma-trahison-42758619.html ), je tombe sur un patron motard propriétaire de Gold-wing. Accueil sympathique, boutades standards, bonne humeur et excellent repas. Une adresse à conserver :

Motel Saint Michel - RN 74 – 52190 PRAUTHOY – 03.25.88.22.61

 

La conjugaison d'une température qui continue à monter, de la fatigue et de la digestion me pousse à rejoindre l'autoroute après Langres. La chaleur est devenue étouffante et j'ouvre les poignets de ma veste pour créer un effet climatisation du meilleur effet. J'arrive à Metz 2 heures plus tard, ravi de pouvoir me désaltérer pleinement avec l'ami Serge.

 

 

Samedi, nous partons vers les Vosges vers 8 heures afin de profiter de la très relative fraicheur matinale et éviter les risques de bouchons engendrés par les flux migratoires de l'été. Voies rapides (terme consacré mais de moins en moins juste vu les limitations ! ! !) jusqu'à Saint Dié puis l'ascension vers le col de la Schlucht par la D23H puis la D417.

 

Dans la descente vers Munster, nous butons sur une moto noire, pilote en selle, arrêtée en sortie de virage à droite, mais qui semble redémarrer avec hésitation à notre approche. Nous nous décalons sur notre gauche, mais légèrement puisque nous entrons dans une courbe à gauche sans visibilité. Heureusement que nous flânions gentiment car nous sommes surpris par une voiture arrêtée en warning le long du mur de droite et de nombreuses personnes déambulant sur la route. En fait, ce véhicule protège une Ducati rouge mal en point et négligemment appuyée au muret de protection de la forte déclivité, et les piétons sont pour la plupart des motards. Nous évitons ces obstacles au pas tout en vérifiant qu'il n'y a pas de blessés à secourir. En sortie de courbe, un couple de motard régule la circulation (toujours pas de visibilité à gauche) et en sortie de virage une moto est arrêtée, feux de détresse allumés, bien visible des véhicules montants.

 

Vu le monde déjà sur place, nous ne nous sommes pas arrêtés, mais avons tout de même signalé le manque de protection en amont, pourtant le plus important dans ce cas. En effet, voitures, motos et vélos peuvent arriver plus vite en descente et avoir plus de difficultés à stopper rapidement, tout en maitrisant des trajectoires correctes. Je profite de cet exemple pour exposer un précepte inculqué dans mes jeunes années à la Protection Civile, sur la procédure en cas d'accident :

le PASProtéger, Alerter, Secourir

Protéger – Eviter le sur-accident par une signalisation efficace en fonction du contexte et au moins à 150 mètres de chaque côtés (ici, au minimum à l'entrée de la courbe précédente) ;

Alerter – Les secours (ou les faire prévenir) en indiquant le lieu le plus exactement possible, la nature de l'accident, le nombre de blessés et le niveau de gravité ;

Secourir – en fonction de ses connaissances et capacités.

 

Bien que l'aval de cet accident soit bien sécurisé, nous continuons notre descente en prévenant les autres usagers par des appels de phares.

L'arrivée sur Munster est étouffante et nous nous empressons de remonter vers le Gaschney. A prés de 1000 mètres d'altitude, cette station de sports d'hiver nous offre suffisamment d'air pour rendre la chaleur plus supportable. Dans le paddock, nous retrouvons exactement notre place de l'année dernière et pouvons nous installer, déguster une bière bien fraîche et pique niquer à l'abri de l'ardeur du soleil. Nous déambulons ensuite dans le parc pour retrouver de nombreux compétiteurs rencontrés en 2009, et entre autre le side-cariste Ardéchois (cf. http://div19.over-blog.com/article-33900209.html ).

  condor

Mécanique dans le Paddock, ici sur une Condor, moto que je ne connaissais pas !

 

Les premiers essais de ce double championnat (Championnat de France et Championnat de Suisse de motos anciennes) débutent et nous nous postons sur l'aire de départ des convois, ce qui nous permet d'admirer toutes les machines en lice.

 

Le rituel de cette procédure est le suivant :

  • Pendant que les machines de la session se regroupent sur le parking du sommet du circuit, la route est fermée et la voiture du directeur de course remonte le circuit pour vérifier tous les aspects de sécurité (état de la piste, présence des commissaires, absence d'"intrus", . . .) ;

  • Arrivé au sommet, il libère la meute qui descend prendre position sur l'aire de départ. Il ferme la marche de ce convoi pour vérifier qu'aucun concurrent ne reste arrêté en route. Le commissaire du sommet interdit tout autre départ (concurrent en retard ou touristes – la station accueille de nombreux randonneurs) ;

  • Au pied du circuit, le directeur de course permet les départs. Les motos se présentent une à une sur la ligne où un commissaire les attend avec un sabot de retenue (le pilote peut ainsi se polariser sur la gestion gaz/embrayage sans s'occuper de retenir sa machine). Le feux tricolore de la cellule de départ libère le pilote qui se lance dans la course au chrono. Les temps sont gérés automatiquement par le système de la FFM, une cellule au départ, une cellule à l'arrivée et un transpondeur sur chaque machine ;

  • Après le dernier départ, le directeur de course remonte pour vérifier qu'aucun compétiteur n'est resté sur le circuit, puis la route est réouverte pour la montée puis pour la descente avant la prochaine session.

  r1-elec

 

 

Notez la prise sur l'orifice de remplissage du réservoir, ainsi que ce que cache le carénage . . .

 

Cette R1 est entrainée par un moteur électrique ! ! !

 

Bruit (ou quasi absence de bruit) saisissant pendant les démonstration.

 

 

Si les premiers arrivés sur l'aire de départ se disputent les places à l'ombre, les suivants souffrent sous leurs cuirs et invectivent, gentiment, les retardataires qui augmentent le temps d'attente. Nous profitons de ces phases pour saluer des personnes rencontrées l'année dernière ou découvrir de nouveaux participants. Bien sûr, nous chahutons aussi pas mal. Ainsi, à force de voir s'égosiller le commissaire dans sa radio (Lapin pour Jean-marc, Lapin pour Jean-marc) et de voir le dit Jean-Marc (Schikel – Président du Nouveau Moto Club de Munster) se débattre pour favoriser la circulation et ne pas entendre ces appels, je joue à l'estafette et blague avec les deux protagonistes.

  triumph

 

 

 

 

Une Triumph pour la livrée, mais munie d'un turbo diésel.

 

Impressionnant, mais ça ne me tente pas du tout pour l'instant.

 

 

 

 

 

 

 

En début de soirée,après une insignifiante averse de quelques minute, nous rejoignons le chapiteau pour déguster une tarte flambée et voir se mettre en place le groupe de rock devant animer la suite des festivités. Ces joyeux drilles se présentant sous le nom de YATO, se révèlent excellents et nous offre un très large de spectre de musiques magistralement interprétées. L'excellente ambiance de cette longue soirée n'est sûrement pas étrangère aux prestations endiablées de ces musiciens qui semblent prendre autant de plaisir que les innombrables danseurs.

 

Les orages environnants n'entament pas ce climat de détente, au contraire. Les vents générés par les phénomènes climatologiques rafraichissent l'atmosphère avec bonheur. Visuellement, les montagnes se découpant devant le feu continue des arcs électriques offrent un paysage grandiose et fantasmagorique. Avec Serge, nous allons nous coucher vers 1 heure du matin, alors que YATO est encore en verve et que la piste de danse et le bar sont toujours bien fournis.

 

Le dimanche matin, nous profitons des croissants tout chaud proposés par l'organisation. Ensuite nous faisons notre dernier tour de paddock avant de plier nos affaires et descendre à un point intermédiaire de ce circuit de 2700 mètres. C'est l'occasion de voir les différentes session d'essais chronos et des premières courses sous des angles différents, et en particulier en épingle ou en courbe rapide. Nous en profitons pour faire connaissance avec un couple (le père et la fille) venu avec un side récemment acquis en Bretagne. Séquence nostalgie d'autant plus garantie que Serge est en verve pour nous raconter certains passages épiques de ses jeunes années de motard. Nous découvrons aussi des visions différentes de la compétition au sens large dans nos discussions avec un commissaire de piste. Pendant que Serge se fait un petit roupillon, nous échangeons longuement avec ce commissaire pendant les pauses et ses informations issues de son expérience sur tout types de circuits et types de manifestations sont une nouvelle source de réflexion.

  side

Kurt et Suzanne Schüttel à l'assaut du Gaschney sur un Colonia-Yamaha de 1968.

 

Nous profitons de la pause de midi pour redescendre encore afin de nous poster au niveau de la ligne de départ. En attendant la reprise, nous "siestons", à l'ombre des conifères. Bientôt, les commissaires reprennent leurs postes et le premier groupe rejoint la zone des départ. Nous retrouvons des têtes connues de l'année dernière et nous associons au speaker pour souhaiter un bon anniversaire au Dédé local. Celui-ci est bien du même acabit que nos Dédés Ardéchois ou Bretons rencontrés à plusieurs reprises dans ces lignes. Passionnés et pas tristes !

 

Nous profitons pleinement des différentes sessions, tout en participant aux joyeux délires qui émaillent cet après midi, avec une petite équipe qui assume avec sérieux ses missions mais qui sait aussi profiter avec bonne humeur des moments qui passent.

 

Nous retournons en fin de journée vers Metz et ses 38°, fatigués mais satisfait de cet excellent week-end.

 

Merci à vous tous, promoteurs et acteurs de cette manifestation :

  • Les bénévoles du NMC Munster qui œuvrent sans discontinuer et dans la bonne humeur, ainsi que son Président Jean Marc, présent sur tous les fronts (y compris sur la piste . . . de danse . . .) ;

  • Les commissaires des différents MC, sans lesquels ces manifestations n'auraient pas lieu, et dont certains sont "réquisitionnés" le matin même (pour une certaine vision de ces femmes et hommes, lire aussi http://div19.over-blog.com/article-30770050.html );

  • Les musiciens du groupe YATO pour leur punch, leur endurance et leur éclectisme, artisans d'une bien sympathique soirée ;

  • Tous les compétiteurs dont le niveau de passion continue de m'impressionner.

 

Et, j'espère, à l'année prochaine pour la 21ème

 

 

PS

les nombreuses photos de l'année dernière sont toujours disponibles dans les TROIS albums suivants :


Dans le Paddock   http://div19.over-blog.com/album-1422894.html

En piste  http://div19.over-blog.com/album-1678178.html

Sur la ligne de départ   http://div19.over-blog.com/album-1422864.html

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 10:14

Comme exprimé précédemment, j'arrive au Mans dans le plus grand dénuement, au moins par rapport à l'environnement. Si mes bagages contiennent mes tenues de ville, c'est au détriment de l'équipement nécessaire au camping sur un circuit. Néanmoins, Pascal assure fort et nous offre tout le confort nécessaire dans son trois pièces pliant.

 

Je profite de cette sortie pour emmener mon neveu Maxime qui a vraiment pris le virus cet été. Il est dans la période cruciale de l'adolescence encore obscurcie du refus de son handicap. Toutefois, il fait des efforts immenses et je veux lui témoigner concrètement mon admiration pour tout le chemin parcouru ces derniers mois. Le marché est clair entre nous. C'est une sortie de grands et il lui appartient de prouver qu'il a sa place avec nous !

 

Avec Pascal, nous sommes les premiers arrivés à la concentration du houx. Maxime bave d'envie devant le side, mais il est trop chargé pour qu'il puisse y prendre place. Fred et Marvine nous rejoignent moins rapidement qu'annoncé au téléphone mais nous sommes de bonne humeur sous le soleil radieux. Maxime profite de cet engouement pour "vendre un coup" à Marvine. Ils échangent leurs places, lui dans le panier Comanche et elle derrière moi. Le trajet est suffisamment court pour que je ne lui rappelle pas une frayeur qui a quelques années alors qu'elle était ponctuellement ma passagère. A son arrivée au circuit, elle se plaignait auprès de Fred à peu prés comme ceci : "le fou, dans une grande courbe, j'ai cru qu'il posait la valise au sol . . ."

 max-arrive

 

 

 

 

 

Il ne veut plus sortir du panier ce singe
(terme consacré du passager).

 

 

 

 

 

 

 

Nous installons notre campement dans l'annexe du houx bien dégarni cette année. Est-ce du fait de l'interdiction aux voitures ou est-ce engendré par une fréquentation moins forte ? Je penche pour la seconde réponse malgré les annonces de l'ACO de 92 000 spectateurs. Nous avons tous trouvé la foule moins dense et les parkings moto habituellement bondés le dimanche matin laissaient de grandes places libres.

 

Pendant que nous nous organisons, Maxime prend l'initiative de rapporter du bois. Il faut dire que le feu le passionne et la perspective d'un bon brasier doit le réjouir. Fred doit ressentir l'attrait des sides pour notre jeune néophyte et il lui permet de monter sur le sien. Dans sa grande bonté, il démarre son engin, monte derrière le "pilote" et lui explique le maniement des commandes. Puis c'est parti pour quelques tours de camping avec panache (de poussière aussi dans les chemins de terre). Max est ravi, son sourire éblouissant, sa fierté éclatante. Merci encore à toi Fred pour ce super cadeau.

 

Les derniers Bretons arrivent fin d'après midi, avec le troisième Comanche de William accompagné du jeune Romain et le XJ 900 de Hervé dont c'est la première grande sortie. Le fol équipage du TT 2007 est reconstitué, la Div 'bleue ayant remplacé la Div' grise de l'époque (cf. http://div19.over-blog.com/article-10908803.html et suivants).

 

Eric le Landais nous tient informé téléphoniquement des brillants essais de Loïc dit LOL. Ce pilote attachant de superbike s'est vu proposé un guidon pour ces 24 heures et nous croisons les doigts pour lui. Malheureusement son équipe n'est pas qualifiée du fait de sombres histoires de règlement et de moyenne de temps de l'équipe. LOL croit encore un peu en cette course. Ses chronos sont plus qu'honorables et il espère pouvoir intégrer un autre team.

 

Nous allons visiter les stands ouverts au public en fin de journée. Pascal a une idée géniale. Il remet à Max un gilet jaune et cette précaution se révèle très utile dans la foule pour retrouver mon petit gars qui ne peut pas réagir à nos éventuels appels qu'il ne peut entendre. L'accueil que les teams lui réserve est souvent chaleureux et il fait une moissons d'autographes. Il se prend tellement de passion pour la 18 des sapeurs pompiers qu'il achète leur casquette et la porte fièrement tout le week-end.

 

La fraicheur tombe mais l'ambiance est toujours aussi amicale dans ces retrouvailles, ces délires, ces crises de rigolades, cette chaude amitié à nouveau partagée. Dédé, un autre Breton et non pas l'Ardéchois nous rend visite. Et c'est d'autres souvenirs qui remontent. Un week-end au Vigeant pour le Troféo Rosso où le Dédé s'était vu servir le petit dèj' au lit . . .(cf. http://div19.over-blog.com/article-21455549.html ).

 

 

radar

 

 

 

 

 

 

Une bien sympathique équipe déjà rencontrée il y a 2 ans avec cette superbe machine à sous !
(cf.
http://div19.over-blog.com/article-19035105.html )

 

 

 

Le samedi matin je réveille Maxime qui ne semble pas particulièrement disposé à sortir de son moelleux cocon. Lorsque je lui annonce que je pars en ville faire quelques courses pour le groupe, ses yeux s'ouvrent immédiatement et la question fuse :" en moto ?". A ma réponse affirmative, son visage s'illumine d'un magnifique sourire et il sort de son duvet à la vitesse de l'éclair. Comme quoi une saine motivation peut faire des miracles !

 

Il est ébahi de voir tant de motos déambuler dans la ville, mais sa stupeur est encore plus grande quand nous pénétrons dans le parking en sous sol du super marché. Des centaines de bécanes, une cacophonie de moteurs et de rupteurs, des rires et de la bonne humeur. Le spectacle continue dans le magasin envahi de cuir et casques, mais aussi de nombreux "civils" jeunes et moins jeunes venus assister au spectacle.

 

En fin de matinée la mauvaise nouvelle tombe. LOL ne pilotera pas sur ces 24 heures. Une équipe anglaise l'a approché mais s'est rabattu sur un pilote d'outre manche. Un second team a pris un nouveau pilote 10 minutes avant son passage. Nous sommes tristes pour lui et convenons de nous retrouver après le départ.

 

Nous assistons au départ dans le double droit du garage vert. Ce passage en paquet est impressionnant et il faut aussi faire confiance aux autres pour virer ainsi, plein angle, les uns contre les autres. Je vous propose une vidéo de ce premier passage. Le trio de tête est déjà bien défini. C'est aussi une première chaleur. Remarquez, dans la seconde moitié du groupe, la Kawasaki 77 qui frôle la catastrophe à l'accélération dans l'extérieur du second droit. Belle reprise, chapeau l'artiste. (et pour cette équipe Espagnole, nous pourrions parler de corrida ! ! !)

 

 

 

 

Nous commençons notre pérégrination autour du circuit pour rejoindre le village où nous avons rendez-vous avec LOL. Hervé et Maxime profite de cette attente pour tester le simulateur. La mine réjouie à la sortie vaut tous les discours.

 

Loïc est désabusé, mais reste positif et constructif. Il s'est à nouveau prouvé ses capacités. Ses chronos sont d'autant plus excellents qu'il ne connaissait pas la machine. Il est persuadé qu'il conservait une nette marge de progression. Et de cela, autant Pascal que moi nous en sommes convaincus. Nous l'avons vu tenir la dragée haute aux meilleurs lors d'une épreuve de superbike au Vigeant. Et c'était d'autant plus exemplaire que sa machine était COMPLETEMENT stock et à peine rodée. Pas de démultiplication adaptée au tracé, un système de freinage qui atteint rapidement l'ébullition, vraiment rien pour favoriser des temps canons et pourtant, la science du pilotage doit bien être là ! ! !

Loïc conserve des perspectives pour le Bol d'or. Si certains de mes lecteurs avaient des idées, des tuyaux, des contacts ou des besoins, je les mettrais en contact avec Loïc avec grand plaisir.

 

Comme la soirée s'annonce, nous retournons au campement pour nous sustenter. Fred et Pascal sont déchainés. Depuis l'abandon de la Suzuki du SERT, la 11 mène le bal avec brio et ces deux Kawasakistes convaincus balayent mes sarcasmes de ces dernières années quant aux nombre de tours parcourus par les machines vertes.

 

Nous retournons faire un tour de circuit de nuit. Maxime est ébloui par ce ballet incessant des machines sur la piste. Il est impressionné par la rapidité des changements d'angles au "chemin aux bœufs" et dans la "Dunlop" Il fait une longue pause en face du stand de la 18 et s'étonne de la rapidité des ravitaillements. Vers minuit la fatigue le gagne et nous retournons vers les tentes. Je lui demande si il veut que je le réveille au petit matin pour aller assister au lever du jour sur la course. Il décline pour bien se reposer avant de prendre la route du retour.

 18-nuit

 

 

 

 

  

L'équipe prête à recevoir la machine pour un changement de pilote.

 

 

 

 

 

 

 

6H00 le dimanche, je réveille Pascal, Fred et Hervé qui voulaient venir avec moi et nous attaquons par le garage vert. Une longue pause est provoqué par Pascal qui mitraille. Dans l'album photo je vous propose d'ailleurs de nombreuses vues de ces instants. Les jeux d'ombres et de lumières sont magnifiques. Le soleil sur les visages casqués des pilotes au freinage et dont la moto godille plus ou moins. Je ferme les yeux un instant et me laisse bercer par une musique qui m'enchante tellement que je sort un papier pour prendre des notes sur ce spectacle afin d'essayer de vous retraduire ce que je nomme la symphonie du garage vert :

 

  • Lancée à pleine vitesse, la fourche s'écrase dés le début du freinage et l'arrière tente désespérément de passer devant ;

  • Le moteur hurle à chaque rétrogadage et les pneus gémissent sur l'asphalte. Lorsque la roue emprunte la bordure jaune et bleue, le chuintement de la gomme se transforme en staccato ;

  • A l'approche du premier droit le bruit moteur décroit suffisamment pour laisser la place au sifflement des plaquettes sur les disques ;

  • L'entrée dans le premier droit se fait sur un filet de gaz ce qui permet d'entendre le feulement des sliders qui viennent caresser la piste (et la nuit se sont les gerbes d'étincelles qui sont visibles) ;

  • Dans le second droit, le moteur reprend de la voix et propulse tellement la machine que le wheeling est fréquent ;

  • La rageuse montée en régime est ponctuée par le passage de la vitesse suivante.

 

Et ces pilotes sont des métronomes. Ce mouvement se répète pour chaque moto, ces bruits s'entrechoquent pour chaque passage en groupe et les sons des différentes phases de chacun des participants se mélangent à ceux des autres compétiteurs. Du grand spectacle !

 

J'abandonne mes compagnons vers 14H00 au plus grand plaisir du Max qui piaffe d'impatience de remonter sur la moto pour une courte étape vers la Sologne et des retrouvailles avec Serge. Nous tentons une pause à Vendôme mais ne trouvons rien d'ouvert. Cet arrêt rafraichissement est reporté à Blois où je vis en instant particulier.

Le cafetier se débat avec un pèlerin Hollandais qui parle anglais. Devant leur désarroi, je propose mes humbles services pour la traduction. Dans la discussion, j'aperçois Maxime qui m'observe avec étonnement. Je comprendrai après qu'il lit sur mes lèvres mais ne comprend rien. Au bout de quelques minutes il découvre que nous n'utilisons pas le français. Sa réaction étonnée est instantanée "tu sais parler anglais toi ?". Eh oui Max, le tonton est sûrement un peu barjot mais il arrive tout de même à se débrouiller en anglais . . .

 max-dodge

 

 

 

 

  

 

Bien fatigué le p'tit gars dans le Dodge !

 

 

 

 

 

 

 

Après une courte balade pédestre et un savoureux diner concocté par Serge, Maxime va rapidement se coucher. La matinée du lendemain est consacrée à la découverte d'engins d'exceptions et d'une virée aquatique sur l'étang. Le départ sonne après le déjeuner et les parents sont tout heureux de retrouver un fils enthousiaste et tout bronzé.

 

Vous pouvez aussi accéder à deux albums photos :

  • Le premier est consacré au groupe, à Maxime et aux activités annexes ;
    http://div19.over-blog.com/album-1625160.html
     
  • Le second, plus volumineux ne comporte que des motos dans les stands ou en course.
    http://div19.over-blog.com/album-1625165.html

    Je remercie encore Pascal de nous fournir toute cette matière. Bon, en découvrant tout cela il ne sera pas la peine de vous préciser à nouveau sa marque fétiche, proche d'un certain John agricole ! ! ! Mais ils ont gagné cette année, longtemps après le récital d'un certain Fast'Sebil - Bertrand Sebileau - . . .

    (Salut à toi si tu lis ça. J'ai toujours une pensée émue vers toi lorsque je suis au "chemin aux bœufs", un enchaînement où tu excellait !).

 

Nos dernières 24 heures de printemps sont terminées.
L'année prochaine les dates seront interverties avec celles du Bol d'Or
et nous viendrons au Mans à l'automne.

Comme il y a 36 ans maintenant,
pour ma première grande course, le Bol d'Or au Mans
qui partira plus tard dans le sud lors de la création des 24 heures.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 10:08

 

Comme mes activités me poussent en région parisienne, j'en profite pour prendre le train vers Metz et retourner chercher ma fidèle Div'4 lâchement abandonnée en ce début d'année (cf http://div19.over-blog.com/article-ma-trahison-42758619.html ).

 

Serge a préparé ce retour et l'a démarré la veille pour vérifier l'état de la charge de la batterie. Après avoir rempli les cuves de ses carbus, elle s'est ébrouée sans autre forme de procès. Ainsi, dés ma prise en main, la bête se réveille instantanément, visiblement impatiente d'aller dérouiller ses bielles engourdies.

 

Pour repartir vers Paris, j'hésite entre trois itinéraires :

 

  • Le nord par la Champagne et l'occasion d'aller saluer le motard restaurateur rencontré en décembre avec un bien sympathique et réconfortant café à L'épine (comme ci-dessus, cf. "ma trahison") ;

  • Le sud par Nancy et la nationale 4, d'un intérêt très relatif, mais assez rapide ;

  • Une alternative entre les deux par Saint Mihiel et les fabuleux enchaînements de virages vers Bar le Duc.

 

Comme je suis pressé et que la moto est bien chargée (tout l'équipement d'hiver entre autre), j'abandonne l'idée de parcours plaisir pour favoriser les grands axes. Mon choix est définitivement dicté par Jacques et Martine du 77. Le circuit sud passant à quelques kilomètres de chez eux, j'en profiterai pour me faire offrir un café.

 

En arrivant sur Nancy, je commence à regretter ce choix. Un panneau lumineux indique que la nationale 4 est déconseillée aux poids lourds et deux roues. Je tente d'éviter cet axe mais les petites routes, pourtant bien agréables, me font perdre trop de temps. J'opte donc pour un retour sur la 2x2 voies qui est dans un état déplorable, victime des rigueurs de l'hiver. La vitesse y est souvent limitée à 90, 70 et voir même 50 km/h sur de nombreuses portions dont une des deux chaussées est souvent neutralisée ! ! !

 

J'arrive tout de même en début d'après midi pour boire mon café debout, soucieux de soulager mon fessier de ces longues heures sans arrêts notoires. Jacques n'a pas le temps de sortir sa Diversion rouge car je repars rapidement, le devoir m'appelant fortement.

 

Toute la semaine, la moto reste à l'arrêt. Je suis trop pris par mes activités professionnelles. Seul Pascal me replonge régulièrement dans le monde du deux roues par ses appels incessants. Comme d'habitude il va aux 24 heures du Mans le week-end prochain et veux que je le rejoigne. Mes dénégations ne le calme pas et il évoque toujours une solution. Je n'ai pas de tente, il en amènera une grande. Mon duvet est à Bort, pas de soucis, il vient avec le side et m'en fournira un . . . Pour une fois, je brave ma faiblesse légendaire et continue de décliner offres et solutions.

 

Néanmoins, le hasard vient à son secours par le biais d'un rendez-vous en Bretagne à la veille de ce week-end fatidique. Comment refuser cette invitation alors que Le Mans est sur ma route de retour ?

 

Je profite donc de cette course, d'excellent moments avec les copains, mais aussi avec mon neveu Maxime, déjà bien aguerri cet été (cf. http://div19.over-blog.com/article-tribulations-d-un-jeune-motard-maxime-41675621.html ). Ces derniers temps, comme j'étais en région parisienne, il me réclamait des tours de moto et je ne prenais pas le temps de lui en offrir. Il est donc de ce voyage de "grands".

 

Cet épisode du Mans fera l'objet d'un prochain article à paraître dans les jours à venir, mais je dois trier et travailler de nombreuses photos, surtout celle envoyées par Pascal.

 

Au retour du Mans vers la région parisienne, une petite halte en Sologne chez Louis où nous retrouvons Serge. Pause détente et calme d'une soirée et d'une matinée qui permettent à Maxime de découvrir un endroit charmeur ainsi que de nombreux véhicules atypiques.

 max-etang

 

 

Un repos bien mérité pour Maxime dans la quiétude de ce lieu qui se pare de ses atouts printaniers !

 

 

 

 

 

 

 

 

Je fini par rentrer sur Bort très lourdement chargé, et je me laisse surprendre plusieurs fois par un centre de gravité très haut. Certains balancements dans des rond-points ont engendrés des petites frayeurs lorsque la machine semble prendre le commandement pour pousser vers la chute . . .

zpat 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas à la fête avec ce chargement, mais je suis bien calé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En arrivant sur Limoges, le temps est incertain et je profite d'un ravitaillement à Feytiat pour me désaltérer. Devant notre traditionnel point de rendez-vous, je suis pris d'un doute. Le restaurant a changé de décor et de nom. Allons nous conserver cet endroit aussi pratique qu'agréable ?

En fait, je crois que oui. Si "le mas cerise" est devenu "le resto ...(...la suite)", notre sympathique et polyvalente Jennifer est toujours présente et elle me vante avec passion les nouveautés, dont une carte alléchante. Je crois que nous allons très prochainement tester ! ! !

 

La fin du parcours m'offre des routes d'abord humides puis détrempées sous l'orage. Heureusement, la météo s'améliore à partir de Meymac et j'arrive quasiment sec à Bort.

 

Il me reste un moment difficile à passer. Accueillir Olivier qui vient prendre en charge sa nouvelle acquisition, la ZRX. Nous avions conclu notre accord avant mon départ et il attendait mon retour avec impatience. Il avait privilégié la moto sur piste, mais veut retourner sur la route en offrant un confort acceptable à son épouse. Je suis persuadé que cette attachante Kawasaki a trouvé un pilote à sa hauteur, et que Madame appréciera cette selle accueillante !

 

Longues et heureuses balades à vous !

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:49

22 décembre ;

 

Div4 est prête pour son mini tour de France de fin d'année et, après un épisode fortement neigeux, la météo redevient relativement clémente. Quelques risques d'ondées sont prévu et je pense que les routes sont maintenant suffisamment dégagées.

 

Je pars donc relativement serein de Bort. Les premiers kilomètres vers Ussel décide de mon itinéraire vers Limoges. Les traces de neige sont largement estompées et j'abandonne l'option autoroute via Brives pour emprunter la D979. Entre Meymac et Bugeat le blanc des bas côtés mordent encore sur la chaussée, calmant toute velléité. A allure modérée j'ausculte l'asphalte à la recherche d'éventuels scintillement annonçant du verglas. Je ne perçoit que deux tentatives de dérives et, rapidement, la route devient plus sécurisante avec la perte d'altitude pour redevenir parfois séchante.

 

Lors de ma traditionnelle pause à Feytiat (café-plein d'essence) il bruine et j'hésite à enfiler la tenue de pluie. Comme je suis bien équipé, je ne m'attarde pas et fait confiance aux annonces de régimes d'averse. Même si cela se renouvelle j'aurais le temps de sécher entre deux rincées. A la sortie de Limoges la pluie redouble, assortie des projections d'un trafic dense. Je recherche donc un endroit abrité pour me vêtir de la tenue idoine. Ne trouvant pas rapidement je décide de m'arrêter à Bellac dans un routier tenu par des anglais fort sympathiques. Malheureusement il est fermé et je continue ma route sans trouver rapidement de nouvelles occasions. Les manchons protègent bien les gants, mais l'eau finit par ruisseler dans les manchettes et s'immiscer dans le pantalon. Il n'est donc plus temps de s'arrêter, mais de souhaiter un arrêt des hostilités pour commencer à sécher. En fait, soit j'ai mal interprété la météo, soit l'averse m'a poursuivie, mais la pluie n'a pas discontinué jusqu'àprès Poitiers, finissant par traverser aussi les manches de la veste. J'arrive chez mon frère Bruno (le réalisateur des photos d'automne) trempé et ma tenue est contente de trouver une cheminée en pleine activité.

 

Je passe une journée à Lencloitre à chahuter avec mes neveux. Ce tonton barjot n'est vraiment plus au fait du contexte des jeunes. La période de Noël est déjà suffisamment excitante pour eux pour ne pas en rajouter. Je me rattrape un petit peu en leur donnant des conseils pratiques de cuisine, particulièrement à Charles toujours avide de mes combines et astuces culinaires.

 

Le 24, je repousse mon départ en milieu de matinée du fait des températures négatives et des sols détrempés. Les risques de verglas sont important et me conduisent à retrouver l'autoroute à Châtellerault en direction de Paris. La tenue pluie enfilée dés le départ retarde correctement l'emprise du froid par sa fonction coupe vent. Je l'apprécie encore plus au niveau de Tours quand je retrouve la pluie. Le trafic est très fluide et je m'offre une séance photo (de face ! ! !) organisée par une voiture banalisée connectée à un "hibou". Au niveau de Rambouillet, le froid s'accentue et la blancheur environnante me pousse à la prudence, surtout sur les petites routes qui me conduisent vers Aubergenville (78). Une séance de slalom entre les plaques de glace et de neige durcies me pousse chez un autre frère (le père de Maxime, super passager de cet été). Je voulais faire une visite éclair et mon vœux se réalise d'autant plus qu'il n'y a personne. Je rejoins donc mon fils à Saint Leu (95) avec lequel je dois réveillonner.

 

Cette soirée est particulièrement agréable. Je fais la connaissance de sa belle mère accompagnée de son compagnon qui se trouve être un motard Bourguignon. Enfin, quand je dis motard, un possesseur de R1 qui voit surtout le soleil ! ! ! Cette espiègle (et facile) réflexion vous donne une idée de la soirée. Détendue; joyeusement animée et agréablement dotée d'un sobre et néanmoins fin et excellent repas. J'ai légèrement officié en cuisine (ah, cette sauce Madère aux truffes a bien plu) pour aider Christelle et Cyril dans la réalisation de leurs préparatifs. Quel plaisir de vivre ces moments simples mais inoubliables. Le jour de Noël est très calme hormis une rapide incursion dans une réunion familiale plus large (je suis, entre autre, l'ainé de sept enfants).

 

Le 26, je repars pour ma plus petite étape. Je retrouve mon frère à Bazemont (78) et sa petite famille dont ses deux enfants Manon et Maxime fidèles passagers de leur Tonton dans des balades mémorables. Deux jours plus tard un nouveau saut de puce me fait traverser la région parisienne d'ouest en est pour retrouver Jacques dans le 77.

 

Les perspectives météo étant humides, et mes pneus présentant des côtés relativement "slicks", j'en profite pour faire un saut chez Dafy à Meaux après réservation téléphonique des nouvelles chaussettes de Div4. Cette opération donne lieu à une embrouille malencontreuse avec Rémy l'associé mécano engendrée par une mauvaise évaluation de nos propos réciproques. Heureusement, tout rentre rapidement dans l'ordre et mes deux pneus neufs sont montés. Je tiens à renouveler ici mes remerciements envers Rémy qui a su dépasser le blocage initial, accepter mes explications et assumer sa mission. Le 30 il est temps de partir pour Metz. C'est presque le printemps. Les températures remontent jusqu'à 10-12° et les routes sont séchantes.

 

Un arrêt café peu après Chalons en Champagne me fait découvrir un motard bien sympathique. Le premier contact est brutal. A l'annonce de sa monture qui est une Gold Wing, je chambre immédiatement et il rentre tout aussi instantanément dans le jeu. Outre cette bonne ambiance, le café s'avère délicieux, superbement servi et d'un rapport qualité/prix exceptionnel. La carte du restaurant laisse augurer d'autres plaisirs. Je n'ai pas le temps de m'attarder, mais je repasserais par là !
Je vous conseille vivement cet établissement "Aux Armes de Champagne" – 31 Avenue du Luxembourg – 51460 L'EPINE – 03.26.69.30.30 –
http://www.aux-armes-de-champagne.com).

 lepine









Face aux "Armes de Champagne" se dresse cette magnifique basilique qui semble incongrue dans ce village tapi au sein de la Champagne.

Un bon point de repère !

Dommage que la luminosité de ce jour ne soit pas meilleure pour mettre en valeur cet édifice.













J'arrive à Metz en tout début d'après midi. Brigitte, Serge et leur fille Amandine m'attendait pour manger. Délicate attention, surtout d'Amandine qui m'a surnommé Père Taquin. On se demande bien pourquoi ! ! !

 

Le réveillon se déroule bien calmement à quatre. Cette année je n'ai pas eu le droit de passer en cuisine et cela me fait tout drôle. Bon, nous n'étions pas pour autant maltraités. Avec Brigitte ET Serge aux commandes l'on ne risque pas de manquer ni d'être déçus.

 

Les conditions météo étant en forte dégradation, les motos restent au garage et nous en profitons pour faire quelques balades pédestres. Nous surveillons la prise en glace de certains bras de la Moselle et mon appréhension quant à mon retour croit de manière proportionnelle. Le 4 janvier j'envisage un départ le 7 dans une fenêtre météo qui semble plus favorable (plutôt moins pire d'ailleurs ! ! !). Dés le lendemain l'évolution rapide remet en cause cette option. Nous surveillons avec acuité les variations des prévisions mais il me semble inconscient de tenter un retour dans ces conditions. Outre les accumulations de neige et/ou de verglas en fonction des régions à traverser, il faut aussi tenir compte du temps nécessaire pour un tel périple dans ces conditions. Le froid et la tension nécessite des arrêts plus nombreux et plus long pour éviter engourdissement et perte d'attention. Dans ces conditions et à cette époque cela implique de la route de nuit ce qui augmente encore les risques.

 

En fin de semaine il devient évident que je ne peux pas assurer mon rendez-vous du 13 janvier qui est incontournable. Brigitte me propose la voiture de son Papa récemment décédé et j'adopte l'idée. Avec Serge nous nous occupons de la remettre en route, faisons monter 2 pneus neufs et changeons 2 sphères (amortisseurs Citroën).

 

Ce lundi, nous avons profité d'un léger redoux pour aller dessaler Div4 avant de la remiser. Certaines stations de lavage fonctionnaient mais l'accès était ardu sans pneus cloutés ! ! !

 

Voilà, il y a quelques jours je charriais les copains de cet été contraints de se déplacer en voiture et me voilà "caisseux" à mon tour, abandonnant lâchement Div4 qui, elle, a toujours répondu présent.
(cf.
http://div19.over-blog.com/article-6000-bornes-en-2-semaines-et-beaucoup-de-plaisir-42681663.html)

 

Demain matin ma trahison sera consommée, mais je reviendrais rapidement. En attendant, si l'état des routes le permet, il me reste 2 bécanes à la maison pour ne pas perdre la main ! ! ! 

PS : Aujourd'hui j'ai refait le stock de feuilletage pour Serge. J'en ai profité pour inventer une nouvelle recette de galette car Serge n'apprécie pas trop la frangipane. Une crème au chocolat à 70% de cacao avec beurre, œufs, sucre et noix de coco. Par dessus, un lit de pommes caramélisées. Trop top ! ! !

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:45

J'ai la chance de pouvoir allier des activités professionnelles qui me font voyager avec des visites d'amis, des découvertes de nouvelles régions et de grands périples à moto. J'ai largement profité de cet état de fait en début juin. Un rendez-vous dans le Sud-Ouest une semaine et un autre en Vendée la semaine suivante. Entre les deux, un joli périple, un Grand Prix et de sympathiques moments entre copains.

 

Mardi 9 juin

 

Aujourd'hui, j'ai un rendez vous à 15H00 à Agen. Je pars de bonne heure pour pouvoir profiter de toutes ces magnifiques régions à traverser.

 

La D979 me permet de rejoindre la D1089 (ex N89) au niveau d'Ussel pour poursuivre vers Brives et la D820 (ex N20). La descente sur Souillac et la vallée de la Dordogne est magnifique. Comme je profite du paysage, je facilite le passage à une horde déchainée de motards hollandais qui doivent trouver bien du plaisir dans ces méandres routières quasiment inconnues dans leurs contrées.

 

Après Payrac, et jusqu'à Cahors, ce n'est que du plaisir dans des enchainements de virages serpentant au sein de paysages admirables sous une lumière éclatante. La circulation y est faible, le trafic étant bien déchargé par l'A20 parallèle.

 

Cette étape se termine par Tournon d'Agenais, un arrêt repas et mon rendez-vous. En fin de journée, je rejoins Blanco qui m'accueille chez lui. Au cours des deux jours que nous passons ensemble, nous alternons visites, balades, travaux pour son team Kawa (http://jmb-motoracing.com/) et dégustations de produits régionaux. Ce dernier paramètre est à lui seul un poème. Entre les ressources locales et l'ardeur de notre chef, nous nous délectons de plats savoureux, dégustés dans la bonne humeur, sous un soleil radieux et dans un environnement enchanteur. C'est aussi l'occasion de faire connaissance avec son épouse Marianne et de retrouver avec bonheur un autre Kawasakiste, Enrico (un lâcheur du clan vert d'ailleurs puisqu'il vient de passer au CBR 1000 ! ! !).

  blanco1

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L'ami Blanco 100 % Kawa. Même dans son jardin il chevauche un engin vert ! ! !

Vendredi matin l'heure du départ sonne de bonne heure. J'ai rendez-vous en fin d'après midi dans la banlieue de Barcelone pour assister au Grand-Prix avec une équipe de la Vallée du Rhône emmenée par Carlo. Blanco m'a conseillé un itinéraire qui promet bien du plaisir par Andorre et Ripoll. Au premier arrêt, avant Toulouse, un message de Carlo change mes plans. Il doit partir en voiture suite à un léger accident qui l'empêche de prendre son CBR XX. Il propose que nous nous retrouvions en route pour déjeuner. Je décide donc de rejoindre Perpignan au plus vite et lui laisse un message dans ce sens. En arrivant à proximité de la frontière, un nouvel avis sur mon téléphone m'indique que les "caisseux" ont poursuivis leur route. Nous devons donc nous retrouver sur place. Je reprend l'autoroute jusqu'après Gironne puis la N11 pour retrouver la côte et notre camping à Calella où un chalet nous est réservé. Les copains sont encore à table et je rattrape mon retard. L'après midi se poursuit sur la plage et en ville pour faire nos courses. La soirée se déroulent dans des successions de rigolades engendrées par les histoires drôles et nos délires habituels.

 carlo

damien



Carlo dans l'effort et Bernard proche de la léthargie.

Quant à Damien, il ne cache pas sa joie.
Est-ce l'origine de son surnom ? ? ?





Le samedi nous partons vers le circuit, bien organisés. Il est hors de question de prendre la voiture et nous répartissons les trois piétons sur les machines. Jean-Pierre embarque Damien dit Bouffon sur le Pan European, Bernard charge Carlo derrière la BMW RS et Jean Marc accepte de m'accompagner sur la vénérable Diversion, enfin, Nicolas, le "jeunot" et fils de Bernard nous suit en solo sur la Triumph. Les trois routières sont équipées de valises et top case. Nous pouvons ainsi embarquer nos pique nique et de quoi nous changer. De plus, notre équipement ne nous gênera pas sur place, en particulier les casques, toujours encombrants.

 

Jean-Pierre, habitué des lieux emmène le groupe. Malheureusement, des trous de mémoires opèrent subrepticement et le transfert se mue en découverte des alentours de Barcelone qui nous procure tout de même une jolie partie de plaisir dans un tourniquet tapi sous les arbres et parsemé de chicanes mobiles. Certains ont profité de cette portion pour se défouler. Personnellement, toujours très sage, je me trouve relégué à quelques centaines de mètres. Je me rattrape un peu plus tard à la grande surprise de Jean-Marc. Il ne s'attendait pas à un passage de ralentisseur en wheeling et pendant un dépassement de la voiture intercalée dans notre groupe ! ! !

 

La journée est paradisiaque. Nous profitons pleinement des essais sous un soleil de plomb et l'assistance a même prévu les crèmes solaires qui nous évitent de nous transformer en écrevisses bien cuites, comme certains de nos voisins. J'avoue humblement que je n'avais pas du tout prévu ce paramètre et que j'ai néanmoins largement profité de la capacité d'anticipation des autres. En fin d'après midi, la retour s'effectue plus directement. Le groupe explose provisoirement entre la piscine, la plage et la sieste avant de se retrouver autour de l'apéritif. En échange des multiples doses de crème solaire piquées dans la journée, j'offre au groupe mon expérience en m'attelant au (mini) fourneau. Si la réalisation de spaghettis Bolognaises ne relève pas de la grande cuisine, mes compagnons semblent se délecter et m'abreuvent de commentaires flatteurs. Les fromages Auvergnats, apportés pour l'occasion, sont appréciés et viennent agréablement clore ce repas. La soirée se déroule de façon traditionnelle, dans les fous rires à répétition.

 

Le dimanche est bien sûr consacré aux courses, dans une ambiance folle, particulière au peuple Ibérique. Damien, qui vit son premier GP est excité comme un enfant devant le sapin de Noël. Deux instants particuliers resteront dans nos mémoires. En 125, le leader se dégageant d'une âpre lutte se méprend sur la finalité et rend la main à l'avant dernier tour. Le temps de comprendre sa méprise, il est passé par plusieurs machine et ne pourra pas refaire tout son retard. Pour ce qui est du MotoGP, le mano à mano entre Valentino Rossi et Jorge Lorenzo se révèle somptueux. Les deux compagnons d'écurie prennent la tête tour à tour dans des dépassements d'anthologie, le multiple champion du monde prenant le meilleur au dernier moment. De retour au chalet, nous partageons une collation rafraîchissante et j'abandonne la fine équipe vers 17 H 00 pour remonter vers le nord.

 rossi

Un ballet magnifique ce MotoGP. Ici, l'Espagnol tente d'échapper à la pression de l'Italien.

Tenu par le temps et voulant minimiser la route de nuit, j'emprunte rapidement l'autoroute et maintiens une vitesse légèrement supérieure à la limitation de 120 km/h. Deux motards allemands me doublent à prés de 160 km/h et je m'installe derrière eux. Nous remontons régulièrement les autres usagers dont de nombreux groupes de motos lorsque nous arrivons sur une formation plus importante. Nous découvrons rapidement que ce "bouchon" est créé par un motard de la Guardia Civile qui stabilise sa vitesse à 140 km/h. Je profite de cet instant pour saluer cette initiative. Ces motocyclistes des forces de l'ordre faisaient des rotations et régulaient ainsi le trafic. De cette manière, nous maintenions une vitesse très correcte, dans un flux sans à coups, en minimisant les risques de dépassements des voitures qui restaient plutôt sagement sur la droite (sauf en fin de peloton où quelques tentatives d'insertion sont opérées). Ce type d'initiative me paraît bien plus sécuritaire et, pourquoi pas éducatives, que des planques savamment organisées au plus grand profit de caisses étatiques diaboliquement percées ! ! !

 

Lors de la sortie de notre ouvreur en uniforme, qui nous salue d'ailleurs, mes deux lièvres Teutons reprennent les commandes et je m'engouffre dans leur sillage. Une vingtaine de kilomètres avant la frontière, un panneau à message variable nous annonce des contrôles de la velocidad. Peu rompu à la langue Espagnole, j'en déduit tout de même qu'il doit s'agir de surveillance de vitesse et j'accrois mon auscultation des bas côtés et ponts. Un bruit incongru et lancinant vient troubler le sifflement du vent. Débrayage et coup de gaz me confirment qu'il ne s'agit pas d'une anomalie moteur, mais le bruit s'amplifie et se précise. Je lève les yeux pour découvrir un hélicoptère. Surement trop tard si c'est un contrôle de vitesse ! En arrivant en vue du péage de La Jonquera je constate qu'une sortie me tend les bras et je tente l'esquive. Un motard de la Guardia Civile est en faction et ausculte le passage. En contrebas, en amont du péage, un imposant comité d'accueil est en place et, apparemment, fort occupé. Je suis particulièrement tendu en attendant la sanction. Je termine la courbe et vient mourir sur une meute de motos en attente au péage. Dans les quelques minutes qui suivent ma tension augmente jusqu'à ce que je me trouve noyé parmi les derniers arrivants. Ensuite, le temps d'attente est consacré à quelques blagues et rires avec les voisins. Je profite de cette sortie pour refaire le plein en Espagne et repars par la nationale pour Perpignan où je retrouve l'autoroute A9. Un arrêt café rapide au niveau de Narbonne pour combattre la fatigue qui s'accumule, puis une halte plus longue sur le Larzac alors que le jour se couche pour faire le plein de la machine et appeler Jacques dans le 77. Il est prévu que je passe le prendre pour qu'il se remette à la moto après une longue interruption. Il est toujours d'accord et nous convenons que j'arrive chez lui mardi pour repartir mercredi.

 

Tout de suite après le viaduc de Millau, je me fais doubler par une Ferrari et je m'insère dans son sillage à distance respectable jusqu'à ma sortie à Saint Flour. Ainsi, dans ce trafic quasiment nul, je pourrais anticiper les effets néfastes de l'éclair d'un flash ! Après une petite heure de la Route A Bonheur chère à DD07, j'arrive à Bort vers minuit, fourbu.

 

Le lundi est consacré à la reconstitution de mes bagages pour la suite du périple.

 

Je repars mardi en milieu de matinée et emprunte essentiellement des routes secondaires par Aubusson, Bourges, Nemours, Fontainebleau et Melun pour arriver en fin de journée chez Jacques et Martine. Vérifications des deux Diversion, dîner et soirée tranquille.

 

Mercredi matin, départ à la fraiche, la Div bleue ouvrant la route à la Div rouge de Jacques. Nous rejoignons les rives de la Loire à Orléans par Fontainebleau et Pithiviers. C'est ensuite le déroulement de la levée de la Loire par Blois, Tours et Saumur. Nous en profitons pour déjeuner dans un restaurant testé il y à quelques mois avec Ulrich et où nous sommes toujours bien accueillis - auberge de la Bonde à Saint Michel sur Loire - 02.47.96.83.13 -(cf. http://div19.over-blog.com/article-24185859.html)

 

Jacques tient le coup et suit le rythme relativement calme, sauf quand je décide de m'amuser dans un enchainement de courbes. Mais la règle entre nous est claire. Il ne doit pas chercher à rester derrière moi si il ne se sent pas à l'aise, c'est à moi de l'attendre. A Saumur, nous quittons le cours de la Loire pour obliquer vers Cholet, Montaigu, Challans et arriver à Saint Jean de Monts en fin de journée où nous nous installons pour quelques jours.

 

Le lendemain nous fuyons une barrière nuageuse annoncée sur l'estuaire de la Loire et filons vers le sud de la région. Nous descendons jusqu'à Saintes où je retrouve un ancien copain d'école de gestion qui nous fait partager sa passion de la cuisine Libanaise, son pays d'origine (Le Mezzè – 9,rue de la Comédie – 17100 Saintes). N'hésitez pas à lui rendre visite si vous aimez les riches saveurs orientales. De plus, je vous garanti un accueil des plus chaleureux, et encore plus hilare si vous lui parlez de moi. Pour ce retour, nous passons par l'ile de Ré dire bonjour à une de mes nièces Lina qui officie dans un restaurant (Le Café du Commerce à Ars en Ré 05 46 29 41 57 - http://www.cafcom-ars.com - Accueil sympathique, carte variée, savoureuse et agréable, cadre divertissant).

 ilere









Le trés reconnaissable clocher d'Ars en Ré.







Depuis, Lina a décidé de passer son permis moto et elle ne devrait plus tarder à rejoindre nos rangs, et j'espère que nous la retrouverons prochainement dans ces lignes. Le retour se fait de nuit avec une fraicheur bien plaisante.

 

La semaine se termine entre rendez-vous personnels, balades locales et longues randonnées pédestres sur la magnifique plage entre Saint Hilaire de Riez et Saint Jean de Monts. Cette activité à de plus valeur de rééducation suite à mon entorse du mois dernier au cours de sorties avec de jeunes permis (cf. http://div19.over-blog.com/article-31936053.html).

 

Pour le retour vers la région parisienne, Jacques prouve qu'il a retrouvé une aisance certaine. Les dépassements sont plus francs et rapides. Dans les grandes courbes de la levée de la Loire, les trajectoires sont nettes et régulières. Il est vrai qu'en plus de cette remise en condition, le pneu arrière, usé bien à plat, a été changé à Challans et offre une sécurisation accrue.

 chateau







Petite pause cigarette en face du somptueux château d'Amboise.




Après un répit d'une journée chez Jacques et une révision chez Dafy Meaux, je profite d'être dans l'est parisien pour faire un saut rapide à Metz pour dire bonjour à Serge et Brigitte avant de repartir vers Bort (je vais encore me faire charrier sur ma propension à trouver des itinéraires pas toujours très directs ! ! !).

 

Plus de 6000 bornes en deux semaines me confirment la bonne santé De Div4, et son aptitude à rouler loin et longtemps. Heureusement que quelques temps morts ont permis à mon arrière train de se reposer de temps en temps . . .

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 13:40

Premier lundi de juillet, un appel téléphonique de Pascal le breton :

 

"Pat, es-tu toujours d'accord pour me recevoir une nuit. J'aurais confirmation demain matin. Tu me prépare un road-book pour Largentières dans les Alpes et tu me feras le pilote ?"

 

Pour moi, c'est toujours d'accord pour l'accueillir, mais je décline la virée dans les alpes car je dois être vendredi à Metz et il n'est pas encore sûr de pouvoir partir le lendemain.

 

Ce projet est en gestation depuis quelques jours. Pascal veut rejoindre sa famille déjà sur place, et assister aux championnats de France de canoë-kayak auxquels ses fils participent. Il m'a donc demandé de faire une étape à la maison et me soudoie pour que je le guide, persuadé que j'ai un GPS dans la tête.

 

Mardi matin première heure, nouvel appel : " C'est bon pour moi, je charge le 12 (Kawasaki ZX12R) et je prend la route."

Je lui demande de m'appeler aux alentours de Poitiers. Ainsi, je partirais à sa rencontre et nous fixons notre rendez-vous au point habituel à Feytiat en sortie de Limoges.

 

A l'aller, je prend deux averses dont une monumentale et j'arrive trempé. Heureusement qu'il ne fait pas froid. Dix minutes plus tard, Pascal arrive juste pour éviter un orage qui éclate soudainement. Nous restons à l'abri le temps nécessaire à la fin des hostilités célestes. Nous revenons vers Bort relativement tranquillement puisque les routes sont bien mouillées, mais peu après Lacelle, je commence à hausser sensiblement le rythme. De sombres et volumineuses nuées se développent sur notre droite, les coups de vent prennent de l'ampleur. La perspective d'une nouvelle douche ne me réjouit pas. Par contre, je ne suis pas certain que Pascal comprenne le pourquoi de cette accélération subite et cela me fait sourire.

 

Petite pause au relais motard de Meymac pour dire bonjour et prendre un café. Nous assistons, sous quelques gouttes éparses, au déluge qui s'abat sur les crêtes que nous venons de quitter. Pascal me confirme qu'il vient juste de comprendre la raison de ma hâte et il se sent mieux à l'abri de ce déferlement.

 

Sur place, je présente mon projet d'itinéraire. Pascal me rabroue. Ce n'est pas la peine que je lui explique puisque je vais lui ouvrir la route ! ! !

Comme je suis un pauvre être faible et facilement influençable, je me range à son désir. En fait, ma décision était déjà prise le matin. J'ai deux jours pour remonter sur Metz par les Alpes, le Jura où je pourrais faire une petite visite à la blessée de Saint Flour récemment rapatriée dans sa région, et les Vosges. Une perspective bien alléchante !

 

Mardi matin nous partons à l'aurore et les 30 premiers kilomètres sont un calvaire. La D679 qui nous entraine à Condat est une petite route étroite, tortueuse et fraichement gravillonnée. De plus, cette période de lever du jour est propice à la divagation d'animaux sauvages et ma tension en est décuplée. Nous rejoignons ensuite Issoire avec plus de plaisir. Les enchainements sont entrainants, même si nous avons encore des traces d'humidité, et de nombreuses grandes courbes sont bien adaptées au ZX12R, et donc largement appréciées par Pascal.

 

A la sortie d'Issoire en direction de Saint Germain l'Herm un doute me tenaille. Sommes-nous sur la bonne route ? N'avons-nous pas, par inadvertance, emprunté le circuit ? La longue et douce montée est élaborée en amples et magnifiques courbes au revêtement irréprochable. Et comme le ZX12, affolé par l'appel de cette piste routière, me pousse inexorablement, je suis obligé, à mon corps défendant, de tricoter du sélecteur et d'emmener mon compte tour à des niveaux rarement utilisés pour aller user fortement les bonshommes Michelin des bords des pneus. Quel pied !

 

Nous continuons à enchainer cette face sud des monts du Forez jusqu'à Arlanc, lieu de notre première pause café. Ensuite, Bibendum continue à nous corrompre et nous pousse sur ses petites routes bordées de vert (des voies spéciales Kawa bien sûr !). Entre Craponne et Yssingeaux, la DDE a largement épandu son gravillon et la seconde alerte est suffisamment chaude pour calmer mon ardeur. Les deux roues sont parties ensemble. Heureusement elles raccrochent rapidement avec un vigoureux coup de rein réflexe. Pleins des machines à Monistrol sur Loire et un petit bout de 4 voies pour contourner Saint Étienne.

 

Ensuite, de nouveau du plaisir dans la descente du col de la république, puis le fabuleux plongeon dans la Vallée du Rhône par le tourniquet de Serrières. Entre le magnifique point de vue et les virages enchainés serrés, nous avons là un magnifique dessert pour marquer la fin de l'épisode "Massif Central". La suite, jusqu'à Grenoble est d'un intérêt très relatif. En dehors des multiples rond points et des perspectives sur le Vercors, le transfert entre les deux massifs montagneux est triste. Nous en profitons pour nous restaurer et souffler avant d'attaquer les Alpes. Encore un peu de 4 voies pour contourner Grenoble, atteindre Vizille et s'engouffrer dans les gorges de la Romanche pour Bourg d'Oisans où nous nous désaltérons après les fortes chaleurs de la vallée. En face de nous les cimes de l'Alpe d'Huez nous présentent un léger saupoudrage neigeux datant de la nuit dernière.

 

La combe de Malaval nous emmène à La Grave, sous les majestueux glaciers de la Girose et de la Meije, puis la pente s'accentue jusqu'au col du Lautaret. La descente vers Briançon s'effectue dans la vallée de la Guisane. Dans cette portion, non seulement nous avons refusé de doubler un camion italien, mais avons fini par nous arrêter pour une pause cigarette afin de le laisser partir (et se calmer j'espère). Le conducteur de cet engin a visiblement voulu nous démontrer ses capacités en voyant arriver les deux motos. Les dépassements sont devenus de plus en plus dangereux. Un cycliste arrivant en face a dû se pousser dans le bas côté pour ne pas être emporté. Deux courbes plus loin, les roues gauches n'étaient quasiment plus en contact avec le sol. Un spectacle angoissant.

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Les jeunes espoirs français à l'attaque dans les flots tumultueux de la Durance.




17 km plus tard nous sommes arrivés à Largentières où se déroulent les compétitions dont nous pouvons voir les dernières de l'après midi. Après une excellente soirée en famille et une bonne nuit, il est temps pour moi de reprendre mon périple.

 

Je profite d'être sur Briançon pour faire une rapide incursion dans la magnifique vallée de Névache, arrosée par la Clarée, où un oncle et une tante possèdent un chalet. Par chance ils sont arrivés la veille au soir et je les cueille à la sortie du lit. Bon moyen pour se faire offrir un café. Soucieux de ma santé, mon oncle Jacques se rassure en auscultant ma tenue. Il trouve ma passion dangereuse mais apprécie que je semble gérer ces risques, au moins par un équipement adapté. Je reprend rapidement la route d'hier jusqu'au Lautaret pour obliquer à droite vers le col du Galibier.

 

La barre des Écrins m'offre un spectacle somptueux. Les glaces et neiges scintillent de mille feux sous l'ardent soleil du matin. La montagne se découpe sur l'azur d'un ciel pur. Dans cet environnement, l'esprit est bucolique, le train mesuré. Une horde de Suisse puissamment armée de machines sportives me déborde avec d'autant moins de difficultés que je me range sagement et leur fait signe de passer.

 

L'ascension vers le Galibier se poursuit gentiment, sur l'étroite route serpentant au flanc de la montagne sur ma gauche, le précipice vertigineux se déroulant sur ma droite. A l'approche d'un virage à gauche, un camping car apparaît brusquement au beau milieu de la chaussé en élargissant vers moi. Je pique instantanément dans le bas côté pierreux, au ras de l'abîme, je frôle l'avant du véhicule et attend le choc dans ma valise. Heureusement, le conducteur probablement distrait, a dû se réveiller à temps et reprendre une trajectoire plus adaptée à ma sécurité. Je tremble comme une feuille. L'espace d'un instant je me suis vu plonger, bien conscient que j'effectuais mes derniers tours de roue. Je réalise que si j'avais freiné, je tapais le camping car qui me projetait probablement dans le profond dévers. Je suis tendu à outrance et raide sur la moto qui maintenant me domine totalement. Jamais je n'ai encore eu aussi peur en moto, et pourtant ces quelques instants ont été des plus courts.

 

À l'arrivée au col je m'abstiens de l'arrêt photo prévu. Je ne suis pas sûr d'oser repartir. Les paysages que je traverse à faible allure n'attirent plus mon attention et je redoute chaque virage. Dans cet état, la descente sur la vallée de la Maurienne ressemble à un enfer. A Saint Jean, je m'octroie une pause café et m'oblige à rapidement repartir. La triste vallée se déroule sans encombre vers Chambéry puis la rive du lac du Bourget. J'ai beau essayer de me détendre, mes mâchoires sont continuellement serrées et j'en ai mal aux dents. Je ne profite même pas des enchainements de virages suspendus à fleur d'eau à la sortie d'Aix. Combien de fois ais-je pris cette route avec ma vieille 2CV lorsque, très jeune Papa habitant Annecy, j'allais voir ma femme et ma fille, bébé, en maison de repos ?

 

Je traverse rapidement le Rhône pour faire le plein de la machine à Culoz et reprendre ma progression. Je remonte la vallée jusqu'à Bellegarde sur Valserine qui m'offre une vue sur les premiers contreforts Jurassiens et le ciel bouché et gris qui les domine. Ma motivation déjà chancelante n'est pas renforcée et je m'arrête pour me sustenter dans un établissement à service rapide d'origine américaine ! A force de motivation, j'arrive à repartir et m'engage dans la vallée de la Valserine qui doit être magnifique sous une lumière plus présente. Pour l'instant ce n'est pas le cas, la route est mouillée et mon humeur est à l'image du ciel, bien grise et tourmentée.

 

Je suis rapidement sorti de ma pensive léthargie par la galop de deux chevreuils qui déboulent de la montagne vers la route à quelques centaines de mètres devant moi. Je ralenti pour leur laisser le temps de passer. La mère et son petit traversent la chaussée mais s'arrêtent sur le bas côté gauche et m'observent. Ayant eu mon compte d'émotions pour la journée (au moins !) je ne tiens pas à les voir retraverser sous mes roues. Débrayage et coup de gaz rageur. La petite famille n'insiste pas, prend la poudre d'escampette et disparaît vers la rivière.

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Pour éviter toute ambuiguité, voici le type de pipes qui m'ont fait défaut dans ce périple ! ! !





A l'approche de Mijoux un faible crachin vient confirmer mes doutes antérieurs, mais je continue vers Saint Claude. A Septmoncel, pause café où j'apprends que la route est déviée dans de mauvaises conditions. Tant pis, je n'irais pas tester les pipes(de Saint Claude, pas du bois de Boulogne !) et retourne sur mes pas pour rejoindre Les Rousses et Morez, puis Mouthe et Pontarlier. Il est prés de 22H00. Je trouve un hôtel et abandonne l'idée de contacter Jackol et Cathy vu l'heure tardive. L'endormissement est difficile, le film du camping car de ce matin passe en boucle devant mes yeux fermés.

 

Vendredi matin le soleil brille à nouveau,mais de nombreux nuages lui permettent de jouer à cache cache. Je repars de bonne heure après un bon petit déjeuner sur des routes souvent humides, voir mouillées. Je suis dans le Doubs, je traverse le village de Doubs pour emprunter la vallée du Doubs qui est magnifique,et je revois avec plaisir le défilé d'Entreroche qui porte vraiment bien son nom.

A ces chaussées parfois piègeuses, s'ajoute mon appréhension des autres usagers. Si je vois arriver un autre véhicule un peu vite, avec un comportement bizarre ou me serrant de trop prés, je suis tendu et inquiet. La scène de la veille est loin d'être estompée. J'arrive tout de même à me délecter de cette magnifique région qui resplendit sous un soleil qui perd peu à peu de sa timidité. Je ne prend pas le temps de déguster une des fameuses saucisses à Morteau et déguste mon premier café à l'entrée de Montbéliard (toujours sans saucisses, mais d'un autre type !).

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Le défilé d'Entreroche. Merci à DD07 qui m'a ouvert ses archives. Ces photos ont maintenant quelques années et nous rappellent un autre périple dans la région ! ! !

Pour le passage de cette succession de communes, je me refuse à prendre l'autoroute mais je le regrette rapidement. Déambuler dans une grande agglomération méconnue est d'autant plus difficile que le panneautage n'est pas toujours évident ou même absent. N'ayant qu'une carte de France, je me fie à mon sens de l'orientation et me retrouve tout de même à la sortie de Belfort où je profite de la vision des œuvres de Vauban (comme hier à Briançon d'ailleurs).

 

Au Nord, vers le Ballon d'Alsace, le ciel est bouché alors que le bassin qui contourne les Vosges par le Nord-Est présente une luminosité plus engageante. Après l'étude de la carte routière, j'opte pour une remontée de la plaine d'Alsace pour rejoindre Cernay puis la fameuse route des crêtes. Le choix est judicieux. Si j'entame mon ascension sous de lourdes volutes grises et sur route mouillée, à ma gauche j'aperçois les nuées noires qui déversent leurs ondées sur l'itinéraire initialement programmé. L'allure mesurée est contrainte par trois facteurs qui se liguent contre tout accès d'enthousiasme :

  • La nature de la chaussée mouillée engendre un pouvoir calmant certain. Cet effet est renforcé par des courbes ou épingles volontairement piègeuses. Dans celles-ci, le bitume est abandonné au profit de pavés ! ! ! Trempés, c'est certainement un régal pour les rois de la glisse, mais là, ce n'est pas un encouragement aux excès (au moins pour moi).

  • Mes affres de la veille sont loin d'être estompées et, dans ces successions de virages, la venue en sens inverse d'un véhicule à allure soutenue engendre des appréhensions proches de la panique. Je redoute la perte de contrôle de l'autre et les conséquences que j'aurais à en subir. Ainsi, je rase le bord droit de la route et me tiens prêt à toutes tentatives d'échappatoires.

  • Enfin, ces deux points sont renforcés par les multiples traces de "tout-droit" constatées dans de nombreux virages. La trace de gomme fine et unique laissée par une moto à l'agonie est parfaitement identifiable. Fréquemment, ces stigmates se perdent dans le bas côté qui n'est pas toujours un chemin ! ! ! J'apprendrais d'ailleurs quelques semaines plus tard que la FFMC locale a organisé dans l'été un relais "calmos" suite à la recrudescence d'accidents (une soixantaine de décès depuis le début de l'année, si mes souvenirs sont bons, alors que les 3 premiers mois de l'année ne voient quasiment pas de motos sur cette route). Il est vrai que les voisins Allemands viennent se défouler sur cette route puisque l'accès à la forêt noire leur est interdit le week-end . . . pour cause d'accidentologie trop élevée . . .

 

Après un arrêt casse-croute au Markstein, je continue ma route par les cols de la Schlucht et du Bonhomme. De belles trouées entre les passages brumeux me permettent de profiter de quelques point de vue fantasmagoriques. Les reliefs boisés laissent échapper des multitudes de fumerolles humides. Les forêts exhalent les surcroits d'humidité dans l'atmosphère qui se réchauffe tout doucement. Néanmoins, le temps passe et il me faut accélérer le mouvement. Je rejoins Saint Dié pour retrouver une 4 voies jusqu'à Baccarat puis l'autoroute aux abords de Lunéville pour Nancy et Metz.

 

3 jours pour 4 massifs montagneux, le Massif Central, les Alpes, le Jura et les Vosges. Un programme alléchant qui me comblait de perspectives sympathiques. Si la première journée a tenue toutes ses promesses (en omettant ce camion Italien), la suite du parcours fut gâché par une météo moyenne mais surtout par l'attitude tueuse d'un abruti (ou, moins crûment, par la négligence d'un doux rêveur pensant probablement être seul sur une route fermée pour son plaisir exclusif ! ! !).

 

Si l'expérience se trouve à nouveau confortée, il me faudra tout de même plusieurs mois et une bonne paire de dizaine de milliers de kilomètres pour retrouver une plus grande sérénité vis à vis de certains autres usagers . . .

 

Et j'enrage toujours autant quand je pense, entre autre, aux jeunes permis dans de telles situations. Pour eux, les conséquences de circonstances analogues ont de fortes probabilités d'être fatales.

La faille était étroite. Un freinage et c'est le choc sur la calandre avec un possible rebond dans le précipice, un coup de guidon d'évitement et c'est le plongeon fatal.


Je pense que seul  l'instinct et l'expérience permettent de trouver une parade qui n'est qu'un réflexe car l'instant est trop court pour penser et gérer la réaction.

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