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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 11:43

Le démarrage de 2002 se réalise dans une joyeuse ambiance.
 

Pour le réveillon nous sommes une trentaine de motards. Encore faut-il le savoir car il y a peu de motos devant la porte ! ! ! En effet, je suis le seul à ne pas posséder de voiture ! ! !


Nous enchaînons immédiatement sur les galettes. 2 kilos de pâte feuilletée, la frangipane qui va bien et une après midi de cuisson en continu dans mon four de ménagère. A ces ingrédients nous rajoutons quelques bouteilles de cidre et voilà une excellente recette pour passer une soirée mémorable.


En février, lors d'un passage à Paris, je rencontre à nouveau Mme T. (cf. le début de cette histoire dans le premier chapitre) qui m'annonce qu'elle pourra probablement se libérer de ses contraintes familiales un week-end de printemps et envisage de venir à Montélimar pour répondre à mon invitation. Je lui confirme que ce n'était pas des paroles en l'air et que nous organiserons une série de balades dans notre magnifique région.


Elle m'appelle quelques jours plus tard pour me confirmer la date. Stupeur, cela tombe sur un le long week-end de l'ascension et nous avons prévu de participer à la concentration de La Bachellerie (24). Le périple de 1500 Km, essentiellement en virolos, sur 4 jours me paraît inadapté pour une personne qui n'a jamais vraiment fait de moto. Néanmoins, je lui propose, sous forme de boutade, de participer à cette virée.  Elle m'annonce qu'elle va y réfléchir.

Rapidement, Mme T. me confirme sa volonté de venir. Je lui exprime mon étonnement et mes inquiétudes « Es-tu consciente de la galère dans laquelle tu pars ? Tu ne connais aucun des participants et en ce qui me concerne, très peu.  As-tu une idée des contraintes physiques d'un tel périple, surtout si la météo n'est pas bonne ? »

 Après quelques jours de réflexion elle me confirme qu'elle est partante, qu'elle me fait confiance. En ce qui concerne l'équipement, elle pourra endosser celui de ma fille, donc pas de soucis.


 
Le mercredi soir elle arrive par le train à Montélimar. Nous partons vers Saint Just d'Ardèche où est organisé un barbecue avec la majorité des participants. Une bonne occasion pour Mme T. de se mettre dans l'ambiance. Elle se fait gentiment chahuter et se prend rapidement au jeu.


 
Jeudi matin, rendez vous de toute l'équipe à mon quartier général de l'époque, la brasserie « Les Négociants » à Montélimar. Pratique d'accès, les motos sous les yeux, une grande terrasse abritée, la boulangerie juste à côté, tout ce qu'il faut pour le café du matin. La diversion est lourdement chargée. Double sacoche de réservoir, Top case surmonté de la tente et des duvets, valises latérales pleines. Elle est accompagnée de 8 autres bécanes, très éclectiques :

André (qui deviendra plus tard le redoutable DD07) et son 250 NX, Jean-pierre et son roadster BMW, Sébastien dit néné sur un Harley qui n’en a plus que le moteur, sa compagne Stéphanie en Bandit 400, Pascal en TDM, René en XJR, un autre Jean-Pierre en VFR, Francis et Marie en K1200LT.


 
La troupe déambule sur les petites routes jusqu'au viaduc de Garabit. Le temps est gris mais nous n'essuyons que de rares ondées. Après le pique nique nous repartons vers notre objectifs du soir, 2 chalets à Lanobre (15) avec vue sur le lac de Bort les Orgues. Barbecue et dodo.


 






La petite troupe se prépare
au départ de Lanobre
vers La Bachellerie.















Le lendemain matin, comme d'habitude, je me lève de bonne heure et j'en profite pour aller en ville chercher des croissants. Une petite heure plus tard, Stéphanie se réveille de mauvais poil et descend de son perchoir en apostrophant l'assemblée d'un air rogue :

 

 

« Qui c'est le con qui a démarré sa moto ce matin ? »


Le temps de dire cela elle arrive devant la table du petit déjeuner et s'exclame sur un ton beaucoup plus doux :


« Qui c'est qui a eu la bonne idée de ramener les croissants ? »


Et tout le monde explose de rire


Pour rejoindre La Bachellerie (24), André nous a concocté un itinéraire très rural. Aux petites routes  s'ajoute une météo médiocre. Au barrage de l'Aigle, sur la Dordogne, néné explose. Avec son  « rats » il souffre trop. De plus, son guidon à bronzer sous les bras ne lui est d’aucune utilité avec cette bruine ! ! !

Nous décidons de rejoindre des axes plus roulants.


Le week-end se déroule comme d’habitude pour cette concentration des Cromagnons.


Vendredi soir, repas pris en commun chez Marie-Pierre, autrement dénommée « La Louise ». Nous retrouvons, entre autre, la joyeuse équipe du MC les Escargots qui vient de l’Isère. La chaleur s’élève vite avec le confit, mais aussi avec les vins, bières et alcools. Pour certains la soirée s’allonge démesurément. En ce qui me concerne, mais aussi quelques autres collègues, nous ne participons aux libations qu’à coups de Perrier, cafés ou autres breuvages de même type. Certains propos deviennent suffisamment décousus et abscons pour prendre la décision d’aller nous coucher.

Nous profitons du samedi pour aller visiter les alentours, et en particulier le magnifique château de Hautefort

 









En plein délire avec Stéphanie,
ma vaillante petite suiveuse !









Le midi, nous nous retrouvons à une quarantaine dans un restaurant local. Les habitués du lieu semblent particulièrement inquiets face à cette invasion d’une horde sauvage et tonitruante. Après une dizaine de minutes, ces « bonnes gens » commencent à se détendre. Tout compte fait, ils impressionnent avec leurs tenues de cuir, leur franc parler et toutes leurs gesticulations, mais ils ne semblent pas bien méchants, et même plutôt rigolos ! ! ! De fait, à la fin du repas tout le restaurant n’est plus qu’une seule bande. Motards et locaux sont unis par le rire, la dérision, la bonne humeur. Le propriétaire offre le pousse café pour nous remercier de cette animation mémorable.


Nous passons l’après midi au bord de l’étang local. Petite sieste pour la plupart et quelques bains plus ou moins forcés pour quelques uns. Après ce repos réparateur, nous sommes prêts à retourner à La Bachellerie pour y affronter la soirée. Repas, orchestre, danse et bar à gogo. Nous sommes plusieurs à partir nous coucher relativement tôt (le matin tout de même). Je me lève vers 6H00 pour voir les derniers fêtards refaire le monde autour du bar. Je partage mon café avec quelques bières ce qui me laisse pensif. En effet, certains d’entre eux vont reprendre la route dans quelques heures et je doute de leurs capacités à gérer correctement leur machine et leur environnement.


Mme T. a largement profité de l’ambiance. Elle est ivre, non pas d’alcool, mais de fatigue après avoir dansé toute la nuit. Nous l’aidons à se coucher afin de reprendre quelques forces pour la route du retour.

Petite balade en moto pour les plus frais puis retour au camp pour la remise des coupes où notre « cochon » (surnom d’une figure de notre monde motard) sort son peigne pour . . . imiter les sons de machines mythiques. Crises de rires garanties. Nous terminons cette concentration par un rapide repas avant de prendre la route du retour.



Il fait une chaleur infernale. Brive, Figeac, Rodez, Séverac, Mende, les passages de ville sont éprouvants et les paupières lourdes, mais la petite troupe me suit. Stéphanie est placée juste derrière moi. Comme elle a peu l’habitude de rouler, je lui permets d’optimiser ses dépassements et ses trajectoires.







La Diversion rouge au milieu
de ses congénères.












Ma passagère, Mme T. somnole vaguement depuis le départ, mais en vue de Mende elle s’écroule littéralement sur mes épaules. Nous attaquons la descente de la fameuse N 106 vers Florac et Alès. Plus de 100 bornes de virolos et ma passagère n’est pas stable. J’agrippe son poignet gauche, le tire vers l’avant et maintiens mon coude à hauteur de son corps. Ainsi elle ne peut pas basculer, ni d’un côté, ni de l’autre. Je repense à ce motard de la Police qui m’a appris, il y a une trentaine d’années, à conduire sans embrayage. Quelle bonne idée.


Inlassablement, je double les voitures, surveille Stéphanie, l’attends, repars, quand une bande de jeunes en voiture tente de faire la course avec le Bandit 400, provoquant de grand risques lors de la tentative de dépassement. Je ralentis pour faire baisser la vitesse de la voiture et permettre à Stéphanie de passer devant dans de meilleures conditions. Je reprends la direction des opérations et nous ferons plusieurs dizaines de kilomètres à deux motos, et avec une passagère légèrement réveillée par ce tumulte. Le reste de l’équipe a pris en charge l’éducation de ces jeunes présomptueux. Le jeu est devenu différent avec des motards aguerris et les jeunes ont très vite calmé leurs ardeurs.


Cette sortie mémorable se terminera le soir par un rapide barbecue avant l’éclatement de la troupe vers ses pénates respectives. Nous sommes terrassé de fatigue mais heureux. Nous félicitons Mme T. Avec une expérience quasiment nulle, elle a tenu sans aucune plainte, et pourtant, elle était probablement la plus fatiguée.



Pour moi, cette période marque le début d’une activité intense au niveau professionnel. Les fruits n’attendent pas et je suis sur le pont en quasi permanence. Je fais quelques sorties en bande, mais uniquement le dimanche, avec passages au bureau le matin et le soir. Certaines de ces balades seront marquantes, et je les relaterai prochainement dans le chapitre « sorties diverses », en fonction des remontées de souvenirs et du temps disponible.

Après la saison, nous partons 10 jours en Corse. Un voyage fabuleux qui fera l’objet d’un prochain article.









Au milieu des vaches Corses !














Même si la saison des fruits est terminée, mon travail est encore très prenant. La profession est en pleine mutation et je dois intégrer les nouvelles législations agricoles Européennes dans notre groupement et les adapter, entre autre, aux contraintes réglementaires et fiscales Françaises. La moto reste donc mon seul moyen de déplacement, la semaine pour le travail et le week-end pour les sorties, seul, à deux ou trois ou en groupes plus importants.

 

J’abandonnerai ma Diversion rouge le 18 juin 2004 pour prendre en charge la grise. En effet, je voulais acheter le dernier modèle avant l’arrêt des ventes pour cause de normes environnementales.

 

Elle est pourtant toujours vaillante malgré les 145 000 Kms avalés en un peu plus de deux ans. Outre l’entretien régulier, seuls les disques avant et l’amortisseur ont été changés. Je suis donc grandement conforté dans ce choix initial de la Diversion

 

 

 

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 10:54

Ce texte sera réalisé début 2008. Néanmoins, une partie de la dernière année de son histoire existe déjà sur ce blog (Tourist Trophy, Pyrénées, Superbike).

Comme pour la rouge, en voici toutefois quelques photos :

Dscn3387-1--copie-1.jpg

Alfred me colle aux basques sur sa magnifique R90S.
Un super week-end ou je serai le plus jeunes des trois vieux ! ! !

 

Dscn3587-1-.jpg

Une froide matinée de novembre devant la château de Pompadour.
Nous rodons la Versys de DD07.
Machine reçue le jeudi, équipage arrivé le vendredi soir.
Lundi nous sommes obligés de nous restreindre et
mardi révision des 1 000 (largement dépassés) à Clermont Ferrand ! ! !



Depart de chez André aprés notre périple Pyrénéen.
Ce chargement me vaut la gentille apostrohe suivante :
"C'est quoi cette moto de gitan" ! ! !

div19.jpg

Le Div19 au milieu du tracè de la course de côte du Sancy.

Excusez la grimace, c'est le soleil.

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 10:35

Pour cette nouvelle moto, je reprends l'équipement de la précédente (pare carter, top case et valises rigides (seuls les flancs de couleur sont changés), sacoche à fixer sur une housse de réservoir maintenant rouge.

Un nouvel attirail fait son apparition, qui donnera des idées à beaucoup : une prise allume cigare sous la selle. Elle me permet de recharger le portable, mais aussi d'alimenter un petit compresseur. Certains seront surpris, puis rassurés lorsque nous réparerons des crevaisons sur le bord de la route (n'est-ce pas Patricia ? ) ! ! !

Je ferai monter rapidement un bas de carénage. En effet, je roule par tous temps et les période de frimas me motivent à penser à une meilleure protection. Dans les faits, le gain ne m'apparaîtra pas fondamental.

 

De toutes façons, je crois que je ne suis pas fait pour le carénage. Lors d'une sortie avec Les Bélugues en Drôme Provençale un petit matin de printemps frisquet, nous sommes peu mais motivés. Le rythme est coulé et néanmoins soutenu. Les virages s'enchaînent et je connais désormais tellement bien cette machine qu'il n'est pas rare que les petits numéros des bords des pneus soient effacés. Nous enchaînons fabuleusement, mais dans un gauche prononcé le carénage commence à toucher. Dommage, presque neuf et déjà abîmé. Malheureusement, la courbe a une fâcheuse tendance à se refermer et je commence à élargir ma trajectoire. La route n'est plus suffisamment spacieuse et l'extérieur du virage ne présente qu'une échappatoire, le ravin ! ! ! Un puissant appui conjugué sur les guidon et cale pied gauches font plonger un peu plus la bécane. D'autant plus que le carénage explose littéralement. La sortie de courbe se termine correctement. C'est passé, c'était beau ! ! ! à part le carénage qui lui n'est plus beau du tout. Après cet épisode, cet appendice est démonté dans le but de le réparer. Dans les faits, je ne le remonterai jamais.

 

Une autre sortie hivernale avec les Bélugues. Sous le froid soleil, les stalactites qui ornent les gorges de la Nesque ne fondent pas. André et son 250 NX et Alfred chevauchant sa magnifique R90S sont bien sûr de la partie avec quelques autres dont trois jeunes en sportives. La vitesse est mesurée ce qui nous permet de mieux profiter de ces mythiques paysages (surtout pour les amis du Repaire des Motards du Sud !). A la pause déjeuner, les trois petits jeunes recherchent assidûment (mais très gentiment) la compagnie de ma petite jeune fille de 15 ans. Malheureusement pour eux, cette situation ne lui convient pas et elle tente de couper court à leurs élans. Peine perdue, les jeunes sont tout en faconde, probablement émoustillés par l'approche du printemps. N'y pouvant plus rien, ma fille devient agressive :

-        bon, vous les petits joueurs, ça suffit.

-        Comment les petits joueurs ? s'étonnent les jeunes offusqués.

-        J'ai regardé vos pneus, ils sont presque carrés. Allez voir ceux de mon père et après on discute.

Eclats de rires des anciens qui y vont aussi de leur couplet. La taquinerie est rarement absente de nos échanges.

L'après midi se continuera sans ces trois là qui, décidément, avaient trop froid ! ! !

 

André et Alfred, pour en revenir à eux, sont des monuments et méritent largement une petite présentation complémentaire :

Ø     Alfred a passé les 70 ans et vient de subir un triple pontage coronarien. Il est cependant tellement passionné qu'il est de nombreuses sorties. Il m'a piégé de nombreuses fois. Entre son côté "blague à froid" et le respect que je lui porte, il m'a souvent embarqué dans des discussions des plus sérieuses pour m'apercevoir seulement à la fin que je me faisais bercer dans son délire. C'est un passionné de mécanique et sa BMW est totalement démontée et refaite tous les ans.

Ø     A près de 60 ans, André allie toujours bonne humeur et pitreries. Ses tenues voyantes font souvent de lui le serre-file des grands groupes. Certains pouvaient croire que ce poste lui était attribué en fonction de sa machine, poussive face aux monstres actuels. Ceux là ont vite déchanté. Peu d'entre nous arrivent à le suivre sur les petites routes bien viroleuses. Profitant de certains lignes droites, certaines sportives arrivent à le doubler. Mais l'étonnement du pilote est grand quand, à la sortie de l'épingle suivante, il retrouve la NX devant lui. Dédé à tout simplement emprunté un chemin de chèvre pour compenser son manque de vitesse de pointe ! ! !

 

Avec les beaux jours, les groupes deviennent imposants et il n'est pas rare de partir à plus de trente motos pour écumer tous les sites de cette région. Entre les Alpes, le Vercors, l'Ardèche les côtes de la Méditerranée et les Cévennes, les ressources en paysages et virages sont presque infinis.

 

Un de ces matins où il fait déjà très chaud en vallée du Rhône, nous nous équipons avec pour objectif un pique nique au lac d'Issarlès (07). Le temps que tout le monde soit prêt, les premiers suent à grosses gouttes et une réflexion de Néné, toujours fort en verve, fuse :

-        -Magnez vous, on crève. Je vous préviens, arrivé la haut je cours me baigner.

Après une super matinée nous déballons le pique nique sur le bord du lac. Seulement la météo n'est plus la même et les 12° nous paraissent encore plus frais avec le vent. J'apostrophe donc Néné :

-        Alors Néné, tu vas te baigner ou tu n'as que de la gueule ?

-        T'es pas fou toi. Tu rentres là- dedans avec un sexe mais tu en ressors avec un vagin.

Eclat de rire général à l'énoncé de cette métaphore particulièrement imagée.

 

La gestion de ces groupes importants pose des problèmes de sécurité et de convivialité. Les machines sont différentes et les expériences plus encore. Sur les petites routes piégeuses les écarts deviennent vite conséquents et il ne faut pas perdre une partie du groupe. Sur les portions rapides il faut éviter que certains dépassent leurs limites en essayant de suivre un train dont ils n'ont pas l'habitude. De plus, s'arrêter trop souvent n'est pas toujours facile, sinon dangereux et tout le monde est frustré. Les plus rapides sont coupés dans leurs œuvres et les derniers ont rarement le temps de reprendre leur souffle ou fumer leur cigarette.

Pour pallier ces inconvénients, nous définissons un trajet précis (mais il peut évoluer), un meneur et un serre file. Derrière le meneur suivent 3, 4 ou 5 motards aguerris que j'appelle les chiens de garde. A chaque changement d'axe, un chien de garde attend de voir le serre file pour repartir et remonter prendre sa place. Lorsque le meneur n'a plus de chien de garde derrière lui, il ralentit ou s'arrête suivant l'environnement. De cette manière, nous n'avons jamais perdu personne et chacun peut rouler à sa main sans la hantise de se perdre ou de risquer d'abuser de ses propres limites. Quand les plus sportifs sont trop impatients, ils partent en découdre devant avec un point de rendez-vous convenu ou ils peuvent refaire l'histoire en parole, souvent à la mode Joe Bar Team.

Si je suis souvent le meneur, je préfère bien sûr le rôle du chien de garde, mais je ne le fais qu'en solo !

 

Durant l'été, je ne fais que de brèves sorties le dimanche. La cycle est immuable, je passe le matin de bonne heure au bureau, retrouve les bandes de copains pour le café, pars pour la journée puis repasse au bureau le soir pour auditer les cours des fruits et préparer le démarrage de la semaine pour les stations d'expéditions.

 

Un de ces dimanche, nous avons projeté un pique nique à Val Drôme, une petite station de sport d'hiver de moyenne montagne. Le temps est magnifique et plus de quarante équipages se retrouvent au départ. Nous partons par les départementales, traversons le Diois sans goûter à la Clairette, déambulons dans les Baronnies pour arriver en fin de matinée sur un site quasiment désert. Le calme est vite perturbé par cette mini concentration exubérante. En début d'après midi, pendant que promeneurs et randonneurs s'étonnent de cet attroupement motocycliste, certains d'entre nous négocient avec les responsables du site pour bénéficier des équipements. Une remontée mécanique est mise en route mais il n'y a vraiment pas de neige. En fait, nous nous installons dans des petits karts sans moteurs, avec de grosses roues basse pression, un rudimentaire système de freinage et une direction. Nous attrapons les perches qui nous tractent en haut de la pente. Ensuite, la déclivité nous emmène à une allure qui peut devenir importante. Les premiers tours provoquent euphorie et fous rires. Puis l'esprit de compétition prend le dessus pour certains. Ils veulent s'équiper de leurs tenues moto pour faire des courses. Le perchman refuse catégoriquement et explique en souriant que cela évitera peut-être trop de débordements. Peu importe, ils montent à une petite dizaine et s'alignent au sommet. Seulement, la piste se rétrécit rapidement. Il est presque sûr que le premier à rentrer dans le goulet sera le premier en bas. Il va sans dire que les explications dans les premières dizaines de mètres sont musclées pour les compétiteurs, mais aussi désopilantes pour les spectateurs. Le responsable de la station ne regrettera pas. De nombreux promeneurs se sont joint à nous et le chiffre d'affaire de la journée a dû exploser.

Dans l'après midi je pars musarder sous les frondaisons avec ma nouvelle passagère. A notre retour, le groupe est parti. Nous partons en chasse sur une route toute en grande courbes et fortement gravillonnée. Pour un baptême, ma SDS est vernie. Je sors le grand jeu et vise les ornières intérieures de chaque virages avec visibilité, sautant à chaque fois les amas de gravillons lorsque la moto est à peu près droite. Nous rattrapons les derniers et commençons à les remonter. Les réactions de certains me laissent prévoir les vannes à venir. Je préviens ma passagère pour lui éviter une mauvaise surprise. Arrivés à Nyons, pause rafraîchissement. Au milieu de la place, je vous laisse imaginer les quolibets dont nous abreuvent tous ces jaloux. Ma passagère, peu habituée à nos taquineries incessantes en est quitte pour une rapide et violente montée de rouge aux joues qui a pour effet immédiat un renchérissement des propos railleurs.

 

Un haut lieu de la région me rappelle deux petites histoires. Il s'agit de la montée du Col du Rousset qui ouvre la voie au plateau du Vercors. Un parcours sinueux, un bitume presque parfait, des paysages grandioses.

 

Le premier épisode est encore avec une nouvelle passagère néophyte. Avant d'arriver à Die, au pied de cette route, nous avons roulé presque deux heures. Allure très calme au début, puis augmentation progressive du rythme. Ma passagère se fait aux sensations, s'habitue et apprécie. J'attaque donc le col avec un certain entrain après, bien sûr, avoir laissé passer quelques furieux dont Carlo et son 1100 XX, Jean-Pierre en VFR ou Fabrice qui vient de troquer son TDM pour un 1000 Fazer ou Ludo et sa Ducati. Dans un grand droit, le cale pied commence à s'alléger sur l'alsphate le genou est fouetté par les herbes et je sens ma passagère se raidir. Soucieux de calmer son appréhension, je lève la main gauche en l'air, lui fait les marionnettes et lui crie "ne t'inquiète pas, je maîtrise". Je calme néanmoins la cadence. A l'arrivée, je constate que ma passagère est légèrement pâle et tremblante. Elle n'a rien compris à mes paroles, et encore moins à mes gesticulations. Elle a pensé un instant que nous tombions et que je lâchais la moto. Un nouvel exemple des distorsions de la communication. La journée s'est tout de même très bien déroulée, grâce à une météo des plus agréable et une allure plus adaptée à de la balade.

 

Le second souvenir de ce col débute à Montélimar, départ d'une grande sortie vers la Chartreuse, au dessus de Grenoble. Les Golds, Harley ou autre timides désirent passer par la vallée, mais je propose une alternative par le Vercors. Jean-Pierre et son VFR, Mousse en 600 Bandit et un jeune nouveau en VTR se joignent à ce projet. Dans les grandes courbes qui nous emmènent vers Die, l'allure est rapide et nous dépassons fréquemment et très largement les vitesses réglementaires. Néanmoins, nous sentons le VTR piaffer. Ce sentiment est confirmé lors de la pause café. Notre jeune, super équipé racing, nous exprime gentiment sa volonté d'aller plus vite. Ne pouvant pas (et ne voulant pas, je suis le seul en duo) lutter avec ces machines je les laisse passer pour l'ascension et je continue à une vitesse soutenue tout de même. A mi hauteur, dans la sortie d'un virage à droite, large plaque de gravillon qui commande le gauche qui suit immédiatement. Quelques cyclistes sont arrêtés mais je suis polarisé sur la conduite. Relever la machine, freiner fort avec un minimum d'angle, repérer le meilleur (ou le moins mauvais) passage et recoucher la moto pour le second virage. Ca passe sans problème et j'aperçois dans mes rétros les gesticulations des cyclistes. Cela m'apparaît tellement anormal que je fais demi tour pour m'enquérir d'un éventuel problème.

A ce moment j'aperçois un casque qui sort du ravin. Le jeune pilote, surpris par l'état de la chaussé, a freiné, glissé, s'est couché et a fait une magnifique tout droit pour plonger dans le précipice. Les arbrisseaux lui ont évité une descente infernale de plusieurs dizaines de mètres et il ressort sonné, mais indemne. Les sliders, mais aussi toute la combinaison portent les traces du méfait. Par contre, la moto est imbriquée dans le taillis et la pente et quasi verticale. Nous aurons un mal fou à la sortir, avec l'aide d'automobilistes gentiment arrêtés et qui nous prêtent des cordes, et des deux autres qui finissent par redescendre. En effet, arrivés au sommet ils seront étonnés de ne pas trouver la VTR alors qu'elle était devant. La moto ne sera pas réparable et nous ne reverrons plus ce jeune pilote ! ! ! Mousse est d'autant plus catastrophé que son pique nique est dans les soutes d'une Gold Wing. En fait nous repartirons bien tard, mais suffisamment vite pour retrouver les autres au bord d'un lac et finir de manger avec eux.

 

En novembre 2001, je suis consterné, mais pas surpris, par un courrier lecteur de Moto Journal. Une certaine Mme T. s'interroge sur le machisme des motards suite à un premier aperçu particulièrement négatif de notre univers. Cette missive m'interpelle. Pas de jugements hâtifs, mais des questions et des doutes d'une jeune Maman. J'adresse une réponse à Moto Journal qui paraît mi décembre sous le titre :

-        Les motards sont-ils tous de gros bourrins ? Pas tous

 

En voici le texte :

 

Ton courrier paru dans MJ 1495 me laisse perplexe et je viens m'associer à la réponse de la rédaction. OUI, comme partout, dans le monde de la moto il existe des personnes dont nous ne partageons pas obligatoirement les affinités avec l'alcool ou les euphorisants de tout poil. OUI des machistes et des égoïstes font de la moto, mais je ne pense pas que des motards puissent être fondamentalement machistes ou égoïstes.

Si un jour tu passe par Montélimar, suis les conseils de MJ et viens partager une sortie avec nous. La bonne humeur et l'amitié sont orchestrées par notre passion commune qu'est la moto au sens large. En effet, nous mélangeons allègrement sportives, routières, trails, Harley ou Gold, mais aussi femmes (passagères et pilotes) et hommes. L'alcool est peu présent (hormis pour certaines fêtes) et les pétards quasiment inexistants. L'entraide, y compris en dehors de la moto, est plus notre credo que l'égoïsme.

Quant au machisme, il apparaît régulièrement dans nos réflexions, mais toujours pour chahuter et non pour dévaloriser.

D'ailleurs ces femmes savent parfaitement que nous les respectons, même si, pas plus que toi, elles ne militent au MLF.

Alors, Mme T. , ne généralise pas une expérience malheureuse. Je t'affirme que ce que je vis ici, je le retrouve partout au cours de mes nombreuses pérégrinations (ma Diversion de février 2001 passera ses 49 000 km aujourd'hui au cours d'une balade !). mais il est vrai que l'attitude de certaines personnes à moto (que je ne veux pas appeler motards) me dégoûte parfois.

A quand tu veux et tous mes vœux de réussite dans ta vie (je suis papa poule) et dans tes approches du monde motard.

 

A cette même période, je vis ma première interception pour excès de vitesse sur l'autoroute A7. Il fait très froid, brumeux et peu de motos se déplacent dans cet environnement ! A cette époque, même si je ne prend pas de risques inconsidérés, je prend plus de libertés avec les limitations de vitesse que maintenant. Arrêté au péage ou j'ai suivi les motards de la gendarmerie, se déroule une scène épique :

 

-        Vous venez d'être contrôlé à 165 km/h. Avez vous les papiers du véhicule et votre permis de conduire ?

Je retire mon casque et présente les documents réclamés tout en marquant mon étonnement quant à la vitesse énoncée et en demandant le lieu du contrôle. Lors de cette précision, ma réflexion fuse :

-        Ah oui, mais là c'est normal.

En voyant la mine atterrée du gendarme, je m'aperçois immédiatement que nous ne donnons pas du tout le même sens à cette simple phrase. Je m'empresse donc de lui préciser ma pensée :

-        Vous êtes motard. Je remonte le flot des véhicules. La file de droite est totalement occupée par les camions lorsque j'arrive sur deux voitures sur la file du milieu qui roulent très près l'une de l'autre et présentent un comportement approximatif. D'un coup de gaz, j'optimise un dépassement qui peut s'avérer dangereux. D'ailleurs, je me suis immédiatement remis à 150 km/h et vous n'avez pas du souffrir pour me rattraper !

-        Oui c'est vrai. Roulez-vous souvent en moto ?

-        Tout le temps. C'est mon unique véhicule. D'ailleurs vous avez la carte grise (elle a 9 mois) et mon compteur annonce 49 000 km.

A cet instant, la situation évolue totalement. Les militaires ont probablement constaté (et vérifié) que cet excès volontaire est maîtrisé (et assumé). Après un brève discussion relative à la moto, je repars avec quelques conseils de prudence mais sans PV.

 

Pour Noël, je suis en région parisienne et en profite pour faire connaissance avec Mme T. de MJ. Une petite balade sur les petites routes du Vexin lui permet de découvrir un magnifique château qu'elle ne connaît pas. Eh oui, le touriste Drômois connaît encore bien la région de sa jeunesse.

 

Le réveillon du jour de l'an est programmé avec de nombreux motards de Montélimar. Je redescends par le Cantal pour saluer les motards qui nous ont déjà accueilli dans leur gîte, mais aussi Serge de Metz qui y passe quelques jours. Les cent premiers kilomètres du retour sont dantesques. Le thermomètre est largement en dessous de zéro et toute la campagne est noyée sous la glace. Spectacle magnifique mais légèrement angoissant. Heureusement, les services de la DDE ont largement salé les routes. Seuls les plateaux, le col d'Entremont et la descente sur Murat présentent des chaussées uniformément blanchies par la neige qui tombe à gros flocons. J'ai beau rouler au pas, avec la plus grande circonspection, mais je serai tout de même ralenti par une voiture dont le conducteur n'était vraiment pas confiant. Je ne peux pas non plus m'amuser dans la magnifique vallée de l'Alagnon entre Murat et Massiac, les risques étant trop importants (à leur tour, mais plus tard, Alfred et André puis Pascal et Fred apprécieront tous ces enchaînements). Encore un peu de neige sur le plateau Ardéchois, un arrêt café à la tristement célèbre Auberge Rouge et une descente prudente sur Aubenas. Ensuite, la température remonte franchement et j'arrive tout sec chez moi.

 

La suite en 2008.

 En attendant, voici déjà quelques photos :

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 08:29
 

Le premier week-end voit ma première chute. J'emmène ma fille voir les hordes de motos au retour du dernier Bol d'or au Castellet (je ne l'aurai jamais vu sur ce circuit, mon Bol ultime était encore au Mans, et ma dernière présence sur cette piste est pour le MJ 200 !). Un scooter est par terre dans un rond point et les véhicules tournent autour sans s'arrêter. Je me dirige vers ce point pour me mettre en protection de la jeune fille au sol, quand nous nous retrouvons à notre tour étendus, la moto couchée à contre sens. Le rond point est maculé de gas-oil ! Nous prévenons les secours (pas de blessés mais nécessité de traiter cette patinoire). Nous attendrons plus d'une heure la DDE qui nettoie l'ensemble des ronds points de la ville. Pendant ce temps, ma fille et moi balisons le terrain pour prévenir les dizaines de motos s'engageant dans ce piège. Nous repartirons avec quelques légères contusions et un cabochon de clignotant cassé.

 

L'utilisation de la première année est avant tout professionnelle et familiale.

 

Même si les débuts avec cette nouvelle machine ont été déroutants, je commence à en prendre la mesure.

 

Hormis pour de long trajet, la Diversion n'est vraiment bonne nulle part. Dans les grandes courbes elle "saucissonne" joyeusement, son freinage est loin d'être optimum, dans les "petits coins" il faut se battre avec son poids et sa linéarité moteur oblige à tricoter du sélecteur quand le rythme est soutenu. A contrario, elle n'est vraiment mauvaise dans aucun domaine et pardonne même de nombreuses fautes d'appréciation ou de pilotage.

 

Des le départ, je l'ai équipé de protège-carter d'une housse de réservoir avec double sacoche et d'un top-case. Rapidement, je complèterai l'équipement par l'adjonction de valises rigides et d'une bulle haute.

 

J'ai la chance de  bénéficier de l'entraînement de motards aguerris qui acceptent de me traîner comme un boulet que je suis et qui m'ont sagement "tiré" ou attendu dans les tourniquets Cévenols et Ardéchois. Je pense particulièrement à la petite équipe issue de Tissot motos que je remercie encore ici. Sans leur patience et leurs conseils, je n'aurais pas acquis si rapidement la confiance nécessaire à une meilleure maîtrise. Par la suite, j'aurais souvent l'occasion, et le plaisir, de transmettre à mon tour le fruit de l'expérience.

 

Dans cette période de renouveau de ma vie motocycliste, j'accumule nouvelles rencontres, virées mémorables et fous délires.

 

Ma fille de 14 ans devient ma passagère privilégiée. Elle m'accompagne sur les circuits, en concentrations, voyages et balades. Elle devient tellement "accro" qu'il lui arrive fréquemment de s'endormir derrière moi. Lorsque son casque se pose entre mes épaules, je sais que je dois faire "soft".

Néanmoins, elle me fera très peur, du côté de Brive au retour d'une concentration à La Bachellerie-24 (Salut à vous Marie-Pierre et Patrick. Que de bons et inoubliables moments passés !). Elle sera sur le point de tomber dans une sortie de rond point, emportée dans sa torpeur et glissant de la selle . Après cette aventure, je ferai plusieurs dizaines de kilomètres d'une seule main sur une route viroleuse, du côté de Rodez (merci au motard de la police qui m'avait appris à rouler sans embrayage lorsque ce dernier m'avait lâché sur mon 350 Honda en 73 !). En effet, je tiens son bras de ma main gauche (elle ne peut pas partir à droite) et mon coude gauche l'empêche de basculer à gauche. Par la suite, lorsque les conditions le permettent, un sangle servira à "arrimer mon SDS (Sac De Sable)" à son père indigne.

Cette technique donnera lieu a un échange verbal d'anthologie pendant un arrêt-café (Les Vans-07) au petit matin d'une sortie en Cévennes avec quelques copains, alors que je suggère à ma fille de prendre un Cola pour se réveiller :

 

-         Tu sais Papa, je n'aime pas trop quand je suis attachée.

-         Si je fais ça, c'est pour éviter de te perdre quand tu somnoles. Mais pourquoi me dis-tu ça ?

-         Eh bien, tu roules plus vite.

-         Oui, sans aller vraiment vite, je peux enrouler plus rapidement puisque tu es solidaire de moi. Par contre, je ne comprends pas cette réflexion alors que tu me demandes souvent plus de vitesse.

-         C'est vrai. Ce n'est pas pour la vitesse. Mais lorsque j'ouvre les yeux dans certains courbes, la route, elle n'est vraiment pas loin ! ! !

 

Notre "couple" donne parfois lieu à des situations ambiguës et nous surprenons souvent des regards dénués de sympathie. Ainsi, lors de notre installation sur le circuit des 24 heures, au Mans, nous échangeons des services avec une bandes de jeunes voisins de camping. Le soir, lors d'un apéro convivial, nous nous présentons comme père et fille. Une remarque d'une jeune femme fuse à l'intention de son compagnon :

-         Alors, tu vois, j'avais raison.

Je me tourne vers l'intéressé et l'apostrophe vertement :

-         Tu me prenais certainement pour un vieux pervers qui se sortait une jeunette ?

Embarrassé, il tente de s'expliquer, puis s'aperçoit qu'en fait nous rigolons bien de cette situation que nous vivons de temps en temps.

 

Pour les vacances de février nous entamons un tour de France.

Première escale, un coucou à l'arrière Grand Mère en Bourgogne (il s'agira en fait d'une de nos dernière visite avant son décès).

Ensuite direction Paris. Au cours de cette étape, nous rencontrons notre première et seule panne de notre interphone "TUYAUCOM". Dans la traversée du Morvan, nous avons froid et nous ne nous entendons plus. Nous nous arrêtons pour boire chaud et vérifier les connexions de ce système simpliste mais efficace. En descendant de la moto, ma combinaison de glace se craquelle et se répand au sol. Il faisait effectivement très froid dans ce léger brouillard ! En fait, la vapeur d'eau a gelé dans les tuyaux et la glace forme bouchon ! ! !  Avec le dégel, c'est réparé.

De Paris nous rejoignons la Bretagne pour quatre jours. Le temps est relativement sec et pas trop froid. Chaque jour nous visitons toute la côte nord. Nous profiterons même d'un magnifique soleil à Cancale pour s'installer dans la véranda d'un restaurant et littéralement piller un somptueux plateau de fruits de mer.

Notre route se poursuit vers Poitiers ou les cousins font des "tours de manège" sur la moto du Tonton. Nous terminons par une halte en banlieue Toulousaine avant de rejoindre l'Ardèche par la côte méditerranéenne.

 

Ma fille se plaindra parfois de son séant maltraité mais aura tout de même fait plus de 50 000 kilomètres derrière son "vieux", et  dans toutes les conditions possibles.

 

Je reçois aussi plusieurs groupes de motards dans mon gîte.

Deux m'ont particulièrement marqués :

Ø      Le premier est le HOG (Harley Davidson) de Lyon pour lequel je réalise un gâteau particulier. Avec l'aide de mon fils pour le dessin (ce n'est pas mon fort), je reproduis avec succès le symbole (l'aigle) en pâte d'amande et chocolat. Ce décor trône fièrement sur l'imposante pâtisserie composée de génoise, poires et ganache ! Une équipe pleine de bonne humeur qui a offert un tour de Harley à mes enfants.

Ø      Le second vient de Metz. Ils garderont un souvenir cuisant (au sens véritable du terme) d'une descente de l'Ardèche en canoë. Pour la majorité, pourtant prévenus, cela se terminera en pharmacie ou à l'hôpital vu l'étendue et la profondeur de certaines brûlures provoquées par un soleil resplendissant. Martine(s), Serge(s), Catherine, Didier, Carole, … tant de gens que je reverrai, à Metz, dans la Meuse ou en Auvergne, et dans des conditions aussi diverses que des jours de l'an, des voyages, l'épiphanie (Martine se souvient certainement des galettes frangipanes).

 

Premier Bol d'Or à Nevers et première grande sortie moto pour ma fille. Nous partons le vendredi au petit matin. Dans l'ascension du col de la république la moto navigue dangereusement, emportée par des gesticulation de ma passagère. Arrêt rapide, ne sachant pas ce qu'il se passe. Ma fille voulant humer l'air ambiant a ouvert sa visière. Cette dernière en a profité pour prendre la poudre d'escampette, arrachée de son support. Dans une station service nous scotchons un écran de fortune devant le trou béant. Arrêts chez trois motocistes en route, mais aucun n'a de visière pour ce modèle. Ma fille n'aura qu'un spectacle très troublé de notre environnement.

Pour la première soirée ma fille est tendue. Elle vient de vivre un épisode difficile de sa vie lors d'un camp de vacances et je crois que le fait de se retrouver sous la tente l'angoisse. Nous en discutons. En fait, ce qui l'inquiète c'est plutôt le nombre de personnes ayant trop bu. Je lui explique que nous restons ensemble et que je n'ai jamais vu d'incident grave engendré par cet état de fait. La conclusion s'exprimera d'ailleurs le lendemain soir par une jeune fille bien détendue :

-         Tu avais raison pour toutes ces personnes trop alcoolisées. Soit ils rigolent, soit ils s'écroulent et dorment dans un coin. Ils ne nous embêtent pas et tout va bien.

Le samedi, nous nous rendons chez Moto Expert à Nevers. Ils n'ont pas de visière en stock mais prennent un écran sur un casque neuf. Merci encore à eux pour leur gentillesse. Ma passagère a fait un retour beaucoup plus confortable.

 

 

Ma vie personnelle évolue aussi et, suite à une séparation, je déménage à Montélimar.

 

Je profite de mon dernier week-end au gîte pour organiser un petit déjeuner en prélude à une virée à la première course de Super-motard d'Alès. Nous sommes une vingtaine dont des "durs" qui seront des compagnons de nombreuses et diverses sorties. En vrac, en espérant ne pas vexer ceux que j'oublierais, René (XJR 1300 puis Fazer 1000), "Papy" (Harley), Jean-Claude (Honda CB), Jean-Pierre (600 ZZR puis 750 VFR)

 

Dans ma nouvelle vie se pose la question du véhicule. La réponse est vite trouvée. Je ne rachète pas de voiture et décide de rattraper tout ce temps passé sans moto.

 

Cette nouvelle vie s'accompagne d'un élargissement rapide du cercle des compagnons de sorties. Je découvre doucement de nouveaux personnages, et le processus s'accélèrent lorsque nous organisons des manifestations moto comme  pour le Téléthon. Pour les balades, les groupes enflent rapidement, et il ne sera pas rare de partir à plus de trente motos.

 

Au cours de mes pérégrinations, je rencontre de nombreux autre motards, simplement croisés ou avec lesquels l'histoire continuera. Je pense particulièrement à des équipes découvertes au Mans ou à Magny Cours. Pascal et William de Bretagne, Fred et Marvine de La Rochelle, Jacky, son frère et leurs copains de Sologne.

 

Je songe aussi à ce dimanche de novembre gris et humide ou je me propulse à Bollène (84) pour une fête de la moto. J'ai la chance et le plaisir de gagner le rallye bon enfant organisé à cette occasion. J'y rencontre différents membres de ce club des Bélugues, et en particulier Zézé et Victor avec leurs magnifiques QUATRE PATTES (750 Honda), mais aussi Martine et Carlo, Monique et Marc, Gilbert, Patricia, Ghislaine et Alain, ...  . L'ambiance me plaît et je participerai à la vie de cette joyeuse équipe jusqu'à mon départ de la région.

Pourtant, à la première sortie je suis pris d'un doute. Sur la quinzaine de participants, je note un "ancien" en BMW R90S et un autre intervenant en 250 NX. La balade promet d'être "pépére" !

Que nenni, Alfred et André se révélerons de redoutables motards aguerris avec lesquels nous effectuerons de nombreuses virées et voyages, toujours dans la bonne humeur et souvent dans la gentille arsouille.

 

Je dois passer les fêtes de Noël à Paris, en famille. Je scrute la météo car il fait froid et les prévisions sont exécrables. Si je pars en début d'après midi je dois pouvoir passer entre deux fronts neigeux. Si mon boulot m'accapare énormément l'été, pendant les récoltes de fruits, je suis plus libre de m'organiser en saison creuse. Pour minimiser les risques, et ne pas rester trop longtemps aux intempéries, je prends l'autoroute. Le froid est pernicieux, mais très légèrement positif et un magnifique soleil m'accompagne jusqu'à Beaune.

La montée du Morvan annonce l'arrivée de la seconde perturbation. Le brouillard s'installe, s'intensifie avec l'altitude et les températures s'inversent. J'envisage de m'arrêter à la station du sommet pour enfiler la tenue pluie, mais arrivé à ce niveau, j'escompte sur une amélioration sur l'autre versant et continue. Erreur. Je suis contraint de stopper à l'aire suivante, couvert de glace.

Je salue le seul motard présent qui finit son plein, boit un café et me ré-équipe. Je repars sous une légère neige. La tension est là, mais je profite tout de même des somptueux paysages hivernaux, des arbres gangués de glace, de la campagne qui blanchit. La chaussée est mouillée mais dégagée.

Une vingtaine de kilomètres plus loin j'aperçoit le motard de tout à l'heure arrêté sur la bande d'arrêt d'urgence. Le jour tombe. Je stoppe derrière lui en warning et m'enquièrs de son problème. Sa machine a calé et refuse de redémarrer. Nous essuyons les fils de bougies, ré-essayons de démarrer, poussons, mais rien n'y fait. Il téléphone à des amis qui peuvent venir le chercher. Je trouve dangereux de le laisser là et lui propose de l'emmener jusqu'au prochain péage ce qui arrange tout le monde. Nous garons la moto en contrebas contre le grillage et je repars avec mon nouveau passager.

La reprise de mon périple s'effectue de nuit dans une tempête de neige. J'ai la chance de me trouver rapidement derrière un engin de déblaiement et peut donc rouler, pas très vite, mais en relative confiance. Je suis obligé de m'arrêter fréquemment pour me réchauffer, boire un arabica et … évacuer les précédents cafés.

L'asphalte est à peu près dégagée et le rythme est soutenu, au moins vis à vis de ces conditions. Pendant un dépassement, je suis pris d'un doute et passe en plein phare. Surprise, la voie de gauche sur laquelle je roule est uniformément blanche. Mon regard se porte vers le compteur. Stupeur, je frôle les 160 km/h. Il me faudra 2 ou 3 kilomètres pour me rabattre, tout en douceur et repasser en "mode lopette". La frayeur est salutaire. Je continue ainsi dans les bourrasques et les projections des camions jusqu'au niveau de Fontainebleau ou la neige se transforme en pluie. J'arrive dans le Val d'Oise vers 23 heures, transi. J'ai un mal fou à me réchauffer et à m'endormir. Le lendemain matin, les faces externes de mes cuisses sont encore froides ! ! !

 

Pour le 1er janvier, j'ai rendez-vous à Metz avec le MC des Alérions (mes anciens clients du gîte). Les prévisions météo ordonnent mon départ le 30 décembre et je peux rallier l'est de la France sur des routes humides et glissantes, mais sans pluie et avec des températures légèrement positives.

Arrivé sur place, désirant ne déranger personne, je m'installe dans un petit hôtel. Le lendemain matin, réveil surprise. La moto est recouverte d'une vingtaine de centimètres de neige. Je pense que nous sommes dans un pays habitué à ces conditions et je pars prendre mon petit déjeuner relativement serein. Les routes devraient être dégagées rapidement.

Vers 10 heures, appel téléphonique de Brigitte :

-         Salut Patrice, nous avons un problème ici.

-         Ah oui, êtes-vous sous la neige ?

-         Oui, mais comment le sais-tu ?

-         Je suis arrivé hier soir et viens de constater l'étendue du problème.

-         Alors c'est bien toi qui a doublé Martine et Didier hier soir. Ils nous ont appelés pour savoir si tu étais chez nous. Quand nous lui avons dit que tu n'étais pas là, nous avons trouvé étonnant de tomber justement sur une Diversion bleue et immatriculée 07 ! ! ! Enfin, Didier propose de venir te chercher avec son 4x4.

-         Je pense que cela ira mieux en début d'après midi. Je vous rappelle si ce n'est pas le cas.

 

En fait je peux repartir, après quelques essais non chargé sur le parking. Je dois faire un vingtaine de kilomètres pour rejoindre le lieu de la fête. Les grands axes sont bien dégagés, mais les routes secondaires sont encore scabreuses. Une forte montée se négocie dans les ornières de neige et la fin du parcours se traite avec circonspection sur une surface totalement blanche. Second rapport au ralenti, les 2 bottes au sol et arrivée sans encombres. Le réveillon se passe superbement, hormis quelques mauvaises langues qui surveillent les chutes de neige et s'interrogent effrontément sur ceux qui sont venus sur deux roues (je suis le seul bien sûr). En fait, ces railleurs en seront pour leurs frais. La météo évolue favorablement et je peux rallier Montélimar dans un froid acceptable et sans chutes de pluie ou de neige.

 

Les 24 heures du Mans marquent le redémarrage de la saison sportive et nous avons rendez-vous sur le circuit avec Serge qui vient de Metz avec son magnifique 750 GSXR (1er modèle). Ma fille marque un certain intérêt pour une moto verte pilotée par un certain Bertrand Sebileau. Ce sentiment évolue en admiration lorsque "Fast'Sebil" nous reçoit très gentiment dans son stand, discute deux minutes et lui dédicace un poster. Elle sera fébrile en suivant toute la course, et particulièrement à la sortie de l'enchaînement du "Chemin aux bœufs". Le funambule optimise sa sortie, à chaque tour. La puissante accélération écrase l'amortisseur et la machine réagit tellement que dans les premiers tours nous pensions voir les prémices d'une magistrale chute. En fait, le grand Sebileau démontre son incroyable contrôle et optimise ses relances (Blanco, quelques années plus tard, ton poulain aurait dû profiter de la parfaite maîtrise de ce passage ! ! !).

Pour notre dernière nuit sur le circuit, je décide d'aider le sommeil à l'aide d'un demi cachet magique. En effet la route sera longue le lendemain et je veux être reposé. Serge, qui doit redescendre avec moi sur Montélimar hésite puis fait comme moi. Après une excellente nuit, nous apprenons les sévices procurés par notre jeune voisin Solognot. Comme il ne n'acceptait pas que nous nous couchions trop tôt, il a multiplié les concerts de rupteur et de cris associés à des actes vindicatifs sur notre toile. Nous n'avons rien entendu, rien senti. Serge aura le mot de la fin, avec une mine ébahie, provoquant un immense éclat de rire de notre petite troupe :

-         C'est une belle c****rie cette idée de médicaments. Il arrivait quoi que ce soit à la petite et nous n'étions même pas opérationnels.

 

Le retour s'effectue sur nationales et autoroutes à un train de sénateur. J'ai un mal fou à entraîner Serge qui m'a prévenu. Il roule à la vitesse des "péteux", c'est à dire à 10 ou 20 km/h au dessus des limitations.

Lors d'un ravitaillement en Auvergne nous nous trouvons devant un pompiste désemparé. Un de ses client motard vient d'être évacué par les pompiers suite à un malaise et il n'ose pas toucher à la moto restée au milieu de la piste. Nous prenons en charge la BMW esseulée pour la mettre à l'abri d'éventuelles convoitises et/ou intempéries.

Sur la fin du parcours, sur l'A7, une jeune femme joue avec nous pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous dépasse, se rabat et ralentit, nous obligeant à la dépasser à nouveau. Au niveau de Loriol, Serge craque, oublie totalement son précepte de "vitesse des péteux" et visse sa poignée droite. Nous devons bientôt sortir et je tente de le rattraper. Peine perdue. La Diversion lourdement chargée se fait immédiatement distancée par ce furieux le nez dans la bulle. Il ne voit même pas mes multiples appels de phare. Il me reste à espérer qu'il s'arrêtera en voyant la mer ! ! ! En fait, à l'annonce de Montélimar, il m'attendra bien sagement. Inutile de vous dire que nous n'avons pas revu notre compétitrice.

 

Cette semaine de travail est très courte car nous repartons le jeudi pour un long périple de 4 jours. L'objectif est de rallier la Dordogne pour la concentration du MC les Cromagnons. Mais auparavant nous faisons un détour par le Cantal ou nous avons rendez-vous avec le MC les Alérions de Metz. La petite équipe est hétéroclite. René et son XJR 1300, Néné et sa compagne Stéphanie en 1100 GSXR, Fabien et sa passagère sur la Suzuki SRAD, Serge et son 750 GSXR, Jean-Pierre en 750 VFR et ma fidèle Diversion pour ma fille et moi.

La route s'enroule gentiment jusque dans le Cantal. Là, Fabien et Néné découvre une route d'enfer que André baptisera plus tard "la route à bonheur" (section Murat-Riom es montagne). Ils partent tout les deux devant pour une arsouille mémorable. Cette ardeur est vite calmée par une inquiétante barre noire dans le ciel. Un arrêt providentiel pour s'équiper des tenues pluie avant de s'engouffrer sous un déluge hallucinant. Nous arrivons dégoulinants au gîte à Champs  sur Tarentaine où nous retrouvons les Messins.

Le lendemain nous repartons sans Serge qui reste avec ses collègues. Rapidement, devant des enchaînements de courbes affriolants, Néné et Fabien repartent comme sur un circuit. Nous les rattraperons néanmoins très vite. Nous sommes étonnés de les voir ainsi, bien sagement derrière un break. En nous rapprochant, nous discernons la lucarne pour l'appareil photo ! ! !  ces gendarmes nous promènent quelques kilomètres puis nous font signe de passer.

Nous aurons des averses tout le week-end, mais une chaude ambiance, notamment grâce à la tonitruante participation du MC Les Escargots d'Isère.

C'est au retour de cette concentration que j'aurai ma grande peur de sentir ma fille commencer à tomber de la moto.

 

Ma seconde chute intervient lors d'une balade en Drôme Provençale. Le soleil est radieux, les cigales chantent et je viens de me déguster un café en terrasse après la visite du petit village. L'esprit bucolique, je m'équipe, enfourche mon fidèle destrier et démarre avec panache devant les consommateurs envieux de cette terrasse. La frime ne dure qu'un instant. J'ai oublié les plots de pierre et j'en accroche un violemment. Machine et bonhomme au sol. Les spectateurs semblent inquiets et certains se lèvent pour venir me "secourir". En fait, ni la bécane, ni le "kéké" ne sont abîmés. Seul l'ego en prend un coup et je suis content de porter un casque intégral qui camoufle la rougeur honteuse du visage. Je repars plus calmement sous certains sourires narquois.

 

Un dimanche matin de printemps encore frais, nous avons rendez-vous au bar "Les Négociants" à Montélimar pour prendre le café préliminaire essentiel à une bonne balade. Je pense être le premier mais un motard inconnu est posté au comptoir. J'engage la conversation, songeant qu'il a pu être prévenu par un de mes acolytes. En fait il est là par hasard, mais semble intéressé par cette sortie. Il enfourche rapidement son TDM pour se procurer un pique nique et passe la journée avec nous. Je fais ainsi connaissance avec Fabrice qui sera un compagnon de nombreuses routes et histoires.

 

La dernière véritable chute sera aussi pour cette machine. De nouveau un départ fanfaron, mais cette fois avec le U dans la roue avant. Tout l'équipage au sol avec pour seule conséquence un câble de compteur cassé.

 

Au bout de 18 mois, la machine flirte avec les 100 000 km et je m'inquiète de sa longévité (bien à tort d'ailleurs). J'essaie la Yamaha FJR 1300, superbe bécane, mais qui me déçoit rapidement par sa rapidité à frotter en courbe. De plus l'investissement est à peu près du double. Investissement que j'estime obsolète en 2 à 3 ans ! ! !

 

Toujours avec ma contrainte de cardan, je teste une Pan Euro. et louche vers les BMW. Les budgets sont similaires à la FJR.

 

De plus, Tissot moto a toujours honoré ses engagements, et je suis enclin à poursuivre cette relation qui est devenue autant professionnelle qu'amicale.

 

Un samedi matin de février 2001 je réveille ma fille vers 10H00 en lui demandant de se préparer pour aller faire des courses. A midi et demi, nous avons fait une offre pour un appartement dont nous prendrons possession 2 mois plus tard et conclu la reprise de la Diversion bleue pour l'achat d'une rouge.

 

Pour fêter tout ça nous nous offrons un petit restaurant et ma fille conclut cette matinée comme suit :

-         Eh bien, quand tu dis que tu dois faire 2 ou 3 courses, tu ne fais pas semblant !

 

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 08:16

Début des années 70, alors que personne ne pratique dans mon entourage, la passion de la moto commence à me prendre aux tripes. Ce terme est particulièrement exact. Ma première expérience, en passager sans casque, combine des sensations opposées. Les sentiments de liberté cheveux au vent, de puissance sauvage, mais aussi d'angoisse, de peur et de fragilité se mêlent, s'entrechoquent, se combattent mais m'enthousiasment. Dans cette période, le père d'un copain nous emmène voir un moto cross à Méru (60) qui m'impressionne. A cette époque, nous récupérons de vieux Solex que nous retapons, "optimisons", et testons sur le port de Gennevilliers (92). Expériences épiques, résultats parfois explosifs et courses d'anthologies marqueront d'une empreinte indélébile mon penchant pour le deux roues.

 

1973, je suis dans les derniers à passer le permis moto à 16 ans après de long mois de âpres luttes avec mes parents qui finissent par accepter de signer, mais pas de financer ! Heureusement, mes études en école hôtelière me permettent de travailler tous les week-end, les vacances et parfois les soirs de semaine. Je peux ainsi financer le permis, l'équipement minimal imposé par la loi paternelle (casque, gants, blouson, pantalon et bottes) et la première moto, un CB 350 Honda.

 

Une nouvelle vie commence. Le cercle des copains s'élargit essentiellement parmi les motards, les virées s'accentuent, en fréquence comme en distance, et je jouis d'une liberté pourtant imperceptible quelques mois auparavant. Nos semaines sont ponctuées par une toute jeune revue, Moto Journal. un membre de notre petite équipe travaille à l'imprimerie qui l'édite et nous pouvons rêver, quelques heures avant les autres, à nos futures machines, nos prochains voyages, mais aussi découvrir les résultats des précédentes courses et disserter sur les suites des championnats.

 

Je monte vite en gamme. Un 450 Honda, rapidement "kité racing", puis un passage fugace en 2 temps avec une Kawasaki H2. Du pur bonheur à l'accélération, mais quelles angoisses au freinage ! ! !

 

Mes premières expériences en bécane prendront fin 4 ans plus tard car je deviens un jeune Papa. L'intermède sera long, très long. De multiples raisons m'empêcheront de penser moto, même si je continue à les regarder avec envie, sinon nostalgie.

 

Je me retrouve rapidement Papa Poule avec deux très jeunes enfants. Ensuite, je reprends des études et m'engage furieusement dans une nouvelle vie professionnelle qui consomme la plus grande partie de mon temps. Je trouve tout de même le moyen de devenir Papa une troisième fois, mais cette fois avec une Maman à nos côtés.

 

L'aventure recommence en 1999. J'exploite un gîte en Ardèche et, parallèlement, je dirige la restructuration d'un groupement de producteurs de fruits qui s'étend de Valence à la Méditerranée. Je dois changer mon second véhicule. Mes deux aînés sont grands, les routes sont très encombrées l'été dans la Vallée du Rhône et la moto, abandonnée depuis trop longtemps (hormis un intermède d'une année – Yamaha 500 XT à Annecy), me décoche des appels incessants.

 

L'ancienne passion prend le pas sur la raison et j'acquiers un mono-cylindre Honda, le Dominator. Le premier mois est difficile. Je suis raide (les pneus ne s'usent pas sur les côtés), peu confiant et souvent angoissé. Les deux mois suivants me procurent quelques frayeurs salvatrices. L'assurance est exacerbée mais les sains réflexes de l'expérience ne sont plus là pour éviter les débordements d'audace non maîtrisés.

 

Le plaisir revient d'autant plus que la région est particulièrement propice à la moto, autant pour ses routes et paysages que pour sa météo. De plus, professionnellement, cela s'avère une arme redoutable pendant les grandes migrations estivales qui congestionnent la Vallée du Rhône. Il m'arrive fréquemment de dépasser les 300 kms par jour et je peux tenir des délais acceptables dans mon emploi du temps.

 

Au niveau familial, c'est une découverte appréciée par ma compagne et ma plus jeune fille. Les sorties en duo se multiplient et les objectifs s'éloignent. Il résulte de cette utilisation particulièrement active un constat sidérant. Au bout de 6 mois, le second kit chaîne commence à fatiguer, et cette machine devient peu adaptée à l'usage que j'en fais.

 

Je fais donc le tour des concessionnaires avec un critère de base : un cardan.

 

Je ne connais plus du tout le marché mais, au cours de mes pérégrinations,  je sélectionne deux machines : La Yamaha 900 Diversion et la Kawasaki 1000 GTR. Je demande à chaque concessionnaire un engagement de services vis à vis de mon boulot. Je ne veux pas rester coincé en pleine saison. Tissot moto, concessionnaire Yamaha à Montélimar m'assure que j'aurai toujours une solution de dépannage, je lui fais confiance et prend en charge la machine bleue en exposition.

 

Les pages suivantes relaterons donc quelques faits marquants de cette longue histoire vécue avec 3 YAMAHA 900 XJS DIVERSION. Près de 9 ans et de 500 000 kilomètres avec trois machines identiques en dehors de la couleur.

PS. je ne dispose pas de photos pour l'instant, mais pense en trouver prochainement. Si des lecteurs peuvent aussi m'en proposer, je les en remercie d'avance.
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