Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler de moto. Enfin pas trop !
Laurence est venu passer quelques jours en Auvergne et elle exprime le souhait de découvrir la Haute Loire qu'elle ne connait pas. Comme elle aspire à un minimum de confort, même en camping itinérant et que son accident de moto lui laisse quelques traces physiques autant que psychologiques, j'accepte de jouer le rôle du G. O. - chauffeur de voiture.
Lundi 9août, le ciel est d'un bleu profond et les prévisions sont excellentes. En fin de matinée nous décidons donc de partir. Le temps de réunir les affaires (elle tient vraiment à son confort la dame), de manger et de charger l'automobile, nous voilà parti pour Saint Flour afin d'atteindre le 42 par la forêt de la Margeride. A partir de là, les codes couleur de Bibendum nous dictent les choix. Surtout des routes jaunes ou blanches, pourvu qu'elle soient largement bordées de vert. Les multiples hiéroglyphes rouges complètent la palette d'informations diverses à vocation touristiques. Nous déambulons ainsi autour des gorges de l'Allier pour rallier le camping de Langeac sous la lumière déclinante.
Mardi, premier objectif La Chaise-Dieu pour rappeler des souvenirs d'enfance à Laurence. Un peu de "jardinage" sur de très étroites routes en travaux et déviées, mais les paysages sont superbes. Ma passagère trouve sa réponse à l'une de ses questions récurrente, "Comment pousse les lentilles ?". Si proche du Puy en Velay, nous en trouvons un champ joliment entouré de fleurs. Ça c'est fait !
Nous parcourons ensuite le sud du parc régional du Livradois-Forez avant de reprendre une portion de route faite avec Pascal l'année dernière. Quelques courses à Monistrol sur Loire après quelques découvertes bien agréables (routes à virolos et sites magnifiques) pour quitter la Haute Loire vers le Parc régional du Pilat (encore un itinéraire à confier à Dédé comme alternative au col de la République !). Le jour décline et nous rejoignons la vallée la plus proche pour trouver un camping à Saint-Julien-Molin-Molette.
Mercredi, nous reprenons notre découverte du Pilat. Lors d'une pause café à la Croix de Chaubouret, je converse longuement avec un motard qui promène son chien sur son ancienne BMW toute blanche. Il est Lyonnais et nous sommes sur un de ses terrain de jeu favori. Je ne pourrai qu'être d'accord avec lui après ce périple, autant pour les paysages que pour l'attrait des routes. Après avoir largement écumé ce massif, nous retournons sur le 42 puis vers l'Ardèche et le Vivarais où nous posons notre campement au Cheylard. En fin d'après midi, nous faisons une rapide incursion dans Mézenc que l'on voyait sous l'orage mais qui est maintenant sous le soleil. De ce sommet, Laurence réalise que nous ne sommes pas loin de chez André et Annie et exprime son plaisir de les revoir. En bon G. O., je m'empare du téléphone et prenons immédiatement rendez-vous pour le déjeuner du lendemain.
Jeudi, nous traversons le parc naturel des monts d'Ardèche pour rejoindre Saint Martin d'Ardèche puis la guinguette du pont cassé à Saint Just. Chemin faisant, j'annonce à ma passagère qu'elle va encore pouvoir réaliser un de ses rêves si elle le désire, à savoir découvrir les carrières d'ocre. En effet, même si nous nous éloignons franchement de l'objectif initial, nous ne sommes plus très loin de ces contrés ! L'idée est accueillie avec ferveur et enthousiasme et je valide la route avec André car cela fait plus de dix ans que je n'y suis pas retourné. Et là je me souvient d'une autre envie profonde, et gourmande de Laurence lorsque je vois Apt sur la carte. Laurence va pouvoir faire le plein de fruit confits ! ! !
Nous déclinons l'invitation de nos hôtes pour être à pied d'œuvre demain matin. Nous en profitons bien sûr pour flâner et admirer cette autre magnifique région qu'est le Vaucluse avant de nous installer au camping d'Apt.
Vendredi, nous prenons un solide petit déjeuner à Rustrel puis passons un long moment dans le "Colorado Provençal" avant d'effectuer une incursion prolifique chez un confiseur. Il nous faut maintenant songer à rentrer et le choix de l'itinéraire est dicté par les régions méconnues de Laurence, à savoir les Cévennes. Notre cheminement nous fait traverser Uzès qui rappelle des souvenirs à Laurence quant à la présence de l'usine Haribo et surtout de son magasin. Nouvelle pause friandise obligatoire ! Au Vigan, nous trouvons un camping mais il est surchargé et il fait 32° nous continuons donc vers la fraîcheur de la haute vallée de l'Hérault.
Samedi, 10° au réveil, le choc est brutal. Nous montons rapidement à l'Aigoual pour tenter de bénéficier de la lumière matinale. Non seulement le temps est gris, mais le vent fort à 8° ne nous motive pas. Nous découvrons la forêt domaniale de l'Aigoual, prenons un apprécié café et retournons au sommet qui se dégage et dont la station météo nous offre une foule d'information.
Avant de prendre la route du retour, je veux faire un petit pèlerinage.
Il y a exactement 40 ans, tout jeune, je partais pour la première fois tout seul faire un camp "Protection de la Nature" organisé par le Club du Vieux Manoir sur le Causse Méjean.
Arrivé à la Parade, seul nom dont je suis sûr, je commence à arpenter différentes petites routes, mais aucune n'excitent ma mémoire. Je suis sur le point d'abandonner quand, à un carrefour perdu, un nom évocateur s'affiche : "Hyelzas". Je prend cette direction, mais je ne reconnais pas le hameau de mes souvenirs. Pourtant, la conformation des lieux est bien similaire sans être identique. En analysant, je constate que de nombreuses constructions sont neuves et je m'enfonce vers les maisons plus anciennes avec le secret espoir de trouver un ancien à interviewer. Mon vœux est exaucé et nous nous rappelons ensemble cette époque avec une émotion visiblement partagée. Lorsque j'évoque la reconstruction des murs en pierres sèches, et la méthode de contrôle de Daniel le responsable, à savoir des grands coup de rangers dans ces empilements, il expriment qu'il y en aurait beaucoup à remonter.
Je suis d'autant plus troublé de ces souvenirs que cette période a été cruciale dans ma vie. Non seulement Daniel ne ma pas dégoutté, mais je pense qu'il m' appris une certaine rectitude, une volonté de bien faire, une force dans l'investissement personnel. Je l'ai souvent retrouvé à Guise (02) pour des travaux d'archéologie dans le fabuleux château qui domine la ville. Salutations à toi si tu me lis et, de tout cœur, merci encore pour tous ces bons moments et pour l'exemple que tu nous a donner.
Après cette séquence nostalgie, nous rentrons par le chemin des écoliers. Les gorges de la Jonte puis du Tarn, le plateau de l'Aubrac, les gorges du Lot et le pied des monts du Cantal dans la nuit naissante.
Pour une fois, j'ai essayé de ne pas trop m'appesantir sur le texte pour privilégier le partage des images réalisées par Laurence et agrémentées de mes succinctes explications.
Avec cet album je souhaite vous proposer des idées, ou vous offrir un tout petit peu de vacances par procuration si vous ne pouvez pas partir.
Bon visionnage.
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