Dimanche 8 H 00
La fine équipe se lève sans rappel aujourd'hui. Patricia a remplacé Pascal dans les lève-tôt et nous discutons un moment avant que les quatre autres nous rejoignent.
Une fois les 3 motos sudistes chargées, la R. A. B. est de nouveau utilisée. Le temps est encore gris mais il ne pleut
pas. A Murat, nous retrouvons la même table que la semaine dernière. Mais maintenant c'est le café de l'au revoir. Les deux 07 et le 84 s'éloignent. Une petite pointe de nostalgie me gagne.
Heureusement, Grégoire reste encore une journée et il a l'air de vouloir en profiter.
La vaillante Kawette se prépare à ouvrir la route qui redescend vers la vallèe du Rhône.
Il paraît que le Dédé avait retrouvé toutes ses capacités . . .
Direction le sud par la N122 le long des gorges de l'Alagnon. Le tunnel du Lioran est évité au profit de la route qui monte vers la station de ski. Mauvais choix, nous naviguons rapidement dans
un épais brouillard. Dommage pour Grégoire, les vues entre le Puy Griou et le Plomb du Cantal sont, par temps clair, magnifiques. A la moitié de la descente, le brouillard disparaît pour laisser
la place à quelques fugaces éclaircies. La N122 est déroulée par Vic sur Cère jusqu'à l'entrée d'Aurillac.
La D117 nous fait effleurer le centre ville et retrouver la D17, presque parallèle à la N122, mais cette fois ci dans la vallée de la Jordanne, autrement dénommée "vallée de Mandailles". Les premiers kilomètres grimpent tout doucement entre montagnes et alpages, mais les nuages sont toujours bien accrochés sur les sommets. En arrivant à Mandailles qui marque la fin de la pente douce, je décide de provoquer une pause casse-croûte en espérant que ces nimbes se dégagent. Grégoire est enchanté par cet environnement et regrette amèrement de vivre à Paris.
Le choix de cet arrêt se révèle excellent. Toute l'ascension se réalise sur route sèche et sous de larges trouées de
lumière. A l'approche du col de Redondet, je m'arrête sur un petit parking. Mon suiveur porte une banane qui fait plaisir. Il m'explique qu'il valide complètement le choix de sa 250 sur ces
petites routes tortueuses et que l'environnement est réellement splendide.
La Ninja 250 est bien frêle aux côtés de la lourde Diversion ! ! !
La vallée de Mandailles s'étire sous les dernières limbes de nuages.
Nous restons quelques minutes à savourer la vallée qui se déroule sous nos yeux quand nous nous trouvons enveloppés dans le brouillard qui déboule des montagnes puis de la vallée à grande vitesse
et nous enferme dans sa grisaille humide. Moment unique où la maxime "avoir la tête dans les nuages" prend toute sa dimension. Ce phénomène disparaît aussi vite qu'il est survenu et nous suivons
des yeux les derniers lambeaux qui sautent la barre rocheuse du Puy Mary qui nous surplombe.
L'arrivée au Pas de Peyrol est prodigieuse. En contrebas sur la gauche, la route de Salers serpente pour aller se cacher dans la forêt du cirque de Falgoux. Les vallées se séparent au gré des cours d'eau que sont le Mars et la Maronne. Quelques tours de roues plus loin, la perspective, inondée de soleil, des vallées de Cheylade et de la Santoire qui s'insèrent entre sommets et plateaux, s'ouvre devant nous.
Nous descendons par la D180 pour rejoindre la toujours fameuse D3 prise ce matin dans l'autre sens, et rejoignons Riom-ès-Montagnes. De là, direction Besse par la D678 (Cantal) et D978 (Puy de Dôme). Un arrêt au pied du Pavin me permet de valider l'enthousiasme non écorné de Greg. Nous reprenons notre progression et j'élabore le trajet au fur et à mesure. D149 jusqu'à Besse, D5 pour Murol et son château, D996 vers Chambon et arrêt café devant le lac dominé du massif du Sancy. Cet arrêt nous permet d'apprendre que les sudistes sont bien arrivés, et sans pluie.
A la sortie de Chambon, un petit détour sur la D637 pour faire découvrir la vallée de Chaudefour au petit parisien et
accéder à la mythique D36 qui nous emmène au col de la croix Saint Robert. Comme jeudi dernier avec les sudistes, je m'arrête à proximité du col. Et là, Grégoire m'agresse sauvagement et porte un
grave coup à mon ego : "Super, mais dommage que tu bouchonnais" ! ! ! Je ravale ma fierté et lui propose de redescendre seul et de se la refaire, à l'instar de Dédé. Il ne se fait pas prier trop
longtemps et revient avec un large sourire.
Grégoire dans ses oeuvres sur l'étonnante petite Ninja 250.
Nous redescendons vers la vallée et, à l'arrivée sur le Mont Dore, une idée lumineuse vient égayer mes sombres pensées
provoquées par ce freluquet non respectueux du grand âge cumulé de la Dive et de son pilote. Je remonte à gauche vers la station de sport d'hiver, le long de la toute jeune Dordogne. La route
monte, est large avec de grandes courbes. Dès le carrefour passé, j'ouvre en grand. La petite Ninja rapetisse rapidement dans les rétros. Au sommet, nous éclatons de rire :
" - Voilà ma réponse à tes propos discourtois de tout à l'heure !
- Je ne m'attendais pas du tout à un tel démarrage et je me suis trouvé scotché à bas régime. Elle était trop facile celle-là "
Effectivement, c'était facile et le but était avant tout de rigoler et de profiter de tous ces paysages.
Grégoire étant toujours en pleine forme, nous reprenons la D983 en direction du lac de Guéry et nous arrêtons au belvédère des roches Tuilières et Sanadoire. Nous revenons ensuite sur nos pas jusqu'au Mont Dore.
Le retour s'effectue par la D130 jusqu'à La Bourboule, la D645 pour La Tour d'Auvergne, la D47 par Bagnols (pensées à l'équipe de Peters) et Cros puis la D922. Une petite halte au château de Val sur la retenue de Bort, une visite rapide au pied du barrage et une remontée au belvédère des Orgues.
Nous en avons pleins les yeux, plein la tête, plein les jambes et plein les bras. Nous nous posons en terrasse de la buvette et profitons de ce panorama grandiose, encore écrasé de nuages mais laissant de larges tâches lumineuses au gré des trouées.
Je montre, sur notre droite, le lointain Puy Mary derrière lequel nous étions ce matin. Puis, sur notre extrême gauche, le massif du Sancy où nous étions cet après midi. Il est ébahi et comprend mieux la fatigue qui commence à s'abattre.
Nous refaisons, pas très longtemps, le monde au cours de la soirée, et l'ami Grégoire repart le lundi matin vers sa grisaille parisienne. Un petit coup de fil m'annoncera son arrivée à bon port.
Merci à vous tous pour toute cette bonne humeur, cette joie de vivre, cette simplicité, cette connivence, . . . tous ces éléments constitutifs de cette fabuleuse période. Merci aussi pour toutes vos attentions dont certaines continuent de nous profiter avec Laurence ! ! !
Un merci particulier à Pascal qui, sans le savoir a lancé cette idée il y à 3 ans lors d'un périple mémorable. "Il faut que l'on se refasse une semaine comme ça tous les ans."
L'année dernière c'était les Pyrénées.
Vivement 2009 et ses surprises (les idées ne manquent pas) ! ! !
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