Le démarrage de 2002 se réalise dans une joyeuse ambiance.
Pour le réveillon nous sommes une trentaine de motards. Encore faut-il le savoir car il y a peu de motos devant la porte ! ! ! En effet, je suis le seul à ne pas posséder de voiture ! ! !
Nous enchaînons immédiatement sur les galettes. 2 kilos de pâte feuilletée, la frangipane qui va bien et une après midi de cuisson en continu dans mon four de ménagère. A ces ingrédients nous
rajoutons quelques bouteilles de cidre et voilà une excellente recette pour passer une soirée mémorable.
En février, lors d'un passage à Paris, je rencontre à nouveau Mme T. (cf. le début de cette histoire dans le premier chapitre) qui m'annonce qu'elle pourra probablement se libérer de ses
contraintes familiales un week-end de printemps et envisage de venir à Montélimar pour répondre à mon invitation. Je lui confirme que ce n'était pas des paroles en l'air et que nous organiserons
une série de balades dans notre magnifique région.
Elle m'appelle quelques jours plus tard pour me confirmer la date. Stupeur, cela tombe sur un le long week-end de l'ascension et nous avons prévu de participer à la concentration de La
Bachellerie (24). Le périple de 1500 Km, essentiellement en virolos, sur 4 jours me paraît inadapté pour une personne qui n'a jamais vraiment fait de moto. Néanmoins, je lui propose, sous forme
de boutade, de participer à cette virée. Elle m'annonce qu'elle va y réfléchir.
Rapidement, Mme T. me confirme sa volonté de venir. Je lui exprime mon étonnement et mes inquiétudes « Es-tu consciente de la galère dans laquelle tu pars ? Tu ne connais aucun des participants et en ce qui me concerne, très peu. As-tu une idée des contraintes physiques d'un tel périple, surtout si la météo n'est pas bonne ? »
Après quelques jours de réflexion elle me confirme qu'elle est partante, qu'elle me fait confiance. En ce qui concerne l'équipement, elle pourra endosser celui de ma fille, donc pas de soucis.
Le mercredi soir elle arrive par le train à Montélimar. Nous partons vers Saint Just d'Ardèche où est organisé un barbecue avec la majorité des
participants. Une bonne occasion pour Mme T. de se mettre dans l'ambiance. Elle se fait gentiment chahuter et se prend rapidement au jeu.
Jeudi matin, rendez vous de toute l'équipe à mon quartier général de l'époque, la brasserie « Les Négociants » à Montélimar. Pratique d'accès,
les motos sous les yeux, une grande terrasse abritée, la boulangerie juste à côté, tout ce qu'il faut pour le café du matin. La diversion est lourdement chargée. Double sacoche de réservoir, Top
case surmonté de la tente et des duvets, valises latérales pleines. Elle est accompagnée de 8 autres bécanes, très éclectiques :
André (qui deviendra plus tard le redoutable DD07) et son 250 NX, Jean-pierre et son roadster BMW, Sébastien dit néné sur un Harley qui n’en a plus que le moteur, sa compagne Stéphanie en Bandit 400, Pascal en TDM, René en XJR, un autre Jean-Pierre en VFR, Francis et Marie en K1200LT.
La troupe déambule sur les petites routes jusqu'au viaduc de Garabit. Le temps est gris mais nous n'essuyons que de rares ondées. Après le pique nique
nous repartons vers notre objectifs du soir, 2 chalets à Lanobre (15) avec vue sur le lac de Bort les Orgues. Barbecue et dodo.
La petite troupe se prépare
au départ de Lanobre
vers La Bachellerie.
Le lendemain matin, comme d'habitude, je me lève de bonne heure et j'en profite pour aller en ville chercher des croissants. Une petite heure plus tard, Stéphanie se réveille de mauvais poil et descend de son perchoir en apostrophant l'assemblée d'un air rogue :
« Qui c'est le con qui a démarré sa moto ce matin ? »
Le temps de dire cela elle arrive devant la table du petit déjeuner et s'exclame sur un ton beaucoup plus doux :
« Qui c'est qui a eu la bonne idée de ramener les croissants ? »
Et tout le monde explose de rire
Pour rejoindre La Bachellerie (24), André nous a concocté un itinéraire très rural. Aux petites routes s'ajoute une météo médiocre. Au barrage de
l'Aigle, sur la Dordogne, néné explose. Avec son « rats » il souffre trop. De plus, son guidon à bronzer sous les bras ne lui est d’aucune utilité avec cette
bruine ! ! !
Nous décidons de rejoindre des axes plus roulants.
Le week-end se déroule comme d’habitude pour cette concentration des Cromagnons.
Vendredi soir, repas pris en commun chez Marie-Pierre, autrement dénommée « La Louise ». Nous retrouvons, entre autre, la joyeuse équipe du MC les Escargots qui vient de l’Isère. La
chaleur s’élève vite avec le confit, mais aussi avec les vins, bières et alcools. Pour certains la soirée s’allonge démesurément. En ce qui me concerne, mais aussi quelques autres collègues, nous
ne participons aux libations qu’à coups de Perrier, cafés ou autres breuvages de même type. Certains propos deviennent suffisamment décousus et abscons pour prendre la décision d’aller nous
coucher.
Nous profitons du samedi pour aller visiter les alentours, et en particulier le magnifique château de Hautefort
En plein délire avec Stéphanie,
ma vaillante petite suiveuse !
Le midi, nous nous retrouvons à une quarantaine dans un restaurant local. Les habitués du lieu semblent particulièrement inquiets face à cette invasion d’une horde sauvage et tonitruante. Après une dizaine de minutes, ces « bonnes gens » commencent à se détendre. Tout compte fait, ils impressionnent avec leurs tenues de cuir, leur franc parler et toutes leurs gesticulations, mais ils ne semblent pas bien méchants, et même plutôt rigolos ! ! ! De fait, à la fin du repas tout le restaurant n’est plus qu’une seule bande. Motards et locaux sont unis par le rire, la dérision, la bonne humeur. Le propriétaire offre le pousse café pour nous remercier de cette animation mémorable.
Nous passons l’après midi au bord de l’étang local. Petite sieste pour la plupart et quelques bains plus ou moins forcés pour quelques uns. Après ce repos réparateur, nous sommes prêts à
retourner à La Bachellerie pour y affronter la soirée. Repas, orchestre, danse et bar à gogo. Nous sommes plusieurs à partir nous coucher relativement tôt (le matin tout de même). Je me lève vers
6H00 pour voir les derniers fêtards refaire le monde autour du bar. Je partage mon café avec quelques bières ce qui me laisse pensif. En effet, certains d’entre eux vont reprendre la route dans
quelques heures et je doute de leurs capacités à gérer correctement leur machine et leur environnement.
Mme T. a largement profité de l’ambiance. Elle est ivre, non pas d’alcool, mais de fatigue après avoir dansé toute la nuit. Nous l’aidons à se coucher afin de reprendre quelques forces pour la
route du retour.
Petite balade en moto pour les plus frais puis retour au camp pour la remise des coupes où notre « cochon » (surnom d’une figure de notre monde motard) sort son peigne pour . . . imiter les sons de machines mythiques. Crises de rires garanties. Nous terminons cette concentration par un rapide repas avant de prendre la route du retour.
Il fait une chaleur infernale. Brive, Figeac, Rodez, Séverac, Mende, les passages de ville sont éprouvants et les paupières lourdes, mais la petite troupe me suit. Stéphanie est placée juste
derrière moi. Comme elle a peu l’habitude de rouler, je lui permets d’optimiser ses dépassements et ses trajectoires.

La Diversion rouge au milieu
de ses congénères.
Ma passagère, Mme T. somnole vaguement depuis le départ, mais en vue de Mende elle s’écroule littéralement sur mes épaules. Nous attaquons la descente de la fameuse N 106 vers Florac et Alès.
Plus de 100 bornes de virolos et ma passagère n’est pas stable. J’agrippe son poignet gauche, le tire vers l’avant et maintiens mon coude à hauteur de son corps. Ainsi elle ne peut pas basculer,
ni d’un côté, ni de l’autre. Je repense à ce motard de la Police qui m’a appris, il y a une trentaine d’années, à conduire sans embrayage. Quelle bonne idée.
Inlassablement, je double les voitures, surveille Stéphanie, l’attends, repars, quand une bande de jeunes en voiture tente de faire la course avec le Bandit 400, provoquant de grand risques lors
de la tentative de dépassement. Je ralentis pour faire baisser la vitesse de la voiture et permettre à Stéphanie de passer devant dans de meilleures conditions. Je reprends la direction des
opérations et nous ferons plusieurs dizaines de kilomètres à deux motos, et avec une passagère légèrement réveillée par ce tumulte. Le reste de l’équipe a pris en charge l’éducation de ces jeunes
présomptueux. Le jeu est devenu différent avec des motards aguerris et les jeunes ont très vite calmé leurs ardeurs.
Cette sortie mémorable se terminera le soir par un rapide barbecue avant l’éclatement de la troupe vers ses pénates respectives. Nous sommes terrassé de fatigue mais heureux. Nous félicitons Mme
T. Avec une expérience quasiment nulle, elle a tenu sans aucune plainte, et pourtant, elle était probablement la plus fatiguée.
Pour moi, cette période marque le début d’une activité intense au niveau professionnel. Les fruits n’attendent pas et je suis sur le pont en quasi permanence. Je fais quelques sorties en bande,
mais uniquement le dimanche, avec passages au bureau le matin et le soir. Certaines de ces balades seront marquantes, et je les relaterai prochainement dans le chapitre « sorties
diverses », en fonction des remontées de souvenirs et du temps disponible.
Après la saison, nous partons 10 jours en Corse. Un voyage fabuleux qui fera l’objet d’un prochain article.
Au milieu des vaches Corses !
Même si la saison des fruits est terminée, mon travail est encore très prenant. La profession est en pleine mutation et je dois intégrer les nouvelles législations agricoles Européennes dans
notre groupement et les adapter, entre autre, aux contraintes réglementaires et fiscales Françaises. La moto reste donc mon seul moyen de déplacement, la semaine pour le travail et le week-end
pour les sorties, seul, à deux ou trois ou en groupes plus importants.
J’abandonnerai ma Diversion rouge le 18 juin 2004 pour prendre en charge la grise. En effet, je voulais acheter le dernier modèle avant l’arrêt des ventes pour cause de normes environnementales.
Elle est pourtant toujours vaillante malgré les 145 000 Kms avalés en un peu plus de deux ans. Outre l’entretien régulier, seuls les disques avant et l’amortisseur ont été changés. Je suis donc grandement conforté dans ce choix initial de la Diversion
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