Mardi 23 décembre.
Temps relativement froid, mais clair et peu humide. Je passe au bureau à Ploeuc sur Lié (22) pour faire un dernier point sur les actions en cours puis prend la route de Merdrignac (22) où je dois statuer sur mon autre mission.
En fin de matinée, j'ai soldé mes activités professionnelles et peu prendre la route vers la région parisienne pour passer Noël en famille.
Comme les routes sont sèches je décide d'éviter les 4 voies et me propulse vers Fougères, Mayenne, Alençon et l'Ile de France. Si certains points de vue sont sympathiques, je ne suis pas enclin à m'arrêter afin de retrouver plus rapidement un havre de chaleur.
L'équipement est presque au top. Les surbottes et manchons protègent efficacement les extrémités, et seules les cuisses souffrent des heures accumulées au froid. Bien que le pantalon soit doublé, la tension du matériau sur le corps permet au froid de pénétrer rapidement.
Cette période de Noël se déroule en famille, sans excès particulier, mais avec beaucoup de bonne humeur et de plaisir.
Le dimanche après midi je reprends la route pour un petit saut dans le 77 afin de dire bonjour à mon pote Jacques. Outre le plaisir de passer une soirée ensemble, cela abrège ma prochaine étape qui doit me conduire à Metz.
La recrudescence annoncée du froid me conduit à tester une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques années. J'installe donc un film plastique d'emballage à bulles sur la doublure du pantalon de pluie à l'aide de scotch. L'objectif est de protéger l'extérieur et le dessus des cuisses.
Au départ le lundi, le thermomètre annonce -8° ! ! ! Sur les petites routes qui me conduisent vers la RN 4, la prudence s'impose. Passages en sous-bois, traces humides, routes sûrement pas traitées, probabilité d'animaux sauvages, autant de paramètres qui imposent une certaine retenue. Par contre la nationale est bien sèche et je peux maintenir une allure plus soutenue, en remerciant largement les automobilistes qui me préviennent de deux contrôles radar dont un aurait pu être particulièrement fatal ! ! !
Mais le froid s'immisce vite et je n'aurais pas du reporter mon premier arrêt jusqu'à Vitry le François. Sur les derniers kilomètres, les extrémités de la main droite sont insensibles et je ne sens plus la présence de la poignée de frein. Inquiétant. Je profite de la pause café pour sortir les gants de soie et changer les gants fins pour des mi-saisons. Par contre, les pieds comme les cuisses résistent correctement à ce froid.
Le plein de la machine fait, je repars dans un décor féérique. Le canal de la Marne à la Saône est complètement pris dans les glaces et les arbres givrés scintillent sous le froid soleil. Je m'arrête une nouvelle fois à une centaine de kilomètres du but pour me réchauffer et prévenir Serge et Brigitte de l'imminence de mon arrivée.
Serge, bien en verve me toise de la tête aux pieds dés ma descente de moto. Il est au courant de ma nouvelle technique anti froid, s'esclaffe et m'apostrophe à peu prés sur ce ton :
"Crois-tu que tu avais besoin de te gonfler comme çà ?"
Effectivement, le pantalon de pluie seul n'est déjà pas un outil pratique pour améliorer le look. Mais ainsi gonflé par le plastique bulle c'est encore pire ! ! !
Et je ne peux que lui répondre :
"Mais non Serge, je suis en noir, pas en blanc, ce n'est donc pas une publicité pour Michelin ! "
Au cours de ces quatre jours, la moto ne sortira pas du garage. Les conditions météo se dégradent fortement et même les sorties à pied deviennent scabreuses. Cet environnement nous offre par contre de croustillants spectacles dignes des clowns "d'Holliday on ice". Du balcon, nous nous délectons d'autant plus des figures sur glace de divers véhicules, piétons ou animaux qu'elles sont sans conséquences fâcheuses. Pas très charitable ces deux gars là ! ! !
Vautré entre les deux belles de la soirée . . . le rêve.
Enfin, si elles sont si gentilles, c'est qu'elles attendent que je passe au fourneau probablement ! ! !
Pour le réveillon, nous nous retrouvons bien tranquillement à quatre. Brigitte pensait faire (entre autre) des tournedos. Lorsque je lui demande si elle a une recette particulière, elle s'étonne. Je lui propose donc une façon Rossini mais
elle ne connaît pas. A l'évocation du foie gras poêlé, de la truffe et de la sauce au Porto elle est enthousiaste. Serge, assez conservateur est moins euphorique et restera dubitatif sinon
inquiet jusqu'à la fin. Par contre, suffisamment honnête, il ne tarira pas d'éloges après s'être délecté de ce met particulièrement adapté aux fêtes.
Malgrés ses inquiétudes relatives à la nourriture, Serge fait le clown avec ses cheveux.
Avec ce look, nos belles Manoises ne l'appelleraient plus GERONIMO ! ! ! (cf. http://div19.over-blog.com/2-categorie-10073631.html)
Comme je dois être au plus tard dimanche en Bretagne pour préparer une importante réunion, j'ausculte la météo avec une certaine intensité. En fonction de ces données je décide de partir le
vendredi en fin de matinée, faire une halte familiale pour la nuit et repartir au plus tôt dans la matinée du samedi. De cette manière, je dois éviter les plus grands froids, limiter les risques
de phénomènes glissants et réduire les périodes de roulage avec le bas soleil dans les yeux (périple d'est en ouest). De plus, vu les risques de verglas, je privilégie les
autoroutes.
Je redécouvre une sensation étonnante. Le froid n'est pas uniforme et le corps ressent très vite les variations de températures. A plusieurs reprises, la piqure glaciale devient plus intense et dans les instants qui suivent je suis enveloppé dans une légère brume, au milieu d'un univers scintillant de glace. Le phénomène dure quelque minutes et s'estompe avec un retour à des températures plus douces (ou moins froides plutôt !).
Une autre manifestation propre à l'hiver est amusante. C'est la rencontre avec les gens lors des arrêts. Les marques d'étonnements sont multiples et de nombreuses personnes engagent la conversation pour savoir comment ce froid est combattu en moto ou tout simplement pour compatir. Ceci m'amuse d'ailleurs beaucoup car c'est un choix délibéré de ma part et je ne m'en plains pas. C'est aussi l'hiver que le plus grand nombre de motards m'abordent et semblent souvent s'excuser d'avoir laissé leur machine au garage. Dans ces cas là, j'essaye de tourner la discussion à la rigolade avec une phrase du style : "Je ne suis qu'un vieux con maso qui essaye de rattraper 18 ans d'abstinence ! - d'abstinence moto bien sûr ! ! ! " .
Le redémarrage du 95 le samedi matin est délicat. Dés les premiers mètres, l'état du sol brillant par endroit est inquiétant. Je rallonge mon trajet pour éviter l'Hautil. Cette petite colline au regard de mon relief de référence du Massif Central m'inquiète par ses passages en sous bois, ses virages et ses déclivités en courant d'air, particulièrement pour la descente vers la vallée de la Seine. Il me faudra plus d'une heure pour rejoindre l'A13 au lieu d'une vingtaine de minute en temps normal. Par contre, ceci me permet de saluer 3 motards d'un coup. C'était un groupe de moto école à la sortie de Meulan (78) ! ! !
Au passage de Rouen, premier arrêt café. J'en profite pour passer un petit coup de fil à Charline (pseudo Tahiti). Une fameuse motarde locale qui arrête momentanément la moto pour cause de . . . maternité. Elle m'agresse vertement de passer si prés de chez elle sans une visite, mais comprend mes impératifs.
A la seconde halte, proche de l'entrée en Bretagne, un message de Pascal me convie à passer par chez lui pour le dîner, prés de Loudéac (22). Je le rappelle pour lui dire qu'en fonction de l'état des routes et de l'heure cela ne me semble pas une bonne idée. Je n'ai aucune envie de rentrer de nuit sur les micros routes de la campagne Bretonne maculées de plaques de verglas. Il insiste avec un argument massue " Tu laisseras ta moto au garage et tu repartiras avec le pick-up dont je n'ai pas besoin actuellement."
L'idée est séduisante. Je passe donc par ma maison provisoire et décharge la moto pour repartir léger vers Loudéac. A l'amorce d'un rond point sur la D700 je vis ma plus grosse chaleur de la journée. L'approche est soft, au frein moteur. En finale une légère pression sur la pédale droite et la moto est instantanément à l'équerre. J'entends le crissement des pneus de la voiture qui me suit mais, vu ma position, je n'ai aucune vision sur l'arrière. Avec un bon coup de rein réflexe, la moto se remet en ligne et je découvre dans mes rétroviseurs mon suiveur encore crabe. Il a aussi glissé sur cette traitresse plaque isolée. Il n'a même pas essayé de me doubler dans le rond point où pourtant la vitesse était vraiment retenue . . .
A ce jour, je le confesse humblement, je suis toujours avec la voiture. De toute façon, même si la glace commence a disparaître, les routes locales sont toujours impraticables en moto.
Allez, encore quelques jours et j'irais dégourdir les bielles de ma fidèle Diversion et lui faire un brin de toilette.
Notes sur l'équipement :
Surbottes Néoprène "Forma" (en complément des dernières infos)
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Après ces 2000 kilomètres à températures négatives, je confirme l'intérêt de cet équipement au niveau thermique. Une chaussette en soie, un chaussette fine en laine, des bottes pas trop serrées
et ces surbottes, m'ont permis de tenir des heures sans jamais souffrir du froid au niveau des pieds.
Doublage en film bulle du pantalon de pluie
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Cette technique s'avère redoutable d'efficacité en terme de régression du transfert thermique au niveau des cuisses. Outre son coût faible et sa facilité de mise en œuvre, je suis étonné de la
tenue dans le temps. Après de multiples manipulations le film est toujours parfaitement en place.
Le seul point négatif que je relève est au niveau du look style "Bibendum". Mais, vu les apports en confort, cela reste marginal.
Qui a dit : "La vérité sort de la bouche des enfants" ? :-)
Quelle idèe aussi de déballer cette terminologie dans ces pages . . .
N'est-ce pas toi qui a goutté une plaque de verglas il y à quelques semaines ?
Mais soyons fous, . . . pendant que l'on peux ! ! !
D'accord avec toi, mais jusqu'à un certain point. Ici ces derniers jours c'était une immense plaque de glace. Difficile de tenir debout, alors sur 2 roues ? ? ?
Le journal. C'était effectivement une bonne solution que j'employais à mes débuts. Une pensée pour toi et certains autres sur la route de Valladolid. Un coupde fil ce matin de Burgos. -7°, de la neige partout mais les routes dégagées ! ! ! En vous souhaitant que ça se maintienne.